Introuvable
Emplacements

Trouvez des informations sur des sujets médicaux, des symptômes, des médicaments, des procédures, des nouvelles et bien plus encore, rédigées en langage simple.

Hyperplasie prostatique bénigne (HBP)

Par Gerald L. Andriole, MD, Barnes-Jewish Hospital, Washington University School of Medicine

L’hyperplasie prostatique bénigne (hypertrophie prostatique bénigne) est une augmentation de la taille de la prostate non cancéreuse (bénigne), qui peut rendre la miction difficile.

  • La prostate augmente de volume avec l’âge.

  • Les hommes peuvent ressentir une difficulté à la miction, et avoir un besoin plus fréquent et plus urgent d'uriner.

  • En général, le diagnostic est basé sur les résultats d’un toucher rectal mais un échantillon sanguin peut être prélevé pour vérifier la présence d’un cancer de la prostate.

  • Si nécessaire, des médicaments pour induire la relaxation des muscles de la prostate et de la vessie (p. ex., la térazosine) ou pour réduire la taille de la prostate (p. ex., le finastéride) sont utilisés mais parfois une intervention chirurgicale est nécessaire.

L’hyperplasie prostatique bénigne (HPB) est de plus en plus fréquente avec l’âge, notamment après 50 ans. Sa cause précise est inconnue, mais est probablement liée aux variations hormonales, notamment les variations de la testostérone et, en particulier, de la dihydrotestostérone (hormone liée à la testostérone).

En augmentant de volume, la prostate comprime progressivement l’urètre et bloque le flot d’urine (obstruction du flux urinaire). Lors de la miction, la vessie du sujet qui a une HPB peut ne se pas vider complètement. L’urine stagne dans la vessie et provoque une prédisposition aux lithiases vésicales et aux infections urinaires. Une obstruction prolongée peut affaiblir la vessie et finalement altérer la fonction rénale.

En cas d’HPB, les médicaments en vente libre, tels que les antihistaminiques et les décongestionnants du nez, peuvent augmenter la résistance au flux urinaire ou diminuer la capacité de la vessie à se contracter et provoquer un blocage temporaire du flux d’urine de la vessie.

Symptômes

Les symptômes de l’HPB apparaissent lorsque l’augmentation de taille de la prostate commence à entraver le flux d’urine. Le personnel médical utilise parfois le terme « symptômes des voies urinaires inférieures » ou SVUI pour décrire la combinaison des symptômes causés par l’HPB. Dans une première phase, le sujet peut rencontrer des difficultés à déclencher la miction, qui peut également être ressentie comme incomplète. Comme la vessie ne se vide pas complètement, le sujet doit uriner plus fréquemment, souvent au cours de la nuit (nycturie). De plus, le besoin d’uriner peut devenir plus urgent. Le volume et la force du flux urinaire peuvent diminuer de manière importante et un suintement d’urine peut apparaître au terme de la miction.

Complications

D’autres troubles, qui n’atteignent cependant qu’une proportion limitée des sujets qui souffrent d’HPB, peuvent apparaître. L’obstruction du flux urinaire et la rétention de l’urine dans la vessie peuvent augmenter la pression au niveau de la vessie et ralentir le flux d’urine sortant des reins, les soumettant ainsi à un effort plus important. L’élévation de la pression peut perturber la fonction rénale, mais cet effet est généralement transitoire si l’obstruction est rapidement levée. Si l’obstruction se prolonge, une distension excessive de la vessie peut se produire et provoquer une incontinence par regorgement ( Incontinence urinaire chez les adultes). Lorsque la vessie se détend, les petites veines de la vessie et de l’urètre sont également soumises à une tension. Occasionnellement, une rupture de ces veines peut se produire lors de la miction forcée, entraînant un passage de sang dans l’urine.

Le flux d’urine hors de la vessie peut être bloqué (rétention urinaire) complètement, ce qui rend la miction impossible. Elle provoque une sensation d’embarras vésical et une douleur intense dans la partie inférieure de l’abdomen. Cependant, parfois, une rétention urinaire peut se produire avec peu de symptômes, ou même aucun symptôme, jusqu’à ce que la rétention soit très importante. La rétention urinaire peut être déclenchée par les problèmes suivants :

  • Immobilisation (par exemple, lors d’un alitement)

  • Exposition au froid

  • Retardement de la miction pendant une période prolongée

  • Utilisation de certains anesthésiques, d’alcool, d’amphétamines, de cocaïne, d’opioïdes ou de médicaments ayant des effets anticholinergiques, tels que les antihistaminiques, les décongestionnants et certains antidépresseurs

Que se passe-t-il en cas d’augmentation de volume de la prostate ?

Dans l’hyperplasie prostatique bénigne, la prostate augmente de volume. Normalement de la taille d’une châtaigne, la prostate peut devenir aussi grosse qu’une balle de tennis. L’augmentation de volume de la prostate entraîne une compression de l’urètre, qui véhicule l’urine hors de l’organisme. Par conséquent, le flux d’urine peut être plus lent ou moins important.

Diagnostic

En palpant la prostate lors d’un toucher rectal, le médecin peut le plus souvent établir si elle a augmenté de volume. Les médecins insèrent un doigt recouvert d’un doigtier lubrifié dans le rectum du sujet. La prostate peut être palpée immédiatement en avant du rectum. En cas d’HPB, la prostate paraît lisse et de taille plus importante, mais elle n’est pas douloureuse à la palpation.

Un échantillon d’urine peut être examiné afin de confirmer l’absence d’infection ou de saignements. Lorsque l’examen révèle une augmentation de volume de la prostate ou lorsque l’homme présente des symptômes de blocage urinaire, les médecins effectuent également un examen visant à mesurer le taux sanguin de l’antigène prostatique spécifique (PSA) Le taux de PSA peut être élevé chez les hommes atteints d’HPB et également chez ceux atteints d'un cancer de la prostate. Si le taux de PSA est élevé, si la prostate est dure au toucher ou si des nodules sont présents, d’autres tests peuvent être nécessaires pour diagnostiquer un cancer ( Cancer de la prostate).

Les hommes qui présentent des symptômes de blocage urinaire peuvent être invités à uriner dans un dispositif qui mesure le volume et le débit du flux d’urine (test appelé débitmétrie urinaire). Immédiatement après la débitmétrie urinaire, les médecins font une échographie de la vessie pour déterminer à quel point la vessie s’est vidée. Ces deux tests aident à diagnostiquer la présence et la gravité d'un blocage urinaire.

Traitement

Aucun traitement n’est requis, à moins que l’HPB ne provoque des symptômes particulièrement gênants ou des complications (infections urinaires, altération de la fonction rénale, présence de sang dans l’urine, calculs ou rétention urinaire). L’utilisation de médicaments qui peuvent aggraver les symptômes, tels que les opioïdes et les médicaments ayant des effets anticholinergiques (par exemple, plusieurs antihistaminiques et certains antidépresseurs) doit être interrompue si possible.

Médicaments

Les médicaments sont généralement la première thérapie employée. Les alpha-bloqueurs (tels que la térazosine, la doxazosine, la tamsulosine, l’alfuzosine ou la silodosine) induisent la relaxation de certains muscles de la prostate et de la vessie, ce qui peut améliorer le passage du flux urinaire. Certains médicaments (tels que le finastéride et le dutastéride) peuvent bloquer les effets des hormones masculines responsables de l’augmentation du volume de la prostate, en réduisant sa taille et en évitant, ou retardant, ainsi la nécessité d’une intervention chirurgicale ou d’autres traitements. Cependant, le traitement par finastéride ou dutastéride peut durer 3 mois ou plus, avant que les symptômes ne diminuent. De plus, certains patients traités par finastéride ou dutastéride ne présentent aucune amélioration des symptômes. Certains hommes sont traités avec un alpha-bloqueur en plus du finastéride ou du dutastéride.

Les hommes souffrant de dysfonction érectile (impuissance) peuvent être traités quotidiennement avec du tadalafil parce que ce médicament peut aider à soulager ces troubles.

Chirurgie

Lorsque les médicaments s’avèrent inefficaces, une intervention peut être effectuée. La chirurgie permet une réduction maximale des symptômes, mais elle peut provoquer des complications. La technique chirurgicale la plus fréquente est la résection transurétrale de la prostate (RTUP), au cours de laquelle le médecin insère un endoscope (sonde à fibres optiques) à travers le canal urétral. Un bistouri électrique, relié à l’endoscope, est employé pour retirer une partie de la prostate. Un laser est parfois utilisé pendant la RTUP. Aucune incision de la peau n’est effectuée pendant la RTUP.

La RTUP peut entraîner des complications, telles qu’une infection ou des saignements. Une incontinence définitive est observée chez près de 1 à 3 % des patients. L’intervention peut aussi provoquer une dysfonction érectile permanente (impuissance). La fréquence à laquelle la dysfonction érectile se produit n’est pas connue. Certains experts estiment que jusqu’à 35 % des hommes qui subissent une RTUP développent une dysfonction érectile mais certaines estimations sont inférieures (5 à 10 %). Après une RTUP, certains hommes éjaculent le sperme dans la vessie au lieu d’éjaculer hors de l’urètre (éjaculation rétrograde). Environ 10 % des patients soumis à la RTUP doivent subir une nouvelle intervention dans les 10 ans suivants parce que la prostate continue à augmenter de volume. Si la prostate est très grosse, une RTUP peut ne pas être possible et les médecins peuvent avoir recours à une intervention chirurgicale plus invasive avec une incision dans l’abdomen.

Des traitements chirurgicaux alternatifs permettent une moindre rémission des symptômes par rapport à la RTUP, mais avec un risque de complications inférieur. La majorité de ces procédures est effectuée au moyen d’instruments introduits dans l’urètre. Ces traitements détruisent le tissu prostatique par la chaleur produite par des micro-ondes (thermothérapie transurétrale ou hyperthermie), par une aiguille (ablations transurétrales à l’aiguille), par radiofréquences (vaporisation par radiofréquences), par ultrasons (ultrasons focalisés à haute intensité), par vaporisation électrique (électrovaporisation transurétrale) ou par laser (traitement au laser).

Complications

Les troubles consécutifs au blocage urinaire peuvent nécessiter un traitement, avant le traitement définitif de l’HPB. La rétention urinaire peut être traitée en drainant la vessie par un cathéter introduit dans l’urètre. Les infections peuvent être traitées par antibiotiques.

Ressources dans cet article