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Généralités sur les maladies du sein

Par Victor G. Vogel, MD, MHS, American Cancer Society

Les maladies du sein peuvent être de nature bénigne ou maligne. Dans la grande majorité des cas, il s’agit de maladies bénignes et non potentiellement mortelles, qui, souvent, ne nécessitent aucun traitement. En revanche, le cancer du sein peut signifier une mastectomie (ablation de toute la glande mammaire et de son revêtement cutané), voire une évolution fatale. C’est la raison pour laquelle, le cancer du sein est si redouté par de nombreuses femmes. Cependant, ce risque potentiel peut être détecté précocement dès lors que sont réalisés régulièrement une autopalpation des seins, des examens cliniques et des mammographies. Pour réussir à traiter un cancer du sein, il est essentiel de le détecter tôt.

Symptômes

Les symptômes mammaires sont fréquents. Ils comprennent les douleurs au sein, des nodules mammaires et un écoulement du mamelon. La peau des seins peut devenir striée, plissée ou capitonnée. Ces symptômes ne signifient pas obligatoirement cancer du sein ou autre pathologie grave du sein. La douleur mammaire diffuse liée aux changements hormonaux qui précèdent l’apparition des règles par exemple n’est pas évocatrice d’une maladie grave. Toutefois, les femmes doivent examiner leurs seins une fois par mois (voir Modalités de l’autopalpation mammaire) et doivent consulter leur médecin si elles observent un changement dans leurs seins, en particulier en cas de :

  • un nodule de consistance nettement différente du reste du tissu mammaire ou persistant dans le temps ;

  • une tuméfaction (gonflement) qui ne disparaît pas ;

  • une rétraction, un plissement ou une dépression de la surface cutanée du sein ;

  • une desquamation autour du mamelon ;

  • une modification de la forme du sein ;

  • une modification de la forme du mamelon, telle qu’une rétraction mamelonnaire ;

  • un écoulement mamelonnaire, notamment s’il est sanglant.

Anatomie du sein

Le sein de la femme est composé de glandes qui produisent le lait (lobules) entourées de tissu adipeux et d’une certaine quantité de tissu conjonctif. Le lait sécrété par les glandes s’écoule par les conduits jusqu’aux mamelons. Autour du mamelon, se trouve une zone de peau pigmentée, appelée l’aréole.

Douleur mammaire :

De nombreuses femmes se plaignent de douleurs au sein (mastodynies). Les causes suivantes sont possibles :

  • changements hormonaux ;

  • kystes ;

  • Infection

  • changements fibrokystiques ;

  • très rarement, un cancer.

Les douleurs mammaires peuvent être liées à des changements hormonaux. Par exemple, la douleur peut se manifester au cours ou un peu avant les menstruations (règles), il s’agit alors d’un des symptômes du syndrome prémenstruel, ou au début de la grossesse. En général, ces douleurs mammaires sont observées chez les femmes qui prennent un contraceptif oral ou qui suivent un traitement hormonal substitutif après la ménopause. Lorsque les taux des hormones féminines, estrogène et progestérone, augmentent (pendant le cycle menstruel ou la grossesse ou en raison d’un traitement), les glandes et conduits lactifères grossissent et les seins retiennent le liquide. Les seins gonflent alors et sont parfois douloureux. Ces douleurs résultent du développement des tissus de la glande mammaire et sont habituellement diffuses, ce qui explique que le sein soit douloureux lorsqu’on le touche. La douleur mammaire observée au cours des menstruations peut apparaître et disparaître pendant des mois ou années.

Les autres causes de douleurs mammaires sont les kystes, les infections et les abcès mammaires. Dans ces cas, la douleur mammaire est en général ressentie dans une zone particulière du sein. Les changements fibrokystiques (encore appelée maladie fibrokystique du sein) peuvent également être associés à des douleurs mammaires. La douleur est le premier symptôme chez seulement 5 % environ des femmes souffrant d’un cancer du sein. Toute douleur persistant depuis plus d’1 mois doit conduire la femme à consulter

Une douleur légère finit en général par disparaître spontanément même sans traitement. La douleur qui apparaît pendant la période menstruelle (des règles) peut normalement être soulagée par la prise de paracétamol ou d’un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS).

Le danazol (une hormone synthétique dérivée de la testostérone) ou le tamoxifène (médicament utilisé dans le traitement du cancer du sein) peuvent être utilisés dans certains cas de douleurs mammaires sévères. Ces médicaments inhibent l’activité de l’estrogène et de la progestérone, qui rendent les seins gonflés et douloureux. Ils ne sont habituellement prescrits que sur une courte période, car leur utilisation prolongée est associée à de nombreux effets secondaires. Le tamoxifène a moins d’effets secondaires que le danazol. Il est utilisé principalement chez les femmes ménopausées, mais peut également présenter un intérêt chez les femmes plus jeunes.

Lorsqu’une pathologie particulière est identifiée comme étant à l’origine de la douleur mammaire, elle doit être traitée. Par exemple, si la douleur est liée à un ou des kystes, la ponction du (ou des) kyste(s) soulage en général la patiente.

Nodules mammaires :

les nodules mammaires sont relativement fréquents et ne sont, en général, pas de nature tumorale. Les causes suivantes sont possibles :

  • kystes ;

  • fibroadénomes ;

  • tissu cicatriciel ;

  • rarement un cancer.

Cependant, parce qu’ils peuvent parfois être cancéreux, ils doivent être examinés par un médecin sans attendre. Les nodules mammaires peuvent correspondre à de petits sacs remplis de liquide (kystes) ou à des masses solides qui sont en général des fibroadénomes (voir Fibroadénomes).

D’autres lésions nodulaires solides sont constituées, soit de tissu glandulaire englué dans une fibrose ou de sclérose (adénose sclérosante), soit de tissu cicatriciel, lequel a remplacé un tissu adipeux lésé suite à un traumatisme (stéatonécrose). Aucune de ces lésions solides n’a de caractère malin, mais ce diagnostic ne peut être établi qu’après biopsie. Ces nodules ne requièrent aucun traitement.

Écoulement mamelonnaire :

Un écoulement peut parfois être constaté au niveau d’un ou des deux mamelons. Il s’agit d’un phénomène physiologique que l’on observe au cours de la montée de lait (sécrétion lactée ou lactation) après un accouchement. Il se produit également après une stimulation mécanique du mamelon (caresses, succion ou irritation provoquée par le port de vêtements) ou lorsqu’une femme est excitée sexuellement. Au cours des dernières semaines de la grossesse, les seins peuvent être le siège d’un écoulement lactescent (colostrum). Le stress peut également provoquer des écoulements mamelonnaires.

Il s’agit normalement d’un liquide peu dense, trouble, laiteux ou plutôt translucide et non visqueux. Néanmoins, il faut savoir qu’un écoulement sanguinolent non pathologique peut aussi être observé pendant la grossesse ou l’allaitement.

De nombreuses maladies peuvent être associées à un écoulement mamelonnaire anormal. L’aspect de cet écoulement varie en fonction de la cause :

  • un écoulement sanguinolent peut avoir pour origine une tumeur bénigne du sein telle qu’une tumeur d’un canal dans lequel est sécrété le lait (galactophore), que l’on appelle papillome intracanalaire ou, plus rarement, un cancer du sein. Toutefois, ce dernier est en cause dans moins de 10 % des cas ;

  • un écoulement verdâtre est en général dû à un adénofibrome, une lésion nodulaire solide et bénigne du sein ;

  • un écoulement contenant du pus et malodorant peut être observé en cas d’infection ;

  • un écoulement lactescent abondant peut être observé en cas de galactorrhée chez une femme qui n’allaite pas (voir Galactorrhée).

Les autres causes d’écoulement mamelonnaire comprennent les tumeurs hypophysaires ou cérébrales, les encéphalites (des infections du cerveau), l’hypothyroïdie, les insuffisances hépatiques ou rénales et les traumatismes crâniens ou thoraciques.

Un écoulement mamelonnaire semble également associé à la prise de certains médicaments, tels que des opiacés, certains médicaments pour traiter des troubles de l’estomac (la cimétidine, la ranitidine et la métoclopramide par exemple), certains antidépresseurs et certains antihypertenseurs (tels que méthyldopa, réserpine et vérapamil).

Quelles sont les causes de l’écoulement mamelonnaire ?

Type

Exemples

Maladies du sein

Cancer du sein

Infections ou abcès mammaires

changements fibrokystiques ;

Le plus souvent des tumeurs bénignes du canal lactifère (papillome intracanalaire)

Autres maladies :

Maladies cérébrales

Encéphalite (infection du cerveau)

Traumatismes crâniens ou thoraciques

Maladies rénales

Maladies hépatiques

Maladies de l’hypophyse

Thyroïde hypoactive (hypothyroïdie)

Médicaments

Certains antidépresseurs

Certains antihypertenseurs tels que méthyldopa, réserpine et vérapamil

Anciens médicaments antipsychotiques tels que chlorpromazine

Certains médicaments utilisés pour traiter les maladies de l’estomac tels que cimétidine, ranitidine et métoclopramide

Opioïdes

Contraceptifs oraux

Un écoulement unilatéral est le signe d’une pathologie qui n’affecte que ce sein comme une tumeur bénigne ou maligne. En revanche, une origine externe, telle qu’un dérèglement hormonal ou la prise de médicaments, induira vraisemblablement un écoulement bilatéral.

Il convient de consulter un médecin lorsqu’un écoulement mamelonnaire persiste sur plus d’un cycle menstruel ou lorsque la femme a un doute concernant le caractère bénin de cet écoulement. Une femme ménopausée qui présente un écoulement mamelonnaire doit consulter rapidement son médecin afin qu’il examine ses seins à la recherche d’une éventuelle pathologie. Le médecin examine le sein, à la recherche d’anomalies. Une mammographie et des dosages hormonaux ainsi qu’une tomodensitométrie (TDM, [scanner]) ou une imagerie par résonance magnétique (IRM) du crâne peuvent s’avérer nécessaires. Il est important de questionner la femme afin de connaître la liste complète des médicaments qu’elle prend. Parfois, la cause de cet écoulement reste inconnue.

Lorsque cet écoulement est lié à une pathologie, celle-ci doit être traitée. Lorsque la cause d’un écoulement mamelonnaire unilatéral est une tumeur bénigne, on effectue une exérèse du canal lactifère à l’origine de l’écoulement (pyramidectomie).

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