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Intoxication par les hydrocarbures

Par Gerald F. O’Malley, DO, Professor of Emergency Medicine, Sidney Kimmel School of Medicine, Thomas Jefferson University and Hospital ; Rika O’Malley, MD, Attending Physician, Department of Emergency Medicine, Einstein Medical Center

  • La pratique consistant à inhaler des vapeurs de colle ou à avaler de l’essence, des produits volatiles ou des produits de nettoyage, ou du kérosène, peut causer une intoxication par les hydrocarbures.

  • Le fait d’avaler ou d’inhaler des hydrocarbures peut irriter les poumons et causer une toux, une suffocation, un essoufflement et des problèmes neurologiques.

  • Inhaler ou respirer les vapeurs de ces produits peut entraîner des battements de cœur irréguliers, une accélération du rythme cardiaque ou une mort subite, en particulier après un effort physique ou en cas de stress.

  • Le diagnostic est basé sur la description des événements, l’odeur caractéristique de pétrole dans l’haleine des personnes ou sur leurs vêtements et parfois par une radiographie du thorax.

  • Le traitement consiste à d’abord enlever les vêtements contaminés, à laver la peau et à administrer de l’oxygène et parfois des antibiotiques lorsqu’il y a présence de difficultés respiratoires ou de pneumonie.

Les dérivés du pétrole, les produits de nettoyage et les colles contiennent des hydrocarbures (substances composées en grande partie d’hydrogène et de carbone). De nombreux enfants de moins de 5 ans s’empoisonnent en ingérant des dérivés du pétrole, tels que l’essence, le kérosène et les diluants pour peintures, mais la plupart d’entre eux se rétablissent. Un risque accru est représenté par les adolescents qui aspirent intentionnellement les fumées de colles, peintures, solvants, produits de nettoyage vaporisés, essence ou fluorocarbures utilisés comme réfrigérants ou propulseurs dans les aérosols pour se droguer ; un type de toxicodépendance dont la pratique est appelée renifler, sniffer, sniffer de la colle ou utiliser des substances volatiles illicites. L’inhalation de cette manière peut être à l’origine d’un rythme cardiaque irrégulier pouvant entraîner la mort ou un arrêt cardiaque, notamment après un effort physique ou en cas de stress. L’inhalation répétée de toluène (composant de certains de ces produits) peut entraîner des lésions du cerveau. Certains hydrocarbures contiennent également des additifs toxiques tels que le méthanol et le plomb.

Les hydrocarbures avalés entraînent une toux et un étouffement, ce qui permet à l’hydrocarbure liquide de pénétrer dans les voies respiratoires et d’irriter les poumons, état grave en soi (pneumonie chimique), et peut conduire à pneumonie sévère. L’atteinte pulmonaire pose un problème particulier en cas d’inhalation d’hydrocarbures légers et volatiles tels que les huiles minérales, notamment utilisées dans les cires pour meubles, et d’autres, notamment l’essence. Les intoxications graves entraînent des lésions du cerveau, du cœur, de la moelle osseuse et des reins. Les hydrocarbures épais, moins fluides, tels que le pétrole lampant ou les huiles pour moteur pénètrent plus difficilement dans les poumons mais ils peuvent causer une irritation persistante quand ils arrivent à y pénétrer.

Le saviez-vous ?

  • Les personnes qui atteignent l’état d’euphorie en respirant des vapeurs d’hydrocarbure peuvent décéder subitement en raison de pulsations cardiaques irrégulières ou d’un arrêt cardiaque.

Symptômes

Habituellement, après avoir ingéré ou inhalé des hydrocarbures, les personnes toussent et développent une sensation d’étouffement. Puis apparaissent une sensation de brûlure à l’estomac et éventuellement des vomissements. En cas d’atteinte pulmonaire, les personnes continuent à tousser intensément. La respiration s’accélère et la peau peut devenir bleutée (cyanose) en raison de faible taux d’oxygène dans le sang. Les jeunes enfants peuvent devenir cyanosés, retenant leur respiration et toussant avec persistance. Les difficultés respiratoires ne se développent pas toujours avant plusieurs heures après que les hydrocarbures aient pénétré dans les poumons.

En outre, l’ingestion d’hydrocarbures peut provoquer des symptômes neurologiques, comme des vertiges, une mauvaise coordination, de la stupeur ou le coma, et des crises d’épilepsie.

Diagnostic

  • Antécédents de contact avec des hydrocarbures et odeur d’essence sur la personne

  • Parfois, radiographie thoracique et analyse des gaz du sang

L’intoxication par hydrocarbures est diagnostiquée à partir de la description des événements et de l’odeur caractéristique de pétrole dans l’haleine ou les vêtements des personnes, ou si un récipient se trouve à proximité. Des résidus de peinture sur les mains ou autour de la bouche peuvent suggérer l’inhalation (« sniffing ») de peinture. La pneumonie et la pneumonie chimique sont diagnostiquées grâce à une radiographie thoracique et en mesurant le taux d’oxygène dans le sang ( Gazométrie artérielle). Si les médecins suspectent une lésion cérébrale, un examen d’imagerie par résonance magnétique (IRM) est effectué.

Traitement

  • Retirer les vêtements contaminés et laver la peau

  • Éviter le lavage d’estomac

  • Parfois, hospitalisation pour un supplément d’oxygène ou ventilation artificielle

Pour traiter l’intoxication, il faut enlever les vêtements contaminés et laver la peau. Si les personnes ne présentent plus de toux ni de sensation d’étouffement, en particulier si l’ingestion est limitée et accidentelle, on peut pratiquer un traitement à domicile. Mais de telles décisions doivent être discutées avec un médecin d’un centre antipoison.

Les médecins évitent de vider l’estomac car cela pourrait faire pénétrer les hydrocarbures liquides dans les poumons. Les personnes qui ont des troubles respiratoires doivent être hospitalisées. En présence d’une pneumopathie ou d’une pneumonie chimique, le traitement hospitalier consiste en l’administration d’oxygène et, dans les cas graves, en une ventilation mécanique. Les antibiotiques peuvent être utiles en cas de pneumonie. Le rétablissement consécutif à une pneumonie peut prendre normalement environ une semaine ou plus longtemps si des hydrocarbures visqueux tels que le pétrole lampant ou l’huile pour moteur ont pénétré dans les poumons.

Informations supplémentaires

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