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Charbon (anthrax)

Par Larry M. Bush, MD, Affiliated Associate Professor of Medicine;Affiliated Professor of Biomedical Sciences, University of Miami-Miller School of Medicine;Charles E. Schmidt College of Medicine, Florida Atlantic University

L’anthrax est une infection potentiellement mortelle due à Bacillus anthracis, qui touche la peau, les poumons ou, plus rarement, le tube digestif (tractus gastro-intestinal).

  • L’infection est la conséquence d’un contact cutané mais peut être due à une inhalation de spores ou la consommation de viande contaminée.

  • Les symptômes sont des papules et des vésicules (après un contact cutané), des difficultés respiratoires et une douleur thoracique (après inhalation de spores) et des douleurs abdominales et une diarrhée sanguinolente (après ingestion de viande contaminée).

  • La suspicion de l’infection se fait au vu des symptômes et le diagnostic est confirmé par l’identification de la bactérie dans un échantillon prélevé au niveau d’un tissu infecté.

  • Les personnes à haut risque d’exposition à l’anthrax sont vaccinées.

  • Aussitôt après une exposition, un traitement antibiotique doit être donné afin de réduire le risque de mortalité.

L’anthrax peut se développer chez des animaux sauvages et domestiques qui broutent, tels que les bovins, les moutons et les chèvres. La bactérie responsable de l’anthrax produit des spores qui peuvent vivre des années dans la terre. Les animaux qui broutent s’infestent par contact ou en ingérant les spores. Normalement, l’anthrax est transmis à l’homme lors d’un contact avec des animaux infectés ou avec des produits d’origine animale (tels que la laine, le cuir et les poils). Les spores peuvent rester dans les produits animaux pendant des décennies et il est difficile de les tuer par le froid ou la chaleur. Un contact même minime peut provoquer la maladie. Bien que l’infection humaine se produise en général par effraction cutanée, elle peut également avoir lieu par inhalation de spores ou par ingestion de viande contaminée, insuffisamment cuite.

L’anthrax cutané peut se propager d'une personne à une autre par contact direct avec une personne infectée ou un objet contaminé par une personne infectée. Cependant, le charbon dû à l'inhalation de spores (anthrax par inhalation) ou dû à la consommation de viande contaminée (anthrax gastro-intestinal) ne se propage pas d'une personne à l'autre.

L’anthrax est une arme biologique potentielle, car les spores peuvent être répandues dans l’air et être inhalées. Lors des attaques biologiques à l'anthrax de 2001, des spores ont été dispersées par le biais du service postal américain.

La bactérie responsable de l’anthrax produit plusieurs toxines, responsables de très nombreux symptômes.

Les symptômes du charbon

Les symptômes du charbon varient en fonction de la porte d’entrée de l’infection : à travers la peau, par inhalation ou par le tube digestif.

Anthrax cutané

La plupart des cas de charbon concernent la peau. 1 à 10 jours après l’exposition apparaît une bosse indolore, prurigineuse, rouge-marron. La bosse se transforme en vésicule qui finalement se rompt pour laisser place à une croûte noire (escarre) avec un œdème tout autour. Les ganglions de la région voisine peuvent augmenter de volume et les patients peuvent se sentir faibles – quelquefois avec des douleurs musculaires, des maux de tête, de la fièvre, des nausées et des vomissements. Il faut plusieurs semaines pour que la bosse guérisse et que le gonflement se résorbe.

Environ 10 à 20 % des patients non traités meurent, mais avec un traitement, les morts sont rares.

Anthrax par inhalation (Charbon pulmonaire)

Cette forme est la plus grave. Elle résulte de l'inhalation de spores d'anthrax, survenant presque toujours lors de la manipulation de produits animaux (comme du cuir) contaminés.

Les spores peuvent rester dans les poumons pendant des semaines mais éventuellement elles pénètrent dans les globules blancs, où elles germent, aboutissant à la multiplication des bactéries et à leur dissémination dans les ganglions du thorax. Les toxines produites par la bactérie entraînent une augmentation de volume des ganglions, qui se rompent et saignent, répandant l’infection aux structures voisines. Les liquides infectés s’accumulent dans l’espace entre les poumons et la paroi du thorax.

Les symptômes apparaissent 1 à 6 semaines après l'exposition. Au début, ils sont vagues et ressemblent aux symptômes de la grippe, avec des douleurs musculaires légères, une faible fièvre, une gêne au niveau du thorax et une toux sèche. Après quelques jours, des difficultés respiratoires s’installent brutalement et apparaissent des douleurs thoraciques et une forte fièvre avec transpiration. Rapidement, la pression artérielle devient dangereusement basse (provoquant un choc) et un coma s’installe. Ces symptômes graves sont probablement dus à une libération massive de toxines. L’anthrax gastro-intestinal ou une infection du cerveau et des tissus recouvrant le cerveau et la moelle épinière (méninges), une infection appelée méningoencéphalite peut se développer.

De nombreux patients meurent 24 à 36 heures après le début des symptômes les plus graves, même avec un traitement précoce. Sans traitement, toutes les personnes atteintes d’un anthrax par inhalation meurent. Durant l’épidémie de 2001 aux États-Unis, 45 % des personnes traitées pour un anthrax par inhalation sont mortes.

Anthrax gastro-intestinal

L’anthrax gastro-intestinal est rare. Après ingestion de viande contaminée, la bactérie se développe dans la bouche, la gorge, ou l’intestin et libère des toxines responsables d’hémorragies importantes et de la mort des tissus. Les personnes ont de la fièvre, mal à la gorge, un cou enflé, des douleurs abdominales et une diarrhée sanguinolente. Elles vomissent également du sang.

Même lorsqu'elles reçoivent un traitement, entre 20 et 60 % des personnes décèdent, probablement parce qu'elles sont déjà très malades avant l'établissement du diagnostic.

Le saviez-vous ?

  • Les spores d’anthrax ne sont pas facilement détruites par le froid ou la chaleur et peuvent survivre des décennies.

  • Plus de 1,25 million de personnes ont été vaccinées contre l’anthrax sans avoir d’effets indésirables graves.

Diagnostic du charbon

  • Examen ou culture d'échantillon de peau, liquide, ou selles infectés

  • Parfois, analyses de sang

Le médecin suspecte un anthrax cutané en se basant sur son aspect typique. Savoir que la personne a été en contact avec des animaux ou des produits d’origine animale ou qu’elle a été dans une région où d’autres personnes ont été atteintes, confirme le diagnostic. En cas de suspicion d’un anthrax par inhalation, une radiographie et une tomodensitométrie (TDM) du thorax sont réalisées.

Des échantillons de peau infectée, de liquide entourant les poumons ou de selles sont prélevés et analysés au microscope ou mis en culture (permettant à la bactérie, si elle est présente, de se multiplier). La bactérie responsable de l’anthrax, si elle est présente, peut facilement être identifiée.

Si une personne est atteinte d’un anthrax par inhalation et présente des symptômes (comme la confusion) suggérant que le cerveau est touché, le médecin peut aussi effectuer une ponction lombaire pour obtenir un échantillon du liquide entourant le cerveau et la moelle épinière (le liquide céphalorachidien). Cet échantillon est examiné et analysé.

Des analyses de sang doivent être faites pour rechercher des fragments du matériel génétique de la bactérie ou des anticorps dirigés contre les toxines produites par la bactérie.

Prévention du charbon

Les personnes à haut risque d’infection peuvent être vaccinées contre l’anthrax. En raison de l’utilisation potentielle de l’anthrax comme arme biologique, la plupart des militaires ont été également vaccinés. Pour être efficaces, cinq doses de vaccins doivent être injectées. Un rappel, administré annuellement, est également recommandé. Malgré les craintes largement médiatisées des populations, plus de 1,25 million de personnes ont été vaccinées contre l’anthrax sans effets indésirables majeurs.

Les personnes exposées à l’anthrax peuvent recevoir un traitement antibiotique par voie orale (bouche), généralement de la ciprofloxacine, de la lévothyroxine, ou de la doxycycline ou, s’ils ne peuvent pas prendre ces antibiotiques, de l’amoxicilline. Le traitement antibiotique est poursuivi pendant au moins 60 jours pour prévenir le développement de l’infection.

Traitement du charbon

  • Antibiotiques

Plus la mise en place du traitement du charbon est retardée, plus le risque de décès est important. Par conséquent, le traitement commence généralement dès que le médecin soupçonne que la personne est atteinte du charbon :

  • L’anthrax cutané est traité par la ciprofloxacine ou la doxycycline par voie orale pendant 7 à 10 jours.

  • L’anthrax par inhalation ou gastro-intestinal est traité par une association de deux ou trois antibiotiques, comprenant la ciprofloxacine ou la doxycycline par voie intraveineuse plus un autre antibiotique, comme l'ampicilline, la clindamycine, ou la rifampicine.

  • D'autres traitements comprennent la ventilation mécanique pour améliorer la respiration, ainsi que des solutés et des médicaments pour augmenter la tension artérielle.

  • Un nouveau médicament, le raxibacumab (un anticorps capable de se lier aux toxines de l'anthrax dans l'organisme de la personne atteinte), peut être efficace.

  • Si le cerveau et les méninges sont affectés ou si du liquide s'est accumulé autour des poumons, des corticostéroïdes peuvent être utiles.

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