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Trouble d’angoisse de la séparation

Par Josephine Elia, MD, Professor of Psychiatry and Human Behavior, Professor of Pediatrics;Attending Physician, Sidney Kimmel Medical College of Thomas Jefferson University;Nemours/A.I. duPont Hospital for Children

Le trouble d’angoisse de séparation est une anxiété persistante intense lorsque l’enfant se trouve loin de son foyer ou en cas de séparation d’avec des personnes chères, normalement la mère.

  • La plupart des enfants ressentent une anxiété liée à la séparation, mais celle-ci s’estompe généralement.

  • Les enfants pleurent et souvent supplient la personne qui s’en va et, après son départ, ne pensent qu’à la retrouver.

  • Le diagnostic des médecins repose sur les symptômes et leur durée.

  • Une thérapie comportementale est habituellement efficace et une psychothérapie individuelle ou familiale peut s’avérer utile.

  • Le traitement a pour objectif de permettre aux enfants de retourner à l’école dès que possible.

L’angoisse de la séparation est normale dans une certaine mesure et survient chez presque tous les enfants, surtout chez les tout-petits ( Angoisse de la séparation). Les enfants ressentent une grande souffrance lors du départ d’une personne à laquelle ils sont attachés. Cette personne est habituellement la mère, mais il peut s’agir de n’importe quel parent ou de toute personne qui s’occupe de lui. L’angoisse s’arrête habituellement quand l’enfant apprend que la personne va revenir. Dans le trouble d’angoisse de séparation, l’anxiété est beaucoup plus intense et va au-delà de ce à quoi l’on s’attend selon l’âge de l’enfant et son niveau de développement. Le trouble d’angoisse de séparation survient généralement chez les plus jeunes enfants et il est rare après la puberté.

Un certain stress émotionnel, tel que le décès d’un parent, d’un ami, d’un animal, un déménagement ou un changement à l’école, peut déclencher le trouble. Les personnes peuvent aussi avoir une prédisposition héréditaire à ressentir de l’angoisse.

Symptômes

Les enfants qui souffrent de ce trouble ressentent une grande souffrance quand ils sont séparés de leur foyer ou des personnes auxquelles ils sont attachés. Des scènes dramatiques se produisent souvent au cours des au revoir. Les scènes d’au revoir sont habituellement douloureuses pour le parent et l’enfant. L’enfant gémit et supplie le parent d’une manière tellement désespérée que le parent ne peut pas s’en aller et prolonge la scène en rendant ainsi la séparation encore plus difficile. Si le parent est anxieux également, l’enfant devient encore plus anxieux, ce qui crée un cercle vicieux.

Une fois que le parent est parti, l’enfant fait une fixation sur les retrouvailles. Il a besoin de savoir où se trouve le parent et il est envahi par la peur que quelque chose de terrible puisse lui arriver ou arriver au parent.

Voyager seul le gêne et il peut refuser d’aller à l’école, faire du camping, rendre visite à un ami ou dormir chez cet ami. Certains enfants ne peuvent pas rester seuls dans une pièce, s’accrochent à leurs parents et les suivent pas à pas à la maison.

Les difficultés au coucher sont fréquentes. L’enfant qui a une angoisse de séparation peut insister pour qu’un parent ou la personne qui s’occupe de lui reste dans la pièce tant qu’il ne s’endort pas. Les cauchemars peuvent révéler les peurs de l’enfant, comme la crainte qu’un incendie ou autre catastrophe anéantisse sa famille. Les enfants développent souvent des symptômes physiques, tels que des céphalées ou des maux de ventre.

Les enfants semblent habituellement normaux lorsque le parent est présent. Le problème peut donc sembler moins grave qu’il ne l’est. Plus le trouble dure, plus il devient sévère.

Diagnostic

  • Symptômes

Les médecins posent le diagnostic sur une description du comportement passé de l’enfant et parfois, sur l’observation des scènes d’au revoir. Le trouble est diagnostiqué uniquement si les symptômes durent au moins un mois et entraînent une souffrance considérable ou affectent l’évolution de manière importante.

Traitement

  • Thérapie comportementale

On utilise la thérapie comportementale. Elle consiste à indiquer aux parents et aux personnes qui s’occupent de l’enfant comment raccourcir au maximum les scènes d’au revoir et comment réagir aux protestations naturellement. Une psychothérapie individuelle et familiale est également utile.

Permettre aux enfants de retourner à l’école constitue un objectif immédiat. Il exige que les médecins, les parents et le personnel scolaire travaillent en équipe. Aider l’enfant à s’attacher à l’un des adultes de la garderie ou de l’école peut aider.

Lorsque le trouble est sévère, il peut être utile de prendre des médicaments pouvant réduire l’anxiété, tels qu’un type d’antidépresseur appelé inhibiteur sélectif de la recapture de la sérotonine (ISRS, Traitement pharmacologique de la dépression).

Les enfants sont enclins à faire des rechutes après les vacances et les congés scolaires. On conseille donc souvent aux parents de prévoir des séparations régulières pendant ces périodes pour aider les enfants à demeurer habitués à l’éloignement.