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Psychotropes et sédatifs

Par Patrick G. O’Connor, MD, MPH, Professor of Medicine; Chief, Section of General Internal Medicine, Yale University School of Medicine

  • Les médicaments utilisés pour soulager l’angoisse ou favoriser le sommeil peuvent induire une accoutumance.

  • Une overdose peut causer somnolence, confusion et respiration ralentie.

  • L’arrêt de la drogue après une utilisation prolongée entraîne une anxiété, une irritabilité et des troubles du sommeil.

  • Si les personnes deviennent dépendantes d’une drogue, elles sont progressivement sevrées de celle-ci en réduisant la dose.

Les médicaments utilisés pour traiter l’angoisse (anxiolytiques) et favoriser le sommeil (sédatifs ou hypnotiques), peuvent induire une accoutumance. Ces médicaments comprennent les benzodiazépines (tels que diazépam et lorazépam) et les barbituriques. Chacun fonctionne de façon différente et présente un potentiel d’accoutumance et de tolérance différent.

Les symptômes graves ou potentiellement mortels sont moins fréquents avec les benzodiazépines qu’avec les barbituriques parce qu’avec les premières, la différence entre les doses prescrites et les doses dangereuses (appelée marge de sécurité) est importante. Des quantités relativement importantes de benzodiazépines peuvent être prises sans être mortelles.

La plupart des toxicomanes aux anxiolytiques et aux sédatifs ont commencé à en prendre pour des raisons thérapeutiques. L’accoutumance peut s’installer précocement, en l’espace de deux semaines après une utilisation continue.

Symptômes

Effets immédiats

Les anxiolytiques et les sédatifs réduisent le niveau de vigilance et peuvent ralentir le langage, provoquer des troubles de la coordination, une confusion et une bradypnée (fréquence respiratoire ralentie). Ces effets sont amplifiés par la prise d’alcool. Ces médicaments peuvent rendre les personnes tour à tour déprimées ou anxieuses. Certaines présentent des pertes de mémoire, des erreurs d’appréciation, une diminution du seuil de l’attention et des modifications inquiétantes de leurs émotions. Les personnes peuvent parler doucement et avoir de la difficulté à penser et à comprendre les autres. Les personnes peuvent présenter des mouvements oculaires involontaires (nystagmus).

Chez les personnes âgées, les symptômes peuvent être plus graves et inclure un étourdissement, une désorientation, un délirium et une perte d’équilibre. Elles peuvent tomber avec des risques de fractures, surtout de la hanche.

Des doses plus élevées entraînent des symptômes plus graves, y compris une stupeur (les personnes peuvent être réveillées mais temporairement et avec difficulté), une respiration très lente et courte et, surtout avec les barbituriques, une issue fatale.

Symptômes de sevrage

Le moment de la survenue des symptômes de sevrage ainsi que leur évolution varient d’une drogue à une autre et dépendent de la dose utilisée. Les symptômes peuvent débuter dans les 12 à 24 heures.

Les personnes qui ont utilisé des sédatifs pendant plusieurs jours ont souvent l’impression de ne pas pouvoir dormir sans eux. Lorsqu’elles arrêtent les drogues, elles peuvent ressentir des symptômes de sevrage légers :

  • Anxiété et nervosité au moment du coucher

  • Sommeil de mauvaise qualité

  • Rêves perturbants

  • Irritabilité au réveil

Si des doses élevées ont été prises, un sevrage brutal peut entraîner une réaction grave, effrayante et potentiellement mortelle, très semblable au sevrage de l’alcool. Des convulsions peuvent survenir après le sevrage.

D’autres effets pouvant apparaître au cours de l’abstinence comprennent la déshydratation, le délire (confusion mentale), l’insomnie, la confusion et des hallucinations visuelles et auditives effrayantes (les personnes croient entendre et voir des choses qui n’existent pas). Des réactions graves de sevrage peuvent survenir avec les barbituriques et les benzodiazépines. Les personnes sont en général hospitalisées pendant la période de sevrage à cause des éventuelles réactions graves.

Traitement

Traitement d’urgence

Les personnes qui présentent une overdose nécessitent un examen médical immédiat. Une overdose de barbituriques est plus dangereuse qu’une overdose de benzodiazépines. Si les personnes qui font l’objet d’un surdosage d’anxiolytiques ou de sédatifs présentent des problèmes respiratoires, cardiaques ou de tension artérielle, elles doivent être hospitalisées, en général en unité de soins intensifs ou dans une autre zone où elles peuvent être surveillées.

Les benzodiazépines ont un antidote : le flumazénil, qui peut inverser un surdosage grave.

Un traitement additionnel peut comprendre la réhydratation par voie intraveineuse, associée à des médicaments en cas d’hypotension artérielle, et une ventilation assistée.

Désintoxication et rééducation

Les personnes qui ont des symptômes de sevrage modérés doivent bénéficier d’un soutien social et psychologique pour les aider à résister au désir impérieux de reprendre la drogue et pour lutter contre l’anxiété.

Les personnes dont les symptômes de sevrage sont plus graves doivent, en général, être traitées à l’hôpital, parfois dans une unité de soins intensifs, et font l’objet d’une surveillance médicale étroite. On leur administre des doses faibles du médicament par voie intraveineuse. La posologie sera diminuée progressivement au cours des jours ou des semaines qui suivent. Parfois, on substitue une autre drogue qui est plus facile à diminuer progressivement. Même avec le meilleur traitement possible, les personnes peuvent ne pas se sentir normales durant un mois ou plus.

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