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Alimentation des nouveau-nés et des nourrissons

Par Ruth A. Lawrence, MD, University of Rochester School of Medicine and Dentistry;Strong Memorial Hospital

Chez un nouveau-né normal les réflexes de succion et des points cardinaux sont actifs et il peut commencer à s'alimenter immédiatement ; les médecins recommandent donc de le mettre au sein dès sa naissance. Si cela n'est pas le cas, il faut commencer à l'alimenter dans les 4 heures suivant la naissance au plus tard.

Quasiment tous les bébés avalent de l'air avec le lait, et puisqu'ils n'arrivent pas à le régurgiter tous seuls les parents doivent en général les aider. Pour cela, le bébé est tenu verticalement contre le thorax du parent avec sa tête reposant sur l'épaule, tandis que le parent lui tapote doucement sur le dos. L’association de massages et de pressions contre l’épaule aboutit généralement à un rot audible qui s’accompagne souvent du reflux d’une petite quantité de lait.

Bien que l'alimentation des bébés puisse être maternelle ou artificielle, les médecins recommandent un allaitement maternel exclusif pendant les 6 premiers mois. Cependant, l'allaitement maternel n'est pas toujours possible (si la mère prend certains médicaments, par exemple), et de nombreux bébés en bonne santé ont été nourris avec du lait artificiel.

Allaitement

Les avantages de l'allaitement maternel

Le lait maternel est l’aliment idéal des nouveau-nés. En plus des nutriments essentiels présents sous la forme la plus facilement assimilable et absorbable, le lait maternel contient des anticorps et des globules blancs qui protègent l’enfant des infections. Le lait maternel modifie de manière favorable le pH des selles et de la flore intestinale, protégeant ainsi le nourrisson des diarrhées bactériennes. Grâce aux qualités protectrices du lait maternel, les enfants sont mieux protégés de nombreux types d'infections, par rapport aux enfants alimentés avec du lait artificiel. L'allaitement maternel semble également protéger l'enfant de certaines conditions chroniques, comme les allergies, le diabète, la sprue cœliaque et la maladie de Crohn.

Il présente aussi de nombreux avantages pour la mère. Par exemple, il facilite l'établissement du lien entre la mère et le nouveau-né, ce qui ne peut être obtenu avec l'allaitement artificiel. Le temps de récupération après l'accouchement est plus court chez les femmes qui allaitent et elles bénéficient d'autres avantages sur le long terme comme un risque réduit d'obésité, d'ostéoporose, de cancer du sein et de cancer de l'ovaire. Aux États-Unis, 60 % environ des mères allaitent, un pourcentage en constante augmentation. Les mères qui travaillent peuvent allaiter lorsqu’elles sont à domicile, et donner au bébé du lait exprimé avec un tire-lait ou du lait artificiel durant les heures où elles sont absentes. La plupart des médecins recommandent la prise quotidienne de suppléments de vitamine D chez les enfants nourris au sein après l’âge de 2 mois.

Un liquide jaune, dense, dénommé colostrum, s’écoule par le mamelon avant le début de la production de lait. Il est particulièrement riche en calories, protéines et anticorps. Les anticorps sont absorbés directement par le nourrisson au niveau de l’estomac et le protègent de nombreuses infections.

Position de l’enfant pour l’allaitement

La mère doit être en position confortable et être détendue. Elle peut être assise ou presque couchée et tenir l’enfant de différentes manières. Elle doit trouver la position la mieux adaptée pour elle et l’enfant. Elle peut alterner différentes positions.

La position la plus utilisée consiste à tenir le bébé sur les genoux, le nourrisson face à sa mère, ventre contre ventre. La mère soutient le cou et la tête du nourrisson avec le bras gauche si l’enfant se nourrit au sein gauche. L’enfant doit être amené au niveau du sein et non le contraire. Les appuis sont importants pour la mère et l’enfant. Des oreillers peuvent être placés au dos de la mère ou sous son bras. Il peut être utile de poser les pieds sur un tabouret ou une table basse pour ne pas devoir se pencher en avant vers l’enfant. Si elle se penche, la mère peut fatiguer son dos et la mise au sein peut être inefficace. Un oreiller ou une couverture pliée peut être placé sous le nourrisson comme appui additionnel.

L'allaitement maternel en pratique

Pour allaiter au sein, la mère doit s’installer dans une position confortable et détendue, assise ou presque couchée, et se tourner d’un côté puis de l’autre pour offrir les deux seins. Le bébé regarde sa mère qui soutient son sein entre son pouce et son index d’un côté, et les autres doigts de l’autre. Elle rapproche le mamelon du milieu de la lèvre inférieure du nouveau-né, afin de l’inciter à ouvrir la bouche (réflexe des points cardinaux) et à saisir le sein. La mère aide le bébé en s’assurant que le mamelon et l’aréole sont bien dans la bouche du nouveau-né, et bien centrés, ce qui évite au mamelon d’être blessé. Avant de retirer le nouveau-né du sein, la mère interrompt la succion en introduisant un doigt dans la bouche du nouveau-né et en pressant doucement son menton vers le bas. Les douleurs du mamelon proviennent d’une position incorrecte et sont plus faciles à prévenir qu’à guérir.

Initialement, le nouveau-né s’alimente plusieurs minutes pour chaque sein, ce qui provoque un réflexe (réflexe d’émission du lait) et stimule la production de lait chez la mère. La production de lait dépend du temps de succion ; ainsi la tétée doit être suffisamment longue pour permettre une production de lait adéquate. Dans les premières semaines, le nourrisson doit être encouragé à prendre les deux seins à chaque tétée ; cependant, certains enfants s’endorment sur le premier sein. Dans ce cas, le sein tété en dernier sera le premier utilisé lors de la tétée suivante. Dans le cas d'un premier enfant, la montée de lait survient en général dans les 72 à 96 heures ; pour les enfants suivants le délai est plus court. Si la mère est très fatiguée la première nuit, une partie des repas nocturnes peut être remplacée par de l’eau, mais seulement sur avis médical. Cependant, dans les premiers jours de vie, les tétées ne doivent pas être espacées de plus de 6 heures afin de stimuler la lactation. Les tétées doivent avoir lieu sur demande (du bébé) et non à des heures précises. De même, la durée des tétées doit s'adapter aux besoins du bébé. Les bébés tètent 8 à 12 fois par 24 heures, mais il n’y a pas de règles à ce sujet.

La mère doit consulter son médecin, surtout dans le cas du premier enfant, au cours des 3-5 jours suivant la naissance, afin qu'il puisse s’assurer que l’allaitement au sein est correct, peser le bébé et répondre aux questions. Il peut être nécessaire de consulter un médecin plus tôt si le nouveau-né est sorti de la maternité dans les 24 heures suivant la naissance, s’il ne tête pas bien ou si les parents sont particulièrement inquiets. La mère ne pouvant pas connaître la quantité de lait ingérée par son enfant, le médecin appréciera la fréquence des tétées et la prise de poids pour déterminer si la production de lait est suffisante. Les nouveau-nés affamés une à deux heures après la tétée et qui ne prennent pas suffisamment de poids par rapport à leur âge et à leur taille, ne reçoivent probablement pas assez de lait.

Sevrage

L’arrêt de l’allaitement au sein (sevrage) dépend des besoins et des souhaits de la mère et de l’enfant. Un allaitement maternel exclusif pendant au moins 6 mois, suivi de l'association de l'allaitement maternel et d'aliments solides jusqu'à 12 mois est considéré comme le régime le mieux adapté. Au-delà des 12 mois, l'allaitement maternel peut être poursuivi autant que souhaité par la mère et l'enfant. Le sevrage progressif pendant des semaines ou des mois est mieux toléré, tant par l’enfant que par sa mère, qu’un sevrage brutal. La mère substitue d’abord une à trois tétées par jour par un biberon ou une tasse de jus de fruits (utilisé seulement pour le sevrage d'enfants âgés d'au moins 6 mois), de lait maternel antérieurement tiré, ou de lait artificiel. Certains repas, notamment ceux correspondant à des heures de repas, doivent être de préférence remplacés par des aliments solides. Apprendre à boire dans une tasse représente une importante étape du développement, qui peut être effective vers l’âge de 10 mois. La mère substitue graduellement un nombre de plus en plus important d’allaitements, même si de nombreux nourrissons continuent à s’alimenter au sein une à deux fois par jour jusqu’à l’âge de 18 à 24 mois, voire plus. Lorsque l’alimentation au sein est poursuivie longtemps, l’enfant peut également prendre des aliments solides et boire dans une tasse.

Alimentation au biberon

En général, à l’hôpital, les nourrissons sont alimentés rapidement après l’accouchement, puis chaque fois qu’ils le désirent. Au cours de la première semaine après la naissance, les nouveau-nés ingèrent 30 à 60 mL chaque fois, pour graduellement atteindre 90 à 120 mL, 6 à 8 fois par jour à la deuxième semaine. Les parents ne doivent pas forcer le nouveau-né à terminer le biberon mais, plutôt, lui permettre de prendre la quantité qu’il souhaite chaque fois qu’il a faim. En grandissant, les nourrissons ingèrent des volumes de lait plus importants, jusqu’à 180 à 240 mL par repas, au troisième ou quatrième mois. La position idéale pour les enfants alimentés au biberon est semi-fléchie ou assise. Ils ne doivent pas prendre le biberon allongé sur le dos, car le lait pourrait remonter dans le nez ou dans la trompe d’Eustache. Quand les enfants sont plus grands et capables de tenir le biberon tout seul, il faut veiller à ne pas les laisser s'endormir avec le biberon car le contact permanent du lait ou des jus de fruits peut léser les dents et provoquer des caries.

Le lait artificiel disponible dans le commerce contient des nutriments, des calories et des vitamines en quantités équilibrées. Il peut être acheté prêt à l’emploi, en flacons stériles, ou sous forme liquide concentrée à diluer dans l’eau ou en poudre. Le lait artificiel existe avec ou sans supplémentation en fer. La plupart des médecins préconisent un lait contenant du fer. Les parents qui utilisent du lait concentré ou en poudre, doivent suivre strictement les indications de préparation sur le récipient. Le lait artificiel est en général fabriqué à partir de lait de vache. Il existe cependant des laits artificiels spéciaux pour les enfants qui ne tolèrent pas le lait de vache. Dans le cas où un enfant ne supporte pas le lait artificiel classique, le pédiatre peut recommander de le nourrir avec une préparation à base d'acides aminés ou un lait hydrolysé. Sur le long terme, il n’a jamais été noté de différences de l’état de santé des enfants nourris avec un lait artificiel classique ou un lait spécial. Le lait de vache ordinaire n’est toutefois pas adapté à l’enfant au cours de la première année de vie.

Pour diminuer le risque d’infection, le lait artificiel doit être préparé dans un récipient stérile. Les revêtements pour biberon en plastique à usage unique évitent d'avoir à stériliser les biberons. Les tétines des biberons doivent être stérilisées au lave-vaisselle ou dans de l’eau bouillante pendant 5 minutes. Le lait artificiel doit être chauffé à température corporelle. Les biberons (ou les récipients à lait si des revêtements à usage unique sont utilisés) sont immergés dans un bain-marie tiède et amenés à température corporelle. Un lait trop chaud peut occasionner des brûlures graves chez un enfant ; les parents doivent donc agiter doucement le biberon pour uniformiser la température et la contrôler en en versant quelques gouttes sur la face interne du poignet, qui est particulièrement sensible à la chaleur. Le lait à température corporelle est ressenti au toucher comme ni chaud, ni froid. Un four à micro-ondes peut être dangereux car le lait peut être chauffé de manière excessive ; son utilisation n’est pas conseillée pour préparer le lait ou les aliments pour nourrisson.

La dimension des trous de la tétine est importante et en général le lait doit sortir doucement par le biberon retourné. Les nourrissons plus grands et plus âgés nécessitent des volumes plus importants, et des tétines ayant des trous plus gros peuvent être employées.

Introduction d'aliments solides

L’âge d'introduction des aliments solides dépend des besoins et de la maturité du nourrisson. En général, l'introduction des aliments solides doit intervenir lorsque le nourrisson est suffisamment grand et a besoin d’un apport calorique plus important que celui que permet le lait artificiel. Ce besoin est repérable lorsque, après avoir bu un biberon complet, le nourrisson a de nouveau faim après seulement 2 à 3 heures. En général, cela se produit vers l’âge de 6 mois. Les enfants plus jeunes auront des difficultés pour avaler les aliments solides, bien que certains puissent prendre de la nourriture solide si elle est placée au fond de la langue. Certains parents forcent de jeunes enfants à manger des quantités excessives d’aliments solides, dans l'espoir qu’ils fassent leurs nuits. Non seulement ceci n’est pas efficace, mais encore cela peut provoquer une pneumopathie par inhalation et des problèmes d'alimentation ultérieurs. De nombreux enfants prennent des aliments solides après une tétée ou un biberon ; cela permet de satisfaire leur besoin de sucer et les rassasie rapidement.

Les nouveau-nés développent des allergies ou une intolérance alimentaire plus facilement que les enfants plus âgés et les adultes. Lorsque plusieurs types d’aliments sont administrés sur une courte période, il est difficile d’identifier l'aliment responsable de la réaction allergique. Pour cette raison, les parents doivent introduire un seul aliment à la fois, et pas plus d’un par semaine. Si l’aliment est manifestement bien toléré, il est possible d’en introduire un autre.

L’enfant commence par manger des céréales à grain unique, suivies de fruits et de légumes. La viande, excellente source de protéines, est introduite ensuite, vers l'âge de 7 mois. Beaucoup d’enfants au début refusent la viande.

Les aliments doivent être donnés au moyen d’une cuillère pour apprendre à l’enfant ce nouveau mode d’alimentation. À l'âge de 6 à 9 mois, les enfants sont en mesure de saisir eux-mêmes la nourriture et de la porter à la bouche ; il faut alors les encourager à manger seuls. Cependant, les bébés peuvent aisément s’étouffer avec des aliments durs et de petite taille (tels que les cacahuètes, les carottes crues, les sucreries et les petits biscuits) qui doivent être évités. Les aliments mixés faits maison sont moins chers que les aliments pour bébé du commerce et permettent un apport nutritionnel approprié.

Bien que les enfants aiment les sucreries, le sucre n’est pas un nutriment essentiel ; aussi, doit-il être administré en petite quantité ou évité. Les desserts sucrés pour bébés n'apportent aucun avantage à l'enfant. Le miel doit être évité au cours de la première année car il peut contenir des spores de Clostridium botulinum, une bactérie inoffensive chez les enfants plus âgés et les adultes, mais pouvant provoquer un botulisme chez les nourrissons.

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