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Présentation des fractures

Par James R. Roberts, MD, Drexel University College of Medicine;Mercy Catholic Medical Center

Une fracture est une fissure ou cassure d'un os, généralement accompagnée d’une lésion des tissus adjacents.

  • Les fractures causent de la douleur et un gonflement.

  • Des complications peuvent mettre en cause des lésions des nerfs, des vaisseaux sanguins, des muscles et des organes internes et elles peuvent être graves.

  • La plupart des fractures sont diagnostiquées à l’aide de radiographies, mais il est parfois nécessaire de répéter celles-ci 7 à 10 jours plus tard ou d'effectuer une tomodensitométrie ou un examen d'imagerie par résonance magnétique.

  • Les traitements vont d’une limite modérée des activités jusqu'au plâtrage et à la chirurgie.

  • Une rééducation est souvent utile pour récupérer la résistance et l'amplitude de mouvement dans la partie du corps concernée.

Les fractures varient beaucoup en fonction de leur taille, de leur gravité et des traitements nécessaires. Elles peuvent aller d’une petite fracture pouvant facilement passer inaperçue, comme celle d’un os de la main, à une rupture importante du bassin pouvant menacer le pronostic vital. De graves lésions, notamment de la peau, des nerfs, des vaisseaux sanguins, des muscles et des organes internes, peuvent se produire en même temps que la fracture. Ces traumatismes peuvent compliquer le traitement de la fracture et entraîner des problèmes temporaires et/ou permanents.

Un traumatisme est la cause la plus fréquente des fractures. Les traumatismes de basse énergie, tels qu’une chute, provoquent en général des fractures mineures. Les traumatismes de haute énergie, comme les accidents de la voie publique et les chutes de bâtiments, peuvent provoquer de graves fractures mettant en cause plusieurs os.

Certaines affections sous-jacentes peuvent affaiblir certaines parties du squelette et les rendre plus susceptibles de se fracturer. Ces affections comprennent certaines infections, certaines tumeurs osseuses bénignes, le cancer et l’ostéoporose.

Les symptômes

La douleur est le symptôme le plus évident. Les fractures sont douloureuses, en particulier si l’on applique une force, comme c’est le cas lorsqu’une personne cherche à s’appuyer sur une jambe blessée. De plus, la zone située autour de l’os fracturé est douloureuse au toucher. Un gonflement des tissus mous autour de la fracture se développe en quelques heures. Le membre ne fonctionne pas correctement et il est possible qu'un bras, une jambe, une main, un doigt ou un orteil ne puisse bouger qu'avec une amplitude limitée ou dans une direction anormale. Les mouvements sont très douloureux. Pour une personne ne pouvant pas parler (par exemple, un tout petit enfant, une personne affectée d’un traumatisme crânien ou une personne âgée atteinte de démence), le refus de mouvoir un membre peut être le seul indice d'une fracture. Cependant, certaines fractures n'empêchent pas de bouger une extrémité lésée. Le seul fait qu'une extrémité puisse bouger ne signifie pas qu’il n’y a pas de fracture.

Complications

Dans les fractures fermées (où la peau n’est pas rompue), une hémorragie interne peut se produire. Le saignement peut provenir de l’os lui-même ou des tissus mous environnants. Le sang s'achemine éventuellement vers la surface, formant un hématome (ecchymose). Au début, la couleur d'une ecchymose est pourpre-noirâtre, puis vire lentement au vert et au jaune, à mesure que le sang est métabolisé et résorbé par l’organisme. Le sang peut parcourir une assez grande distance par rapport à la fracture et sa résorption peut prendre plusieurs semaines. Le sang peut provoquer des douleurs temporaires et des raideurs dans les structures environnantes. Une fracture de l’épaule peut provoquer une ecchymose sur la totalité du bras et provoquer une douleur au niveau du coude et du poignet. Certaines fractures, surtout celles de la hanche et du fémur, peuvent faire perdre une quantité importante de sang dans les tissus environnants et entraîner une baisse de tension artérielle.

Il peut se produire des lésions d'une artère, d'une veine ou de nerfs. Une fracture ouverte (où la peau est déchirée) peut entraîner l'infection d'un os (ostéomyélite) pouvant être très difficile à guérir. Les fractures des os longs peuvent libérer suffisamment de graisse (et autres substances contenues dans la moelle osseuse) qui circulera à travers les veines pour venir se loger dans les poumons et y obstruer un vaisseau sanguin. Il s'ensuivra des complications respiratoires. Les fractures qui atteignent les articulations lèsent en général le cartilage (tissu lisse, résistant, protecteur, qui réduit le frottement quand l'articulation bouge). Quand le cartilage est endommagé, du tissu cicatriciel a tendance à se former, provoquant de l'arthrose et réduisant l'amplitude de mouvement au niveau des articulations.

La personne ressent généralement une certaine gêne dans ses activités, même après une guérison de la fracture suffisante pour permettre de soutenir une charge normale. Par exemple, un poignet fracturé peut être suffisamment consolidé pour permettre un certain usage au bout de 2 mois, mais l'os est encore en phase de reconstruction (remodelage). Le mouvement du poignet lors d'une saisie avec force sera douloureux pendant environ 1 an. Le sujet peut également constater une augmentation de la douleur et de la raideur lorsque le temps est humide, froid ou orageux.

La plupart des fractures guérissent sans problème. Toutefois, certaines ne guérissent pas malgré un diagnostic et un traitement adéquats. On appelle cette absence de guérison « non consolidation » ou « pseudarthrose ». Les fractures peuvent également guérir très lentement (retard de consolidation) ou incomplètement (consolidation défectueuse ou formation de cal vicieux). Certains os, comme l'os scaphoïde de la main et certaines parties de la hanche, ont tendance à mal se consolider parce que l'alimentation sanguine est souvent défectueuse lorsque ces régions sont fracturées.

Syndrome compartimental

Le syndrome compartimental est un état grave, mettant en danger un membre du corps ; il est provoqué par un gonflement excessif des muscles lésés, suite à une fracture ou à une lésion par écrasement au niveau du membre. Certains groupes de muscles, comme ceux de la partie inférieure de la jambe, sont entourés d'une membrane fibreuse serrée. Cette membrane forme un espace clos (compartiment) qui ne peut pas s'étendre pour tenir compte du gonflement normal survenant lorsque les muscles ou les os sont endommagés à l'intérieur du compartiment. Le gonflement, en revanche, entraîne une augmentation de la tension à l'intérieur du tissu musculaire. Cette augmentation de tension diminue le flux sanguin normal qui assure l’apport en oxygène au muscle. Lorsque le muscle est privé trop longtemps d’oxygène, une lésion supplémentaire se produit, qui augmente ultérieurement le gonflement et la pression dans les tissus. Au bout de quelques heures seulement, une lésion irréversible peut se produire, entraînant la nécrose du muscle et des tissus mous environnants. Une augmentation similaire de la tension musculaire et des lésions tissulaires peut survenir lorsqu'un membre endommagé est immobilisé dans un plâtre. Le syndrome compartimental est très fréquent lors de fractures de la partie inférieure de la jambe.

Le syndrome compartimental devient une source de préoccupation pour le médecin lorsqu'un sujet affecté par une fracture ressent

  • une douleur croissante dans un membre immobilisé

  • une douleur dans les doigts ou les orteils d'un membre immobilisé lorsqu'on bouge ceux-ci délicatement

  • de l'engourdissement dans le membre

Le diagnostic du syndrome compartimental peut être confirmé au moyen d’un instrument qui mesure la tension dans les muscles.

Embolie pulmonaire

L'embolie pulmonaire est l'obstruction subite de la circulation sanguine dans le poumon lorsqu'un caillot de sang qui s'est formé dans une veine se désagrège (formant un embole) et se déplace en direction des poumons. La plupart de ces caillots sont originaires des veines profondes des jambes (voir Embolie pulmonaire). Dans le poumon, ces caillots peuvent causer de nombreux problèmes, notamment limiter la circulation sanguine vers le cœur, réduire la capacité d'apport d'oxygène au sang et léser des tissus pulmonaires. L'embolie pulmonaire est la complication mortelle la plus fréquente des fractures graves de la hanche et du bassin. Les sujets qui souffrent de fractures de la hanche présentent un risque élevé d’embolie pulmonaire en raison de l’association entre le traumatisme de la jambe, l’immobilisation forcée pendant des heures ou des jours, et l’œdème autour de la fracture, qui gêne la circulation sanguine dans les veines. Chez ces mêmes personnes, près d’un tiers des décès est provoqué par une embolie pulmonaire. L'embolie pulmonaire est beaucoup moins fréquente lors des fractures de la partie inférieure de la jambe et très rare lors des fractures du bras.

Les médecins suspectent une embolie pulmonaire d’après une série de symptômes, dont la douleur thoracique, la toux, l'essoufflement, une extrême faiblesse et l'évanouissement. Un électrocardiogramme (ECG), une échographie, une radiographie du thorax ou divers autres examens peuvent suggérer la présence d'un caillot de sang dans le poumon. La confirmation du diagnostic est habituellement établie par la tomodensitométrie (TDM) ou la scintigraphie du thorax ou du poumon.

L'embolie pulmonaire peut être évitée par des médicaments qui réduisent la tendance du sang à se coaguler. Ces médicaments comprennent l'héparine, l'héparine à faible poids moléculaire et les anticoagulants nouveaux tels que l'hirudine, le danaparoïde et le fondaparinux (nouveau médicament similaire à l'héparine). Ils sont administrés aux sujets atteints de fractures qui présentent des risques de formation d'une embolie pulmonaire. Mais des caillots de sang peuvent malgré tout se former quels que soient les efforts pour les supprimer.

Le diagnostic

Les radiographies sont l’instrument le plus important pour diagnostiquer une fracture. Des clichés radiographiques sont pris sous différents angles afin de mettre en évidence la façon dont les fragments d'os sont alignés. Toutefois, certaines petites fractures sans déplacement (appelées fractures occultes ou fissures) peuvent être difficiles voire impossibles à visualiser sur une radiographie normale. Des clichés radiographiques supplémentaires pris sous des angles spéciaux révèlent parfois la fracture. Ces petites fractures peuvent également devenir visibles sur la radiographie quelques jours ou quelques semaines plus tard, lorsque les fractures commencent à guérir et que le cal (nouvelle formation osseuse) se révèle. Ce processus est particulièrement fréquent avec les fractures des côtes. Les fractures de fatigue peuvent également être invisibles sur la radiographie initiale et devenir visibles seulement quand la formation du cal commence. Les fractures causées par une maladie (fractures pathologiques) sont diagnostiquées lorsque les radiographies indiquent des fractures dans des os comportant certaines anomalies telles que des zones faisant saillie (lytiques) causées par de l'infection, des tumeurs bénignes (non cancéreuses) ou par le cancer.

Les radiographies sont habituellement les seuls examens pratiqués pour diagnostiquer les fractures. Mais lorsque les résultats font fortement présumer une fracture sans qu'aucune ne soit visible sur la radiographie, les médecins ont recours à la TDM ou à l'imagerie par résonance magnétique (IRM). Sinon, le médecin peut installer une attelle et réexaminer le patient plus tard, après avoir pris d'autres clichés radiographiques, si les symptômes sont toujours présents. La TDM et l'IRM sont également utilisées pour visualiser les détails de fractures non décelées sur les radiographies ordinaires. La TDM peut révéler le détail fin d’une surface articulaire fracturée ou des zones de fracture masquées par un os sus-jacent. L’IRM montre les tissus mous autour de la fracture, ce qui permet de détecter les lésions des tendons, des ligaments et des structures articulaires voisins, ou peut révéler la présence d’une tumeur cancéreuse. L’IRM montre aussi les lésions (gonflement ou hématomes) à l’intérieur de l’os, révélant en particulier des fractures dissimulées ou peu visibles (occultes) avant qu’elles n'apparaissent sur les radiographies.

La scintigraphie osseuse (voir Examens des maladies musculosquelettiques : Scintigraphie osseuse) est une méthode d’imagerie diagnostique qui utilise une substance radioactive (le pyrophosphate marqué au technétium 99m) absorbée par l’os en phase de réparation. Les fractures occultes peuvent être révélées par une scintigraphie osseuse 3 à 5 jours après le traumatisme. Mais quand les médecins soupçonnent une fracture occulte, ils prescrivent en général une TDM ou une IRM plutôt qu’une scintigraphie osseuse.

Le traitement

Les fractures doivent être immédiatement traitées car elles provoquent des douleurs et une perte fonctionnelle. Après le traitement initial d’urgence, les fractures nécessitent généralement un traitement ultérieur, qui comprend l’immobilisation par plâtre ou traction, ou la fixation par chirurgie.

Chez les enfants, les fractures sont souvent décrites différemment de chez l’adulte, car les os des enfants sont plus petits, plus souples, moins friables et surtout, encore en cours de croissance. Les fractures des enfants guérissent beaucoup plus vite et mieux que chez l'adulte. Plusieurs années après la plupart des fractures survenant chez les enfants, les os paraissent presque normaux à la radiographie. De plus, les enfants développent une moindre rigidité lors du traitement par plâtre et ont une plus grande chance de récupérer un mouvement normal si la fracture implique une articulation. C'est pourquoi tous ces facteurs, plus le fait que la chirurgie près d'une articulation risque souvent de léser la partie de l'os responsable de la croissance (le cartilage de conjugaison), rendent le traitement par plâtre préférable à la chirurgie.

Types de fractures

Type

Description

Ouverte

La peau et les tissus mous qui recouvrent l'os sont déchirés et on peut voir l’os sortir de la peau. Des souillures, des débris ou des bactéries peuvent facilement contaminer la plaie.

Fermée

La peau est intacte.

Arrachement

De petits fragments d'os se détachent de la partie où les tendons ou les ligaments se fixent aux os. Ces fractures surviennent en général à la main, au pied, à la cheville, au genou ou à l'épaule.

Ostéoporotique

L'ostéoporose affaiblit certaines zones du squelette et les rend plus exposés aux fractures. Ces fractures surviennent chez les personnes âgées, en général aux hanches, aux poignets, au rachis, aux épaules ou au bassin.

Compression

L'os s'effondre sur lui-même. Ces fractures surviennent chez les personnes âgées, très fréquemment au niveau de la colonne vertébrale.

Articulaire (intracapsulaire)

La fracture perturbe la partie de l'os qui forme l'une des surfaces articulaires au point où deux os différents sont en contact l'un avec l'autre. Les fractures articulaires peuvent conduire à une perte de mouvement et au développement progressif d'arthrose.

Pathologique

Une affection sous-jacente (infection, tumeur osseuse bénigne ou cancer) affaiblit l'os et conduit à la fracture.

Fatigue

Un os est fatigué ou stressé par certaines activités répétitives telles que la marche avec un lourd sac à dos ou la course à pied. Les fractures de fatigue se produisent souvent dans les os du pied et de la partie inférieure de la jambe.

Occulte (fissure)

Ce type de fracture est difficile, voire impossible, à détecter sur les radiographies initiales. Elle peut apparaître comme une ligne sombre ou blanche plusieurs jours ou semaines après la lésion, et seulement après la formation d'os nouveau (cal) pendant la guérison.

Fracture en bois vert

Une fissure partielle et une courbe se produisent dans l'os mais celui-ci n'est pas totalement fracturé de part en part. les fractures en bois vert surviennent seulement chez les enfants.

Cartilage de croissance

La partie de l'os permettant à celui-ci de s'allonger (cartilage de croissance) est fracturée. L'os peut alors cesser de croître ou peut croître avec une difformité. Les fractures du cartilage de croissance ne se produisent que chez les enfants.

Transverse simple

La fracture divise l'os nettement traversalement.

Avec déplacement

Les extrémités fracturées des os sont séparées.

Angulaire

Les extrémités fracturées des os sont courbées selon un certain angle.

Sans déplacement

La forme et l'alignement normaux de l'os sont maintenus malgré des cassures traversant l'os de part en part.

En spirale (torsion)

L'os est tordu et brisé, laissant des extrémités osseuses pointues et triangulaires.

Comminutives

L'os est fracturé en plusieurs endroits avec de nombreux morceaux, souvent à la suite d'un traumatisme sous haute énergie ou d'un affaiblissement dû à l'ostéoporose.

Traitement initial

Lorsqu'on suspecte la présence d'une fracture, il faut en général se rendre au service des urgences d'un hôpital. Les personnes incapables de marcher ou souffrant de multiples lésions doivent être transportées en ambulance. Il est conseillé de prendre les mesures suivantes en attendant de consulter un médecin :

  • immobiliser et soutenir le membre atteint avec une attelle de fortune, une écharpe ou un oreiller

  • élever le membre jusqu'au niveau du cœur pour limiter le gonflement

  • appliquer de la glace pour contrôler la douleur et le gonflement

  • administrer du paracétamol pour soulager la douleur

L'aspirine et les autres anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ne sont généralement pas meilleurs que le paracétamol et aggravent le saignement chez certaines personnes (voir Antalgiques non opiacés : Anti-inflammatoires non stéroïdiens).

Les fractures ouvertes doivent être immédiatement traitées par la chirurgie, afin de nettoyer et de refermer soigneusement la plaie. Les fractures ouvertes importantes, avec de graves pertes de peau, de muscles et d’apport sanguin à l’os, sont les plus graves et les plus difficiles à traiter.

Pour la plupart des fractures fermées, le traitement peut être retardé jusqu’à 1 semaine sans affecter le résultat à long terme. Toutefois, il n’y a généralement aucun avantage à retarder le traitement, car pendant ce temps le sujet est affligé par la douleur et gêné par la perte de fonction. Le bras ou la jambe lésé(e) doit être maintenu(e) en élévation pour contrôler la douleur et le gonflement. En cas de fractures du bras, des oreillers peuvent être employés à cet effet. Pour les fractures des jambes, la personne doit rester couchée à plat, la jambe reposant sur un coussin. Le médecin compare le gonflement du membre lésé avec l’aspect du membre intact, afin de déterminer pendant combien de temps, ou à quelle fréquence, l’élévation du membre est nécessaire. Au cours des étapes successives de la guérison, le sujet peut porter des chaussettes élastiques (bas de contention) au cours de la journée, en position assise ou debout, afin de contrôler le gonflement.

Immobilisation

Les fractures sont immobilisées par une attelle, une écharpe ou un plâtre jusqu’à la guérison. Le fait de laisser bouger les extrémités fracturées empêche la guérison et aboutit à une absence de consolidation. Les fractures déplacées doivent être alignées (par un procédé appelé réduction) avant d’être immobilisées. L'alignement sans chirurgie s'appelle réduction fermée. L'alignement avec chirurgie s'appelle réduction ouverte. Lorsque des fractures mineures (telles que celles des doigts ou du poignet) sont alignées, il peut être opportun de réaliser une injection d’anesthésique local, tel que la lidocaïne, pour prévenir la douleur. Pour la réduction de fractures importantes (comme celles du bras, de l'épaule ou de la partie inférieure de la jambe), des sédatifs et des antalgiques administrés par voie intraveineuse sont souvent nécessaires, voire une anesthésie générale ou une rachianesthésie.

Une attelle est une plaque longue et mince de plâtre, de fibres de verre ou d’aluminium appliquée à l’aide d’un bandage ou de ruban élastique. Cette plaque n’entoure pas complètement le membre, ce qui permet une certaine expansion des tissus suite au gonflement. Pour cette raison, les attelles sont souvent utilisées pour le traitement initial des fractures. Pour les fractures des doigts, des attelles en aluminium recouvertes de mousse sont souvent utilisées.

Une écharpe fournit à elle seule un soutien suffisant pour la plupart des fractures de l’épaule et du coude. Le poids du bras qui exerce une force vers le bas contribue à maintenir bien alignées de nombreuses fractures de l’épaule. Un bandage passant autour du tronc permet d’éviter que le bras ne se déplace vers l’extérieur, en particulier pendant la nuit. Les écharpes permettent une certaine utilisation de la main.

Un plâtre est posé en enveloppant le membre de bandes recouvertes de plâtre ou de fibre de verre, qui durcissent après avoir été humidifiées. Pour le traitement initial d’une fracture avec déplacement, le plâtre est souvent préféré à la fibre de verre. Il se modèle bien et a moins tendance à provoquer des points de contact douloureux avec le membre. D’autre part, la fibre de verre a l’avantage d’être plus résistante, plus légère et plus durable. Dans les deux cas, un matériau cotonneux souple placé à l’intérieur du plâtre permet de protéger la peau de la pression et du frottement. Si le plâtre prend l’humidité, il est souvent impossible de sécher complètement ce revêtement interne. Il en résulte un ramollissement de la peau qui perd son tonus (macération). Pour les fractures partiellement guéries, on utilise parfois un revêtement hydrorépulsif spécial, plus coûteux et moins protecteur.

Lorsqu’un plâtre est appliqué (surtout pendant les premières 24 à 48 heures), il doit être maintenu au moins aussi haut que le niveau du cœur pour éviter le gonflement. Des mouvements de flexion et d’extension des doigts à intervalles réguliers aident le sang à circuler dans le membre, et contribuent également à prévenir son gonflement. La persistance ou l’aggravation de la douleur, de la pression ou de l’engourdissement avec le temps doivent être immédiatement signalés à un médecin. Ces états peuvent être dus au développement d’une escarre ou d’un syndrome compartimental.

La combinaison du repos, de la glace, de la compression (par exemple avec une attelle, un plâtre ou parfois un pansement compressif élastique) et de l'élévation s'appelle en anglais « thérapie RICE ».

Termes techniques fréquemment utilisés pour l'immobilisation d'une articulation

Traitement chirurgical

Les fractures nécessitent parfois un traitement chirurgical, comme dans les cas suivants :

  • Fractures ouvertes : Un médecin doit explorer et nettoyer ces fractures avec précaution pour enlever toute trace de corps étranger ayant pu contaminer les extrémités de l'os.

  • Les fractures avec déplacement qui ne peuvent être alignées ou maintenues alignées par une réduction fermée : Lorsqu’un fragment osseux ou un tendon est bloqué dans les extrémités osseuses, le médecin peut ne pas être en mesure d’aligner la fracture déplacée et une intervention chirurgicale s’impose. La fracture peut être réduite mais la traction naturelle des muscles sur les fragments de la fracture empêche ceux-ci de rester alignés.

  • Fractures comminutives : Les multiples morceaux de la fracture sont souvent trop instables pour que le plâtre puisse les maintenir alignés en réaction aux forces de contraction des muscles.

  • Fractures d'articulation : Il faut obtenir l'alignement quasi-parfait des surfaces articulaires pour éviter le développement ultérieur de l'arthrite.

  • Fractures pathologiques : Ces fractures doivent si possible être stabilisées chirurgicalement avant de se casser davantage et qu'un déplacement se produise. Cette méthode évite la douleur, l’invalidité et les interventions chirurgicales plus complexes que nécessiterait une fracture avec déplacement.

  • Fractures de l'os de la cuisse (fémur) et de la hanche : Si ces fractures ne sont pas traitées chirurgicalement, il faut des mois d'immobilisation au lit avant que le patient ne devienne suffisamment robuste pour mettre son poids en appui. En revanche, la stabilisation chirurgicale permet généralement au patient de marcher avec des béquilles ou un déambulateur en quelques jours.

La chirurgie peut également aider à réparer les lésions des ligaments, des tendons, des nerfs ou des artères principales.

La stabilisation chirurgicale nécessite préalablement la réduction de la fracture, afin de redonner à l'os sa forme et sa longueur initiales. Le chirurgien utilise l’anesthésie pour détendre les muscles et un appareillage radiologique pour vérifier l’alignement des os. Il expose la fracture pour visualiser et manipuler les fragments avec des instruments spéciaux. Les fragments osseux sont ensuite fixés solidement, en utilisant une association de fils métalliques, de clous, de vis, de tiges et de plaques. Cette procédure s'appelle réduction ouverte avec fixation interne chirurgicale. Des plaques métalliques sont moulées et fixées à l’extérieur de l’os par des vis. Les tiges métalliques sont introduites par l’extrémité de l’os dans la cavité médullaire. Ces implants sont fabriqués en acier inoxydable, en alliage métallique de haute résistance ou en titane. Tous les implants de ce genre réalisés dans les 20 dernières années sont compatibles avec les aimants puissants utilisés en imagerie par résonance magnétique (IRM). La plupart d’entre eux ne déclenchent pas les dispositifs de sécurité dans les aéroports. Certaines pièces métalliques utilisées pour réparer les fractures restent en place de façon permanente et d'autres sont enlevées après la guérison.

Une procédure de remplacement articulaire (arthroplastie) sera peut-être indispensable si la fracture endommage gravement la partie supérieure du fémur qui fait partie de l'articulation de la hanche, ou de l'humérus qui fait partie de l'articulation de l'épaule.

Une greffe osseuse, à l'aide de fragments d'os recueillis dans d'autres parties du corps comme le bassin, peut être réalisée dès le début si l'écart entre les fragments est trop grand ou, plus tard si le processus de guérison est ralenti (retard de consolidation) ou a cessé (absence de consolidation).

Traitement du syndrome compartimental

Tout ce qui peut comprimer le membre, comme une attelle ou un plâtre, doit être enlevé immédiatement. Si cela ne soulage pas la tension dans le compartiment musculaire, une intervention chirurgicale en urgence appelée fasciotomie doit être réalisée. Pour la fasciotomie, le médecin pratique une incision le long de toute la longueur du tissu fibreux et épais (fascia) qui constitue le compartiment. Cette incision relâche la tension et permet à la circulation sanguine d'alimenter à nouveau les muscles. À défaut, les muscles et les nerfs pourraient mourir à cause d'un manque d'oxygène, ce qui obligerait à amputer le membre. Quand les complications du syndrome compartimental ne sont pas traitées, elles peuvent entraîner le décès.

Rééducation et pronostic

La durée que prend la guérison peut varier de plusieurs semaines à plusieurs mois. L’issue dépend de la nature et de la localisation de la fracture. Pour de nombreuses fractures, les patients finissent parrécupérer totalement toutes leurs fonctions et n'ont que peu ou pas de symptômes. Certaines fractures, en particulier celles qui mettent en jeu une articulation, peuvent laisser une douleur ou une raideur résiduelles ou les deux.

La raideur et la perte de force sont les conséquences naturelles de l’immobilisation. L’articulation d’un membre fracturé, immobilisé dans un plâtre, devient progressivement plus rigide de semaine en semaine, perdant finalement la capacité de s’étendre et de se fléchir complètement. La réduction du volume des muscles (atrophie) peut être grave. Par exemple, après avoir porté un plâtre sur la jambe pendant quelques semaines, la plupart des personnes peuvent insérer la main dans l’espace auparavant étroit entre le plâtre et la cuisse. Lorsque le plâtre est retiré, la faiblesse entraînée par l’atrophie musculaire est évidente.

Des exercices physiques quotidiens utilisant l'amplitude de mouvement et des exercices de renforcement musculaire (voir Exercices de renforcement musculaire) aident à combattre la rigidité et à regagner de la force. Pendant la guérison de la fracture, on peut faire travailler les articulations situées hors du plâtre. Les articulations à l’intérieur du plâtre ne peuvent travailler avant la guérison de la fracture et l’enlèvement du plâtre. Au cours des exercices, la personne doit être attentif aux sensations qui proviennent du membre lésé et éviter de trop forcer. Des exercices passifs (où un thérapeute applique une force externe (voir Augmentation de l’amplitude des mouvements de l’épaule) doivent être pratiquées lorsque les muscles sont trop faibles pour un mouvement efficace, ou lorsque de fortes contractions musculaires pourraient entraîner un déplacement de la fracture. Enfin, des exercices actifs (où le sujet utilise sa propre force musculaire) contre la force de gravité ou à l’aide de poids et d'haltères sont nécessaires pour récupérer toute la force d’un membre lésé.

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