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Consommation et abus de drogues et de certaines substances chez les adolescents

Par Sharon Levy, MD, MPH, Harvard Medical School;Children's Hospital, Boston

La consommation de certaines substances chez les adolescents va de l’expérimentation à la dépendance (voir Introduction à la toxicomanie). Ses conséquences peuvent aller de nulles ou mineures à des risques mortels, selon le produit, les circonstances et la fréquence d’utilisation. Toutefois, même une consommation occasionnelle peut entraîner des risques importants, tels qu’une surdose, un accident de la voie publique, un comportement violent ou les conséquences d'un rapport sexuel (telles qu'une grossesse et des maladies sexuellement transmissibles). Bien que l’expérimentation avec l'alcool et, dans une moindre mesure, avec la marijuana soit assez courante, il est assez rare que les jeunes expérimentent avec d'autres drogues illicites ou abusent de médicaments sous ordonnance ou en vente libre. Les risques encourus par les adolescents qui adoptent ce genre sont plus élevés. L'attitude des parents et leur propre comportement par rapport à la consommation d'alcool, de tabac, de médicaments sur ordonnance et d'autres substances ont une forte influence sur le jeune.

Alcool

L’alcool est la substance la plus utilisée par les adolescents. Environ 72 % des lycéens ont déclaré l’avoir déjà essayé, même si 55 % disent ne jamais avoir été ivres. La société et les médias dépeignent la consommation d'alcool comme une pratique acceptable, voire à la mode. Malgré toutes ces influences, les parents peuvent faire la différence s’ils transmettent clairement à leur enfant leurs attentes vis-à-vis de la consommation d’alcool, posent des limites cohérentes et le surveillent. Cependant, les adolescents dont les membres de la famille consomment de l'alcool de manière excessive peuvent croire que cette pratique est acceptable. Certains adolescents qui essaient l'alcool développent un trouble lié à l'alcool comme une consommation excessive ou une dépendance. Les facteurs de risque de développement d'un trouble comprennent la consommation à un jeune âge et des facteurs génétiques. Les adolescents dont un membre de la famille est alcoolique doivent être informés clairement de leur risque plus élevé.

Tabagisme

La plupart des adultes fumeurs ont commencé à l’adolescence. Certains enfants essaient les cigarettes à peine âgés de 10 ans. Un élève de 15 ans sur cinq déclare fumer régulièrement. Aux États-Unis plus de 2 000 personnes commencent à fumer tous les jours. Parmi ces nouveaux fumeurs, 31 % sont âgés de moins de 16 ans et plus de 50 % sont âgés de moins de 18 ans. Si l'adolescent atteint l’âge de 19 ans sans n'avoir jamais fumé, il est très improbable qu’il devienne fumeur à l’âge adulte. Les facteurs qui augmentent la probabilité qu’un adolescent fume sont d’avoir des parents fumeurs (facteur le plus prédictif), ou un camarade ou bien une idole (comme une personnalité) qui fume. Les facteurs de risque souvent associés au tabagisme sont :

  • des résultats scolaires médiocres,

  • des comportements à risque (comme les régimes amaigrissants excessifs, la violence ou la consommation d'alcool ou d'autres drogues),

  • des capacités de résolution de problèmes médiocres,

  • une faible estime de soi.

Les parents peuvent éviter que leur enfant fume en adoptant un comportement positif (c'est-à-dire en ne fumant pas), en discutant ouvertement des risques liés au tabagisme et en encourageant ceux qui fument déjà à arrêter, et à recourir à une assistance médicale, si cela s’avère nécessaire.

Autres substances

Chez les adolescents, la consommation de substances illicites autres que le tabac et l'alcool, bien qu’en baisse globalement ces dernières années, reste élevée. En 2007 environ 47 % des élèves en terminale avaient consommé des drogues illicites à un moment donné de leur vie. Seulement 25 % avaient utilisé une drogue illicite autre que la marijuana.

Environ 2 % des lycéens ont déjà pris des stéroïdes anabolisants (voir Autres abus de drogues). Bien que cette pratique soit plus courante chez des sportifs, elle existe également chez les non sportifs. Un des effets secondaires lié à l'utilisation de stéroïdes anabolisants est la soudure précoce des cartilages de croissance des extrémités osseuses qui entraîne une petite taille définitive. Les autres effets secondaires sont aussi fréquents chez les adolescents que chez les adultes.

Malgré une baisse de l'utilisation de la plupart des drogues, une augmentation significative a été observée pour l'abus de médicaments sur ordonnance, notamment les analgésiques narcotiques, les anxiolytiques et les stimulants. Les médicaments en vente libre contre la toux et le rhume sont aussi utilisés par les adolescents pour planer. Ces médicaments, faciles d'accès et considérés comme sûrs par beaucoup d'adolescents, mènent souvent à la consommation d'autres drogues. Même les adolescents les plus jeunes peuvent essayer des drogues ; certains déclarent une utilisation dès 12 ans. De nombreux adolescents ayant expérimentés avec des médicaments en vente libre, sous ordonnance ou des drogues illicites développent des troubles d'addiction.

Les comportements qui doivent amener les parents à discuter de leurs préoccupations avec leur enfant et leur médecin sont les suivants :

  • comportement changeant,

  • dépression ou changements d’humeur,

  • changement dans le choix des amis,

  • baisse des résultats scolaires,

  • perte d'intérêt dans les passe-temps.

Les parents qui découvrent des drogues ou des accessoires doivent partager leurs inquiétudes avec leur enfant.

Lors des consultations de médecine prévention, les parents doivent s'attendre à ce que le médecin interroge l'enfant afin de dépister une consommation d’alcool ou de drogues. Le médecin peut aider à déterminer si l'adolescent présente un trouble lié à la consommation de certaines substances et mettre en œuvre les mesures appropriées, le cas échéant. Une analyse de recherche de drogues peut être utile mais présente encore de sérieuses limitations. Les résultats d'une analyse d'urine peuvent être négatifs si la drogue a été éliminée du corps de l'adolescent avant la réalisation de l'analyse, si une substance non incluse dans le panel de test standard a été utilisée ou si l'échantillon est frelaté. En raison de ces limitations, un médecin spécialisé dans ce domaine doit déterminer si une recherche de drogues est pertinente et les parents doivent adhérer à l'avis du médecin. Lorsque les parents exigent une recherche de drogues ou de connaître des informations confiées par l'adolescent au médecin, ils peuvent générer une atmosphère de conflit et, par inadvertance, rendre difficile le travail du médecin. Il aura alors plus de mal pour obtenir la vérité de l'enfant sur la consommation de certaines substances et créer un pacte thérapeutique pour son traitement.

Si le médecin soupçonne un trouble lié à la consommation de certaines substances, il peut adresser l'adolescent à un spécialiste pour d'autres évaluations et un traitement approprié. En général, le traitement de la toxicomanie est fondé sur le comportement et est semblable chez les adolescents et adultes (voir Introduction à la toxicomanie). Toutefois, il est adapté pour les adolescents avec des programmes spécifiques et des thérapeutes spécialisés dans le traitement d'adolescents toxicomanes. En général, les programmes de traitement des adultes et des adolescents doivent être distincts.