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Malaise grave inopiné du nourrisson (MGIN)

Par Elizabeth J. Palumbo, MD, Private Practice, The Pediatric Group, Fairfax, VA

Un malaise grave inopiné du nourrisson (MGIN) correspond à la survenue subite de certains symptômes alarmants comme l’arrêt prolongé de la respiration (apnée), un changement de couleur ou de tonus musculaire, des toux et des étouffements chez un enfant de moins de 1 an.

  • Lorsque la cause est connue, elle peut être liée à une affection du système nerveux ou une infection.

  • Le diagnostic repose sur l’interrogatoire des personnes s’occupant de l’enfant, ainsi que sur un examen clinique et les résultats de certaines analyses de laboratoire.

  • Le pronostic dépend de la cause du malaise grave inopiné.

  • Le traitement vise à éliminer ou réduire les causes spécifiques si celles-ci ont pu être identifiées.

Le MGIN n’est pas un trouble à part entière. Il s’agit d’un ensemble de symptômes qui surviennent subitement chez le jeune enfant. Bien que le MGIN semble lié au syndrome de mort subite du nourrisson (MSN, voir Syndrome de mort subite du nourrisson (MSN)), aucun lien n’a pu être clairement établi entre les deux affections.

Causes

Les causes les plus fréquentes du MGIN sont le reflux gastro-œsophagien, des troubles du système nerveux (comme des crises convulsives ou des tumeurs cérébrales) et des infections (comme la méningite). Les causes plus rares comprennent des troubles cardiaques et métaboliques, les abus, et le rétrécissement ou l’obstruction complète des voies aériennes. Dans 50 % des cas la cause reste non identifiée.

Symptômes

Classiquement, un MGIN se caractérise par une modification subite et inattendue de la respiration de l’enfant qui effraie le parent ou la personne s’occupant de l’enfant. Certains ou tous les événements suivants se produisent pendant un malaise :

  • arrêt de la respiration pendant 20 secondes ou plus,

  • changement de couleur, le plus souvent l’enfant devient bleu ou pâle, mais parfois rouge,

  • modification du tonus musculaire, classiquement l’enfant devient mou,

  • suffocation ou étouffement.

Diagnostic

En cas d’un MGIN, le médecin pose plusieurs questions clés :

  • Quelles observations ont été faites par la personne qui a constaté le malaise (y compris une description des changements dans la respiration, de la couleur, du tonus musculaire, des yeux, des bruits émis, de la durée du malaise et des éventuels symptômes avant le malaise) ?

  • Quelles mesures ont été prises (comme une stimulation douce, le bouche à bouche ou une réanimation cardiopulmonaire [RCP]) ?

  • La mère a-t-elle pris des drogues pendant la grossesse ? Certains membres de la famille prennent-ils actuellement des drogues, fument-ils ou consomment-ils de l’alcool ?

  • Quel était l’âge gestationnel de l’enfant à sa naissance (durée passée dans l’utérus après la conception) ? Y a-t-il eu des complications à la naissance ? Est-ce que le nourrisson est resté hospitalisé en raison d’apnées ?

  • Est-ce que l’enfant s’étouffe, tousse ou vomit pendant les repas ? Est-ce que la prise de poids est problématique ?

  • Le développement de l’enfant est-il approprié pour son âge ?

  • A-t-il des antécédents de MGIN ou a-t-il subi un traumatisme récemment ?

  • D’autres cas de MGIN ou de mort subite ont-ils été signalés dans la famille ?

Le médecin effectue un examen clinique de l’enfant à la recherche d’anomalies manifestes, notamment du système nerveux comme un excès ou un manque de tonus musculaire, ou des signes de traumatisme.

En fonction des résultats, il peut décider de réaliser des analyses de laboratoire (du sang [y compris la fonction hépatique], des selles, de l’urine et du liquide céphalorachidien), des examens par imagerie (par exemple radiographie du thorax ou tomodensitométrie [TDM] de la tête), un électrocardiogramme, ou une combinaison de tous ces examens. D’autres examens (tels qu’un électroencéphalogramme, Tests à la recherche de troubles du cerveau, de la moelle épinière et du système nerveux : Électroencéphalographie) visant à détecter d’éventuelles crises convulsives peuvent également être effectués.

Traitement

Une fois identifiée, la cause est traitée. Les enfants ayant nécessité une RCP, chez qui des anomalies ont été identifiées lors de l’examen clinique ou des premières analyses de laboratoire, ou dont les antécédents de MGIN sont inquiétants sont hospitalisés à des fins d’observation et pour mener des examens supplémentaires.

Les parents et les personnes s’occupant des enfants doivent être formés en matière de RCP pour les nourrissons et pour assurer des soins sûrs aux bébés (les faire dormir sur le dos et éviter toute exposition à la fumée de cigarette, par exemple). Parfois le médecin peut prescrire l’utilisation d’un appareil de surveillance de l’apnée à domicile pendant un temps court. Les appareils qui enregistrent la respiration et le rythme cardiaque de l’enfant sont à préférer à ceux qui ne font que déclencher une alarme. Les enregistrements peuvent aider le médecin à faire la différence entre les fausses alertes et les véritables malaises.