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Généralités sur la stérilité

Par Robert W. Rebar, MD, Western Michigan University Homer Stryker M.D. School of Medicine

La stérilité est l’incapacité d’un couple à concevoir après des rapports sexuels répétés pendant 1 année sans contraception.

Des rapports sexuels fréquents sans contraception aboutissent généralement à une grossesse :

  • chez 50 % des couples, au bout de 3 mois ;

  • chez 75 % des couples, au bout de 6 mois ;

  • chez 90 % des couples, au bout d’1 an.

Pour optimiser les chances de grossesse, les couples doivent avoir des rapports sexuels fréquents durant les quelques jours au cours desquels l’ovulation est susceptible de se produire (durant lesquels l’ovule est libéré), c’est-à-dire la période au cours de laquelle la femme peut tomber enceinte. L’ovulation se produit généralement au milieu du cycle menstruel, qui se situe environ à mi-chemin entre le premier jour de deux périodes de règles. Les femmes disposent de deux méthodes pour évaluer la survenue de l’ovulation :

  • le relevé de la température corporelle au repos (température corporelle basale) ;

  • les kits de prédiction de l’ovulation à faire chez soi.

Si la femme a ses règles régulièrement, elle peut prévoir sa période d’ovulation en relevant sa température tous les jours avant de sortir du lit. Une baisse de la température indique que l’ovulation est en train de se produire. Une hausse de la température de 0,5 °C ou plus suggère que l’ovulation vient de se produire. Néanmoins, cette méthode ne convient pas à toutes les femmes et n’est pas assez fiable ou précise. Au mieux, elle ne prévoit l’ovulation que sur 2 jours.

Les kits de prédiction de l’ovulation à faire à la maison sont plus précis. Ces kits sont utilisés pour détecter une augmentation de l’hormone lutéinisante dans l’urine. (Cette hormone stimule les ovaires pour déclencher l’ovulation.) Généralement, cette augmentation se produit 24 à 36 heures avant l’ovulation. Les femmes doivent effectuer ce test sur plusieurs jours consécutifs et, par conséquent, les kits comportent cinq à sept bâtonnets. Les bâtonnets peuvent être maintenus sous un jet d’urine ou plongés dans l’urine recueillie dans un contenant stérile.

Savoir si la consommation excessive de caféine chez la femme altère sa stérilité demeure un fait non avéré.

Près d’un couple sur cinq aux États-Unis n’arrive pas à concevoir au bout d’un an et par conséquent est considéré comme étant stérile.

Une stérilité peut être liée à des troubles de l’un des membres du couple ou des deux :

  • problèmes de spermatogenèse (chez 35 % ou plus des couples) ;

  • dysfonctionnement de l’ovulation (chez 20 % des couples) ;

  • dysfonctionnement des trompes de Fallope au niveau du pelvis (chez 30 % des couples) ;

  • modifications de la glaire dans le col de l’utérus (chez 5 % des couples, ou moins) ;

  • facteurs non identifiés (chez 10 % des couples).

Ainsi, le diagnostic de la stérilité nécessite un bilan minutieux des deux partenaires. Généralement, le couple effectue ce bilan au moins 1 an après avoir essayé sans succès d’aboutir à une grossesse. Toutefois, ce bilan est effectué plus tôt dans les cas suivants :

  • la femme a plus de 35 ans ;

  • la femme présente des règles irrégulières ;

  • la femme présente une anomalie utérine, au niveau des trompes de Fallope ou des ovaires ;

  • les médecins ont identifié ou suspecté des problèmes de spermatogenèse chez l’homme.

L’âge est un facteur, notamment chez la femme. Quand une femme avance en âge, il lui est plus difficile de concevoir et une éventuelle grossesse l’expose à des risques de complications accrus. De plus, et notamment après 35 ans, une femme dispose d’un temps limité pour résoudre les problèmes de stérilité avant la ménopause.

Toutefois, jusqu’à 60 % des couples qui n’ont pas conçu au bout d’un an y parviennent finalement, avec ou sans traitement. Les traitements ont pour objectifs de traiter la cause de la stérilité si cela s’avère possible, d’optimiser les chances de concevoir et de réduire le temps nécessaire pour aboutir à une grossesse.

Même si la cause de la stérilité n’est pas identifiée, il est encore possible de traiter la situation du couple. Dans ce cas, on donne à la femme des médicaments qui vont stimuler l’ovulation et la libération de plusieurs ovules ; ces médicaments sont appelés médicaments de fertilité (voir Dysfonctionnement de l’ovulation : Traitement). Des exemples en sont le clomifène et les gonadotrophines humaines. Les probabilités de grossesse s’élèvent à environ 10 à 15 % pour chaque mois de traitement. Comme alternative, il y a le recours à la technique d’insémination artificielle qui sélectionne les spermatozoïdes les plus actifs.

Lorsqu’un couple est soumis à un traitement contre la stérilité, l’un des partenaires ou les deux peuvent éprouver des sentiments de frustration, des chocs émotionnels, des sentiments d’insuffisance et de culpabilité. Leurs sentiments peuvent osciller entre espoir et désespoir. Se sentant isolés et dans l’incapacité de communiquer, ils peuvent devenir coléreux, en vouloir l’un à l’autre, aux membres de la famille, à leurs amis ou au médecin. Ce stress émotionnel peut alors déclencher de la fatigue, de l’anxiété, des troubles du sommeil, de l’alimentation et une incapacité à se concentrer. De plus, la charge financière et l’engagement en termes de temps requis pour le diagnostic et le traitement peuvent engendrer des conflits au sein du couple.

Ces problèmes peuvent être atténués si les deux partenaires sont impliqués et informés des procédures des traitements mis en place (dont la durée de ces traitements), indépendamment de celui qui peut être à l’origine du trouble. Connaître les chances de succès et admettre que le traitement peut ne pas fonctionner ni se prolonger indéfiniment peut aider un couple à surmonter les tensions qu’il rencontre. Il est alors important de savoir à quel moment le traitement doit être interrompu, quand chercher une seconde solution et quand envisager une adoption. Par exemple, si aucune grossesse n’est survenue au bout de 3 ans d’essais infructueux, ou si après 2 ans de traitement contre la stérilité, les chances de grossesse sont faibles, peut-être faut-il envisager une adoption. Idéalement, les couples devraient se renseigner sur l’adoption avant de commencer tout traitement. Les assistances psychosociales, telles que celles des groupes de soutien comme RESOLVE et l’American Fertility Association, peuvent également être utiles.