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Les armes biologiques

Par James Madsen, MD, MPH, U.S. Army Medical Research Institute of Chemical Defense

La guerre biologique consiste à utiliser des agents microbiologiques comme armes. Cette utilisation est interdite par le droit international et n'a été que rarement rapportée lors des dernières guerres modernes, malgré l’intense préparation et la constitution de larges stocks d’agents biologiques au 20ème siècle. Cependant, certains pensent que les armes biologiques seraient des armes idéales pour les terroristes. Elles peuvent être administrées de façon occulte et leurs effets se manifestent après une période de latence permettant aux auteurs d'échapper à toute détection.

Le Centre épidémiologique et de prévention des maladies (CDC) aux États-Unis a établi une liste prioritaire d'agents biologiques et de toxines (voir Agents biologiques et toxines de la liste à haute priorité du CDC). La priorité la plus élevée est attribuée à la Catégorie A.

L'utilisation délibérée d'armes biologiques dans le but de causer une destruction massive impliquerait probablement l'utilisation d'aérosols. La maladie du charbon par inhalation et la peste pulmonaire sont les deux maladies qui se déclareraient très probablement dans ces circonstances.

Agents biologiques et toxines de la liste à haute priorité du CDC

Catégorie

Agent

A : Priorité la plus élevée

le bacille bacillus anthracis causant la maladie du charbon

la toxine botulique issue de Clostridium botulinum causant le botulisme

le bacille Yersinia pestis causant la peste

le virus de la variole causant la variola major (variole classique)

l'agent pathogène Francisella tularensis causant la tularémie

les virus de la fièvre hémorragique virale (VFH)

  • l'arénavirus, causant la fièvre de Lassa et les VFH du Nouveau Monde (fièvres hémorragiques de Machupo, Junin, Guanarito, et Sabia)

  • les bunyaviridae, causant la fièvre hémorragique de Crimée, du Congo et de la vallée du Rift

  • les filoviridae, causant les maladies du virus Ébola et du virus de Marburg

  • les flaviviridae, causant la fièvre jaune, la fièvre hémorragique d'Omsk et la maladie de la Forêt de Kyasanur

B : Seconde priorité

les espèces Brucella causant la brucellose

la toxine epsilon de Clostridium perfringens

les bactéries Salmonelle sp, Escherichia coli0157:H7 et Shigella, causant des empoisonnements alimentaires

la bactérie Burkholderia mallei causant la morve

la bactérie Burkholderia pseudomallei causant la mélioïdose

la bactérie Chlamydia psittaci causant la psittacose

la bactérie Coxiella burnetii causant la fièvre Q

la toxine ricine issue du Ricinus communis

l'entérotoxine B staphylococcique.

la bactérie Rickettsia prowazekii causant la fièvre typhoïde

les alphavirus causant l'encéphalite virale (par exemple, l'encéphalite équine orientale, occidentale et du Venezuela)

les agents Vibrio choleraecholerae, Cryptosporidium parvumet autres agents causant des maladies transmises par l'eau

C : Troisième priorité

le virus Nipah, le hantavirus, le coronavirus du SRAS et le virus de la grippe capable de causer une grippe pandémique

Autres agents associés à des maladies infectieuses émergentes

CDC = Centre épidémiologique et de prévention des maladies (Center for Disease Control and Prevention) aux États-Unis ; SRAS = Syndrome respiratoire aigu sévère.

Reconnaissance

Les médecins peuvent éprouver des difficultés à distinguer l'utilisation d'une arme biologique de l'éclosion naturelle d'une maladie. Les indices révélateurs d'une origine délibérée plutôt que naturelle comprennent les éléments suivants :

  • les cas de maladie ne se rencontrent habituellement pas dans la région géographique en question

  • la répartition des cas est inhabituelle parmi les segments de la population en cause

  • les taux de maladie diffèrent de manière significative entre les personnes à l'intérieur et à l'extérieur des bâtiments

  • les flambées de la maladie surviennent dans diverses régions géographiques séparées

  • des flambées multiples, simultanées ou en série de différentes maladies se manifestent dans la même population

  • les voies d'exposition (comme l'inhalation) sont inhabituelles

  • une maladie qui affecte habituellement les animaux se manifeste chez les humains

  • une maladie qui affecte normalement les animaux se manifeste dans une région où l'espèce animale en question n'est pas présente habituellement

  • la sévérité de la maladie est anormale

  • les souches d'agents infectieux sont inhabituelles

  • le traitement recommandé s'avère inefficace

Les symptômes, le diagnostic et le traitement des personnes atteintes par une maladie causée par des armes biologiques à risque élevé sont traités dans une autre partie du Manuel : la maladie du charbon ( Charbon (anthrax)), la peste ( Peste), la variole ( Variole), la tularémie ( Tularémie) et les fièvres hémorragiques virales ( Généralités sur les fièvres hémorragiques).

Les médecins peuvent avoir besoin d'isoler les personnes ayant été exposées à une arme biologique et de mettre en quarantaine les personnes ayant été en contact avec une personne exposée.

Réponse

Comme les périodes d'incubation des maladies causées par les armes biologiques sont relativement longues, les victimes seront vraisemblablement traitées dans un hôpital. Selon l'organisme infectieux spécifique responsable, ces victimes recevront des vaccins, des antibiotiques ou des médicaments antiviraux. Les personnes ayant été en contact avec les victimes reçoivent parfois un traitement préventif. Pour de nombreuses armes biologiques, il n'existe ni traitement ni vaccin spécifique.

Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent en rien la politique officielle du Département de l'Armée, du Département de la Défense ou du Gouvernement des États-Unis.

Ressources dans cet article