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Verrues génitales (infection à papillomavirus humain, ou infection au VPH)

Par J. Allen McCutchan, MD, MSc, Professor of Medicine, Division of Infectious Diseases, School of Medicine, University of California at San Diego

Les verrues génitales (condylomes acuminés) sont des formations situées à l’intérieur ou autour du vagin, du pénis ou du rectum dues à des papillomavirus humains transmis par voie sexuelle.

  • Différents types de virus du papillome humain (VPH) sont responsables d’infections différentes, notamment des verrues génitales visibles et des verrues moins visibles du col de l’utérus, du vagin, de l’anus, du rectum, et de la gorge (qui augmentent le risque de certains cancers), ainsi que de la verrue cutanée courante.

  • Les verrues génitales grandissent rapidement et parfois sont responsables de sensations de brûlure.

  • Le médecin identifie les verrues visibles par leur aspect, et fait un examen du col de l’utérus et de l’anus pour éventuellement dépister des verrues moins visibles.

  • Des vaccins existent pour prévenir les infections dues à certains types de VPH responsables de cancer.

  • On peut généralement retirer les verrues visibles par laser ou par cryothérapie (par le froid) ou par une intervention chirurgicale, mais on peut utiliser des médicaments administrés localement.

Aux États-Unis, environ 1,4 million de personnes ont des verrues génitales, dues à un VPH. On estime que 79 millions de personnes ont une infection au VPH, et environ 14 millions de personnes sont infectées chaque année. Environ 80 % des femmes ont été infectées au moins une fois avant l’âge de 50 ans. La plupart des infections disparaissent en 1 à 2 ans, mais parfois elles persistent. Une infection persistante peut augmenter le risque d’apparition de certains types de cancer.

On connaît plus de 100 types de VPH. Certains sont responsables des verrues cutanées courantes ( Verrues). D’autres sont responsables de différents types d’infections génitales :

  • Verrues génitales externes (faciles à voir) : Ces verrues sont dues à certains types de VPH, en particulier les types 6 et 11. Ces types sont transmis par voie sexuelle et sont responsables d’infections génitales et rectales.

  • Verrues génitales internes (moins visibles) : D’autres types de VPH, en particulier les types 16 et 18, infectent la zone génitale mais ne provoquent pas l’apparition de verrues facilement visibles. Ils sont responsables de minuscules verrues plates au niveau du col de l’utérus ou de l’anus, que l’on peut voir uniquement à l’aide d’un appareil grossissant appelé colposcope. Ces petites verrues sont habituellement asymptomatiques, mais les types de VPH en cause augmentent le risque de développement d’un cancer du col de l’utérus, du vagin, de l’anus, et du rectum, et donc doivent être traitées ( Cancer du col de l’utérus).

Les VPH peuvent aussi se transmettre au cours de rapports sexuels buccaux, provoquant des infections buccales et augmentant le risque de cancer de la gorge.

Le saviez-vous ?

  • Certains types de virus responsables de verrues génitales peuvent aussi être à l’origine de cancers.

Symptômes

Chez les hommes, les verrues apparaissent toujours sur le pénis, spécialement sous le prépuce chez les hommes circoncis, ou dans l’urètre. Chez les femmes, les verrues génitales se forment sur la vulve, la paroi vaginale, le col de l’utérus et les surfaces cutanées qui entourent le vagin. Les verrues peuvent se développer autour de l’anus et dans le rectum, surtout chez les personnes qui pratiquent le sexe anal. Les verrues sont asymptomatiques chez de nombreuses personnes, mais chez certaines, elles peuvent occasionner une sensation de brûlure, des démangeaisons, ou une gêne.

Les verrues apparaissent habituellement 1 à 6 mois après l’infection par le papillomavirus, sous forme de minuscules renflements mous et humides, roses ou gris. Ils se développent rapidement et prennent l’apparence d’excroissances rugueuses et irrégulières, qui poussent parfois à partir de la peau sur des pédoncules étroits. Leur surface rugueuse leur donne un aspect de chou-fleur. Les verrues poussent parfois en bouquet.

Elles peuvent pousser rapidement et se propager plus chez les femmes enceintes et les patients immunodéprimés, comme ceux atteints du virus de l’immunodéficience humaine (VIH).

Diagnostic

  • Pour les verrues externes, un examen par le médecin

  • Pour les verrues internes, une colposcopie

Les verrues génitales externes sont habituellement diagnostiquées sur leur aspect clinique. Si leur aspect est inhabituel, si elles saignent, s’ils elles évoluent en ulcérations ouvertes, ou si elles persistent après traitement, elles doivent être retirées chirurgicalement et examinées au microscope pour dépister éventuellement un cancer. Comme la syphilis peut être à l’origine de certains types de verrues génitales, le médecin effectue d’ordinaire une analyse de sang de dépistage de la syphilis.

La colposcopie ( Procédures diagnostiques : Colposcopie) est faite pour mettre en évidence des verrues moins visibles, internes, au niveau du col de l’utérus ou de l’anus. On peut appliquer un colorant au niveau des zones touchées pour faciliter l’observation des verrues. On peut analyser un échantillon prélevé au niveau d’une verrue, avec des tests tels qu’une PCR (réaction en chaîne par polymérase). Au cours de ce test, de nombreuses copies des gènes sont produites, ce qui permet d’identifier le matériel génétique (ADN) du VPH. Ces tests aident à confirmer le diagnostic et à identifier le type de VPH en cause.

En cas de verrues au niveau du col de l’utérus, on réalise un test de Papanicolaou (Pap) pour dépister d’autres anomalies (comme un cancer du col de l’utérus - Cancer du col de l’utérus). Lorsqu’on diagnostique des verrues génitales, les femmes doivent subir un test de Papanicolaou et une colposcopie du vagin et de l’utérus (à l’aide d’un appareil grossissant), deux fois par an, afin de pouvoir identifier toute anomalie et initier rapidement un traitement.

Prévention

Il existe deux vaccins contre le VPH :

  • Quadrivalent : Protège contre quatre types de VPH

  • Bivalent : Protège contre deux types de VPH

Les deux vaccins sont administrés en injections intramusculaires, d’ordinaire dans le haut du bras. Un nouveau vaccin qui protège contre neuf types de VPH est maintenant disponible.

Le vaccin quadrivalent protège contre les deux types de VPH (types 6 et 11) responsables de plus de 90 % des verrues génitales. Ce vaccin protège également contre les deux types de VPH (types 16 et 18) responsables de 70 % des cancers du col de l’utérus. Ce vaccin peut être utilisé chez les filles et les garçons. Il est recommandé aux filles et aux femmes âgées de 9 à 26 ans pour prévenir une première infection. Trois doses sont administrées, de préférence entre 11 et 12 ans. Le vaccin doit être administré avant la survenue de l’activité sexuelle, mais les jeunes filles ou les femmes sexuellement actives peuvent encore être vaccinées. Pour les garçons, trois doses de vaccin sont administrées, de préférence entre 11 et 12 ans. Le vaccin est aussi administré aux garçons âgés de 13 à 21 ans qui n’ont pas reçu l’ensemble des trois doses et aux hommes jusqu’à 26 ans qui ont des rapports sexuels avec d’autres hommes.

Le vaccin bivalent protège aussi contre les types de VPH 16 et 18, responsables de la plupart des cancers du col de l’utérus. Il est recommandé uniquement aux filles et aux femmes âgées de 9 à 25 ans. Il n’est pas recommandé aux garçons et aux hommes. Trois doses sont administrées.

Les préservatifs ne constituent pas une protection totalement efficace contre l’infection, du fait de la localisation des lésions.

Traitement

  • Généralement laser, électrocoagulation, cryothérapie, ou chirurgie

  • Parfois des traitements topiques divers

Si le système immunitaire est normal, il finit souvent par contrôler le VPH et éliminer les verrues et le virus, même sans traitement. L’infection au VPH disparaît après 8 mois dans la moitié des cas mais peut persister plus de 2 ans dans un peu plus de 10 % des cas. Chez les patients immunodéprimés atteints de verrues génitales, il est nécessaire d’instaurer un traitement, mais souvent, il y a des récidives.

Aucun traitement n’est vraiment satisfaisant, et certains d’entre eux sont pénibles et laissent des cicatrices. Les verrues génitales externes peuvent être retirées par laser, par un courant électrique (électrocoagulation), par cryothérapie (traitement par le froid) ou par intervention chirurgicale. Une anesthésie locale ou générale est utilisée, selon le nombre et la taille des verrues à enlever.

Alternativement, la podophylline, l’imiquimod, l’acide trichloroacétique, ou l’onguent de sinécatéchines (une pommade à base d’extraits de thé vert) peuvent être appliqués directement sur les verrues. Ce traitement nécessite cependant de nombreuses applications pendant des semaines ou des mois et peut entraîner des brûlures de la peau adjacente, sans pour autant être efficace. Après traitement, la zone reste douloureuse. Une crème à base d’imiquimod provoque moins de brûlures, mais peut donner de moins bons résultats. Les verrues peuvent pourtant récidiver même après un traitement apparemment radical.

Dans les cas de verrues au niveau de l’urètre, le meilleur moyen pour les retirer est de faire une exérèse chirurgicale sous endoscopie, mais cela nécessite une anesthésie générale. Des médicaments, comme le thiotepa injecté dans l’urètre ou le 5-fluorouracil (chimiothérapie) injecté directement dans les verrues, sont souvent efficaces. Des injections d’interféron-alpha dans la verrue ou en intramusculaire se révèlent assez efficaces, mais ce médicament doit être administré plusieurs fois par semaine pendant de nombreuses semaines et c’est un traitement très onéreux.

Un dépistage des verrues ou d’autres MST doit être effectué chez tous les partenaires sexuels, qui seront traités si nécessaire. Les partenaires sexuels doivent faire des dépistages réguliers pour rechercher les infections au VPH.

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