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Syndrome compartimental

Par Danielle Campagne, MD , Assistant Clinical Professor, Department of Emergency Medicine, University of San Francisco - Fresno

Le syndrome compartimental est une pression accrue dans l’espace autour de certains muscles. Il survient lorsque les muscles lésés gonflent tellement qu’ils interrompent leur apport sanguin.

  • La douleur dans le membre atteint augmente et est plus sévère que ce à quoi on s’attend, et lorsque le syndrome s’aggrave, le membre peut s’engourdir, gonfler, et devenir pâle et froid au toucher.

  • Les médecins suspectent le diagnostic en se basant sur les symptômes et le confirment en vérifiant le pouls dans le membre et en mesurant la pression dans le compartiment.

  • Les médecins retirent immédiatement tout ce qui confine le membre, comme une attelle ou un plâtre, et si cette mesure est inefficace, une chirurgie en urgence est réalisée pour soulager la pression.

  • Si des tissus meurent dans le membre, car leur apport sanguin est interrompu, le membre peut devoir être amputé.

Le syndrome compartimental est rare mais grave. Il peut entraîner la perte d’un membre. Ou, les muscles du membre affecté peuvent se raccourcir de manière irréversible (ce que l’on appelle contracture).

Certains muscles, comme ceux de la partie inférieure de la jambe, sont entourés d’une membrane fibreuse serrée, que l’on appelle fascia. Cette membrane forme un espace clos (compartiment) contenant du tissu musculaire, des vaisseaux sanguins et des nerfs. Cet espace ne peut pas s’étendre pour tenir compte du gonflement survenant lorsque les muscles ou les os sont sévèrement endommagés à l’intérieur du compartiment. Comme il n’y a pas assez de place pour le gonflement, la pression augmente sur le tissu musculaire dans le compartiment. La pression accrue appuie sur les vaisseaux sanguins dans la zone, et le sang ne peut atteindre le tissu musculaire et l’alimenter en oxygène. Si le muscle est privé d’oxygène pendant trop longtemps, le muscle est encore plus lésé, entraînant un gonflement plus important et augmentant la pression dans les tissus. Au bout de seulement quelques heures, le muscle et les tissus mous adjacents sont endommagés de manière irréversible et commencent à mourir.

Ce trouble est plus à même de survenir après :

  • Une fracture, particulièrement de la partie inférieure de la jambe

  • Un traumatisme par écrasement d’un membre

Le syndrome compartimental se développe rarement lorsqu’un plâtre ou un bandage est trop serré et interrompt l’apport sanguin. D’autres causes rares comprennent les morsures de serpent, un effort intense ou une overdose de drogue (comme l’héroïne ou la cocaïne).

Symptômes

Le premier symptôme peut être une douleur accrue. La douleur est généralement pire que ce à quoi l’on s’attend pour le traumatisme. Les mouvements des doigts ou des orteils qui étirent les muscles affectés sont douloureux. Les analgésiques sont peu efficaces.

Lorsque le trouble s’aggrave, les personnes ont des sensations anormales dans le membre atteint et peuvent être incapables de bouger le pied ou la main du membre blessé. Le membre peut être engourdi et être évidemment enflé, et la peau peut être pâle et être froide et tendue. Le risque d’infection est accru.

Diagnostic

  • Évaluation du médecin

  • Mesure de la pression dans le compartiment

Si les personnes ayant eu un traumatisme présentent les symptômes suivants, particulièrement si le traumatisme était sévère ou si elles ont une attelle ou un plâtre, elles doivent consulter un médecin immédiatement :

  • Une douleur croissante dans un membre immobilisé

  • Une douleur dans les doigts ou les orteils d’un membre immobilisé lorsqu’on bouge ceux-ci délicatement

  • Un engourdissement dans le membre

Les médecins suspectent un syndrome compartimental en se basant sur les symptômes. Pour confirmer le diagnostic, ils contrôlent le pouls dans le membre et mesurent la pression dans le compartiment. Pour mesurer la pression, ils peuvent utiliser une aiguille accompagnée d’un moniteur de pression. Ils insèrent l’aiguille dans le compartiment du membre affecté, juste en dessous du fascia. Le moniteur enregistre la pression, et l’aiguille est retirée. Ou, à la place d’une aiguille, ils peuvent insérer une sonde souple fine (cathéter) restant en place afin de pouvoir surveiller la pression en permanence.

Traitement

  • Retrait de tout ce qui peut confiner le membre

  • Si nécessaire, chirurgie pour ouvrir le compartiment

  • Si des tissus du membre sont morts, éventuellement amputation

Le traitement doit être instauré avant que le membre ne devienne pâle et avant que le pouls ne s’arrête. S’il n’y a pas de pouls, les tissus du membre sont peut-être morts.

Lorsque les médecins suspectent ce syndrome, ils retirent immédiatement tout ce qui confine le membre, comme une attelle ou un plâtre. Si cela ne soulage pas la pression, une intervention chirurgicale en urgence appelée fasciotomie doit être réalisée. Pour cette procédure, les médecins réalisent une incision le long du fascia qui forme le compartiment renfermant le muscle tuméfié. Cette incision relâche la pression et permet à la circulation sanguine d’alimenter à nouveau les muscles.

Si des tissus du membre sont morts, car leur apport sanguin a été interrompu, il peut être nécessaire d’amputer le membre. Sans traitement, le syndrome compartimental peut causer des infections pouvant se révéler mortelles.