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Religion et spiritualité chez les personnes âgées

Par Daniel B. Kaplan, PhD, LICSW, Assistant Professor, Adelphi University School of Social Work ; Barbara J. Berkman, DSW, PhD, Helen Rehr/Ruth Fitzdale Professor Emerita, Columbia University School of Social Work

La religion et la spiritualité sont des concepts similaires mais pas identiques. La religion est souvent considérée comme plus institutionnelle, plus structurée et reposant plus sur des rituels et pratiques traditionnels. La spiritualité se rapporte à l’intangible et à l’immatériel et peut être considérée comme un terme plus général, qui n’est pas associé à un groupe ou un organisme particulier. Elle peut se rapporter aux sentiments, aux pensées, aux expériences et aux comportements liés à l’âme ou à une recherche du sacré.

La religion traditionnelle implique qu’il faut rendre des comptes. La spiritualité présente moins d’exigences. Les personnes peuvent rejeter la religion traditionnelle mais se considérer comme ayant une orientation spirituelle. Aux États-Unis, plus de 90 % des personnes âgées se considèrent comme ayant une religion ou une orientation spirituelle. Environ 6 à 10 % sont athées et ne s’appuient sur aucune pratique ni tradition religieuse ou spirituelle afin de trouver un sens à leur vie.

Le niveau de participation religieuse est plus important chez les personnes âgées que dans les autres groupes d’âge. Plus de la moitié d’entre elles assistent à des services religieux au moins une fois par semaine. Pour les personnes âgées, la communauté religieuse est la plus grande source de soutien social en dehors de la famille, et l’implication dans des organisations religieuses est l’activité bénévole sociale la plus courante, plus courante que toutes les autres formes d’activité sociale bénévole combinées.

Avantages

Les personnes ayant une religion ont tendance à être en meilleure santé physique et mentale que celles qui n’en ont pas, et elles peuvent parfois penser qu’elles doivent cet avantage à une intervention divine. Cependant, les spécialistes ne peuvent pas savoir si le fait de s’impliquer dans une religion organisée contribue à la santé ou si les personnes en meilleure santé psychologique ou physique sont attirées par les groupes religieux. Si la religion est utile, la raison – que ce soit les croyances religieuses même ou d’autres facteurs – n’en est pas claire. De nombreux facteurs de ce type (par exemple, les bénéfices en matière de santé mentale, l’encouragement à des pratiques saines, le soutien social) ont été proposés.

Bénéfices en matière de santé mentale

La religion peut apporter les bénéfices suivants en matière de santé mentale :

  • Une attitude positive et optimiste par rapport à la vie et la maladie, qui a tendance à entraîner de meilleurs résultats de santé

  • Un sens et un objectif dans la vie, ce qui a une influence sur les comportements de santé et les relations sociales et les relations avec la famille

  • Une plus grande capacité à faire face à la maladie et au handicap

De nombreuses personnes âgées disent que la religion est le facteur le plus important qui leur permet de faire face à leurs problèmes de santé physique et aux difficultés de la vie (comme la diminution des ressources financières ou la perte d’un époux ou d’un partenaire). Par exemple, avoir une attitude optimiste et positive sur l’avenir aide les personnes ayant des problèmes physiques à rester motivées pour se remettre.

Certaines études ont montré que les personnes âgées qui utilisent des stratégies d’adaptation venant de pratiques religieuses sont moins susceptibles de développer une dépression ou de l’anxiété que celles qui ne le font pas. Même la perception du handicap semble modifiée par le niveau de piété. Une étude chez des femmes âgées présentant une fracture de la hanche a montré que les femmes les plus pieuses avaient les taux les plus bas de dépression et pouvaient marcher bien plus loin à leur sortie de l’hôpital que celles qui étaient moins pieuses.

Pratiques favorables à la santé

L’implication active dans une communauté religieuse est associée à une meilleure capacité physique et à une meilleure santé. Certains groupes religieux (comme les mormons et les adventistes du septième jour) préconisent des comportements bons pour la santé, comme d’éviter le tabac et les excès d’alcool. Les membres de ces groupes sont moins susceptibles de développer des troubles liés aux addictions et vivent plus longtemps que la population générale.

Avantages sociaux

Les croyances et les pratiques religieuses encouragent souvent le développement de larges réseaux de soutien social et communautaire. Le développement des contacts sociaux pour les personnes âgées augmente la probabilité de détection précoce de la maladie et l’acceptation des traitements par les personnes parce que les membres de leur communauté sont en relation avec elles et leur posent des questions sur leur santé et leurs soins médicaux. Les personnes âgées qui font partie d’un réseau communautaire de ce type sont moins susceptibles de se négliger.

Soignants

La foi religieuse apporte aussi des bénéfices aux soignants. Une étude sur les soignants de personnes atteintes de maladie d’Alzheimer ou de cancer à un stade terminal a montré que les soignants qui ont une solide foi religieuse et beaucoup de contacts sociaux peuvent mieux faire face aux difficultés.

Conséquences néfastes

La religion n’est pas toujours bénéfique pour les personnes âgées. La dévotion religieuse peut encourager une culpabilité excessive, une étroitesse d’esprit, un manque de flexibilité et de l’anxiété. Les préoccupations religieuses et les illusions peuvent se développer chez les personnes souffrant de trouble obsessionnel compulsif, de bipolarité, de schizophrénie ou de psychoses.

Certains groupes religieux découragent les soins médicaux physiques et mentaux nécessaires, notamment les thérapies salvatrices (par exemple, transfusions sanguines, traitement salvateur contre les infections, insulinothérapie) et peuvent leur substituer des rituels religieux (prières, psalmodies, allumage de bougies). Certains groupes religieux stricts peuvent isoler les personnes âgées et les éloigner des membres de leur famille et du reste de la communauté.

Rôle des professionnels de la santé

Les professionnels de la santé peuvent discuter avec les personnes âgées de leurs croyances religieuses parce que ces croyances peuvent affecter la santé mentale et physique des personnes. Connaître les croyances religieuses des personnes peut aider les médecins à mieux les soigner dans certaines situations :

  • Lorsque les personnes sont gravement malades, subissent une forte tension nerveuse, ou sont sur le point de mourir, et demandent ou suggèrent qu’un professionnel de la santé parle de questions religieuses

  • Lorsque les personnes disent à un professionnel de la santé qu’elles sont pieuses et que la religion les aide à faire face à leur maladie

  • Lorsque les besoins religieux sont évidents et qu’ils peuvent avoir un effet sur la santé ou sur les comportements en matière de santé

Lorsque les médecins ou d’autres professionnels de la santé comprennent les besoins spirituels des personnes, ils peuvent les aider à obtenir l’assistance nécessaire (par exemple, conseil spirituel, contact avec des groupes de soutien, participation à des activités religieuses, ou contacts sociaux avec des membres d’une communauté religieuse). Les médecins peuvent demander si les croyances spirituelles jouent un rôle important dans la vie des personnes et comment elles influencent la manière dont elles se soignent. Les médecins peuvent aussi demander aux personnes de décrire leur principale stratégie d’adaptation. Si les personnes expriment un intérêt pour des ressources religieuses ou spirituelles, les médecins peuvent demander s’il existe des barrières les empêchant d’accéder à ces ressources, et éventuellement recommander des solutions. Par exemple, les médecins peuvent suggérer des services de transport pour les personnes âgées qui ne peuvent pas se rendre à des services religieux.

Parfois, il est plus aisé pour les personnes âgées d’accepter des conseils de la part d’un membre du clergé plutôt que d’un professionnel de la santé mentale. Lorsque les membres du clergé sont formés à la consultation psychologique et à reconnaître les signes indiquant le besoin de soins par un professionnel de la santé mentale, ces conseillers peuvent être très utiles. Les membres du clergé peuvent aussi aider les personnes à obtenir de l’aide auprès de la communauté, par exemple pour aller les voir après leur sortie de l’hôpital ou pour fournir des repas ou un moyen de transport.