Introuvable
Emplacements

Trouvez des informations sur des sujets médicaux, des symptômes, des médicaments, des procédures, des nouvelles et bien plus encore, rédigées en langage simple.

Toxoplasmose

Par Richard D. Pearson, MD, Emeritus Professor of Medicine, University of Virginia School of Medicine

La toxoplasmose est une infection due à un protozoaire (parasite unicellulaire), Toxoplasma gondii. D’ordinaire, les personnes atteintes de cette infection sont asymptomatiques, mais certaines personnes ont les ganglions lymphatiques enflés, de la fièvre, un vague malaise, et parfois un mal de gorge, la vision trouble, et une douleur oculaire.

  • La transmission de l’infection se fait par contact oral (au niveau de la bouche) à partir d’un objet contaminé par les œufs du parasite ou par consommation d’aliments contaminés.

  • La plupart des infections provoquent peu ou aucun symptôme.

  • Les femmes enceintes infectées peuvent transmettre le parasite au fœtus, provoquant parfois une fausse couche, la naissance d’un enfant mort-né ou de graves lésions chez le bébé.

  • En règle générale, seules les personnes qui ont un système immunitaire affaibli présentent des symptômes graves, résultant le plus souvent d’une inflammation cérébrale (encéphalite), ce qui peut provoquer une faiblesse d’un seul côté du corps, de la confusion, ou un coma.

  • Plus rarement, d’autres organes sont affectés chez les personnes qui ont un système immunitaire affaibli.

  • Le médecin diagnostique généralement l’infection en recherchant dans des échantillons sanguins les anticorps dirigés contre ce parasite.

  • Cuire correctement la viande ou la congeler, se laver les mains soigneusement après avoir manipulé de la viande crue ou de la terre ou la litière d’un chat fait partie des mesures de prévention de la propagation de cette infection.

  • La plupart des personnes en bonne santé ne nécessitent aucun traitement, mais les adultes symptomatiques et les nouveau-nés infectés sont traités par la sulfadiazine associée à la pyriméthamine et la leucovorine.

Toxoplasma gondii est présent dans toutes les régions du monde où vivent des chats. Ce parasite infeste un très grand nombre d’animaux et d’hommes. Si beaucoup de personnes contractent l’infection par Toxoplasma, rares sont celles qui manifestent des symptômes. Les infections sévères se développent généralement uniquement chez les fœtus et les patients immunodéprimés atteints du SIDA, d’un cancer ou traités par des médicaments utilisés pour prévenir le rejet des greffes d’organes (immunosuppresseurs).

Le saviez-vous ?

  • Le toxoplasme produit des œufs uniquement dans l’intestin des chats.

Même si le parasite peut se multiplier dans les tissus de nombreux animaux, il ne produit des œufs (oocystes) que dans les cellules qui revêtent l’intestin du chat. Les œufs sont excrétés avec les excréments du chat et, après 1 à 5 jours, ils deviennent infestants. Les oiseaux, les rongeurs, les chevreuils, et beaucoup d’animaux domestiques (notamment les porcs et les moutons) peuvent ingérer les œufs qui se trouvent dans la nourriture ou dans la terre contaminée par les excréments du chat. Les œufs libèrent une forme du parasite appelée tachyzoïte. Les tachyzoïtes se propagent dans les tissus de l’animal et finissent par former des kystes.

Cycle de vie de Toxoplasma gondii

  • 1a. Les œufs sont éliminés dans les excréments du chat. De nombreux œufs sont excrétés, mais généralement pendant seulement 1 à 2 semaines. Après 1 à 5 jours dans le milieu extérieur, les œufs deviennent infestants.

  • 1b. Les chats peuvent se réinfecter en mangeant de la nourriture ou d’autres matières contaminées par les œufs.

  • 2. D’autres animaux (comme des oiseaux, des rongeurs, des chevreuils, des porcs, et des moutons) peuvent ingérer les œufs qui se trouvent dans le sol, l’eau, les matériels végétaux, ou la litière des chats.

  • 3. Peu après avoir été ingérés, les œufs libèrent une forme mobile du parasite (appelées tachyzoïtes).

  • 4. Les tachyzoïtes se propagent dans l’ensemble de l’organisme de l’animal et forment des kystes dans les nerfs et les muscles.

  • 5. Les chats s’infectent lorsqu’ils mangent des animaux qui contiennent ces kystes.

  • 6a. Une personne peut s’infecter en mangeant de la viande mal cuite contenant ces kystes.

  • 6b. Une personne peut également s’infecter en consommant de la nourriture, de l’eau, ou d’autres matières (comme de la terre) contaminées par des excréments de chat ou en touchant la litière d’un chat, puis en se touchant la bouche.

  • 7. Rarement, l’infection est transmise par une transfusion sanguine ou une greffe d’organe qui contient le parasite.

  • 8. La transmission de la mère au fœtus est rare.

  • 9. Chez l’homme, les parasites forment des kystes dans les tissus, le plus souvent dans les muscles, le cœur, le cerveau, et les yeux.

Mode de transmission de la toxoplasmose

Une personne peut s’infecter de plusieurs manières :

  • En consommant de la nourriture, de l’eau, ou d’autres matières (comme de la terre) souillées avec les excréments d’un chat contenant des œufs de Toxoplasma

  • En mangeant de la viande qui contient des kystes de toxoplasmes

  • Transmission d’une mère nouvellement infectée au fœtus

Une personne peut ingérer des œufs de toxoplasmes en se touchant la bouche ou en manipulant des aliments et en les mangeant, sans se laver les mains, après avoir touché une litière pour chat, de la terre, ou d’autres objets contaminés. Une personne peut ingérer des kystes en mangeant de la viande crue ou pas assez cuite (d’ordinaire du porc ou du mouton) provenant d’animaux infectés. Rarement, la transmission du parasite peut se faire par le truchement d’une transfusion sanguine ou de la transplantation d’un organe prélevé chez un donneur infecté.

La toxoplasmose au cours de la grossesse

Lorsqu’une femme est contaminée pendant sa grossesse, elle peut transmettre le Toxoplasma gondii au fœtus par le placenta. Cette transmission peut provoquer une fausse couche, la naissance d’un enfant mort-né ou d’un enfant atteint de malformations congénitales ou de toxoplasmose congénitale.

Une femme qui a été infectée avant la grossesse ne transmet pas le parasite au fœtus, sauf si son système immunitaire est affaibli (par exemple en cas d’infection au VIH), ce qui peut réactiver l’infection.

La toxoplasmose chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli

Les personnes immunodéprimées, en particulier ceux atteints du SIDA ou d’un cancer, ou qui sont traités par des médicaments antirejet suite à une greffe d’organe, sont particulièrement soumis à un risque accru de toxoplasmose. Si elles ont été infectées dans le passé, le fait d’avoir une affection qui affaiblit le système immunitaire ou de prendre un médicament qui inhibe le système immunitaire (immunosuppresseurs) peut provoquer la réactivation de l’infection.

Une infection réactivée provoque généralement des symptômes. L’infection initiale est souvent asymptomatique. L’infection réactivée siège habituellement dans le cerveau, mais peut toucher l’œil ou être disséminée dans tout l’organisme.

Chez les personnes qui ont un système immunitaire affaibli, la toxoplasmose est très grave et peut même être mortelle si elle n’est pas traitée.

Symptômes de la toxoplasmose

La plupart des personnes avec un système immunitaire normal n’ont aucun symptôme de toxoplasmose et guérissent spontanément.

Les enfants nés avec une toxoplasmose congénitale peuvent être gravement malades et décéder immédiatement après la naissance ou rester asymptomatiques pendant des mois, voire des années. Certains ne sont jamais malades. Chez le nouveau-né, les symptômes se manifestent habituellement par une inflammation de l’œil (choriorétinite), qui peut induire une cécité, une augmentation du volume du foie et de la rate, un ictère, une éruption cutanée, des convulsions, une micro ou une macrocéphalie et un déficit intellectuel. Parfois, des personnes développent une choriorétinite tardivement lorsque la toxoplasmose congénitale est réactivée. Ces personnes ont une vue trouble, une douleur oculaire, et une sensibilité à la lumière.

La toxoplasmose acquise après la naissance ne provoque des symptômes que chez 10 à 20 % des personnes dont le système immunitaire est sain. Lorsque les symptômes apparaissent, ils sont en général bénins et consistent en une hypertrophie indolore des ganglions, une fièvre intermittente modérée et une vague sensation de malaise, et quelquefois des maux de gorge. Les symptômes disparaissent sans traitement, souvent après plusieurs semaines, bien que parfois ils puissent durer des mois.

Les symptômes de la toxoplasmose chez les patients immunodéprimés sont fonction de la localisation de l’infection, comme le montre ce qui suit :

  • Toxoplasmose du cerveau (encéphalite) : affaiblissement musculaire d’un côté du corps, des difficultés d’élocution, des maux de tête, une confusion, des convulsions et un coma

  • Toxoplasmose aiguë disséminée (toxoplasmose qui s’est propagée dans tout l’organisme) : éruption cutanée, forte fièvre, frissons, difficultés à respirer, et fatigue

Chez certains patients, l’infection provoque une grave inflammation du foie (hépatite), des poumons (pneumonie) ou du cœur (myocardite). L’organe touché peut ne plus fonctionner normalement (c’est ce qu’on appelle une insuffisance organique). Ces formes de toxoplasmose peuvent menacer le pronostic vital.

Diagnostic de la toxoplasmose

  • Analyses de sang pour détecter les anticorps contre le parasite

  • Si le cerveau est affecté, tomodensitométrie ou imagerie par résonance magnétique, suivie d’une ponction lombaire

Le diagnostic de toxoplasmose repose généralement sur la recherche des anticorps dirigés contre le parasite dans un échantillon sanguin. (Les anticorps sont des protéines produites par le système immunitaire qui participent à la défense de l’organisme contre les attaques, y compris celle des parasites.) Les tests sanguins peuvent être utilisés pour diagnostiquer une nouvelle infection.

Ces tests sanguins peuvent être effectués chez les personnes qui ont un système immunitaire affaibli, mais ne présentent pas de symptômes de toxoplasmose. Les tests sont effectués pour rechercher des signes d’une infection antérieure, qui pourrait se trouver réactivée si le système immunitaire s’affaiblissait davantage. Cependant, si le système immunitaire d’un patient est affaibli par le SIDA, l’examen peut indiquer à tort qu’il n’y a pas d’infection (résultat faussement négatif).

Si la personne signale des problèmes oculaires, le médecin examine les yeux pour y déceler les lésions généralement associées à la toxoplasmose.

Le médecin détermine que le fœtus a été infecté en prélevant un échantillon de liquide amniotique (liquide autour du fœtus) et en y recherchant le matériel génétique (ADN) du parasite (une procédure appelée amniocentèse). Le test est généralement effectué après la 18e semaine de grossesse.

Si une toxoplasmose du cerveau est suspectée, une tomodensitométrie (TDM) ou une imagerie par résonance magnétique (IRM) du cerveau est effectuée, généralement suivie d’une ponction lombaire. Plus rarement, on prélève et on examine au microscope un échantillon de tissu infecté (biopsie) pour identifier les parasites, des protéines caractéristiques libérées par le parasite (antigènes), ou le matériel génétique du parasite.

Prévention de la toxoplasmose

Les femmes enceintes doivent éviter tout contact avec les chats. Si cela n’est pas possible, elles doivent au moins éviter de nettoyer la litière du chat ou le faire en portant des gants.

La viande doit être correctement cuite, à une température supérieure à 74 – 77 °C et il faut se laver les mains soigneusement après avoir manipulé de la viande crue, de la terre ou la litière d’un chat. La congélation à une température égale ou inférieure à - 13 °C détruit également le parasite.

On doit faire un dépistage de cette parasitose chez les donneurs potentiels d’organe pour éviter la transmission par l’intermédiaire des organes transplantés.

L’association triméthoprime-sulfaméthaxazole (antibiotique) peut être utilisée pour éviter la réactivation de la toxoplasmose chez certaines personnes atteintes de SIDA ou d’autres affections qui affaiblissent le système immunitaire. Les personnes, qui ne peuvent pas prendre ce médicament, peuvent prendre la pyriméthamine (utilisée pour traiter le paludisme) plus la sulfadiazine ou la clindamycine (antibiotiques). Parmi les autres choix figurent l’atovaquone (un médicament antiprotozoaire) avec ou sans pyriméthamine et dapsone avec pyriméthamine. Comme la pyriméthamine peut diminuer la production cellulaire qui a lieu dans la moelle osseuse, la leucovorine (également appelé acide folique) est donnée en même temps pour protéger de cet effet secondaire.

Les personnes atteintes d’un SIDA prennent aussi des médicaments antirétroviraux, qui aident à renforcer leur système immunitaire et à réduire le risque de réactivation de la toxoplasmose.

Traitement de la toxoplasmose

  • Sulfasalazine (un antibiotique) plus pyriméthamine et leucovorine

  • clindamycine (un antibiotique) ou atovaquone plus pyriméthamine

  • Pour les infections oculaires, médicaments efficaces contre la toxoplasmose et un corticostéroïde

La plupart des adultes infectés mais asymptomatiques et qui ont un système immunitaire fonctionnel ne requièrent aucun traitement.

Les personnes présentant des symptômes sont traitées par sulfadiazine plus pyriméthamine et leucovorine. Si leur système immunitaire est normal, elles sont généralement traitées pendant quelques semaines. Les personnes atteintes de SIDA ou d’autres affections qui affaiblissent le système immunitaire sont traitées plus longtemps (d’ordinaire 6 semaines), et la prise des médicaments se poursuit jusqu’à ce que le système immunitaire s’améliore. Si le patient ne peut pas prendre de la sulfadiazine, on peut utiliser à la place la clindamycine ou l’atovaquone associée à la pyriméthamine.

En cas d’infection oculaire, la personne peut prendre pyriméthamine plus sulfadiazine (ou clindamycine) plus leucovorine. La prednisone ou un autre corticostéroïde est souvent administré en même temps pour réduire l’inflammation.

Les femmes qui contractent la toxoplasmose pendant la grossesse doivent consulter un médecin spécialisé dans la toxoplasmose pendant la grossesse. Le choix des médicaments est compliqué et dépend du moment où la femme enceinte a contracté l’infection (quel trimestre) et de l’infection éventuelle du fœtus.

Les nouveau-nés infectés avant la naissance sont généralement traités par pyriméthamine, sulfadiazine, et leucovorine pendant un an après la naissance.

Le saviez-vous ?

  • Les femmes qui contractent la toxoplasmose pendant la grossesse doivent consulter un médecin spécialisé dans la toxoplasmose pendant la grossesse.

Chez les personnes atteintes de SIDA, la toxoplasmose tend à récidiver, par conséquent les médicaments pour contrôler la toxoplasmose sont pris en continu jusqu’à ce que le système immunitaire s’améliore (ce qui est indiqué par une augmentation du taux de CD4). Le médecin veille à l’utilisation des médicaments antiviraux les plus efficaces.

Ressources dans cet article