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Histoplasmose

Par Sanjay G. Revankar, MD, Professor of Medicine and Director, Infectious Disease Fellowship Program, Division of Infectious Diseases, Wayne State University School of Medicine ; Jack D. Sobel, MD, Dean and Distinguished Professor of Medicine, Wayne State University School of Medicine

L’histoplasmose est une maladie infectieuse provoquée par un champignon, Histoplasma capsulatum. Elle se développe au niveau des poumons mais peut parfois se propager dans tout l’organisme.

  • L’infection est provoquée par l’inhalation de spores de ce champignon.

  • Dans la plupart des cas, elle est asymptomatique, mais certains patients se sentent souffrants et présentent une fièvre et une toux, et parfois des difficultés respiratoires.

  • Parfois, l’infection se propage, provoquant une hypertrophie (augmentation de volume) du foie, de la rate et des ganglions lymphatiques et une atteinte d’autres organes.

  • Le diagnostic repose sur la mise en culture et l’examen d’échantillons de tissus ou de liquides biologiques.

  • La nécessité de faire un traitement antifongique dépend de la gravité de l’infection.

L’histoplasmose est particulièrement fréquente dans l’Est et le centre-Ouest des États-Unis (en particulier dans les vallées de l’Ohio et du Mississippi), dans le centre de l’état de New York et au Texas. L’histoplasmose sévit également dans certaines parties de l’Amérique centrale et du Sud, en Afrique, en Asie et en Australie.

Histoplasma a pour environnement de prédilection le sol et la poussière contaminés par des excréments d’oiseaux ou de chauve-souris. Les éleveurs de poulets, les ouvriers du bâtiment, les spéléologues (les personnes qui aiment explorer les grottes) et d’autres qui travaillent en contact avec le sol sont les plus susceptibles d’inhaler les spores produites par Histoplasma.

L’histoplasmose est asymptomatique chez la plupart des personnes infectées. Lorsque les spores sont inhalées en grande quantité, la maladie peut être grave.

Formes d’histoplasmose

Il existe trois formes principales d’histoplasmose :

  • Histoplasmose pulmonaire aiguë : cette forme est la forme initiale de l’infection. Elle survient dans les poumons et y reste généralement.

  • Histoplasmose disséminée progressive : si le système immunitaire est affaibli ou immature, l’infection peut se propager depuis les poumons à d’autres parties du corps, telles que le cerveau, la moelle épinière, le foie, la rate, les ganglions lymphatiques, les glandes surrénales, le système digestif et la moelle osseuse par la circulation sanguine. Cette forme survient rarement chez les adultes en bonne santé. Elle est généralement observée chez les nourrissons ou les très jeunes enfants souffrant de malnutrition ou chez les personnes ayant un système immunitaire affaibli, comme les personnes atteintes du SIDA ou qui prennent des médicaments inhibant le système immunitaire ( Facteurs de risque des infections fongiques).

  • Histoplasmose cavitaire chronique dans cette forme, une ou plusieurs cavités se forment progressivement dans les poumons, sur plusieurs semaines. L’infection ne se propage pas depuis les poumons à d’autres parties du corps.

Symptômes de l’histoplasmose

Les symptômes varient en fonction de la forme de l’histoplasmose.

Histoplasmose pulmonaire aiguë

Les symptômes apparaissent généralement 3 à 21 jours après l’inhalation des spores. Les patients peuvent se sentir souffrants ; ils présentent une fièvre et une toux, et pensent qu’ils souffrent d’une grippe. Les symptômes disparaissent généralement sans traitement en 2 semaines et persistent rarement plus de 6 semaines.

Les personnes qui inhalent de nombreuses spores peuvent développer une pneumonie. Elles peuvent devenir très essoufflées et être malades pendant des mois.

L’histoplasmose pulmonaire aiguë est très rarement mortelle, mais peut devenir grave chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli (telles que celles atteintes du SIDA).

Histoplasmose disséminée progressive

Les premiers symptômes sont vagues. La personne affectée peut se sentir fatiguée, faible, et malade en général. Les symptômes peuvent ensuite s’aggraver très lentement ou de façon extrêmement rapide.

Une pneumonie peut se développer, mais elle est rarement grave, sauf chez les personnes atteintes du SIDA. Dans de rares cas, une méningite (inflammation des tissus couvrant le cerveau et la moelle épinière) peut se développer, provoquant un mal de tête et une raideur de la nuque. Une augmentation de volume du foie (hépatomégalie), de la rate (splénomégalie) et des ganglions (adénopathie) peut être observée. Moins fréquemment, l’infection entraîne la formation d’ulcérations dans la bouche et l’intestin. L’atteinte des glandes surrénales, provoquant une maladie d’Addison, est rare.

Sans traitement, cette forme est fatale dans plus de 90 % des cas. Malgré la mise en place d’un traitement, le décès peut intervenir rapidement chez les patients atteints du SIDA.

Histoplasmose cavitaire chronique

Cette infection pulmonaire s’installe progressivement en plusieurs semaines et provoque une toux et une gêne respiratoire croissante. Une perte de poids, des suées nocturnes, une fièvre modérée et une sensation de malaise général en constituent les symptômes.

La plupart des patients guérissent sans traitement en 2 à 6 mois. La gêne respiratoire peut néanmoins continuer de s’aggraver, et certaines personnes présentent des expectorations sanglantes, parfois abondantes. Le tissu pulmonaire est détruit, et un tissu cicatriciel se forme. La destruction pulmonaire ou une surinfection bactérienne peuvent alors provoquer la mort du patient.

Diagnostic de l’histoplasmose

  • Mise en culture et examen d'échantillons de tissus ou de liquides

  • Parfois analyses de sang et d’urine

  • Radiographie thoracique

Pour poser le diagnostic, le médecin doit prélever des échantillons de crachats, d’urines, de sang ou d’ulcère buccal (le cas échéant). Il peut utiliser une sonde d’observation (bronchoscope) pour prélever des échantillons dans les poumons. Ou il peut procéder à une biopsie pour prélever des échantillons du foie, de la moelle osseuse ou des ganglions lymphatiques. Ces échantillons sont adressés au laboratoire pour examen et mise en culture. On peut rechercher dans les urines et le sang des protéines (antigènes) libérées par les champignons.

Le médecin effectue également une radiographie du thorax pour rechercher des signes d’infection pulmonaire.

Pour faire le diagnostic de certaines formes rares (et pour leur traitement), il faut faire appel à des spécialistes des maladies infectieuses.

Traitement de l’histoplasmose

  • Antifongiques

Les personnes par ailleurs en bonne santé qui développent une histoplasmose pulmonaire aiguë ont rarement besoin d’un traitement médicamenteux. Cependant, si leur état de santé ne s’améliore pas après un mois, le médecin prescrit souvent de l’itraconazole, par voie orale. Si une pneumonie grave se développe, de l’amphotéricine B est administrée par voie intraveineuse, suivie d’itraconazole.

Les personnes atteintes d’histoplasmose disséminée progressive doivent recevoir un traitement. Si l’infection est grave, de l’amphotéricine B est administrée par voie intraveineuse, suivie d’itraconazole, par voie orale. Si l’infection est bénigne, le médecin ne prescrira que l’itraconazole.

Si des patients atteints du SIDA développent une histoplasmose, ils peuvent être traités par un antifongique, généralement l’itraconazole, le restant de leur vie. Cependant, leur traitement antifongique peut être arrêté si leur numération de CD4 (un type particulier de globules blancs) augmente et reste assez élevé pendant au moins 6 mois.

Dans l’histoplasmose cavitaire chronique, l’itraconazole ou, pour les infections plus sévères, l’amphotéricine B peut éliminer les champignons. Cependant, la destruction causée par l’infection est irréversible, même sous traitement. De ce fait, la plupart des personnes continuent à souffrir de problèmes respiratoires, semblables à ceux causés par une bronchopneumopathie chronique obstructive. Le traitement devra donc être débuté le plus rapidement possible pour limiter les lésions pulmonaires.

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