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Traitement médical pendant la grossesse

Par Haywood L. Brown, MD, Duke University Medical Center

En théorie, un couple qui a un projet parental doit faire appel à un médecin ou à un autre professionnel de santé afin de voir si une grossesse est conseillée. En général, la grossesse est très sûre. Cependant, certaines affections peuvent s’aggraver durant la grossesse. Par ailleurs, certains couples présentent un risque accru d’avoir un enfant atteint d’une maladie héréditaire.

Si le couple décide d’essayer de concevoir un enfant, il peut discuter avec son médecin des moyens de rendre la grossesse aussi sûre que possible. La femme pourra demander des informations sur les facteurs qui peuvent compromettre sa santé ou celle du fœtus en cours de développement. Les facteurs ou les situations à éviter sont les suivants :

  • la consommation de tabac ou d’alcool ;

  • l’exposition au tabagisme passif, qui peut léser le fœtus ;

  • le contact avec de la litière pour chat ou avec les selles des chats, à moins que ces animaux soient strictement confinés à l’intérieur de la maison et n’aient pas de contacts avec d’autres chats (un tel contact peut causer la transmission de la toxoplasmose, une infection par un protozoaire susceptible de léser le cerveau du fœtus) ;

  • le contact avec des personnes souffrant de la rubéole et de certaines autres infections susceptibles de causer des malformations congénitales ;

  • le contact avec des personnes souffrant de la varicelle ou du zona, à moins que la femme ait effectué un test indiquant qu’elle est immunisée contre la varicelle.

La varicelle et le zona sont causés par les virus de l’herpès. Au cours de l’accouchement, ces virus peuvent atteindre le fœtus et provoquer de graves maladies. Ces virus peuvent également causer une pneumonie, parfois grave, chez la mère.

Connaître ces facteurs et savoir les gérer avant la grossesse peut permettre de réduire le risque de problèmes durant la grossesse (voir Grossesse à risque). De plus, il convient de discuter avec le médecin du régime alimentaire et des préoccupations personnelles de nature sociale, émotionnelle ou médicale.

Lorsqu’une femme s’adresse à un médecin ou à un autre personnel soignant avant la grossesse, celui-ci peut lui prescrire les vaccinations nécessaires, telles que celle de la rubéole. Elle peut également commencer à prendre des vitamines prénatales qui contiennent de l’acide folique. Si nécessaire, un dépistage génétique peut être effectué pour déterminer si le couple a un risque d’avoir un enfant atteint d’une affection génétique héréditaire (voir Dépistage génétique).

Première consultation

Une fois la grossesse confirmée, un examen clinique doit avoir lieu, de préférence entre la 6e et la 8e semaine. Au cours de cette période, il est possible de calculer la durée de la grossesse et de donner une estimation la plus précise possible de la date de l’accouchement (ndt : en France, le suivi de la grossesse comprend un examen clinique et une échographie à la 12e semaine de grossesse, puis un rendez-vous mensuel, sauf le dernier mois où il y aura deux rendez-vous).

Le premier examen clinique pratiqué au cours de la grossesse est extrêmement précis. Il comprend les éléments suivants :

  • la mesure du poids, de la taille et de la tension artérielle ;

  • un examen pelvien : le médecin note la taille et la position de l’utérus ;

  • des analyses de sang : un échantillon sanguin est prélevé et analysé. Cette analyse comprend une numération complète, un test à la recherche de maladies infectieuses (telles que la syphilis, l’hépatite B et le virus de l’immunodéficience humaine [VIH]), et l’examen de l’immunité pour la rubéole. Le groupe sanguin, comprenant la présence du facteur rhésus (positif ou négatif), est déterminé ;

  • des analyses d’urine : un échantillon d’urine est recueilli, mis en culture et analysé ;

  • un frottis ou équivalent : des échantillons tissulaires du col de l’utérus sont prélevés afin de rechercher un cancer du col de l’utérus ;

  • un test pour rechercher des maladies sexuellement transmissibles : tout de suite après le frottis, un autre échantillon de tissus du col de l’utérus est prélevé afin de rechercher des maladies sexuellement transmissibles, telles que la gonorrhée et l’infection à chlamydia.

D’autres examens peuvent être préconisés au cas par cas. Dans le cas d’une femme de groupe sanguin Rhésus négatif, les anticorps dirigés contre le facteur Rhésus seront recherchés (voir Incompatibilité Rhésus). La présence d’anticorps Rhésus peut provoquer de graves troubles (voire la mort) chez un fœtus Rhésus positif. Si de tels anticorps sont détectés au début de la grossesse, le médecin peut prendre les mesures nécessaires pour protéger le fœtus.

Le saviez-vous ?

  • Durant la grossesse, il faut éviter notamment la consommation de tabac, de médicaments, d’alcool, le tabagisme passif, le contact avec les chats et le contact avec les personnes susceptibles d’être atteintes de la varicelle ou du zona.

  • Pendant la saison de la grippe, toutes les femmes enceintes devraient se faire vacciner contre la grippe.

Chez les femmes d’origine africaine, le dépistage de la drépanocytose est réalisé, s’il ne l’a pas été auparavant. Les tests cutanés pour la tuberculose sont conseillés à toutes les femmes (ndt : le test cutané pour la tuberculose ne se pratique plus en France). En début de grossesse, les radiographies ne sont pas effectuées en routine, mais elles peuvent être réalisées en toute sécurité, si nécessaire. Si une radiographie doit être effectuée, le fœtus est protégé en plaçant une housse contenant du plomb sur la partie inférieure de l’abdomen de la femme pour recouvrir l’utérus.

Examens de suivi

Après la première consultation, la femme doit consulter son médecin toutes les 4 semaines jusqu’à l’accouchement (ndt : 7 consultations obligatoires en France, une par mois). À chaque examen clinique, le poids, la tension artérielle et la taille de l’utérus de la femme enceinte sont mesurés, pour apprécier le développement du fœtus. Les battements cardiaques du fœtus sont également contrôlés afin de déterminer s’ils sont normaux. Les chevilles de la femme sont examinées à la recherche d’œdème (gonflement).

La présence de sucre est recherchée dans les urines à chaque visite. La présence de sucre dans les urines peut indiquer un diabète. Si les urines contiennent du sucre, un test sanguin est effectué dès que possible pour rechercher un diabète. Ce test est également réalisé dès que possible, de préférence avant 20 semaines, lorsque la femme :

  • présente un surpoids excessif (> 115 kg) ;

  • a des antécédents de diabète gestationnel ;

  • souffre d’un syndrome des ovaires polykystiques avec une résistance à l’insuline (voir Syndrome des ovaires polykystiques).

Si le test initial est négatif, ces femmes doivent être testées à nouveau entre la 26e et la 30e semaine. Toutes les autres femmes doivent passer un test sanguin de dépistage du diabète à environ 28 semaines de grossesse.

À chaque consultation, la présence de protéines dans les urines (protéinurie) est recherchée. Elle peut signaler une pré-éclampsie (élévation de la pression artérielle qui se déclenche pendant la grossesse) (voir Pré-éclampsie et éclampsie).

Chez les femmes à risque de concevoir un enfant porteur d’une anomalie génétique, un diagnostic prénatal peut être effectué (voir Examen diagnostique prénatal).

De nombreux médecins estiment que l’échographie (voir Échographie), l’examen diagnostique le plus sûr, doit être réalisé au moins une fois au cours de la grossesse (ndt : en France, 3 échographies sont effectuées au cours de la grossesse : au 3e, 5e et 7e mois), afin de s’assurer du développement normal du fœtus et pour valider la date de l’accouchement. Au cours de cet examen, un dispositif qui produit des ondes sonores est placé sur l’abdomen de la femme. Ces ondes sont traitées de façon à produire une image sur un écran. Parfois, en particulier en début de grossesse, le médecin utilise un appareil échographique qui peut être inséré dans le vagin. L’échographie donne une image de grande qualité et dynamique des mouvements du fœtus. Ces informations sont très utiles et peuvent rassurer la future maman.

L’échographie montre le rythme cardiaque du fœtus à 6 semaines de grossesse et peut ainsi confirmer qu’il est vivant. Le médecin peut périodiquement, grâce à un dispositif à ultrasons, écouter le rythme cardiaque du fœtus ou utiliser un stéthoscope conçu pour écouter le rythme cardiaque fœtal (fœtoscope). Le fœtoscope détecte le rythme cardiaque à la 18-20e semaine de grossesse.

L’échographie peut aussi être employée pour :

  • identifier le sexe du fœtus à 14 semaines de grossesse ;

  • voir s’il y a plusieurs fœtus ;

  • repérer des anomalies, telles qu’un placenta mal positionné (placenta praevia) ou une position anormale du fœtus ;

  • dater la grossesse et vérifier ainsi qu’elle évolue normalement ;

  • repérer les malformations congénitales (parfois) ;

  • guider le positionnement des instruments lors de certains examens, tels que l’examen diagnostique prénatal.

Vers la fin de la grossesse, l’échographie permet d’identifier une rupture prématurée des membranes remplies de liquide qui contiennent le fœtus et fournit des informations qui aident le médecin à décider d’une césarienne.

Les spécialistes aux États-Unis recommandent à toutes les femmes enceintes de se faire vacciner contre le virus de la grippe pendant la saison de la grippe (ndt : en France, le vaccin est autorisé, mais il n’y a pas de recommandation officielle claire).

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