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Mal des montagnes

Par Andrew M. Luks, MD, Professor, Division of Pulmonary, Critical Care, and Sleep Medicine, University of Washington

Le mal des montagnes est dû au déficit en oxygène ressenti en altitude.

  • Les symptômes comprennent les céphalées, la fatigue, l’irritabilité, et dans les cas plus graves, de l’essoufflement, de la confusion et même le coma.

  • Le diagnostic médical du mal des montagnes est essentiellement basé sur les symptômes.

  • Le traitement peut comprendre le repos, la descente à une altitude plus basse et parfois des médicaments et/ou un apport d’oxygène.

  • Les personnes peuvent éviter ces troubles en montant lentement et en prenant parfois des médicaments.

Quand l’altitude augmente, la pression atmosphérique diminue, l’air se raréfie et moins d’oxygène est disponible. Par exemple, par comparaison avec l’air au niveau de la mer, l’air à 5 800 mètres contient la moitié moins d’oxygène. À Denver, qui est située à environ 1 615 mètres d’altitude, l’air contient 20 % d’oxygène en moins.

La plupart des personnes peuvent monter jusqu’à 1 500 à 2 000 mètres en un jour sans problèmes, mais environ 20 % des personnes qui montent jusqu’à 2 500 mètres et 40 % de celles qui montent jusqu’à 3 000 mètres présentent une forme quelconque du mal des montagnes. La vitesse d’ascension, l’altitude la plus haute atteinte et l’altitude à laquelle on dort influencent toutes la probabilité de développer le trouble.

Les organes le plus fréquemment affectés par le mal des montagnes sont

Facteurs de risque

Le risque de développer le mal des montagnes varie beaucoup selon les personnes. Mais en général, le risque est accru dans les situations suivantes :

  • Mal des montagnes antérieur

  • Résidence au niveau de la mer ou à très basse altitude

  • Ascension trop haute trop rapide

  • Effort excessif

  • Sommeil à une altitude trop élevée

Le risque est plus élevé chez les personnes ayant déjà été affectées par l’une des maladies constituant le mal des montagnes et chez celles qui vivent d’ordinaire au niveau de la mer ou à très faible altitude (en dessous de 900 mètres).

Les personnes atteintes par un trouble tel que le diabète, une coronaropathie et une légère broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) ne sont pas exposées à risque plus élevé de mal des montagnes. Toutefois, ces personnes peuvent ressentir des difficultés particulières avec ces problèmes médicaux chroniques à haute altitude en raison du faible taux d’oxygène (hypoxémie). Une bonne condition physique ne protège pas contre ce mal. L’asthme, en revanche, ne paraît pas s’aggraver avec l’altitude. Passer quelques semaines à des altitudes de moins de 3 000 mètres n’est pas dangereux pour les femmes enceintes et les fœtus.

Acclimatation

L’organisme finit par s’adapter (acclimatation) à la haute altitude en augmentant la respiration, en produisant une plus grande quantité de globules rouges pour transporter l’oxygène aux tissus et en réalisant d’autres adaptations. La plupart des personnes peuvent s’adapter en quelques jours aux altitudes jusqu’à 3 000 m. L’acclimatation aux altitudes plus élevées exige de plusieurs jours à plusieurs semaines, mais certaines personnes peuvent finalement supporter une activité presque normale à des altitudes supérieures à 5 300 mètres environ. Cependant, personne ne peut s’acclimater complètement pour résider à long terme au-dessus de cette altitude.

Le saviez-vous ?

  • Les symptômes du mal des montagnes aigu peuvent être confondus avec les effets de l’ivresse alcoolique, l’asthénie, la migraine ou une maladie virale.

Symptômes

Mal des montagnes aigu

Le mal des montagnes aigu est une forme modérée, et la plus fréquente, du mal des montagnes. Il ne se développe généralement pas à des altitudes inférieures à 2 440 mètres, mais il peut se développer à des altitudes inférieures chez les personnes très sensibles. Les symptômes se manifestent en général dans les 6 à 10 heures suivant l’ascension et comprennent des céphalées et un ou plusieurs autres symptômes tels que vertiges, perte d’appétit, nausées, vomissements, fatigue, faiblesse ou irritabilité. Certaines personnes décrivent les symptômes comme étant semblables aux effets de l’ivresse alcoolique. Ceux-ci durent habituellement 24 à 48 heures. Parfois, le mal des montagnes aigu peut évoluer vers une forme plus grave connue sous le nom d’œdème cérébral de haute altitude.

Œdème cérébral de haute altitude (OCHA)

L’œdème cérébral de haute altitude est rare mais peut être mortel. L’OCHA provoque des céphalées, une confusion et une démarche instable et non coordonnée (ataxie). Si le trouble n’est pas reconnu et traité à un stade précoce, les personnes affectées peuvent tomber dans le coma. Ces symptômes peuvent progresser rapidement de la forme modérée à la forme mortelle en quelques heures.

Œdème pulmonaire de haute altitude (OPHA)

L’œdème pulmonaire de haute altitude peut évoluer en 24 à 96 heures après une ascension rapide au-dessus de 2 500 mètres. L’OPHA est responsable de la plupart des décès causés par le mal des montagnes. Les personnes qui vivent en haute altitude peuvent développer un OPHA lorsqu’elles reviennent après un bref séjour à une altitude plus basse, phénomène que l’on appelle œdème pulmonaire de réentrée. Les infections respiratoires, même mineures, paraissent accroître le risque. Les symptômes sont aggravés la nuit lorsque les personnes sont allongées et peuvent rapidement devenir plus sévères si l’OPHA n’est pas reconnu et traité rapidement. Les symptômes légers comprennent généralement une toux sèche et un essoufflement après seulement un petit effort. Les symptômes modérés comprennent un essoufflement au repos et une coloration bleuâtre de la peau, des lèvres et des ongles (cyanose). Les symptômes graves comprennent la détresse respiratoire, des expectorations roses ou sanglantes, une cyanose sévère et des gargouillements pendant la respiration.

Autres symptômes

Le gonflement des mains, des pieds et, au réveil, du visage, est fréquent. Cet œdème est peu gênant et disparaît en général après quelques jours ou en redescendant.

Les maux de tête, sans aucun autre symptôme de mal des montagnes aigu, sont également fréquents.

Des hémorragies rétiniennes (petites hémorragies de la rétine, au fond de l'œil) peuvent se développer après une ascension à une altitude supérieure à 2 700 m. Ces hémorragies sont fréquentes au-dessus de 5 000 mètres. Il n’y a en général pas de symptômes à moins que l’hémorragie survienne dans la partie de l’œil responsable de la vision centrale (la macula). Dans ce cas, on peut remarquer une petite tache aveugle. Les hémorragies rétiniennes disparaissent en quelques semaines sans causer de problèmes à long terme. Les personnes qui développent des taches aveugles alors qu’elles font de l’alpinisme ou une randonnée à haute altitude doivent redescendre un peu et être examinées. Une nouvelle ascension peut être envisagée une fois l’hémorragie disparue.

Diagnostic

  • Évaluation du médecin

  • Pour l’OPHA, radiographie du thorax et taux d’oxygène dans le sang, si possible

Le diagnostic médical du mal des montagnes est essentiellement basé sur la symptomatologie. Chez les personnes atteintes d’œdème pulmonaire de haute altitude, les médecins peuvent généralement déceler au stéthoscope du liquide dans les poumons. Une radiographie du thorax et la mesure de la quantité d’oxygène dans le sang peuvent aider à confirmer ce diagnostic.

Prévention

Vitesse d’ascension

La meilleure façon d’éviter le mal des montagnes est de monter lentement. L’altitude à laquelle dorment les personnes est plus importante que l’altitude maximale atteinte durant la journée. Il est essentiel de contrôler la vitesse d’ascension (ce que l’on appelle ascension progressive) pour toute activité supérieure à 2 500 m. Au-dessus de 3 000 m, les alpinistes et randonneurs ne doivent pas augmenter leur altitude pour dormir de plus de 500 mètres par jour et ils doivent inclure un jour de repos (sommeil à la même altitude) toutes les 3 ou 4 nuits avant de dormir à toute altitude plus haute. Lors des jours de repos, les promenades de jour à des altitudes supérieures sont acceptables tant que les personnes redescendent à une altitude inférieure pour dormir.

L’aptitude à monter sans présenter de symptômes varie selon les individus. Ainsi, une cordée ou une équipe doit adapter sa vitesse à celle du membre le plus lent.

L’acclimatation s’inverse rapidement. Si des personnes acclimatées sont redescendues à une altitude inférieure depuis plusieurs jours, elles doivent de nouveau respecter une ascension progressive lorsqu’elles remontent.

Médicaments

L’acétazolamide prise au début de l’ascension peut réduire le risque de mal des montagnes. Si elle est administrée après l’apparition des premiers signes de la maladie, l’acétazolamide peut aider à soulager les symptômes. L’acétazolamide doit être arrêtée au début de la descente ou après avoir passé quelques jours à l’altitude maximale. La dexaméthasone peut également réduire le risque de mal des montagnes aigu et traiter ses symptômes.

Les céphalées dues au mal des montagnes peuvent être prévenues en prenant des analgésiques tels que des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).

L’administration d’oxygène à faible concentration pendant le sommeil peut être utile, mais cette mesure peut être difficile à appliquer.

Les personnes ayant subi antérieurement des crises d’œdème pulmonaire de haute altitude doivent être attentives aux symptômes de récidive et descendre immédiatement s’ils se manifestent. Certains médecins recommandent également à ces personnes de prendre de la nifédipine ou du tadalafil par voie orale.

Consignes générales

Le fait de ne pas faire d’effort intense pendant un jour ou deux après l’arrivée peut aider à prévenir le mal des montagnes. Il faut éviter de consommer des quantités importantes d’alcool, des opiacés et des sédatifs, particulièrement avant le coucher. Les personnes habituées à consommer de la caféine doivent savoir qu’elles peuvent présenter des céphalées de réaction de sevrage à la caféine si elles arrêtent d’en consommer lors de leur expédition.

Bien que la condition physique permette de réaliser de plus gros efforts en altitude, elle ne protège contre aucune des formes du mal des montagnes. L’acétazolamide peut être utilisée pour améliorer le sommeil, qui est perturbé chez un grand nombre de personnes voyageant à haute altitude.

Traitement

  • Pour les symptômes peu graves, arrêt de l’ascension

  • Pour le mal des montagnes aigu sévère, oxygène d’appoint, descente, ou les deux

  • Pour l’OCHA et l’OPHA, descente, supplément d’oxygène, médicaments, et parfois pressurisation

En cas de gonflement des mains, des pieds et du visage, aucun traitement n’est nécessaire. Le gonflement disparaît spontanément au bout de quelques jours ou après la descente. Un sommeil de mauvaise qualité est fréquent à haute altitude, même chez les personnes en bonne santé, mais il ne constitue pas en soi un motif de redescente à une altitude inférieure.

Les personnes qui souffrent de mal des montagnes aigu doivent arrêter leur ascension et se reposer. Elles ne doivent reprendre l’ascension qu’après la disparition des symptômes. La plupart des personnes qui souffrent d’un mal des montagnes aigu s’améliorent en un ou deux jours. L’acétazolamide ou la dexaméthasone peut aider à soulager les symptômes. Le paracétamol ou les AINS permettent de soulager les céphalées.

Si les symptômes sont plus graves, il faut administrer de l’oxygène d'appoint à l’aide d’un masque ou d’une sonde nasale. Si l’oxygène d’appoint n’est pas disponible, ou si les symptômes persistent, voire s’aggravent malgré le traitement, les personnes doivent redescendre à une altitude plus basse, de préférence plus basse de 500 à 1 000 mètres.

Les personnes affectées par un œdème pulmonaire doivent redescendre à basse altitude dès que possible. Administrer de l’oxygène s’il y en a de disponible. La nifédipine est temporairement utile, car elle diminue la tension artérielle dans les artères pulmonaires.

Lorsqu’un œdème cérébral de haute altitude survient, les personnes doivent immédiatement redescendre à l’altitude la plus basse possible. Il faut administrer de l’oxygène et de la dexaméthasone.

Lorsqu’il n’est pas possible de redescendre rapidement à une altitude plus basse et si les personnes sont gravement malades, on peut utiliser un sac hyperbare pour gagner du temps. Ce dispositif est constitué d’un sac en tissu léger, portable, suffisamment grand pour contenir une personne entièrement, et d’une pompe manuelle. Les personnes sont enfermées hermétiquement dans le sac et l’on augmente la pression interne du sac à l’aide de la pompe. L’élévation de la pression de l’air dans le sac simule une diminution d’altitude. La personne reste dans le sac jusqu’à disparition des symptômes. Le sac pressurisé, ou hyperbare, a la même efficacité que l’oxygène d’appoint qui est rarement disponible en alpinisme, mais il ne remplace pas la descente.

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