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Colique

Par Deborah M. Consolini, MD, Assistant Professor of Pediatrics;Chief, Division of Diagnostic Referral, Sidney Kimmel Medical College of Thomas Jefferson University;Nemours/Alfred I. duPont Hospital for Children

Les coliques constituent une forme spécifique de pleurs et d’agitation excessifs, intenses ( Pleurs), qui surviennent sans raison apparente (par exemple la faim, la maladie ou une blessure) chez les nourrissons en bonne santé. Les coliques commencent habituellement dans le premier mois de vie, elles empirent à l’âge d’environ 6 semaines, et disparaissent, souvent assez soudainement, vers l’âge de 3 à 4 mois.

Le médecin considère généralement comme des coliques des pleurs et une agitation intenses et inexpliqués qui durent plus de 3 heures par jour, plus de 3 jours par semaine pendant plus de 3 semaines. Toutefois, de nombreux médecins considèrent également comme coliques des pleurs soudains, graves et inexpliqués qui durent moins de 3 heures par jour pendant la plupart des jours de la semaine.

Pleurs généralement associés aux coliques

  • Forts, perçants, et constants

  • Sans cause identifiable

  • Survenant environ au même moment du jour ou de la nuit

  • Persistant pendant des heures sans raison apparente

  • Séparés par des intervalles durant lesquels le nourrisson agit normalement

Causes

Bien que le terme colique suggère des crampes abdominales, il n’existe aucune preuve de trouble intestinal ou abdominal. Les personnes peuvent avoir pensé que les coliques sont causées par un trouble abdominal car les nourrissons avalent souvent de l’air en pleurant, ce qui entraîne une présence de gaz dans l’abdomen (flatulences) et le gonflement de ce dernier. Toutefois, les médecins estiment que ces observations sont la conséquence des pleurs plutôt que la cause. La plupart des nourrissons souffrant de coliques s’alimentent et prennent du poids normalement. Ils peuvent cependant sucer vigoureusement la sucette ou les jouets. Les coliques ne semblent pas avoir de rapport avec le développement d’une personnalité impatiente et insistante.

Évaluation

Indicateurs d’alerte : Les parents doivent particulièrement s’inquiéter de la présence d’une maladie ou de douleur chez le nourrisson, si les pleurs de ce dernier sont accompagnés de :

  • Vomissements (particulièrement si le vomi est vert ou contient du sang, ou s’il survient plus de 5 fois par jour)

  • Changements dans les selles (constipation ou diarrhée, surtout avec du sang ou du mucus)

  • Température anormale (température rectale inférieure à 36,1 °C ou supérieure à 38 °C)

  • Irritabilité (pleurs toute la journée, avec peu de périodes d’apaisement)

  • Léthargie (somnolence excessive, absence de sourires ou de regard intéressé ou faible succion)

  • Faible prise de poids

  • Gêne respiratoire

  • Ecchymoses ou autres signes de blessures éventuelles

  • Mouvements anormaux ou contractions musculaires dans une partie quelconque du corps

Quand consulter un médecin

Les enfants qui présentent des indicateurs d’alerte doivent immédiatement être examinés par un médecin.

Si les enfants ne présentant aucun indicateur d’alerte semblent par ailleurs en bonne santé, les parents peuvent essayer de prendre les mesures habituelles comme leur donner à manger, leur faire faire leur rot, les changer et les câliner. Si les pleurs persistent après de telles mesures, les parents doivent consulter un médecin. Le médecin peut aider les parents à déterminer le degré d’urgence de l’examen.

Que fait le médecin

Le médecin pose d’abord des questions sur les pleurs, afin de savoir s’ils répondent aux caractéristiques des coliques. Il pose des questions sur d’autres symptômes et les antécédents médicaux du nourrisson, puis procède à un examen clinique. Les observations issues des antécédents médicaux et de l’examen clinique permettent de distinguer les coliques d’un trouble se trouvant être la cause des pleurs excessifs ( Pleurs).

Examens

Aucun examen n’est nécessaire, à moins que le médecin ait détecté des anomalies spécifiques au cours de l’examen des antécédents médicaux et l’examen clinique.

Traitement

Les parents sont rassurés sur l’état de santé du nourrisson, par le fait que l’irritabilité n’est pas due à une défaillance de l’attention parentale, et que les coliques disparaîtront d’elles-mêmes sans effet à long terme. Quelques mesures d’ordre général peuvent s’avérer utiles :

  • En le prenant dans les bras et en le berçant ou en le tapotant doucement

  • Bercer le nourrisson

  • En écoutant des bruits neutres, comme le son de la pluie, les sons produits par un ventilateur, une machine à laver, un aspirateur ou un sèche-cheveux.

  • Écouter de la musique

  • En prenant la voiture

  • En lui mettant une sucette dans la bouche

  • En lui faisant faire son rot

  • En le nourrissant (toutefois, les parents doivent éviter la suralimentation comme tentative de résoudre les pleurs)

  • En l’enveloppant douillettement (emmailloté)

Les parents peuvent changer de préparation pendant une période brève pour vérifier si l’enfant présente une intolérance à une préparation spécifique, mais il convient d’éviter d’alterner fréquemment les préparations sauf indication contraire du médecin. Les mères qui allaitent peuvent essayer d’exclure le lait de vache ou un autre aliment de leur régime alimentaire pour voir si les pleurs du nourrisson diminuent. Toutefois, l’intolérance au lait ou à tout autre aliment est rarement associée aux coliques, sauf en cas de présence d’autres symptômes tels que vomissements, constipation, diarrhée, ou prise de poids insuffisante.

Les parents peuvent éprouver des difficultés à faire face aux pleurs excessifs. Un entretien avec le médecin peut leur être utile. Le médecin peut proposer des stratégies, du réconfort et du soutien aux parents stressés par les pleurs excessifs.