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Maladie du sommeil africaine

(Trypanosomiase africaine)

Par Richard D. Pearson, MD, Emeritus Professor of Medicine, University of Virginia School of Medicine

La maladie du sommeil africaine est une infection due au protozoaire Trypanosoma brucei gambiense ou Trypanosoma brucei rhodesiense. La maladie est transmise par la piqûre d’une mouche tsé-tsé.

  • La maladie du sommeil ne survient qu’en Afrique équatoriale.

  • Un bouton douloureux ou une ulcération peut se former à l’endroit de la piqûre de la mouche, apparaissent ensuite des fièvres, des frissons, des céphalées, l’hypertrophie des ganglions lymphatiques, parfois une éruption cutanée, et finalement la somnolence, des difficultés à marcher, et en absence de traitement, le coma et la mort.

  • Les médecins confirment généralement le diagnostic en identifiant le protozoaire dans un échantillon de sang, de liquide prélevé des ganglions lymphatiques, ou du liquide céphalorachidien.

  • Toutes les personnes infectées doivent être traitées par un ou plusieurs médicaments efficaces contre le trypanosome.

La maladie du sommeil ne survient que dans certaines parties de l’Afrique équatoriale, où vit la mouche tsé-tsé. Il existe deux formes de maladie du sommeil. Chacune est due à une espèce de trypanosome différente. Une forme (due à Trypanosoma brucei gambiense) sévit en Afrique de l’Ouest et centrale. L’autre forme (due à Trypanosoma brucei rhodesiense) sévit en Afrique de l’Est. Les deux formes de maladies sont observées en Ouganda. Environ 10 000 nouveaux cas sont recensés chaque année.

Un autre trypanosome, Trypanosoma cruzi, provoque la maladie de Chagas.

Le saviez-vous ?

  • La maladie du sommeil est un type de coma plutôt qu’un sommeil réel.

Mode de transmission

Les protozoaires sont généralement transmis à l’homme par une piqûre de mouche tsé-tsé infectée qui injecte les protozoaires dans la peau. Les protozoaires se déplacent dans le système lymphatique et la circulation sanguine, où ils se multiplient. Ils atteignent ensuite les organes et les tissus de l’organisme et finalement le cerveau. L’infection se propage lorsqu’une mouche pique une personne ou un animal infecté, puis pique une autre personne.

Une mère infectée peut transmettre le protozoaire à son bébé au cours de la grossesse ou de l’accouchement. Rarement, il arrive que des personnes soient infectées par des transfusions sanguines. En théorie, l’infection peut se transmettre par l’intermédiaire d’un organe greffé provenant d’un donneur infecté.

Symptômes

L’infection affecte différentes parties de l’organisme dans l’ordre suivant :

  • La peau

  • Le sang et les ganglions lymphatiques

  • Le cerveau et le liquide céphalorachidien (liquide qui entoure le cerveau et la moelle épinière)

La rapidité d’évolution de l’infection et la nature des symptômes provoqués dépendent de l’espèce en cause.

Peau

Un bouton peut se développer à l’endroit de la piqûre de la mouche tsé-tsé dans un délai de quelques jours à deux semaines. Il devient rouge sombre et peut devenir une ulcération enflée douloureuse.

Sang et ganglions lymphatiques

L’infection s’étend au sang et à la lymphe sur une période de plusieurs semaines à plusieurs mois. Les personnes atteintes ont alors des fièvres intermittentes, des frissons, des maux de tête, et des douleurs musculaires et articulaires. Le visage peut enfler temporairement. Chez certains, une éruption cutanée apparaît, et les ganglions lymphatiques le long du dos et du cou augmentent de volume. Une anémie peut se développer.

Cerveau et liquide céphalorachidien

Lorsque le cerveau et le liquide céphalorachidien sont affectés, les maux de tête deviennent persistants. Les personnes sont atteintes de somnolence, perdent leur concentration, et ont des problèmes d’équilibre et des difficultés à marcher. La somnolence s’aggrave, et les personnes peuvent s’endormir au milieu d’une occupation.

En l’absence de traitement, les lésions cérébrales évoluent, entraînant un coma et la mort. Le décès survient quelques mois ou 2 ou 3 ans après l’apparition des symptômes, selon l’espèce responsable de l’infection. La mort est parfois la conséquence de malnutrition ou d’autres infections.

Diagnostic

  • Examen d’un échantillon de sang ou de liquide provenant d’un ganglion lymphatique

  • Ponction lombaire et analyse du liquide céphalorachidien

Le médecin diagnostique cette infection en examinant un échantillon de sang ou de liquide prélevé dans un ganglion et en identifiant les protozoaires qui s’y trouvent. Parfois, le médecin recherche les protozoaires dans un échantillon de moelle osseuse ou de liquide provenant de l’ulcération.

Généralement, le médecin effectue une Tests à la recherche de troubles du cerveau, de la moelle épinière et du système nerveux : Ponction lombaire (ponction lombaire) pour obtenir un échantillon de liquide céphalorachidien afin de déterminer si l’infection s’est étendue jusqu’au cerveau. Le médecin recherche la présence du protozoaire dans l’échantillon de liquide, ainsi que d’autres signes de l’infection. Ces signes comprennent l’augmentation de la pression de liquide, du nombre de globules blancs, et de certains anticorps.

Prévention

Pour éviter de se faire piquer par une mouche tsé-tsé, il faut :

  • Éviter les régions fortement infestées de mouches tsé-tsé : Les voyageurs qui se rendent dans les régions d’Afrique où vit la mouche tsé-tsé peuvent demander aux habitants quels sont les lieux à éviter.

  • Porter des vêtements à longues manches et des pantalons épais : La mouche tsé-tsé peut piquer à travers les vêtements légers.

  • Porter des vêtements de couleur neutre qui se confondent avec l’environnement : Les mouches tsé-tsé sont attirées par les couleurs vives ou sombres.

  • Utiliser un répulsif anti-insectes si nécessaire, cependant, il peut ne pas être efficace contre les mouches tsé-tsé.

Traitement

  • Médicaments efficaces contre ces protozoaires

L’infection doit être traitée dès que possible avec des médicaments efficaces contre ces infections. Le médicament dépend de l’espèce (gambiense ou rhodesiense) responsable de l’infection et si l’infection a atteint le cerveau et le liquide céphalorachidien.

Si l’infection n’a pas atteint le cerveau et le liquide céphalorachidien, les médicaments efficaces comprennent

  • Suramine (préférable pour rhodesiense)

  • Pentamidine ou éflornithine (préférable pour gambiense)

  • Éflornithine (uniquement pour gambiense mais sa disponibilité est limitée)

Ces médicaments sont administrés par voie intraveineuse (dans une veine). La pentamidine peut aussi être injectée dans un muscle.

Si l’infection a atteint le cerveau et le liquide céphalorachidien, les médicaments efficaces comprennent

  • Mélarsoprol

  • Éflornithine (uniquement pour gambiense)

Ces médicaments sont administrés par voie intraveineuse. Le mélarsoprol peut avoir des effets secondaires graves, parfois menaçant le pronostic vital, mais dans de nombreux pays africains, il constitue souvent le seul médicament disponible pour le traitement de la maladie du sommeil qui affecte le cerveau. Des corticostéroïdes peuvent être administrés pour réduire le risque d’apparition de certains de ces effets secondaires.

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