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Rhume

Par Craig R. Pringle, BSc, PhD, Emeritus Professor, School of Life Sciences, University of Warwick

Le rhume est une infection virale de l’épithélium (revêtement superficiel) du nez, des sinus, de la gorge.

  • Généralement, la contamination se fait par contact avec des mains souillées par des sécrétions nasales d’une personne infectée.

  • Le rhume débute par une irritation ou un mal de gorge ou une gêne nasale, puis par des éternuements, une congestion nasale, et un malaise général.

  • Le diagnostic est basé sur les symptômes.

  • La meilleure préventive contre les rhumes est une bonne hygiène, y compris les lavages fréquents des mains.

  • Le repos, des médicaments décongestionnants, et des anti-inflammatoires non stéroïdiens peuvent aider à soulager les symptômes.

Le rhume fait partie des maladies les plus communes. De nombreux virus différents (rhinovirus, adénovirus, coronavirus, et métapneumovirus humains) peuvent être à l’origine des rhumes, mais les rhinovirus (dont il existe environ 100 sous-types) sont les plus souvent en cause. Les rhumes dus aux rhinovirus apparaissent surtout au printemps et à l’automne. D’autres virus sont responsables de maladies semblables au rhume à d’autres moments de l’année.

Généralement, la contamination se fait par contact avec des mains souillées par des sécrétions nasales d’une personne infectée. Ces sécrétions contiennent des virus. Lorsque la personne se touche la bouche, le nez ou les yeux, les virus pénètrent dans l’organisme et provoquent la maladie. Plus rarement, la propagation a lieu par inhalation d’air, lorsqu’il contient des gouttelettes émises par une personne infectée au cours de la toux ou d’éternuements. Le rhume est plus contagieux dans les 2 premiers jours qui suivent l’apparition des symptômes.

Prendre froid ne peut ni provoquer un rhume ni augmenter la sensibilité à l’infection. L’état de santé, les habitudes alimentaires pas plus que les anomalies du nez ou de la gorge (telles que l’hypertrophie des amygdales ou des végétations) ne semblent avoir d’incidences sur la probabilité de contracter un rhume.

Symptômes

Les symptômes du rhume débutent 1 à 3 jours après l’infection. Le premier symptôme est généralement une irritation ou un mal de gorge ou une gêne au niveau du nez. Ensuite, les personnes éternuent, ont une congestion nasale et se sentent légèrement souffrantes. La fièvre n’est pas fréquente, mais une fièvre modérée peut apparaître au tout début. Les sécrétions nasales sont d’abord aqueuses et claires et peuvent être très abondantes, ce qui est gênant, puis éventuellement, elles s’épaississent, deviennent opaques, prennent une coloration jaune verdâtre et sont moins abondantes. Une faible toux apparaît également chez de nombreux patients. Les symptômes disparaissent généralement en 4 à 10 jours, même si la toux persiste souvent au cours de la deuxième semaine.

Des complications peuvent prolonger la durée de la maladie. Chez les patients asthmatiques, les infections à rhinovirus déclenchent souvent des crises d’asthme. Des infections bactériennes de l’oreille moyenne (otite moyenne) ou des sinus sont parfois observées à la suite d’un rhume. Elles s’expliquent par la congestion nasale, qui empêche le drainage normal et permet aux bactéries de croître dans les collections formées par les sécrétions non drainées.

Le saviez-vous ?

  • Le rhume est rarement responsable d’une fièvre.

  • Les antibiotiques sont inutiles pour traiter un rhume.

Diagnostic

  • Examen clinique

Le médecin diagnostique un rhume sur les symptômes caractéristiques. Une fièvre élevée, des maux de tête importants, une éruption cutanée, des difficultés respiratoires ou une douleur thoracique font évoquer une infection autre qu’un simple rhume.

Le recours aux examens complémentaires est habituellement inutile pour diagnostiquer un rhume. Si des risques de complications sont envisagés, le médecin peut cependant prescrire des examens de sang et une radiographie pulmonaire.

Prévention

En raison de la grande diversité des virus susceptibles d’être à l’origine du rhume et des légères modifications qui s’opèrent en eux au cours du temps, aucun vaccin efficace n’a encore été mis au point.

La meilleure mesure préventive est une bonne hygiène. Comme la transmission de nombreux virus du rhume se fait par contact avec les sécrétions d’une personne infectée, les mesures suivantes peuvent aider :

  • Les personnes présentant les symptômes du rhume et les personnes du même foyer et du même bureau doivent se laver les mains fréquemment.

  • Des mouchoirs doivent être utilisés pour éternuer et tousser, puis soigneusement jetés.

  • Si possible, les malades symptomatiques doivent dormir dans une chambre séparée.

  • Les patients enrhumés qui toussent ou éternuent doivent éviter de se rendre au travail ou à l’école pour éviter la contamination.

  • Le nettoyage des surfaces et des objets partagés permet de réduire la dissémination des virus.

En dépit de leur popularité, l’échinacée (Echinacea purpura) et la vitamine C à fortes doses (jusqu’à 2 000 mg par jour) n’ont pas d’effet préventif sur le rhume ; il en est de même pour les agrumes.

Traitement

  • Pour les personnes souffrant de fièvre ou de symptômes sévères, repos à la maison

  • Beaucoup de liquide et inhalation de vapeur

  • Si nécessaire, médicaments en vente libre pour soulager les symptômes

Toute personne enrhumée doit rester confortablement au chaud et veiller à éviter de contaminer les autres. Le repos au domicile est indiqué en cas de fièvre ou de symptômes sévères. Il a longtemps été suggéré que boire beaucoup de liquide et inhaler de la vapeur ou utiliser un vaporisateur à nébulisation était des moyens de maintenir les sécrétions fluides et plus faciles à excréter, mais cela n’aide probablement qu’un peu.

Les antiviraux actuellement disponibles ne sont pas efficaces contre le rhume. Les antibiotiques ne sont d’aucune utilité pour lutter contre le rhume, même lorsque les sécrétions nasales ou les crachats sont épais ou contiennent du mucus coloré.

L’Echinacea ( Échinacée), les préparations contenant du zinc ( Zinc) et la vitamine C ont été proposés comme traitement. Leur efficacité a été démontrée au cours des quelques petites études réalisées. D’autres études ont mis en évidence leur inefficacité. Mais aucune étude clinique importante, bien conçue, n’a confirmé leur efficacité. Même quand les études montraient un bénéfice, celui-ci était faible. Par exemple, lorsque le zinc réduisait la durée des symptômes du rhume, la réduction était de moins d’un jour. Donc, la plupart des experts ne recommandent pas ces suppléments comme traitement.

Plusieurs médicaments en vente libre peuvent aider à soulager les symptômes. Mais comme ils ne guérissent pas l’infection, qui habituellement disparaît en une semaine sans traitement, les médecins pensent que leur utilisation doit être envisagée en fonction de l’état du patient. Différents types de médicaments sont utilisés :

  • Les décongestionnants qui aident à déboucher le nez

  • Les antihistaminiques qui peuvent aider à tarir l’écoulement nasal

  • L’acétaminophène ou les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), qui peuvent soulager la fièvre et la douleur.

  • Les sirops antitussifs, qui peuvent fluidifier les sécrétions ou supprimer la toux

Ces médicaments, le plus souvent vendus en association, sont également disponibles séparément.

Pour soulager la congestion nasale, il est préférable d’utiliser des décongestionnants par inhalation plutôt que par voie orale. Cependant, l’utilisation de décongestionnants par inhalation pendant plus de 3 à 5 jours puis l’arrêt de cette utilisation peuvent aggraver la congestion par rapport au début de l’infection. L’ipratropium, un spray nasal disponible uniquement sur ordonnance, aide à assécher le nez congestionné.

D’autres antihistaminiques, comme la chlorphéniramine, peuvent provoquer une somnolence. Des nouveaux antihistaminiques, comme la loratadine, causent moins de somnolence mais sont inefficaces dans le traitement des rhumes.

Les enfants de moins de 4 ans ne doivent pas prendre de décongestionnants ou d’antihistaminiques.

Les AINS comme l’aspirine, l’ibuprofène et le naproxène peuvent soulager le malaise général et les douleurs, et réduire la fièvre, tout comme l’acétaminophène. L’aspirine n’est généralement pas recommandée chez les enfants, car elle augmente le risque d’apparition d’un syndrome de Reye ( Syndrome de Reye), qui est une maladie rare mais menaçant le pronostic vital.

Dans la mesure où la toux est un bon moyen de nettoyer les voies aériennes des sécrétions et des débris au cours d’une infection virale, les antitussifs ne sont pas recommandés de façon systématique. Ils peuvent cependant être utilisés si l’importance de la toux perturbe le sommeil ou provoque un inconfort majeur.

Remèdes en vente libre pour le rhume

Mesure

Médicament

Effets secondaires

Antalgiques/antipyrétiques

soulage les courbatures et les douleurs, et diminue la fièvre

Acétaminophène

Effets secondaires minimes

Aspirine

Irritation de l’estomac

Risque d’un syndrome de Reye, chez les enfants

Ibuprofène

Irritation de l’estomac

Naproxène

Irritation de l’estomac

Antihistaminiques*

Débouchent les voies nasales, diminuent les éternuements

Naphazoline

Oxymétazoline

Phényléphrine

Xylométazoline

Somnolence, sécheresse de la bouche, et, chez les personnes âgées, vision floue, troubles de la miction (difficultés pour uriner), constipation, étourdissements quand la personne est debout, et confusion

Antitussifs

Peuvent aider à diminuer la toux

Benzonatate

Confusion et douleurs d’estomac

Codéine

Constipation, somnolence, troubles de la miction, douleurs d’estomac

Dextrométorphane

Effets secondaires minimes mais confusion, nervosité et irritabilité à fortes doses

Décongestionnants, spray nasal

Débouchent les narines

Naphazoline

Oxymétazoline

Phényléphrine

Xylométazoline

Réapparition de la congestion (congestion encore plus importante qu’avant le traitement) si le médicament est utilisé trop longtemps

Décongestionnants par voie orale

Réduisent ou arrêtent l’écoulement nasal

Pseudoéphédrine

Palpitations, hypertension, nervosité et insomnie

Phényléphrine

Accélération du rythme cardiaque, étourdissement, nervosité, et insomnie

Expectorant

Peut aider à fluidifier le mucus

Guaïfénésine

Effets secondaires minimes mais à fortes doses, maux de tête et douleurs d’estomac

*Les enfants de moins de 4 ans ne doivent pas prendre de décongestionnants ou d’antihistaminiques (seuls ou en association).

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