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Giardiase

Par Richard D. Pearson, MD, Emeritus Professor of Medicine, University of Virginia School of Medicine

La giardiase est une infection de l’intestin grêle provoquée par un parasite unicellulaire (protozoaire), Giardia. Les principaux symptômes sont des crampes abdominales et des diarrhées.

  • Les patients infectés sont atteints de crampes abdominales douloureuses, d’une distension gazeuse, d’éructations, de diarrhées et de nausées et se sentent vaguement fatigués.

  • La contamination se fait en consommant de l’eau ou de la nourriture contaminée par des excréments.

  • Le diagnostic est fait par un examen d’un échantillon de selles.

  • Les randonneurs doivent faire bouillir l’eau douce avant de la boire.

  • Les personnes infectées sont traitées par un médicament antiparasitaire, tel que le tinidazole.

La giardiase (ou lambliase) est une infection due à un protozoaire présente dans le monde entier et qui constitue l’infection parasitaire intestinale la plus fréquente aux États-Unis. Certains protozoaires du genre Giardia peuvent développer une coque extérieure (cette forme est appelée kyste). Cela leur permet de survivre à l’extérieur d’un organisme pendant de longues périodes (par exemple, dans un lac ou un cours d’eau) et les rend moins sensibles au chlore (des piscines par exemple). Ces kystes sont excrétés dans les selles et sont infestants.

Le protozoaire du genre Giardia est un contaminant habituel des eaux douces, dont celles de nombreux lacs et fleuves, même si elles sont apparemment propres. L’utilisation de techniques inefficaces de filtration dans les systèmes municipaux de distribution d’eau potable contribue à l’apparition des épidémies. La plupart des personnes contractent l’infection en buvant de l’eau contaminée (par exemple, en avalant de l’eau de piscine). Mais la transmission est aussi possible en mangeant de la nourriture contaminée ou par contact avec les excréments d’une personne infectée, ce qui peut survenir entre enfants ou partenaires sexuels.

La giardiase est plus fréquente chez

  • Les enfants dans les crèches

  • Les personnes adeptes de pratiques sexuelles bucco-anales

  • Les personnes qui ont voyagé dans les pays en développement

  • Les campeurs et les randonneurs qui consomment l’eau non traitée des torrents et des lacs

Les animaux sauvages peuvent abriter le parasite.

Le saviez-vous ?

  • La giardiase est l’infection parasitaire intestinale la plus fréquente aux États-Unis.

Symptômes de la giardiase

Certains sujets infectés ne présentent aucun symptôme. Chez d’autres personnes, les symptômes de la giardiase apparaissent environ 1 à 2 semaines après la contamination. Les symptômes typiques incluent des crampes abdominales, une flatulence (gaz), des éructations, et une diarrhée aqueuse, d’odeur fétide. Les nausées peuvent être intermittentes. Les patients peuvent être fatigués, ressentir un vague inconfort et perdre l’appétit. En l’absence de traitement, la diarrhée persiste pendant des semaines. Dans certains cas, la diarrhée peut persister encore plus longtemps. Les patients n’absorbent parfois pas suffisamment de nutriments provenant des aliments (malabsorption), ce qui provoque une perte de poids importante.

Parfois, une giardiase chronique peut être responsable d’un retard de croissance chez les enfants (pathologie appelée retard de croissance).

Diagnostic de la giardiase

  • Analyse des selles

Les symptômes sont souvent évocateurs du diagnostic.

Le moyen le plus simple de poser le diagnostic de giardiase est de faire un examen des selles pour rechercher les protéines (antigènes) libérées parGiardia lamblia. L’examen microscopique des échantillons de selles ou des sécrétions prélevées dans l’intestin grêle peut mettre en évidence la présence du parasite. Dans la mesure où les patients infectés de longue date ont tendance à excréter le parasite à intervalles non prévisibles, des examens des selles au microscope répétés peuvent s’avérer nécessaires.

Prévention de la giardiase

Pour se protéger de la giardiase, il faut

  • Un traitement approprié de l’eau distribuée publiquement (y compris l’eau potable et l’eau de piscine)

  • Le respect de l’hygiène lors de la préparation des aliments

  • Une bonne hygiène personnelle (par exemple, bien se laver les mains après avoir utilisé les toilettes)

Faire bouillir l’eau tue les parasites ; c’est la plus sûre des méthodes que les randonneurs peuvent utiliser pour boire une eau douce en toute sécurité. L’eau des puits, des réservoirs et des piscines peut parfois être désinfectée en utilisant de l’iode ou du chlore. Cette méthode est assez fiable mais son efficacité varie en fonction de la turbidité de l’eau (si l’eau est très trouble ou très boueuse), de la température de l’eau et de la technique habituelle de désinfection. La quantité de chlore utilisée en routine dans l’eau potable peut être insuffisante pour tuer les kystes. Certains systèmes de filtration portables peuvent éliminer les kystes présents dans l’eau, mais on ne connaît aucun système de filtration spécifique qui soit vraiment efficace.

Traitement de la giardiase

  • Tinidazole, métronidazole, ou nitazoxanide (médicaments antiprotozoaires)

Les patients infectés présentant des symptômes peuvent être traités par voie orale par tinidazole, métronidazole, ou nitazoxanide. Le traitement des patients infectés asymptomatiques peut contribuer à réduire la propagation de la maladie mais n’est pas faisable car trop onéreux. Le tinidazole, administré en dose unique, a moins d’effets secondaires que le métronidazole, administré trois fois par jour pendant 5 à 7 jours. La prise concomitante d’alcool pendant les quelques jours de traitement par le tinidazole ou le métronidazole peut provoquer des nausées, des vomissements, des bouffées de chaleur et des maux de tête. Le nitazoxanide, est disponible sous forme de comprimés et sous forme liquide, très utile pour les enfants. Il a peu d’effets secondaires.

Les femmes enceintes ne doivent pas être traitées par métronidazole ou tinidazole. L’innocuité du nitazoxanide au cours de la grossesse n’a pas été étudiée. De ce fait, le traitement des femmes enceintes est repoussé si possible, après l’accouchement. Si les symptômes sont sévères et que le traitement doit être fait impérativement, on utilise la paromomycine.

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