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Patrimoine génétique et réponse aux médicaments

Par Daniel A. Hussar, PhD

Les différences de patrimoine génétique (héréditaire) d’une personne à l’autre influencent la façon dont l’organisme affecte le médicament et l’action du médicament sur l’organisme. L’étude des différences génétiques en termes de réponse aux médicaments s’appelle la pharmacogénétique.

Du fait de leur constitution génétique, certaines personnes traitent (métabolisent) les médicaments lentement. Il peut en résulter une accumulation du médicament dans l’organisme, entraînant une toxicité. D’autres personnes métabolisent tellement vite les médicaments qu’après avoir pris leur dose habituelle, les niveaux de médicament dans le sang n’atteignent jamais un taux suffisamment élevé pour que le médicament soit efficace.

Aux États-Unis, la N-acétyltransférase, enzyme du foie qui métabolise certains médicaments, agit lentement pour environ la moitié de la population. Ces personnes sont appelées acétyleurs lents. Les médicaments, tels que l’isoniazide (que l’on utilise pour traiter la tuberculose), qui sont métabolisés par cette enzyme, ont tendance à atteindre des taux sanguins supérieurs et restent plus longtemps dans l’organisme chez les acétyleurs lents comparés aux personnes qui métabolisent rapidement cette enzyme (acétyleurs rapides).

Environ une personne sur 1 500 présente de faibles taux de pseudocholinestérase, enzyme du sang qui inactive les médicaments tels que la succinylcholine, agent parfois administré pour relâcher temporairement les muscles pendant les interventions chirurgicales. Si la succinylcholine n’est pas rapidement inactivée, le relâchement musculaire peut se prolonger, et les patients peuvent être incapables de respirer seuls après l’intervention. Une assistance respiratoire mécanique prolongée peut alors être nécessaire.

Environ 10 % d’hommes de race noire et un plus faible pourcentage de femmes noires présentent un déficit en glucose-6-phosphate déshydrogénase (G6PD), enzyme qui protège les globules rouges de certaines substances toxiques. Par exemple, chez les personnes qui présentent un déficit en G6PD, certains médicaments (comme la chloroquine et la primaquine, que l’on utilise dans le traitement du paludisme) détruisent les globules rouges et provoquent une anémie hémolytique (voir Présentation de l’anémie).

Environ une personne sur 20 000 présente cette anomalie génétique qui rend les muscles excessivement sensibles à certains anesthésiques inhalés tels que l’halothane, l’isoflurane et le sévoflurane. Si l’un de ces anesthésiques est administré à de tels patients en association avec un myorelaxant (généralement, la succinylcholine), un trouble potentiellement mortel appelé hyperthermie maligne ( Qu’est-ce que le syndrome malin des neuroleptiques ?) peut se produire. Celui-ci provoque une fièvre élevée. Les muscles se raidissent, le rythme cardiaque augmente et la tension artérielle diminue.