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Infection intra-amniotique (chorioamnionite)

Par Antonette T. Dulay, MD, The Ohio State University College of Medicine

Une infection intra-amniotique est une infection des tissus qui entourent le fœtus, tels que le liquide amniotique, le placenta, les membranes autour du fœtus, ou une combinaison de ces possibilités.

  • l’infection intra-amniotique majore le risque de problèmes chez la mère et l’enfant ;

  • la femme présente généralement une fièvre et, souvent, des douleurs pelviennes et des pertes vaginales ;

  • en général, les médecins peuvent diagnostiquer cette infection lors d’un examen clinique, mais parfois, une analyse du liquide amniotique peut s’avérer nécessaire ;

  • des antibiotiques sont administrés et l’accouchement est programmé le plus tôt possible.

Une infection intra-amniotique se développe généralement du fait que les bactéries du vagin pénètrent l’utérus et infectent les tissus qui entourent le fœtus. Normalement, les glaires présentes dans le col de l’utérus, les membranes contenant le fœtus et le placenta empêchent ces bactéries de causer des infections. Cependant, certaines situations permettent aux bactéries de traverser ces défenses plus facilement. Ces situations comprennent la rupture très prématurée des membranes qui entourent le fœtus (rupture prématurée des membranes –  Rupture prématurée des membranes) et ,dans de rares cas, un monitoring fœtal interne ou des procédures invasives, telles que l’amniocentèse ( Méthodes : Amniocentèse) ou le prélèvement de villosités choriales ( Méthodes : Prélèvement de villosités choriales), réalisées afin de détecter des anomalies avant la naissance. Plus le laps de temps est long entre le moment où les membranes se rompent et le moment où la naissance a lieu, plus une infection intra-amniotique est susceptible de se développer, en particulier si les médecins ou les sages-femmes procèdent à de nombreux examens pelviens. Ces examens peuvent introduire des bactéries dans le vagin et l’utérus.

La présence de bactéries susceptibles de causer des infections dans l’appareil génital rend également les infections intra-amniotiques plus probables. Ces bactéries comprennent les streptocoques du groupe B et les bactéries responsables des maladies sexuellement transmissibles ou des vaginoses bactériennes. Il est possible que ces femmes ne soient pas informées de la présence de ces bactéries, en particulier si elles n’ont pas bénéficié de soins prénataux de routine, dans le cadre desquels des tests destinés à rechercher ces bactéries auraient été réalisés.

Une infection intra-amniotique est aussi plus probable si le travail débute précocement (accouchement prématuré) ou s’il s’agit d’une première grossesse.

Une infection intra-amniotique peut majorer le risque de survenue des problèmes suivants chez le fœtus :

  • un accouchement prématuré ou une rupture prématurée des membranes (l’infection intra-amniotique peut provoquer ces problèmes autant qu’en résulter) ;

  • une quantité trop insuffisante d’oxygène dans le sang au moment de l’accouchement ;

  • des infections, telles qu’une infection de la circulation sanguine (septicémie), une pneumonie ou une méningite ;

  • les convulsions ;

  • une infirmité motrice cérébrale ;

  • le décès.

Une infection intra-amniotique peut majorer le risque de survenue des problèmes suivants chez la mère :

  • une septicémie ;

  • la nécessité de recourir à une césarienne ;

  • un saignement après l’accouchement (hémorragie du post-partum) ;

  • une accumulation de pus (abcès) autour de l’utérus ;

  • l’infection des incisions pratiquées durant l’accouchement ;

  • thrombose dans les jambes.

Symptômes

Une infection intra-amniotique provoque généralement de la fièvre et cause souvent une douleur abdominale et des pertes vaginales qui peuvent être malodorantes. Le rythme cardiaque du fœtus et de la mère peut être rapide. Cependant, certaines femmes ne présentent aucun symptôme.

Diagnostic

Les médecins pratiquent un examen clinique et peuvent généralement diagnostiquer une infection intra-amniotique d’après les résultats de cet examen. Ils font parfois réaliser une numération formule sanguine qui peut indiquer que le nombre de globules blancs est anormalement élevé.

Si le travail débute précocement ou que les membranes se rompent prématurément, les médecins considèrent la possibilité d’une infection, même si la femme ne présente pas de symptômes classiques. Dans ce cas, pour confirmer le diagnostic, les médecins doivent prélever un échantillon de liquide amniotique et l’analyser (amniocentèse).

Prévention

En cas de rupture prématurée des membranes, les médecins ne pratiquent d’examens pelviens que si cela est nécessaire. En général, les médecins administrent à ces femmes des antibiotiques par voie intraveineuse ou orale, afin de réduire le risque d’infection. Les antibiotiques peuvent aussi retarder l’accouchement. Le fait de retarder l’accouchement permet la maturation des poumons du fœtus, qui sont toujours immatures.

Traitement

Les femmes atteintes d’une infection intra-amniotique reçoivent des antibiotiques par voie intraveineuse. L’accouchement ne doit pas être retardé si :

  • la date prévue de l’accouchement est relativement proche (c’est-à-dire, si la grossesse a duré environ 36 semaines ou plus) ;

  • une rupture prématurée des membranes survient et la grossesse a duré au moins 34 semaines.

Par exemple, si le travail n’a pas commencé, il peut être déclenché artificiellement (induit). En général, il n’est pas nécessaire de recourir immédiatement à une césarienne.