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Infection à hantavirus

Par Craig R. Pringle, BSc, PhD, Emeritus Professor, School of Life Sciences, University of Warwick

L’infection à hantavirus est une maladie virale qui se propage par le biais de rongeurs qui la transmettent à l’homme. Ce virus est responsable d’infections sévères pulmonaires (avec toux et essoufflement) ou rénales (avec éruption cutanée, douleurs abdominales, et parfois insuffisance rénale).

  • L’hantavirus se transmet par contact avec des rongeurs infectés ou avec leurs déjections.

  • L’infection débute par une fièvre soudaine, des maux de tête, des douleurs musculaires, et parfois par des symptômes abdominaux, qui peuvent être suivis par une toux et un essoufflement ou une éruption cutanée et des problèmes rénaux.

  • Le diagnostic est confirmé par des tests sanguins d’identification du virus.

  • En cas d’atteinte pulmonaire, on met les patients sous oxygène et on leur administre des médicaments pour stabiliser la pression artérielle ; en cas d’atteinte rénale, il peut être nécessaire de les dialyser.

Les hantavirus infectent différentes espèces de rongeurs à travers le monde. Ces virus sont présents dans les urines, les déjections des rongeurs. L’homme contracte l’infection par contact avec les rongeurs ou leurs déjections ou leur urine et, probablement, par inhalation de particules virales dans les régions où l’on retrouve de grandes quantités d’excréments de rongeurs. Certaines données laissent supposer que le virus peut dans des cas rares, se transmettre d’homme à homme. Les infections à hantavirus sont de plus en plus fréquentes.

Il existe plusieurs souches d’hantavirus. Selon les souches, le virus affecte différents organes :

  • Les poumons, provoquant un syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH).

  • Les reins, provoquant une fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR).

Cependant, un grand nombre de symptômes sont identiques dans les deux maladies.

Le syndrome pulmonaire a été identifié pour la première fois dans le sud-ouest des États-Unis en 1993. En 2013, on comptait environ 637 cas aux États-Unis, la plupart dans les états du sud-ouest. Des cas sont également apparus dans différents pays d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud.

Le syndrome rénal survient surtout dans certaines régions de l’Europe et en Corée. L’hantavirus Séoul est responsable d’un syndrome rénal. Le virus se propage grâce aux rats bruns surmulots et il s’est propagé partout dans le monde porté par les rats sur des bateaux.

Symptômes

Les symptômes débutent par une fièvre soudaine, des céphalées et des douleurs musculaires, typiquement 2 semaines environ après exposition à des déjections ou des urines de rongeurs. Des douleurs abdominales, des diarrhées ou des vomissements peuvent également être observés.

Ces symptômes persistent pendant plusieurs jours (habituellement pendant 4 jours environ mais parfois jusqu’à 15 jours).

Les patients atteints d’un syndrome pulmonaire développent alors une toux et un essoufflement, qui peut s’aggraver en quelques heures. Du liquide s’accumule autour des poumons et la tension artérielle baisse. Ce syndrome entraîne la mort dans environ 50 % à 75 % des cas. Ceux qui survivent aux quelques premiers jours vont voir leur état de santé s’améliorer rapidement et vont se remettre complètement dans les 2 ou 3 semaines.

Chez certains patients atteints de fièvre hémorragique avec syndrome rénal, l’infection est modérée et asymptomatique. Chez d’autres, des symptômes vagues (comme la fièvre, les douleurs musculaires, les céphalées et la nausée) durent 3 ou 4 jours. Puis dans la plupart des cas, le visage devient rouge, comme en cas de coup de soleil, et est recouvert par une urticaire. Une éruption cutanée peut se développer sur le tronc. Les personnes atteintes de symptômes légers récupèrent complètement. Chez d’autres, les symptômes peuvent s’aggraver. Dans de rares cas, la pression artérielle chute (choc). Une insuffisance rénale apparaît, et la production d’urines peut être stoppée (phénomène appelé anurie). Les personnes atteintes peuvent avoir du sang dans leurs urines et/ou leurs selles et des ecchymoses sur leur peau. L’infection est mortelle dans 6 à 15 % des cas. Chez ceux qui survivent, la plupart récupèrent en 3 à 6 semaines, mais la récupération peut demander jusqu’à 6 mois.

Diagnostic

  • Analyses de sang pour identifier le virus

On suspecte le diagnostic quand des personnes qui ont été exposées au virus présentent des symptômes caractéristiques.

Le diagnostic est confirmé par des tests sanguins d’identification du virus.

Le médecin effectue d’autres analyses de sang pour évaluer le fonctionnement des reins et des autres organes. Si le syndrome pulmonaire est suspecté, une radiographie du thorax peut être effectuée. Une échocardiographie (échographie du cœur) est généralement effectuée pour écarter d’autres causes possibles du liquide autour des poumons.

Traitement

  • Soins d’accompagnement

  • Pour le syndrome pulmonaire, oxygène et médicaments pour stabiliser la pression artérielle

  • Pour le syndrome rénal, dialyse et ribavirine

Le traitement est avant tout symptomatique.

En cas de syndrome pulmonaire, le patient est placé sous oxygène et on lui administre des médicaments pour stabiliser la pression artérielle, ce qui est primordial pour la récupération. Parfois, utilisation d’un respirateur pour faciliter la respiration.

En cas de syndrome rénal, la dialyse peut être nécessaire et peut sauver la vie de la personne ; un traitement par la ribavirine (médicament antiviral), par voie intraveineuse, peut aider à réduire la gravité des symptômes et le risque mortel.