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Soins de la peau du membre résiduel

Par James Baird, CPO, Director of Education, Hanger Clinic

La peau qui est en contact avec la prothèse doit faire l’objet de soins méticuleux pour empêcher les lésions cutanées, telles qu’irritation, déchirures cutanées et infections. La déchirure cutanée est le processus par lequel la peau se décolle, parfois suite à des plaies.

Généralement, les troubles qui entraînent un risque d’amputation (tels que troubles vasculaires ou diabète, qui diminuent la circulation dans les membres) augmentent également le risque de déchirures cutanées et d’infections après l’amputation. Certains de ces troubles (tels que le diabète) ainsi que d’autres (tels que des troubles neurologiques) altèrent la capacité à ressentir la douleur et d’autres sensations. Les personnes atteintes de ces troubles peuvent ne pas ressentir de gêne ou de douleur lorsque la peau se déchire ou en cas de développement d’infections, et par conséquent ne remarquent pas ces problèmes. Ces personnes doivent retirer leur prothèse plusieurs fois par jour pour vérifier la présence de rougeurs de la peau et d’autres signes de déchirures ou d’infections. Les autres doivent vérifier ces signes au moins une fois par jour.

Les problèmes cutanés peuvent être graves et doivent être évalués et traités si nécessaire par un professionnel de la santé en concertation avec un prothésiste (spécialiste qui conçoit, place, construit et ajuste les prothèses et apporte des conseils sur la façon de les utiliser). En devenant familières avec les problèmes récurrents, ces personnes peuvent être capables d’identifier les problèmes mineurs qu’elles peuvent gérer elles-mêmes. Cependant, tout événement inhabituel, persistant, douloureux ou préoccupant doit être examiné par un professionnel de la santé.

Prévenir les déchirures cutanées

La peau proche de la prothèse a tendance à se déchirer parce que la prothèse induit une pression et frotte dessus, et en raison de l’humidité accumulée dans l’espace entre le membre résiduel et l’emboîture prosthétique. Le premier signe de déchirure cutanée est la rougeur, qui peut être suivie de coupures, d’ampoules et de plaies. Lorsque la peau se déchire, la prothèse est souvent douloureuse ou impossible à porter sur de longues périodes, et une infection peut se développer. L’infection peut entraîner de graves problèmes, y compris la nécessité d’une seconde opération (appelée chirurgie de reprise).

Plusieurs mesures peuvent aider à prévenir ou à retarder la déchirure de la peau :

  • Il est important d’avoir une interface bien adaptée. Toutefois, même avec un bon ajustement, des problèmes peuvent survenir. Le membre résiduel change de forme et de taille pendant la journée, en fonction de l’activité, de l’alimentation et du temps. Par conséquent, par moments, l’interface est bien ajustée alors qu’à d’autres moments, elle l’est moins. En réponse, les personnes peuvent améliorer l’adaptation en utilisant un manchon de protection ou une chaussette plus épais(se) ou plus fin(e), ou en ajoutant ou en retirant des chaussettes à couches fines. Malgré cela, la modification de la taille du membre résiduel peut varier de façon trop importante et trop souvent, rendant la déchirure de la peau inévitable. Par conséquent, les personnes doivent voir un prothésiste pour ajuster l’interface sans délai. Une déchirure de la peau est souvent le premier signe indiquant que la prothèse doit être ajustée.

  • Le maintien d’un poids corporel stable est le meilleur moyen de s’assurer que la prothèse continue à être bien ajustée. Même de faibles changements de poids peuvent altérer l’ajustement.

  • Une bonne alimentation et la prise de grandes quantités d’eau permettent de contrôler le poids corporel et de conserver une peau saine.

  • Pour les diabétiques, la surveillance et le contrôle de leur glycémie, comme le recommande leur médecin, aide à maintenir le flux sanguin vers la peau et à la maintenir ainsi en bonne santé.

  • Pour les personnes ayant une prothèse de membre inférieur, il est utile d’éviter des modifications dans leur maintien (alignement du corps). De telles modifications peuvent entraîner des déchirures cutanées, la pression étant placée sur des zones différentes. Le port de chaussures différentes peut modifier l’alignement. Par exemple, les talons peuvent avoir différentes hauteurs ou avoir une composition différente (être durs plutôt que mous). Lorsque la prothèse est ajustée, les personnes peuvent aider à réduire les modifications éventuelles de l’alignement du corps en portant des chaussures semblables à celles qu’elles portent habituellement.

Lorsque les personnes constatent des signes de déchirure cutanée, elles doivent consulter rapidement un professionnel de la santé pour être examinées ainsi qu’un prothésiste pour ajuster la prothèse. Les personnes doivent éviter de porter la prothèse autant que possible jusqu’à ce qu’elle soit ajustée.

Prévenir les infections

L’emboîture crée un espace étanche à l’air, chaud et humide où la sueur et les sécrétions corporelles naturelles des personnes s’accumulent, c’est-à-dire un environnement qui encourage la croissance bactérienne et le développement d’infections. Une peau humide a tendance à se déchirer, ouvrant une voie d’entrée facile pour les bactéries. Par conséquent, les infections peuvent se propager.

Les signes d’infection incluent une peau rougie, des plaies, un écoulement purulent, des points douloureux, des cloques et d’autres anomalies cutanées. Une mauvaise odeur peut indiquer une infection ou une mauvaise hygiène. Les infections bactériennes peuvent commencer sous forme de boutons ou de zones douloureuses rougies. Cependant, elles peuvent former une poche de pus (un abcès, semblable à un furoncle) ou entraîner la propagation d’une infection (telle qu’une cellulite) ou d’un impétigo (éruption cutanée croûteuse). Les infections bactériennes peuvent entraîner une sensation générale de malaise.

Tout signe d’infection doit être examiné rapidement par un professionnel de la santé. Les symptômes suivants requièrent une évaluation immédiate pour empêcher qu’une infection ne devienne potentiellement mortelle :

  • Le membre résiduel est froid (indiquant une diminution de la circulation).

  • La zone affectée est rouge et douloureuse.

  • La zone affectée dégage une mauvaise odeur.

  • Les ganglions lymphatiques de l’aine ou des aisselles s’hypertrophient.

  • On note la présence de pus ou d’un écoulement épais.

  • La peau devient grise et douce ou noire (les deux cas pouvant indiquer une gangrène).

Si les personnes portant une prothèse pensent qu’elles peuvent avoir une infection bactérienne, elles doivent consulter un professionnel de la santé immédiatement. Le traitement nécessite souvent des médicaments, appliqués localement ou pris par voie orale.

Afin de favoriser la prévention des infections, les porteurs de prothèses doivent laver le membre résiduel avec un savon antibactérien au moins une fois par jour. Le savon doit être non parfumé et sans colorant. Les personnes qui transpirent beaucoup ou qui ont tendance à développer des éruptions cutanées ou des infections doivent se laver plus souvent. Un spray anti-transpirant peut être utilisé, mais il doit ne contenir ni parfum ni autres additifs. Des sprays contenant moins de 15 % de chlorure d’aluminium peuvent être achetés en vente libre. Des sprays anti-transpirants plus forts peuvent être achetés sur ordonnance. Les lotions à base d’alcool ne doivent pas être utilisées parce qu’elles assèchent la peau, ce qui augmente le risque de déchirure cutanée. Le prothésiste recommandera un lubrifiant ou une lotion pouvant être utilisé(e) avec la matière de l’interface de l’emboîture. Certaines matières modernes utilisées dans l’interface de l’emboîture peuvent être endommagées par l’application à long terme de lotions pour la peau. Il est donc conseillé de suivre les recommandations du fabricant de la matière ou du prothésiste.

Toute partie de l’interface en contact avec la peau (emboîture, chaussette prothétique ou manchon de protection) doit également être lavée soigneusement tous les jours à l’eau chaude et avec un savon antibactérien.

Les manchons de protection et les chaussettes prothétiques doivent aussi être séchés complètement avant d’être utilisés. Du savon restant dans l’emboîture ou le manchon de protection peut entraîner des éruptions cutanées, de sorte que les personnes doivent s’assurer que l’emboîture et les manchons de protection ne contiennent plus de savon après le lavage. Une éruption cutanée prurigineuse indique généralement une irritation ou une réaction allergique, et non une infection. Les médecins peuvent prescrire une crème ou une pommade pour traiter les éruptions cutanées.

Les infections fongiques doivent être traitées avec une crème antifongique vendue sans ordonnance. Si le diagnostic d’infection fongique n’est pas clair ou si les infections fongiques persistent, il convient de consulter un médecin.

Prévenir les autres problèmes cutanés

Les poils incarnés et l’infection des follicules pileux (folliculite), bien que n’étant pas dangereux, peuvent entraîner une douleur et une gêne importantes. Parfois, si un médecin ou le prothésiste le recommande, des pommades en vente libre peuvent permettre de réduire la tuméfaction et la rougeur localisées. Ne pas raser les poils présents sur le membre résiduel peut également permettre de prévenir ces problèmes.

L’apparition de bosses rugueuses et verruqueuses, généralement à l’extrémité du membre résiduel, peut entraîner l’apparition d’une interface mal ajustée. (Cette affection est rare de nos jours car les prothèses et les techniques d’ajustement sont bien meilleures qu’avant.) S’il n’est pas traité, ce trouble, appelé hyperplasie verruqueuse, peut entraîner une grave infection. Si des bosses ressemblant à des verrues apparaissent, les personnes doivent immédiatement consulter le prothésiste pour vérifier l’ajustement, et ajuster l’interface si nécessaire. Elles doivent ensuite consulter leur médecin afin que l’hyperplasie verruqueuse soit traitée.

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