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La commotion liée aux sports

Par James E. Wilberger, MD, Allegheny General Hospital, Pittsburgh;Drexel University College of Medicine ; Derrick A. Dupre, MD, Allegheny General Hospital

Les personnes ayant subi des commotions liées à des activités sportives risquent de graves conséquences, notamment la répétition des commotions et éventuellement des lésions cérébrales permanentes.

Une commotion ( La commotion cérébrale) est un changement dans la fonction cérébrale après un traumatisme crânien, sans aucun signe de dommage cérébral visible sur les examens d'imagerie tels que la tomodensitométrie (TDM) ou l'imagerie par résonance magnétique (IRM).

Les sports qui impliquent des collisions à grande vitesse (par exemple, football, rugby, hockey sur glace et lacrosse) sont à l'origine des taux de commotions les plus élevés, mais peu de sports sont dépourvus de risques. Près de 20 % des participants aux sports de contact subissent une commotion au cours d'une saison. Les estimations du nombre de commotions liées aux sports varient entre 200 000 et 3,8 millions par an. Les estimations varient beaucoup parce qu'il est difficile d'obtenir des chiffres précis lorsque les personnes ne subissent pas d'évaluation à l'hôpital. Il est probable que les commotions ne surviennent pas chez les athlètes plus souvent que par le passé, mais elles sont désormais reconnues plus souvent. Cette reconnaissance plus élevée provient du fait que les gens sont plus avertis que la répétition des commotions peut avoir de graves conséquences.

Les lésions répétées

Contrairement aux autres causes de commotion telles que les accidents d'automobile et les chutes, les sportifs risquent continuellement de subir des commotions. Il s'ensuit que les lésions répétées sont plus probables. Les athlètes sont particulièrement en danger lorsqu'un nouveau traumatisme crânien survient avant qu'ils ne se soient complètement rétablis d'une commotion antérieure. Et même après le rétablissement, les athlètes qui continuent à participer à des compétitions ont 2 à 4 fois plus de chances de subir une autre commotion que s'ils n'en avaient jamais subi auparavant. De même, les commotions répétées peuvent être causées par un choc moins sévère que celui ayant causé la première commotion.

Bien qu’au final certaines personnes se rétablissent totalement après une commotion unique, environ 3 % de celles ayant subi de multiples commotions (même peu importantes en apparence) développent des lésions cérébrales à long terme. Ce dommage est appelé encéphalopathie traumatique chronique (ETC) et a été décrit pour la première fois chez des boxeurs (et appelé « démence pugilistique »). Cependant, l'ETC peut survenir chez tous ceux qui ont subi de multiples commotions. Les personnes atteintes d'ETC souffrent de lésions cérébrales, comme le montrent les images de TDM ou d’IRM, et présentent des symptômes semblables à ceux de la démence. Ces symptômes comprennent des troubles de la mémoire, un défaut de jugement et de prise de décision, des changements de personnalité (comme le fait de devenir facilement violent et coléreux), de la dépression et le syndrome parkinsonien. Plusieurs athlètes renommés et en retraite qui ont subi de multiples commotions se sont suicidés, en partie au moins à cause de l'ETC.

Les symptômes

Ces personnes peuvent ou non perdre connaissance mais elles présentent des symptômes d'anomalie du fonctionnement cérébral. Les symptômes comprennent

  • La confusion : Paraître abasourdi ou hébété, incertitude quant à l'adversaire ou aux scores, réponses lentes

  • Perte de mémoire : Ne pas savoir quels sont les jeux ou les affectations, ne pas se rappeler des événements avant ou après la lésion

  • Troubles de la vision : Vision double, sensibilité à la lumière

  • Étourdissement, mouvements maladroits, équilibre altéré

  • Céphalées

Le syndrome post-commotionnel

Certains symptômes peuvent rester présents pendant quelques jours et jusqu'à plusieurs semaines après la commotion. Les personnes peuvent souffrir de

  • Céphalées chroniques

  • Troubles de la mémoire à court terme

  • Fatigue

  • Troubles du sommeil

  • Changements de personnalité (irritabilité, changements d’humeur)

  • Sensibilité à lumière et au bruit

Chez les adolescents, de nombreux symptômes post-commotionnels, en particulier l'irritabilité, la fatigue, et l'incapacité à se concentrer peuvent être attribués par erreur à l'adolescence normale.

Le diagnostic

Les athlètes présentant des symptômes de commotion doivent être évalués par un médecin expérimenté dans les évaluations et le traitement de ce type de lésion. De tels médecins sont parfois présents sur les lieux de compétitions d’athlétisme de haut niveau. En l’absence de tels médecins, le personnel d’encadrement doit être préparé en suivant une formation lui permettant de reconnaître la commotion, la manière d'évaluer les athlètes concernés et de déterminer quand il faut les envoyer en consultation pour une évaluation plus approfondie. Des outils tels que l'Outil 2 ou l'Outil 3 d'évaluation de la commotion liée aux sports (SCAT2) ou (SCAT 3) peuvent aider les entraîneurs, leur personnel et autres personnes concernées à évaluer les athlètes sur le terrain. Les outils SCAT2 et SCAT 3 sont disponibles en ligne (SCAT2) et peuvent également être téléchargés vers des terminaux de poche. Le Centre épidémiologique et de prévention des maladies (Center for Disease Control and Prevention, CDC) dispose d'outils et d'informations pour la formation du personnel d’encadrement ( Programmes « Heads Up » du CDC).

Dans certains programmes, tous les athlètes subissent des tests neurocognitifs (analyse de certaines fonctions du cerveau) avant de participer aux sports. Ensuite, si l'on soupçonne une commotion, les médecins peuvent tester à nouveau l'athlète et déterminer si sa fonction cérébrale s'est détériorée.

Le traitement

Le traitement est semblable à celui des autres personnes ayant subi une commotion. Le patient doit se reposer et prendre de l'acétaminophène selon les besoins pour les céphalées. Les activités scolaires et professionnelles, la conduite de véhicule, l'alcool et la stimulation excessive du cerveau (par exemple, l'utilisation d'ordinateurs, la télévision, les jeux vidéos) doivent être évités. Les membres de la famille doivent faire hospitaliser l'athlète si les symptômes s'aggravent.

Le saviez-vous ?

  • Les athlètes peuvent dénier ou sous-estimer leurs symptômes résultant d'une commotion afin de pouvoir continuer à pratiquer leur sport.

Le retour à l’activité sportive

Le retour aux activités sportives n'est pas recommandé avant que plusieurs étapes aient été accomplies. Quand les symptômes de commotion se sont résolus, les personnes peuvent commencer de légers exercices aérobiques puis progresser vers l'entraînement spécifique à un sport, aux exercices sans contact, aux exercices avec contact, et enfin participer à des compétitions. Les athlètes doivent s'abstenir de passer à l'étape suivante tant que tous les symptômes de l'étape précédente n’ont pas disparu. Même si les symptômes s'améliorent rapidement, les athlètes doivent s'abstenir de participer à des compétitions jusqu'à ce que tous les symptômes aient été résolus pendant au moins une semaine. Une personne ayant subi une commotion sévère (par exemple, perte de connaissance pendant plus de 5 minutes ou perte de la mémoire des événements survenus plus de 24 heures avant ou après la lésion) doit attendre au moins un mois avant de participer à nouveau à de vraies compétitions. Une personne ayant subi de multiples commotions au cours d'une saison doit comprendre les risques qu’elle encourt si elle continue à participer. La personne (ou les parents s'il s'agit d'un enfant) doit s'entretenir de ces risques avec un médecin ayant l'expérience des lésions cérébrales.

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