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Dépression chez l'enfant

Par Hugh F. Johnston, MD, University of Wisconsin Medical School;Bureau of Mental Health and Substance Abuse

La dépression est un sentiment de tristesse ou d'irritabilité suffisamment intense pour affecter la vie quotidienne. Elle peut succéder à une perte récente ou à d’autres événements tristes, mais elle est disproportionnée par rapport à l’événement et persiste au-delà d’une période raisonnable (voir Dépression).

  • Les troubles physiques, les expériences de la vie et l'hérédité peuvent contribuer à la dépression.

  • Les enfants et les adolescents affectés peuvent se montrer tristes, désintéressés et apathiques ou hyperactifs, agressifs et irritables.

  • Le diagnostic repose sur les symptômes, tels que les enfants, les parents et les enseignants les décrivent, et les résultats de tests recherchant d'autres troubles éventuels susceptibles de causer les symptômes.

  • Chez les adolescents, une association entre la psychothérapie et les antidépresseurs est normalement ce qu'il y a de plus efficace mais pour les plus jeunes enfants, on essaie d'abord la psychothérapie seule.

La tristesse et le malheur sont des sentiments naturels en réaction à des situations troublantes. Chez les enfants et les adolescents, de telles situations peuvent comprendre la mort d’un parent, le divorce, la perte d’un ami ou encore des difficultés d’adaptation à l’école et à se faire des amis. Cependant, ce sentiment de tristesse peut être disproportionné par rapport à l’événement, ou persister plus longtemps que prévu. Dans ce cas, en particulier quand ce sentiment crée des difficultés dans les activités quotidiennes, l’enfant peut devenir déprimé. Comme les adultes, certains enfants se dépriment en l’absence d’événements négatifs. Ces enfants sont plus susceptibles d'avoir des parents souffrant de troubles de l'humeur (antécédents familiaux). La dépression survient chez jusqu'à 2 % des enfants et chez 5 % des adolescents.

On ne connaît pas les causes exactes de la dépression, mais des anomalies neurochimiques sont certainement impliquées. La tendance à la dépression peut être héréditaire. Une association de facteurs, dont certaines expériences de la vie et une prédisposition génétique (vulnérabilité), semble y contribuer. Parfois un autre trouble, comme une thyroïde hypoactive ou la consommation de drogue, fait partie des causes.

Le saviez-vous ?

  • Certains enfants atteints de dépression sont hyperactifs et irritables plutôt que tristes.

Symptômes

Comme chez les adultes, la gravité de la dépression chez l'enfant est très variable.

Les enfants ressentent souvent des sentiments de profonde tristesse ou d'irritabilité, de dévalorisation et de culpabilité. Ils perdent de l’intérêt pour les activités qui habituellement leur procurent du plaisir, tels que le sport, la télévision, les jeux vidéo ou les jeux entre amis. Ils peuvent professer un ennui profond. Beaucoup de ces enfants se plaignent également de problèmes physiques, comme des maux d'estomac ou des céphalées.

L’appétit peut augmenter ou diminuer, entraînant souvent des variations de poids significatives. Le sommeil est en général perturbé. Les enfants peuvent souffrir d'insomnie, dormir excessivement ou être perturbés par des cauchemars fréquents.

Les enfants déprimés manquent souvent d’énergie ou sont physiquement inactifs. Cependant, surtout chez les plus jeunes, la dépression est parfois masquée par des symptômes apparemment contradictoires tels que l’hyperactivité, l’agressivité et une grande irritabilité. Certains enfants sembles plus irritables que tristes.

Les symptômes perturbent les capacités de pensée et de concentration ; il en résulte une baisse fréquente des résultats scolaires. Les enfants peuvent avoir des pensées ou des fantasmes suicidaires, et faire des tentatives de suicide.

Diagnostic

Pour confirmer la dépression, le médecin s’appuie sur différentes sources d’information, impliquant un dialogue avec l’enfant ou l’adolescent, et avec ses parents et ses enseignants. Parfois, les questionnaires structurés (voir Diagnostic) permettent aux médecins de distinguer la dépression d’une simple réaction à un événement négatif. Les médecins s'efforcent de déterminer si le stress familial ou social peut avoir précipité la dépression. Les médecins posent également des questions spécifiques concernant le comportement suicidaire, notamment les pensées et les propos sur le suicide.

Les médecins pratiquent des tests pour déterminer si un trouble physique, comme une thyroïde anormale ou la consommation de drogue en est la cause.

Traitement

Le traitement dépend de la gravité des symptômes. Tout enfant ayant des pensées suicidaires doit être étroitement suivi par des psychiatres expérimentés. Si le risque de suicide est élevé, les enfants devront être brièvement hospitalisés pour assurer leur sécurité.

Pour la plupart des adolescents, l'association de la psychothérapie et d'un traitement médicamenteux est plus efficace que l'administration d'un seul de ces traitements. Pour les plus jeunes enfants, la psychothérapie seule peut être tentée au départ ; les médicaments ne sont utilisés que dans la mesure nécessaire. Une psychothérapie individuelle ou collective, et une psychothérapie familiale peuvent être bénéfiques.

L'utilisation quotidienne d'une lumière artificielle spéciale (photothérapie) peut s'avérer utile si la dépression est liée aux saisons. À la fin de l'automne et en hiver, la quantité réduite de lumière du jour entraîne des changements hormonaux susceptibles de contribuer à la dépression. La photothérapie est le plus souvent associée à des médicaments ou une psychothérapie chez les enfants et les adolescents qui souffrent d'épisodes dépressifs en hiver.

Les antidépresseurs permettent de corriger des déséquilibres chimiques du cerveau. Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), tels que la fluoxétine, la sertraline et la paroxétine (voir le tableau en Médicaments utilisés pour traiter la dépression) sont les médicaments les plus fréquemment prescrits chez les enfants et les adolescents déprimés. Les antidépresseurs tricycliques, de type imipramine, sont beaucoup moins efficaces chez l’enfant que chez l'adulte et ils ont davantage d'effets secondaires. C'est pourquoi ils sont rarement utilisés auprès des enfants.

Antidépresseurs et suicide

Des inquiétudes ont récemment été formulées à propos des antidépresseurs qui seraient susceptibles d'augmenter le risque de pensées et de comportements suicidaires chez les enfants et les adolescents, en particulier au cours des premières semaines de traitement. Cette inquiétude a entraîné une diminution générale de l'utilisation des antidépresseurs chez l'enfant. Cependant, cette diminution de l'utilisation des antidépresseurs a été associée à une augmentation du taux de suicides réussis, peut-être parce que la dépression n'est alors pas traitée d'une manière adéquate chez certains enfants. Certains experts ont émis l'hypothèse selon laquelle les antidépresseurs causeraient d'abord agitation et anxiété avant de soulager la dépression. Au cours de cette période initiale, les enfants et les adolescents seraient plus enclins à aborder leurs sentiments suicidaires et parfois passer à l'acte. Cependant, lorsque la dépression est finalement soulagée, les enfants seraient moins susceptibles de se suicider. Des études sont en cours pour essayer de cerner ce problème mais les médecins tendent à convenir du fait que les traitements médicamenteux sont souvent bénéfiques aux enfants dépressifs du moment que les membres de leur famille et eux-mêmes sont attentifs à l'aggravation des symptômes ou aux pensées suicidaires.

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