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Syndrome de choc toxique

Par Larry M. Bush, MD, Affiliated Associate Professor of Medicine;Affiliated Professor of Biomedical Sciences, University of Miami-Miller School of Medicine;Charles E. Schmidt College of Medicine, Florida Atlantic University

Le syndrome de choc toxique est un groupe de symptômes graves et d’évolution rapide comprenant fièvre, éruption cutanée, baisse dangereuse de la pression artérielle, et insuffisance de plusieurs organes. Il est causé par des toxines produites par Staphylococcus aureus ou des streptocoques du groupe A.

  • L’utilisation de tampons super-absorbants ou la présence d’une infection due à Staphylococcus aureus ou à des streptocoques du groupe A augmente le risque d’apparition de ce syndrome.

  • Ce syndrome peut être mortel, en particulier quand il est causé par des streptocoques.

  • Changer de tampons fréquemment et ne pas utiliser de tampons super-absorbants peut contribuer à réduire le risque.

  • Le traitement consiste à traiter les symptômes et à empêcher la production de plus grandes quantités de toxines.

Causes

Le syndrome de choc toxique est provoqué par des toxines produites par deux types de bactéries :

Ce syndrome peut apparaître quand le Staphylococcus aureus infecte des tissus (par exemple, au niveau d’une blessure) ou quand il se développe simplement dans un tampon (particulièrement les tampons super-absorbants) dans le vagin. On ne sait pas exactement pourquoi les tampons super-absorbants augmentent le risque. Laisser plus de 24 heures un diaphragme dans le vagin augmente aussi légèrement le risque.

Ce syndrome peut également survenir dans les cas suivants :

  • Lorsqu’il y à infection d’une incision chirurgicale, même quand cette infection semble minime

  • Lors de l’infection de l’utérus après un accouchement

  • Après une intervention chirurgicale au niveau du nez si des bandages sont utilisés

  • Les personnes par ailleurs en bonne santé qui ont une infection au niveau des tissus, généralement la peau, due à des streptocoques du groupe A

Symptômes

Les symptômes du syndrome de choc toxique et le pronostic varient suivant le staphylocoque ou le streptocoque responsable.

Les deux organismes provoquent des symptômes qui apparaissent brusquement et s'aggravent rapidement en quelques jours. La tension artérielle chute à des valeurs dangereusement basses, et plusieurs organes (comme les reins, le foie, le cœur, et les poumons) se mettent à mal fonctionner ou s'arrêtent de fonctionner (défaillance d'un organe). Les patients peuvent avoir une forte fièvre, une gorge rouge et douloureuse, les yeux rouges, une diarrhée et des douleurs musculaires. Certains délirent. Une éruption cutanée ayant l’aspect d’un coup de soleil apparaît sur tout le corps, y compris les paumes des mains et la plante des pieds. La peau se met parfois à peler. Du liquide s’accumule au niveau des tissus, provoquant un gonflement (œdème). La coagulation sanguine est anormale, avec un risque accru d’hémorragie grave.

Au cours du syndrome de choc toxique à streptocoque, la plaie infectée, si elle existe, est douloureuse. Une gangrène peut se développer tout autour de la blessure. Les difficultés respiratoires dues à une insuffisance respiratoire (syndrome de détresse respiratoire aigu) sont fréquentes. Sans traitement, environ 20 à 60 % des personnes décèdent.

Le syndrome de choc toxique staphylococcique est souvent moins grave. Mois de 3 % des personnes infectées en meurent. La desquamation de la peau, en particulier sur la paume des mains et la plante des pieds, est plus fréquente. Si le patient survit, il récupère totalement.

Quand la source est un tampon infecté par des staphylocoques, il peut y avoir une résurgence du syndrome, généralement dans les 4 mois suivant le premier épisode. Occasionnellement, ce syndrome réapparaît plus d’une fois. Chaque épisode a tendance à être de moins en moins grave. Pour réduire le risque de résurgences, les femmes qui ont été atteintes de ce syndrome ne doivent plus utiliser de tampons ou de diaphragmes.

Diagnostic

  • Examen du médecin

  • Culture d’échantillons de sang et de tissu infecté

Le diagnostic repose généralement sur les symptômes et sur les résultats de l’examen clinique et des tests biologiques de routine.

Des échantillons de sang et de tissus infectés sont envoyés dans un laboratoire pour être mis en culture (croissance de la bactérie).

Il est possible d'effectuer une tomodensitométrie (TDM) ou imagerie par résonance magnétique (IRM) pour localiser les régions infectées.

Des analyses de sang sont effectuées régulièrement pour surveiller le bon fonctionnement des organes.

Prévention

Les femmes utilisant des tampons peuvent prendre plusieurs mesures préventives :

  • Ne pas utiliser de tampons super-absorbants

  • Utiliser des tampons les moins absorbants possible

  • Alterner l’utilisation de tampons et de serviettes hygiéniques

  • Changer les tampons toutes les 4 à 8 heures

Il est conseillé aux femmes qui ont eu un syndrome de choc toxique staphylococcique de ne pas utiliser de tampons, de capes cervicales, ou de diaphragmes.

Sinon, il n’y a aucune recommandation pour prévenir le syndrome du choc toxique.

Traitement

  • Solutés contenant du sel

  • Souvent des médicaments augmentant la tension artérielle

  • Dégagement et nettoyage de la zone infectée (vagin ou plaie)

En cas de suspicion de ce syndrome, les patients sont hospitalisés, généralement dans des unités de soins intensifs.

On leur administre par perfusion intraveineuse des solutés contenant des sels minéraux et des médicaments pour normaliser la pression artérielle. Un grand nombre nécessite une assistance respiratoire, généralement une ventilation mécanique. On retire rapidement du vagin le tampon, le diaphragme ou tout autre objet étranger. Des antibiotiques et, dans des cas graves, des immunoglobulines (qui peuvent neutraliser les toxines) sont administrés par voie intraveineuse. Les zones qui pourraient renfermer des bactéries, telles que des plaies chirurgicales et le vagin, sont rincées avec de l’eau (irrigation).

En cas de plaies infectées, une intervention chirurgicale peut être nécessaire pour les nettoyer, pour éliminer les tissus infectés, ou parfois, si la gangrène s’est développée, pour faire une amputation du membre.