Introuvable
Emplacements

Trouvez des informations sur des sujets médicaux, des symptômes, des médicaments, des procédures, des nouvelles et bien plus encore, rédigées en langage simple.

Causes du coût élevé des soins de santé

Par Amal Trivedi, MD, MPH, Associate Professor, Department of Health Services, Policy and Practice and Department of Medicine, Brown University

  • De nombreux facteurs, en particulier l’utilisation de nouveaux examens de diagnostic et de traitements coûteux, contribuent au coût élevé des soins de santé.

  • L’utilisation de ces nouveaux examens et traitements n’entraîne pas nécessairement une meilleure santé.

  • Aux États-Unis, les coûts administratifs, pour la plupart liés aux assurances privées, représentent de 20 % à plus de 30 % des coûts de soins de santé.

  • Il est peu probable que la réduction des honoraires des médecins conduise à une diminution drastique du coût des soins de santé.

  • Le vieillissement de la population américaine n’a probablement pas beaucoup contribué à l’augmentation du coût des soins de santé, mais cela pourrait se produire avec le vieillissement des baby-boomers.

Le coût des soins de santé aux États-Unis est anormalement élevé pour de nombreuses raisons.

Utilisation de nouveaux traitements et examens de diagnostic coûteux

Une telle utilisation peut contribuer à l’augmentation du coût des soins de santé plus que tout autre facteur. Elle peut être appropriée ou non, mais dans les deux cas, le coût s’en trouve augmenté.

Un exemple de traitement approprié, mais cher est l’utilisation de thrombolytiques (ou fibrinolytiques) ou d’une procédure de revascularisation (comme l’angioplastie) pour traiter une crise cardiaque. Ces traitements sont très efficaces et sauvent des vies. Mais de nombreux traitements nouveaux et coûteux sont inefficaces, ne sont que légèrement mieux ou sont mal utilisés chez des personnes qui sont peu susceptibles d’en tirer profit. Par exemple, les os (vertèbres) du bas du dos sont parfois fusionnés ensemble pour traiter la lombalgie chronique. De nombreux experts pensent que ce traitement est inefficace et/ou utilisé de façon excessive.

La fréquence d’utilisation de ces traitements coûteux varie considérablement d’une région à l’autre et parfois d’un médecin à l’autre. Pour certaines maladies (comme la maladie des artères coronaires), les résultats du traitement sur la santé dans les régions où des traitements coûteux sont utilisés ne sont, bien souvent, pas meilleurs que dans les régions où ils sont utilisés moins fréquemment.

Augmentation du coût des produits et des services de soins de santé

Le coût des médicaments a augmenté. Ceci s’explique en partie par l’augmentation du coût du développement d’un nouveau médicament, souvent environ 1 milliard USD. Parce que le développement de médicaments coûte si cher, les compagnies pharmaceutiques ne sont pas motivées pour développer des médicaments moins rentables, comme les vaccins, les médicaments utilisés pour traiter des maladies rares, et même les antibiotiques. Cette réticence peut nuire à la santé publique, par exemple, en limitant le nombre de médicaments et de vaccins disponibles pour prévenir et traiter les infections graves.

Commercialisation de nouveaux médicaments, dispositifs et procédures

Lorsque les consommateurs entendent parler d’un nouveau traitement (coûteux) à la télévision ou sur Internet, ils peuvent vouloir être traités avec cette thérapie et convaincre leur médecin de l’utiliser. Par conséquent, certains nouveaux traitements coûteux peuvent être utilisés excessivement ou à mauvais escient. Certains d’entre eux ne sont pas plus efficaces que les anciens moins coûteux.

Consultation excessive des spécialistes

Les spécialistes fournissent de plus en plus de soins, en partie parce que le nombre de médecins généralistes est en baisse, mais aussi parce que de plus en plus de personnes veulent voir un spécialiste.

Les soins spécialisés sont souvent plus chers que les soins primaires. Les spécialistes pratiquent des honoraires plus élevés et ils peuvent prescrire plus d’examens que les médecins généralistes. En outre, les personnes qui souffrent de plusieurs maladies peuvent avoir besoin de plusieurs spécialistes (avec une spécialisation plus étroite) pour les examiner et les traiter, alors qu’un médecin généraliste (qui couvre un champ plus large) pourrait être en mesure de le faire.

Des coûts administratifs élevés

Le pourcentage des dépenses de santé consacrées à l’administration est estimé être de 20 à 30 % ou plus. La plupart de ces coûts proviennent des compagnies d’assurance privées. Les compagnies qui offrent des contrats d’assurance maladie privés dépensent de l’argent en marketing et dans l’identification des clients potentiels atteints de maladies préexistantes ou susceptibles de développer une maladie. Ces processus n’améliorent pas les soins de santé. En outre, le fait de devoir traiter avec de nombreux régimes d’assurance privés différents augmente généralement les coûts administratifs des prestataires de soins de santé en rendant les processus (comme la demande d’indemnisation et le codage) plus compliqués et plus longs.

Les honoraires des médecins

Les médecins aux États-Unis sont mieux payés que d’autres professionnels de ce pays et plus que les médecins de nombreux autres pays. L’une des raisons est que les médecins d’autres pays dépensent généralement beaucoup moins pour leur formation médicale et pour l’assurance de responsabilité professionnelle que les médecins américains, et les coûts de fonctionnement d’un cabinet sont plus faibles dans d’autres pays.

Comme les honoraires des médecins ne représentent qu’environ 20 % du total des coûts des soins de santé, une réduction même significative de ces honoraires n’aurait qu’un effet modeste sur les coûts globaux.

Le coût des fautes professionnelles

Ces coûts comprennent :

  • L’assurance responsabilité professionnelle

  • Les examens et procédures effectués pour se protéger contre des poursuites pour faute professionnelle, plutôt que de veiller sur la santé de la personne (médecine défensive)

Les médecins, les autres prestataires de soins de santé, les établissements de soins de santé, et les fabricants de médicaments et de dispositifs paient des primes d’assurance pour se couvrir en cas de poursuite pour faute professionnelle ( Faute médicale). Ces primes couvrent les règlements des litiges et les frais généraux et les bénéfices de la société d’assurance responsabilité professionnelle. En fin de compte, ces coûts sont, du moins en partie, assumés par le gouvernement et/ou les consommateurs.

Ces coûts et la menace de poursuites judiciaires peuvent être pesants pour les médecins particuliers (notamment ceux dont la spécialisation ou la zone géographique est à haut risque). Néanmoins, la somme dépensée pour les primes (le montant versé à une compagnie d’assurance pour acheter un contrat d’assurance responsabilité professionnelle) chaque année est inférieure à 1 % du total des coûts de soins de santé. En outre, les dépenses consacrées au règlement de poursuites pour faute professionnelle représentent un pourcentage encore plus faible des coûts de soins de santé. Par conséquent, une réduction même importante des règlements de poursuites pour faute professionnelle n’abaisserait pas les coûts totaux des soins de santé sensiblement, même si elle pourrait avoir des conséquences majeures pour certains médecins.

Médecine défensive

La médecine défensive fait référence aux examens ou aux traitements effectués pour protéger les médecins et les autres prestataires de soins de santé d’une éventuelle poursuite pour faute professionnelle. Ces examens et traitements peuvent ne pas être justifiables d’un point de vue médical, sur la base de la situation de la personne. Par exemple, un médecin peut faire hospitaliser une personne même si celle-ci peut probablement être traitée efficacement en ambulatoire.

Le coût réel de la médecine défensive est difficile à mesurer. Peu d’études de coûts bien conçues ont été réalisées, et les estimations provenant de ces études varient considérablement. Les coûts sont difficiles à déterminer en partie parce que la médecine défensive est définie de manière subjective. En d’autres termes, le besoin de faire un examen ou de fournir un traitement est déterminé par le jugement du médecin. L’opinion des médecins peut varier considérablement et légitimement quand ils prennent une telle décision en fonction de la situation d’une personne spécifique. Les situations où il est possible de suivre des recommandations claires et spécifiques pour décider d’effectuer des examens sont relativement rares.

Même lorsque des examens défensifs sont identifiés, il est difficile de déterminer combien d’argent pourrait être économisé. Diminuer le nombre d’examens défensifs implique la comparaison du coût réel des soins avec et sans l’examen ou le traitement supplémentaire. Ces coûts diffèrent selon que l’on compare les frais que la personne doit payer ou le montant qui lui est remboursé.

Par ailleurs, il n’est pas évident qu’une limitation légale de l’indemnisation des personnes à l’origine de poursuite pour faute professionnelle réduirait les coûts des soins de santé.

Le vieillissement de la population

Bien que souvent cité comme un facteur, le vieillissement de la population n’est probablement pas responsable des récentes augmentations des coûts, car la plupart des baby-boomers ne sont pas encore des personnes âgées. En outre, des soins de santé plus efficaces tendent à retarder les maladies graves chez les personnes âgées. Toutefois, avec le temps, le vieillissement des baby-boomers pourrait affecter les coûts. La proportion de la population de plus de 65 ans devrait alors augmenter d’environ 13 % actuellement à près de 20 % après 2030.