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Chirurgie

Par Robert G. Johnson, MD, Saint Louis University School of Medicine

La chirurgie est le terme classiquement utilisé pour désigner les traitements qui impliquent l’incision et la suture des tissus. Cependant, les progrès des techniques chirurgicales ont rendu plus complexe la définition. Parfois, l’incision des tissus est effectuée par laser plutôt que par bistouri, et les plaies peuvent être fermées sans point de suture. Parmi les traitements médicaux modernes, il n’est plus toujours aisé de distinguer les procédures chirurgicales et médicales. Cette distinction n’est cependant pas fondamentale si le médecin qui utilise la technique est bien formé et expérimenté.

La chirurgie est un vaste domaine de la médecine et comprend de nombreuses techniques différentes. Certaines consistent en l’ablation de tissus. D’autres consistent en la levée d’obstructions. D’autres encore visent à suturer des artères et veines à d’autres régions afin d’accroître la perfusion de régions mal vascularisées. Des greffes, parfois artificielles, peuvent être utilisées pour remplacer des vaisseaux sanguins ou du tissu conjonctif, et des tiges métalliques peuvent être implantées dans les os à la place des parties fracturées.

Parfois, la chirurgie est employée pour établir un diagnostic. Une biopsie, l’ablation d’une partie de tissu pour l’examiner au microscope, est l’exemple le plus courant de chirurgie diagnostique. Dans certaines situations d’urgence, si l’on n’a pas le temps de réaliser des examens diagnostiques, la chirurgie peut être utilisée à la fois pour le diagnostic et pour le traitement. Par exemple, la chirurgie peut être nécessaire pour localiser et réparer rapidement les organes atteints d’une hémorragie causée par une arme à feu.

L’urgence de la chirurgie est souvent décrite par trois catégories : la chirurgie d’extrême urgence, la chirurgie d’urgence et la chirurgie élective. La chirurgie d’extrême urgence, telle que l’arrêt d’une hémorragie interne rapide, sera réalisée le plus rapidement possible, car quelques minutes peuvent faire la différence. La chirurgie urgente, comme l’appendicectomie, doit être réalisée dans les quelques heures qui suivent le diagnostic. La chirurgie élective, telle que l’arthroplastie du genou, peut être retardée pendant un certain temps afin d’optimiser les chances de la personne d’obtenir le meilleur résultat, pendant et après la chirurgie.

Anesthésie

La chirurgie est généralement douloureuse ; on administre donc en général un anesthésique avant celle-ci. Les anesthésiques bloquent la perception de la douleur. L’anesthésie peut être locale, régionale ou générale. Les anesthésiques sont généralement administrés par des praticiens médicaux, spécialement formés et spécialisés en anesthésie. Ces praticiens peuvent être médecins (anesthésistes) ou infirmiers(ères) (infirmiers[ères] anesthésistes). Les infirmiers(ères) anesthésistes exercent sous la responsabilité d’un médecin anesthésiste.

Anesthésie locale et régionale

Ces types d’anesthésie consistent en l’injection de médicaments (tels que lidocaïne ou bupivacaïne) qui n’anesthésient que certaines parties de l’organisme. Lors d’une anesthésie locale, le médicament est injecté sous la peau au niveau du site d’incision pour endormir uniquement cette région. Dans le cas de l’anesthésie régionale, qui anesthésie une zone plus large de l’organisme, le médicament est injecté autour d’un ou plusieurs nerfs afin d’endormir une région de l’organisme qui dépend de ces nerfs. Par exemple, en injectant un médicament autour de certains nerfs, on peut endormir les doigts, les orteils ou une partie plus étendue d’un membre. L’une des formes d’anesthésie régionale consiste en l’injection d’un médicament dans une veine (anesthésie régionale intraveineuse). Un dispositif tel qu’un bandage élastique ou un garrot pneumatique comprime la zone à l’endroit où le membre est relié au corps et bloque l’anesthésique à l’intérieur des veines du membre. L’anesthésie régionale intraveineuse permet d’anesthésier la totalité du membre.

En cas d’anesthésie locale ou régionale, le patient reste éveillé. Les médecins peuvent cependant administrer des anxiolytiques par voie intraveineuse pour calmer et détendre le patient. Rarement, un engourdissement, des fourmillements ou une douleur peuvent persister pendant quelques jours ou même quelques semaines après l’intervention chirurgicale, au niveau de la zone anesthésiée.

La rachianesthésie et l’anesthésie péridurale sont des types particuliers d’anesthésie régionale, où un médicament est injecté autour de la moelle épinière lombaire. Selon le site d’injection et la position du corps, on peut endormir une région plus ou moins importante (par exemple, de la taille aux orteils). La rachianesthésie et l’anesthésie péridurale sont utilisées pour des opérations concernant la partie inférieure de l’organisme, telles que réparations de hernies, interventions sur la prostate, sur le rectum, sur la vessie, sur les membres et dans certaines interventions gynécologiques. Ces types d’anesthésie sont également utiles pour l’accouchement. Des céphalées peuvent parfois se développer dans les jours suivant une anesthésie rachidienne, mais elles sont habituellement traitées avec efficacité.

Anesthésie générale

Avec l’anesthésie générale, le médicament injecté circule dans le sang et rend la personne inconsciente. Le médicament peut être administré par voie intraveineuse ou être inhalé. Comme l’anesthésie générale diminue la fréquence respiratoire, l’anesthésiste insère un tube dans la trachée pour assister la respiration (un ventilateur respire pour le patient si l’intervention est longue). Cependant, lors d’interventions brèves, l’intubation peut ne pas être nécessaire. L’anesthésiste utilise alors un masque ventilatoire pour assister la respiration. L’anesthésie générale affecte le fonctionnement des organes vitaux, ce qui implique une surveillance accrue par le médecin anesthésiste du rythme cardiaque, de la respiration, de la température corporelle et de la pression artérielle, jusqu’à ce que les médicaments soient éliminés. Les effets indésirables graves sont très rares.

Le saviez-vous ?

  • Les effets indésirables graves de l’anesthésie générale sont très rares grâce à l’amélioration des technologies et des procédures.

Chirurgie majeure et mineure

On établit parfois une distinction entre la chirurgie majeure et la chirurgie mineure, même si de nombreuses procédures chirurgicales présentent les caractéristiques des deux types.

Chirurgie majeure La chirurgie majeure nécessite souvent l’ouverture de l’une des principales cavités de l’organisme, comme l’abdomen (laparotomie), le thorax (thoracotomie) ou le crâne (craniotomie). Elle peut provoquer un stress des organes vitaux. La chirurgie est en général réalisée à l’aide d’une anesthésie générale au bloc opératoire par une équipe de médecins. Il est souvent nécessaire de passer au moins une nuit à l’hôpital après une chirurgie majeure.

Chirurgie mineure Pour la chirurgie mineure, les principales cavités de l’organisme ne sont pas ouvertes. La chirurgie mineure est effectuée sous anesthésie locale, régionale ou générale. Elle peut être réalisée au service d’urgence, dans un centre de chirurgie ambulatoire ou au cabinet d’un médecin. Les organes vitaux ne sont, en général, soumis à aucun stress, et l’intervention peut être pratiquée par un seul médecin, qui peut être ou non un chirurgien. Le patient peut habituellement regagner son domicile le jour même de la chirurgie mineure.

Risque chirurgical

Les risques de la chirurgie (c’est-à-dire, la possibilité que la chirurgie entraîne le décès ou un problème grave) dépendent du type de chirurgie et des caractéristiques du patient.

Les types de chirurgie qui présentent les risques les plus élevés comprennent

  • la chirurgie cardiaque ou pulmonaire ;

  • le retrait de la prostate ;

  • les chirurgies majeures osseuses et articulaires (par exemple, arthroplastie de la hanche).

En général, plus la santé générale du patient est mauvaise, plus les risques de la chirurgie sont élevés. Certains problèmes de santé qui augmentent le risque chirugical comprennent

  • douleur thoracique sévère (angine) ;

  • infarctus du myocarde récent ;

  • insuffisance cardiaque sévère ;

  • sous-nutrition (courante chez les personnes âgées vivant en établissement) ;

  • troubles pulmonaires ou hépatiques sévères ;

  • maladie rénale chronique ;

  • maladie pulmonaire chronique (souvent liée au tabagisme) ;

  • affaiblissement du système immunitaire (par exemple, en raison d’un traitement par corticostéroïdes à long terme) ;

  • diabète (en particulier s’il est mal contrôlé).

Les risques sont souvent plus élevés parmi les personnes âgées (voir Coup de projecteur sur le vieillissement). Cependant, les risques sont plus déterminés par l’état de santé général que par l’âge. Les affections chroniques qui augmentent le risque chirurgical et d’autres affections curables, telles que déshydratation, infections et déséquilibres des liquides et électrolytes de l’organisme, doivent être contrôlées par un traitement autant que possible avant une chirurgie.

Deuxième avis

La décision d’une intervention chirurgicale n’est pas toujours aisée. Il peut exister des options non chirurgicales pour le traitement et plusieurs options techniques pour un type de chirurgie. Aussi, une personne peut elle éprouver le besoin de prendre l’avis de plusieurs médecins. Certaines assurances-maladies demandent un second avis pour une chirurgie élective. Cependant, les experts peuvent être en désaccord sur le médecin qui doit donner le second avis.

  • Certains experts recommandent de demander un deuxième avis auprès d’un médecin non chirurgien de façon à éviter les biais d’une indication chirurgicale lorsqu’une option thérapeutique non chirurgicale est possible.

  • Certains experts recommandent toutefois l’avis d’un autre chirurgien, car celui-ci connaît mieux qu’un médecin non chirurgien les avantages et les inconvénients d’une intervention.

  • Certains experts recommandent à l’avance que le chirurgien donnant le deuxième avis ne réalise pas l’intervention, ce qui élimine les conflits d’intérêts.

Préparation pour le jour de l’intervention

De nombreux préparatifs sont à effectuer dans les jours ou les semaines précédant l’intervention. Il est souvent recommandé d’améliorer le plus possible les conditions physiques et nutritionnelles parce qu’un bon état général permet de mieux supporter le stress chirurgical. Les objets de valeur doivent être laissés à domicile.

Consommation d’alcool et de tabac

Éviter ou réduire au minimum la consommation de tabac et la prise d’alcool peut rendre plus sûre la procédure impliquant une anesthésie générale. La consommation de tabac récente augmente le risque de troubles du rythme cardiaque au cours d’une anesthésie générale et détériore la fonction pulmonaire. Une consommation excessive d’alcool peut léser le foie et provoquer ainsi des saignements importants pendant l’intervention, et aussi diminuer ou accroître de façon imprévisible l’effet des médicaments utilisés pour l’anesthésie générale. La consommation d’alcool doit cependant être diminuée progressivement, car une diminution soudaine avant une anesthésie générale peut entraîner des effets nocifs, tels que fièvre, anomalies de la pression artérielle ou du rythme cardiaque.

Évaluations du médecin

Le chirurgien réalise un examen physique et reconstitue l’histoire médicale du patient, qui inclut les symptômes récents, les antécédents médicaux, les réactions antérieures aux anesthésiques (le cas échéant), l’utilisation de tabac et d’alcool, les infections, les facteurs de risque de thrombose, les problèmes cardiaques et pulmonaires (tels que toux ou douleur thoracique) et les allergies. Le patient dresse la liste de tous les médicaments qu’il prend. Les médicaments avec ou sans ordonnance doivent être mentionnés, car ils peuvent entraîner de graves troubles de la santé. Par exemple, la prise d’aspirine, qui peut être considérée comme trop banale pour être mentionnée, peut augmenter les saignements lors de l’intervention. En outre, l’utilisation de compléments ou de médicaments à base de plantes (par exemple, gingko biloba ou millepertuis) doit être aussi mentionnée, car ceux-ci peuvent avoir des effets pendant ou après l’intervention.

L’anesthésiste peut rencontrer le patient avant l’intervention afin de contrôler les résultats des tests et d’identifier certaines conditions cliniques qui peuvent influencer le choix de l’anesthésie. Le type le plus sûr et le plus efficace d’anesthésie peut alors être discuté.

Examens

Les examens pratiqués avant l’intervention chirurgicale (examens préopératoires) peuvent comprendre des analyses de sang et d’urines, un électrocardiogramme, une radiographie du thorax et une exploration fonctionnelle pulmonaire. Ces tests évaluent le fonctionnement des organes vitaux. Si ces organes fonctionnent mal, le stress de l’opération ou de l’anesthésie peut provoquer différents troubles. Les examens préopératoires peuvent révéler une maladie silencieuse temporaire (comme une infection), qui nécessiterait de reporter l’intervention.

Stockage du sang pour la transfusion

Un patient peut souhaiter constituer un stock de son propre sang au cas où une transfusion serait nécessaire pendant l’intervention. L’utilisation du stock de sang (transfusion de sang autologue, voir Transfusion autologue) évite le risque infectieux et les réactions transfusionnelles. Un prélèvement de 0,5 L de sang du patient peut être réalisé et conservé jusqu’à l’intervention. Le sang ne doit pas être prélevé plus d’une fois par semaine, et le dernier don de sang doit en général avoir lieu au moins deux semaines avant l’intervention. L’organisme régénère ensuite le sang dans les semaines qui suivent le prélèvement.

Prise de décision

Parfois, le chirurgien obtient avant la chirurgie la permission du patient de réaliser l’intervention, un processus appelé consentement éclairé. Le chirurgien discute des risques et bénéfices de l’opération ainsi que des traitements alternatifs, et répond aux questions. Le patient lit et signe un document de consentement. En cas de chirurgie d’urgence pour laquelle le patient est incapable de fournir un consentement éclairé, les médecins tentent de contacter la famille. Rarement, la chirurgie d’urgence doit avoir lieu avant que la famille ne soit contactée.

Des solutions durables de vie et de santé, y compris juridiques (voir Directives anticipées : Testament de fin de vie), doivent être préparées avant la chirurgie si la personne risque après l’intervention d’être dans l’incapacité de communiquer ou d’être handicapée.

Préparation du tractus digestif

Certains médicaments administrés pendant la chirurgie peuvent entraîner des vomissements. Le patient doit donc rester à jeun en général au moins huit heures avant l’opération. Pour les chirurgies ambulatoires, le patient doit rester à jeun après minuit. Des indications spécifiques peuvent être données et varient en fonction du type de chirurgie. Le patient doit demander au médecin quels médicaments de son traitement habituel peuvent être pris avant l’intervention. Les personnes qui doivent subir une intervention chirurgicale qui concerne l’intestin doivent prendre des laxatifs un jour ou deux avant l’intervention.

Ongles des mains

Un appareil surveille le niveau d’oxygène dans le sang pendant l’intervention et est placé sur un doigt, les faux ongles et le vernis à ongles doivent donc être retirés avant d’aller à l’hôpital. Cet appareil peut alors fonctionner de façon plus précise.

Jour de l’intervention

Pour la plupart des interventions, le patient doit retirer ses vêtements, ses bijoux, ses appareils acoustiques, ses prothèses dentaires, ses lunettes ou ses lentilles de contact, et enfiler une blouse opératoire. Le patient est transféré dans une pièce spéciale (salle de pré-anesthésie), ou au bloc opératoire même, pour la préparation finale avant l’intervention. La peau qui sera incisée (le site opératoire) est brossée avec un antiseptique qui diminue la présence de bactéries et permet de prévenir les infections. Un membre du personnel soignant pourra raser le site opératoire. Une tubulure de plastique (cathéter) est insérée dans une veine de la main ou du bras. Les liquides et les médicaments sont administrés par le cathéter. Un médicament peut être injecté par voie intraveineuse afin d’apaiser le patient. Si l’opération concerne la bouche, le tractus intestinal, les poumons ou le tractus respiratoire ou urinaire, le patient reçoit un ou plusieurs antibiotique(s) dans l’heure précédant l’opération pour prévenir l’infection (prophylaxie). Ce traitement s’applique également aux personnes subissant d’autres opérations dans lesquelles les infections sont particulièrement problématiques (par exemple, chirurgie articulaire ou remplacement de valve cardiaque).

La salle d’opération

La salle d’opération est un environnement stérile dans lequel une équipe médicale peut réaliser des interventions chirurgicales. L’équipe comprend les personnes suivantes :

  • Le chirurgien principal, qui dirige l’intervention.

  • Un ou plusieurs assistants qui aident le chirurgien principal.

  • Le médecin anesthésiste qui contrôle l’apport d’anesthésique et surveille étroitement le patient

  • Une infirmière instrumentiste qui passe les instruments au chirurgien.

  • Une infirmière qui s’occupe de l’instrumentation additionnelle nécessaire à l’équipe médicale.

Dans le bloc opératoire, on trouve un écran de surveillance des signes vitaux, une table pour les instruments et une lampe pour éclairer le champ opératoire. Les gaz anesthésiques sont introduits dans la machine d’anesthésie. Un cathéter, relié à une machine d’aspiration, élimine le sang et les liquides en excès afin de rendre mieux visible le site de l’intervention. Des liquides sont injectés par voie intraveineuse avant l’entrée du patient au bloc opératoire et au cours de l’intervention.

Dans le cas où les derniers préparatifs sont effectués en salle de pré-anesthésie, le patient est alors transporté au bloc opératoire. À ce moment, le patient peut encore être éveillé, bien que sous l’effet de sédatifs, ou être déjà endormi. Le patient est installé sur la table d’opération, éclairée par des lumières chirurgicales spécialement conçues. Les médecins, les infirmières et le reste du personnel soignant qui est proche ou en contact avec la zone de l’intervention doivent se brosser soigneusement les mains avec un savon antiseptique afin de diminuer la présence de virus ou de bactéries en salle d’opération. Pour l’intervention chirurgicale, ils doivent, en outre, porter une casaque, une coiffe, un masque, des couvre-chaussures, des blouses stériles et des gants stériles. Avant que la chirurgie commence, l’équipe chirurgicale prend le temps de confirmer les informations suivantes :

  • L’identité du patient

  • La procédure et le côté corrects (le cas échéant)

  • La disponibilité de tous les équipements nécessaires

  • La prophylaxie pour éviter les infections ou les caillots sanguins (le cas échéant)

L’anesthésie, locale, régionale ou générale, est ensuite réalisée.

Période postopératoire

En fin d’intervention et une fois l’anesthésie terminée, le patient est placé en salle de réveil pour observation pendant une ou deux heures. La plupart des patients se sentent confus au réveil, notamment après une chirurgie majeure. Certains patients se sentent nauséeux pendant une courte durée. Certains ont froid.

Selon le type d’intervention et d’anesthésie, une personne peut retourner à son domicile après un passage en salle de réveil, ou peut être, au contraire, retenue à l’hôpital, parfois dans une unité de soins intensifs (USI).

Retour direct au domicile

Une personne autorisée à regagner son domicile :

  • doit être en mesure de raisonner clairement ;

  • doit respirer normalement ;

  • doit être capable de boire ;

  • doit être capable d’uriner ;

  • doit être capable de marcher ;

  • ne doit pas présenter de douleurs anormales.

Les patients à qui on a administré des sédatifs et que l'on a autorisés à regagner leur domicile doivent être raccompagnés chez eux par quelqu’un et ne sont pas autorisés à conduire. Le site opératoire ne doit pas saigner ni être gonflé de façon inattendue.

Hospitalisation

Un patient opéré retenu à l’hôpital peut se réveiller avec la présence de différents tubes et appareils à l’intérieur et autour de lui. Par exemple, il peut y avoir un tube pour respirer dans la trachée, des électrodes thoraciques pour surveiller le rythme cardiaque, une sonde urinaire, un système de mesure appliqué à l’extrémité d’un doigt pour surveiller le niveau d’oxygène dans le sang, un pansement sur le site opératoire, un tube dans le nez ou la bouche et un ou plusieurs cathéters veineux.

La douleur est fréquente après la plupart des interventions, mais elle peut presque toujours être soulagée. Les médicaments destinés à soulager la douleur (antalgiques) peuvent être administrés par voie intraveineuse, voie orale, intramusculaire ou par patch appliqué sur la peau. En cas d’anesthésie péridurale, le cathéter utilisé pour administrer l’anesthésique peut être laissé en place dans le dos du patient. Les antalgiques opiacés, comme la morphine, peuvent être injectés par le cathéter. Un patient hospitalisé peut disposer parfois d’un dispositif qui injecte un antalgique opiacé de façon continue dans une veine, qui lui permet aussi de délivrer une petite quantité supplémentaire d’antalgique quand le patient presse un bouton (analgésie contrôlée par le patient). Si la douleur persiste, un traitement complémentaire peut être nécessaire. La prise répétée d’antalgiques opiacés entraîne souvent une constipation. Afin de la prévenir, on peut prescrire un laxatif ou un émollient des selles au patient.

Une alimentation de bonne qualité est essentielle pour une guérison rapide et diminue les probabilités d’infection. Les besoins nutritionnels augmentent après une chirurgie majeure. Si l’opération rend l’alimentation impossible pendant plusieurs jours, il faut envisager une source alternative de nutrition pour accélérer la guérison et prévenir les troubles. Les patients qui conservent la fonction du tube digestif, mais qui ne peuvent pas manger, peuvent recevoir des nutriments par une sonde placée dans l’estomac. Cette sonde nasogastrique peut être passée par le nez, par la bouche ou à travers une incision dans la paroi abdominale. Rarement, les patients qui ont subi une intervention sur le tube digestif et qui ne peuvent pas manger pendant de longues périodes peuvent recevoir des substances nutritives par un cathéter inséré dans l’une des grosses veines de l’organisme (nutrition parentérale, voir Alimentation par intraveineuse).

Complications

Des complications telles que fièvre, caillots sanguins, problèmes de cicatrisation, confusion, difficultés à uriner ou à déféquer et perte musculaire, peuvent se manifester pendant les jours qui suivent la chirurgie.

La fièvre a plusieurs causes courantes, notamment une réponse inflammatoire au traumatisme de l’opération ; un taux métabolique élevé survenant avec le stress de l’opération, qui entraîne une augmentation de la quantité de calories brûlées et de chaleur générée par l’organisme ; et les infections, telles que pneumonie, infections du tractus urinaire et infections au niveau du site opératoire. Une pneumonie peut être évitée par une respiration périodique forcée à l’aide un dispositif manuel (spiromètre incitatif) et par la toux, si nécessaire.

Des caillots sanguins dans les membres inférieurs ou les veines pelviennes (thrombose veineuse profonde) peuvent se développer, en particulier si le patient est immobilisé pendant et après la chirurgie ou s’il a subi une chirurgie des membres inférieurs, du bassin ou des deux. Les thrombi peuvent migrer par le système circulatoire jusqu’aux poumons, où ils peuvent bloquer la circulation sanguine pulmonaire (provoquant une embolie pulmonaire). L’apport en oxygène au reste de l’organisme peut en être réduit et parfois, la pression artérielle peut chuter. Après certaines interventions, où le risque de thrombose est important, et chez les patients longtemps immobilisés, le médecin prescrit des médicaments évitant la coagulation sanguine (anticoagulants), comme des héparines de bas poids moléculaire ou des bas de contention pour les jambes afin d’améliorer la circulation sanguine. Cependant, les anticoagulants ne sont pas recommandés pour les opérations dans lesquelles les médicaments peuvent augmenter le saignement de façon importante. Le patient doit commencer à mobiliser ses membres et à marcher aussitôt qu’il est sans danger pour lui de le faire.

Les complications au niveau de la plaie peuvent inclure une infection et une ouverture des bords de la plaie (déhiscence). Pour diminuer le risque d’infection, le médecin place un pansement sur la plaie chirurgicale après l’intervention. Le pansement est constitué de compresses stériles, qui contiennent souvent une pommade antibiotique. La compresse protège l’incision des bactéries et absorbe les liquides qui suintent de l’incision. Ces liquides pouvant encourager la croissance des bactéries et infecter le site d’incision, le pansement doit être changé souvent, généralement tous les jours. La plaie est examinée à chaque fois que le pansement est changé, et parfois plus souvent. Parfois, une infection se développe, malgré les meilleurs soins apportés à la plaie. Une plaie qui s’infecte devient progressivement douloureuse, un ou plusieurs jours après l’intervention ; elle est alors rouge, chaude et draine du pus ou des liquides. Une fièvre peut se manifester. Si ces symptômes apparaissent, le médecin doit être consulté le plus rapidement possible.

Un délirium (confusion et agitation) peut survenir, en particulier chez les personnes âgées. Les médicaments à effets anticholinergique (tels que confusion, vision trouble et perte de contrôle urinaire), les opiacés, les sédatifs ou les agents bloquants l’histamine-2 (H2) peuvent y contribuer, de même que la présence de trop peu d’oxygène dans le sang. Les médicaments qui peuvent entraîner une confusion doivent être évités chez les personnes âgées, si possible.

Une difficulté à uriner et à déféquer (constipation) peut se développer après la chirurgie. Les facteurs y contribuant peuvent inclure l’utilisation de médicaments à effets anticholinergiques ou les opiacés, l’inactivité et le jeun. Le flot urinaire peut être complètement bloqué, provoquant une dilatation de la vessie. Le blocage peut entraîner des infections du tractus urinaire. Parfois, une pression sur le bas de l’abdomen tout en essayant d’uriner permet de soulager le blocage, mais souvent un cathéter doit être inséré dans la vessie. Le cathéter doit être laissé en place ou peut être retiré dès que la vessie est vidée. La station assise fréquente peut aider à éviter un blocage. On peut administrer au patient qui développe une constipation et dont la chirurgie ne concerne pas le tractus intestinal des laxatifs qui stimulent les intestins, tels que bisacodyl, senna ou cascara. Un émollient des selles tel que le docusate n’est pas utile.

La perte musculaire (sarcopénie) et la perte de force musculaire surviennent chez tous les patients qui doivent rester alités pendant une longue durée. En cas d’alitement complet, un adulte jeune perd environ 1 % de ses muscles par jour, mais une personne âgée en perd jusqu’à 5 % par jour parce qu’elle a des taux plus faibles d’hormone de croissance, qui est responsable de l’entretien du tissu musculaire. Une masse musculaire appropriée est importante pour la récupération. Le patient doit donc s’asseoir dans son lit, bouger, se mettre debout et faire de l’exercice dès que cela est sans danger pour lui et autant que possible.

Retour à domicile après l’hospitalisation

Avant de quitter l’hôpital, le patient doit

  • programmer une consultation de contrôle avec le médecin ;

  • savoir quels sont les médicaments à prendre ;

  • savoir quelles sont les activités à éviter ou limiter.

Certaines activités telles que monter des escaliers, conduire un véhicule, soulever des objets lourds et avoir des relations sexuelles doivent être temporairement évitées. Le patient doit également être en mesure de reconnaître les symptômes qui nécessitent de faire appel au médecin avant la date prévue de la consultation de contrôle.

Lors de la convalescence, la reprise des activités normales doit se faire de manière progressive. Certains ont besoin de rééducation (voir Rééducation), qui comprend des exercices et des activités particulières, visant à améliorer la force musculaire et la mobilité articulaire. Par exemple, la rééducation après une arthroplastie de la hanche peut comprendre l’apprentissage de moyens pour réapprendre à marcher, des étirements et des exercices.

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