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Aperçu des médecines alternatives et complémentaires

Par Steven Rosenzweig, MD, Drexel University College of Medicine

Les médecines alternatives et complémentaires (MAC) sont caractérisées par une grande variété de traitements et de méthodes en provenance du monde entier et qui, historiquement, n’ont pas été incluses à la médecine occidentale conventionnelle. De nombreux aspects des MAC trouvent leurs racines dans d’anciens systèmes de soins indigènes : chinois, indiens, tibétains, africains et américains. Beaucoup de ces traitements et pratiques de soins sont populaires et à présent, certains sont utilisés à l’hôpital et sont remboursés par les compagnies d’assurance. L’acupuncture et certains traitements chiropracteurs en sont des exemples. En raison de l’intérêt et de l’utilisation croissants des MAC, de plus en plus de facultés de médecine incluent des informations sur les traitements de MAC, telles que l’acupuncture, la phytothérapie, les traitements chiropratiques et l’homéopathie.

  • Médecine complémentaire : Les MAC sont utilisées en association à la médecine conventionnelle.

  • Médecine alternative : Les MAC sont utilisées seules.

La médecine intégrative se réfère à l’utilisation de toutes les approches thérapeutiques (médecine conventionnelle et alternative) dans un contexte ciblant la personne dans sa globalité et réaffirmant la relation entre le médecin et son patient.

Même si la distinction entre médecine conventionnelle et médecine alternative n’est pas aisée, il existe une différence philosophique de fond. La médecine conventionnelle définit, en général, l’état de santé comme étant l’absence de maladie ou de dysfonctionnement. Les principales causes de maladie et de dysfonctionnement sont, en général, considérées comme des facteurs isolés, comme les agents pathogènes (bactéries ou virus), les déséquilibres biochimiques et le vieillissement, et le traitement est souvent médicamenteux ou chirurgical. La médecine alternative, en revanche, qualifie souvent l’état de santé de façon holistique, c’est-à-dire comme étant un équilibre entre les différentes sphères de l’organisme (physique, affective et spirituelle), englobant l’individu dans son ensemble. L’origine de la maladie provient de la dysharmonie entre ces systèmes. Le traitement vise à renforcer le système immunitaire et à restaurer cet équilibre.

Le saviez-vous ?

  • Les américains consultent aujourd’hui plus souvent des praticiens de médecine alternative que de médecine généraliste.

Acceptation et utilisation

Dans les pays occidentaux, un nombre croissant de personnes considère la médecine alternative comme thérapeutique complémentaire. En 1997, aux États-Unis, plus de 629 millions de consultations de médecine alternative ont été pratiquées, soit une augmentation de 47 % depuis 1990. Ce nombre excède nettement les 386 millions de consultations réalisées la même année, auprès des cabinets de médecine générale. En 2007, 38 % des américains âgés d’au moins 18 ans ont utilisé une forme de médecine alternative. Les motifs pour lesquels les personnes ont recours à la médecine alternative sont les suivants :

  • Troubles musculo-squelettiques (par exemple, douleurs lombaires, cervicales ou articulaires chroniques)

  • Anxiété

  • Taux de cholestérol élevé

  • Rhume

  • Céphalées

  • Troubles du sommeil

En outre, de nombreuses personnes faisant face à des maladies mettant la vie en danger, comme le cancer, recourent à la médecine alternative quand la médecine conventionnelle leur offre de faibles espoirs, surtout en fin de vie.

Efficacité et sécurité

En 1992, le Bureau des médecines alternatives a été créé au sein du National Institutes of Health (NIH) pour développer la recherche sur l’efficacité et la sécurité des thérapies alternatives (ndt : en France, c’est une compétence du ministère de la Santé). En 1999, ce bureau est devenu le Centre national des médecines complémentaires et alternatives (NCCAM, veuillez visiter leur site à l’adresse www.nccam.nih.gov).

Efficacité

L’efficacité des traitements de médecine alternative est un aspect très important. Certains traitements ont démontré leur efficacité dans des affections spécifiques, même si en pratique courante, les conditions d’utilisation de ces traitements sont élargies. Plusieurs formes de médecine alternative n’ont pas été soumises à une évaluation scientifique rigoureuse. Cependant, le manque d’études scientifiques ne signifie pas qu’un traitement soit inefficace. Un grand nombre de thérapies alternatives ont été utilisées depuis des milliers d’années. Elles incluent l’acupuncture, la méditation, le yoga, les régimes thérapeutiques, le massage et la phytothérapie. Cependant, il peut être difficile de faire des études de recherche scientifiques portant sur ces thérapies. Les obstacles aux recherches sur les traitements de MAC incluent :

  • le manque d’intérêt des chercheurs en médecine ;

  • la disponibilité réduite de subventions de recherche ;

  • les difficultés à appliquer les méthodes utilisées dans la recherche conventionnelle pour étudier les thérapies alternatives.

Un exemple est l’acupuncture. Les chercheurs en médecine ont souvent peu d’intérêt scientifique par rapport à l’acupuncture parce que sa théorie dépend de notions non scientifiques, telles que l’énergie vitale. Les subventions de recherche commerciales sont limitées parce que l’acupuncture ne peut pas être brevetée. Par conséquent, il n’y a pas de motivation commerciale. Les subventions de recherche gouvernementales sont limitées parce que la communauté scientifique reste sceptique sur la théorie de l’acupuncture et la validité de ses méthodes.

L’application de méthodes de recherche conventionnelles pour étudier les MAC est difficile pour de nombreuses raisons, notamment

  • parce que la conception des recherches conventionnelles nécessite que le même traitement soit administré à chaque personne (patient) de l’étude. Cependant, les traitements de MAC traitent les déséquilibres uniques et particuliers de chaque personne. Par exemple, les aiguilles d’acupuncture sont placées au niveau de points de l’organisme selon les besoins d’une personne en particulier, ou bien des médicaments homéopathiques ou à base de plantes complètement différents peuvent être prescrits à des patients ayant fait l’objet du même diagnostic.

  • La conception d’une recherche conventionnelle compare un traitement actif à un placebo (un produit fabriqué pour ressembler à un médicament ou un traitement, mais qui ne contient pas de médicament ni de traitement actif, voir Placebos). Certains traitements de MAC, tels que l’homéopathie et la phytothérapie, se prêtent eux-mêmes à une conception avec placebo. Cependant, la fabrication d’acupuncture placebo ou d’un traitement chiropratique placebo est difficile. Concevoir un placebo pour la méditation est impossible.

  • La conception d’une recherche conventionnelle utilise la méthode du double aveugle (dans laquelle les patients de l’étude et les chercheurs qui travaillent directement avec eux ne savent pas quels sont les patients qui reçoivent un nouveau traitement, voir Science de la médecine). Le double aveugle réduit le biais des patients qui reçoivent un traitement actif dont on prévoit qu’il va mieux agir que pour les patients du groupe contrôle. Les placebos sont utilisés pour mettre les patients en aveugle, mais la conception avec placebo peut être limitée avec les MAC. La mise en aveugle des chercheurs peut également être limitée. Par exemple, un praticien de Reiki saurait si un vrai traitement énergétique est administré.

Si un traitement alternatif s’avère inefficace, son utilisation ne peut plus être fondée sur des bases scientifiques.

Sécurité

La sécurité représente un autre facteur important. Bien que certains traitements de MAC aient des effets secondaires risqués, le risque le plus important survient quand un patient est traité avec un traitement de MAC n’ayant pas fait ses preuves, au lieu de bénéficier d’une approche médicale conventionnelle d’efficacité prouvée. En ce qui concerne le risque des traitements de MAC eux-mêmes, la sécurité de certains est claire. Des exemples sont l’utilisation de la méditation pour la gestion de la douleur, l’acupuncture pour traiter les nausées, le yoga pour améliorer l’équilibre ou le thé au gingembre pour aider la digestion. D’autres peuvent être potentiellement nocifs. Les médicaments à base de plantes et d’autres compléments alimentaires (utilisés dans de nombreuses thérapies alternatives) n’étant pas réglementés par la Food and Drug Administration (FDA, ndt : administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments), les producteurs n’ont pas à prouver leur sécurité (ndt : en France, la réglementation est beaucoup plus stricte) (voir Aperçu des plantes médicinales et des nutraceutiques : Sécurité et efficacité).

Certains risques généraux incluent les suivants :

  • Certaines substances peuvent interagir de façon dangereuses avec les médicaments prescrits.

  • Bien que des compléments alimentaires hautement purifiés soient facilement disponibles aux États-Unis et dans de nombreux pays en Europe, des produits fabriqués dans d’autres pays peuvent contenir des contaminants dangereux, des ingrédients toxiques ou d’autres médicaments.

  • Les traitements alternatifs peuvent entraîner des lésions quand ils prévoient des manipulations de l’organisme ou d’autres interventions non médicamenteuses (par exemple, manipulation qui blesse des parties vulnérables de l’organisme).

Dans la majorité des cas, les effets nocifs de la médecine alternative n’ont pas été prouvés ou exclus mais, dans certains cas, des lésions ont été démontrées. Parfois les lésions potentielles sont largement minimisées par les personnes qui préconisent l’utilisation du produit ou traitement alternatif.

Types de médecine alternative

La médecine alternative peut être subdivisée en cinq domaines d’activité majeurs : la médecine d’approche globale, les techniques reliant l’esprit et le corps, les traitements biologiques, les thérapies corporelles et de manipulation, et les traitements énergétiques. Les noms des catégories ne décrivent leurs composants que partiellement. Certaines méthodes sont compréhensibles dans le cadre des connaissances scientifiques modernes, alors que d’autres méthodes ne le sont pas. Plusieurs types se chevauchent.

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