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Maladies particulières et voyages

Par Christopher Sanford, MD, MPH, DTM&H, Global Health, University of Washington

Les personnes ateintes de certains troubles rencontrent des problèmes particuliers au cours des voyages.

Cardiopathie

Les voyages sont contre-indiqués pour les personnes qui souffrent d’angine de poitrine, d’insuffisance cardiaque ou de troubles du rythme et qui manifestent des symptômes au repos ou au moindre effort. Les personnes qui ont eu un infarctus du myocarde au cours des quatre dernières semaines ou un infarctus du myocarde avec choc ou insuffisance cardiaque au cours des six dernières semaines, doivent éviter de voyager. Les personnes souffrant d'une angine sévère ou qui s’aggrave doivent éviter de prendre l’avion. Leurs symptômes peuvent s’aggraver parce l’oxygène est moins disponible à haute altitude.

Tous les voyageurs qui souffrent de maladies du cœur doivent avoir en permanence sur eux la copie d’un électrocardiogramme récent. Les personnes qui ont un stimulateur, un défibrillateur implantable, ou bien des stents coronaires doivent avoir sur eux une carte ou une lettre de leur médecin indiquant la présence, le type, l’emplacement et les caractéristiques électroniques du dispositif implanté. De tels dispositifs peuvent déclencher l’alerte des détecteurs de métaux. Ces derniers ne perturbent généralement pas les défibrillateurs implantables, mais les voyageurs doivent éviter de rester à proximité de ces appareils au-delà de 15 secondes. Les détecteurs de métaux portatifs sont sûrs pour les personnes qui ont des défibrillateurs, mais il faut éviter un contact prolongé, comme passer le détecteur devant le défibrillateur plus de cinq secondes.

Si elles sont prévenues à l’avance, la plupart des compagnies aériennes peuvent fournir des repas à faible teneur en sel et en graisses pendant les vols où un repas est prévu. Si elles sont prévenues à l’avance, de nombreuses lignes maritimes fournissent également ce genre de repas.

Le saviez-vous ?

  • À haute altitude, les symptômes de certains troubles cardiaques et pulmonaires et de l’anémie falciforme peuvent s’aggraver parce qu’il y a moins d’oxygène disponible.

Maladie pulmonaire

Les voyageurs atteints de kystes pulmonaires, d’emphysème sévère, une collection importante de liquide autour des poumons (épanchement pleural), ou bien ceux qui ont récemment subi un collapsus pulmonaire ou une intervention thoracique, peuvent développer des complications liées aux variations de pression atmosphérique. Ils ne doivent pas prendre l’avion sans autorisation médicale.

D’autres voyageurs atteints de maladies pulmonaires peuvent avoir besoin d’une source d’oxygène à bord de l’avion. Le médecin détermine la nécessité pour un patient de disposer d’une telle source en mesurant la quantité d’oxygène présente dans le sang. Un faible taux d’oxygène dans le sang est appelé hypoxémie. La plupart des compagnies aériennes fournissent de l’oxygène pendant le vol en cas d’ordonnance médicale, à condition d’en faire la demande à l’avance. Les voyageurs ne doivent en aucun cas transporter leur propre source d’oxygène à bord. Les personnes qui ont besoin d’oxygène pendant les escales à l’aéroport doivent veiller à ce qu’il soit disponible, bien que la plupart des fournisseurs d’oxygène soient prêts à aider gracieusement leurs clients réguliers dans ces démarches si elles disposent de services dans la ville de destination. D’autres appareils respiratoires, tels que la ventilation sous pression positive continue, peuvent être transportés pendant les vols tant qu’ils ne dépassent pas la taille réglementaire des bagages à main. Cependant, les voyageurs qui ont besoin de tels équipements devront prévoir plus de temps pour les contrôles de sécurité.

Les voyages en haute altitude peuvent poser plus de problèmes, car moins d’oxygène est disponible qu'au niveau de la mer. Généralement, les personnes qui souffrent de troubles pulmonaires modérés n’ont aucune difficulté à des altitudes de moins de 1 500 m, mais le risque de complications augmente avec l’altitude. Les personnes souffrant de troubles pulmonaires qui voyagent à ces altitudes doivent prendre les mêmes précautions que pour un voyage en avionl.

Les voyages en autobus, en train, en voiture et en bateau sont sans danger pour les personnes qui ont des maladies pulmonaires, mais une planification est nécessaire pour assurer l’apport d’oxygène. Des services commerciaux s’occupent d’assurer la fourniture d’oxygène au voyageur dans n’importe quelle partie du monde.

Les sujets qui souffrent d’asthme, d’emphysème ou de bronchite peuvent connaître une aggravation des symptômes dans les villes où la pollution atmosphérique est importante. Des traitements tels que l’administration de corticoïdes, en plus de leurs inhalateurs, peuvent s’avérer nécessaires afin de contrôler la symptomatologie. Le tabagisme peut aggraver une hypoxémie légère et doit être évité avant le vol. Les effets de l’alcool peuvent être augmentés par l’hypoxie et la fatigue, et par conséquent, l’alcool doit être évité pendant le voyage.

Diabète

Les taux de glucose sanguins (glycémie) au cours d’un voyage peuvent être contrôlés par des mesures fréquentes, des ajustements de la consommation alimentaire et de la posologie médicamenteuse selon besoin. Les voyageurs diabétiques doivent se munir de suppléments alimentaires sucrés (glucose) dans leur bagage à main, de jus de fruits, de biscuits ou de fruits pour parer à une éventuelle baisse de la glycémie. Le moment des doses d’insuline doit être généralement basé sur le temps écoulé pendant le voyage plutôt que sur l’heure locale. Si le voyage implique un décalage horaire de plusieurs heures, les diabétiques, en particulier ceux qui prennent de l’insuline, doivent consulter leur médecin pour ajuster correctement la posologie avant le départ. L’insuline peut être conservée à température ambiante pendant plusieurs jours, mais il faut toujours la tenir à distance des sources de chaleur.

La plupart des compagnies aériennes fournissent des repas spécifiques pour diabétiques s’ils sont demandés 24 heures à l’avance. Les mesures pour prévenir la déshydratation au cours du vol sont importantes.

Le saviez-vous ?

  • Lorsque les diabétiques voyagent, la glycémie cible doit être légèrement plus élevée que d’habitude.

À l’arrivée, il est souhaitable de surveiller fréquemment la glycémie, car l’activité et le régime alimentaire sont souvent différents de ceux pratiqués chez soi. La contrôle précis de la glycémie étant plus difficile en voyage, les niveaux ont tendance à varier plus que d’habitude. Essayer de garder les niveaux proches de la normale augmente donc le risque que les niveaux puissent parfois être trop bas. Pour cette raison, les taux de glycémie doivent être un peu plus élevés que la valeur idéale pendant le voyage. Les voyageurs diabétiques doivent prendre garde à suivre strictement le régime prescrit et éviter de se laisser tenter par les aliments nouveaux ou de manger plus souvent ou en dehors des horaires. Ils doivent porter des chaussettes et des chaussures confortables, et surveiller quotidiennement leurs pieds, éviter de marcher déchaussés pour empêcher la formation de petites lésions, qui peuvent s’infecter ou ne guérir que très lentement.

Grossesse

Généralement, grossesse et voyages ne sont pas incompatibles. Cependant, à proximité du terme de la grossesse (au-delà de 36 semaines) et en cas de risque d’avortement, d’accouchement prématuré ou de décollement placentaire, la future mère doit éviter les voyages en avion ainsi que les longs voyages. La plupart des compagnies aériennes ont des réglementations particulières en ce qui concerne le voyage des femmes enceintes ; dispositions qui doivent être consultées avant l’achat des billets. Une compagnie aérienne peut, par exemple, demander à une femme qui est à son neuvième mois de grossesse et qui souhaite voyager en avion de fournir une lettre d’autorisation écrite par son médecin dans les 72 heures précédant le départ, mentionnant la date prévue de l’accouchement. Lors de longs voyages, les femmes enceintes doivent prendre certaines précautions pour diminuer le risque de thrombose (comme se lever souvent lors des vols et s’arrêter pour marcher de courtes distances lors des voyages en voiture) et de déshydratation. Les ceintures de sécurité doivent être passées sous l’abdomen au niveau des hanches, pour éviter d’éventuels traumatismes au fœtus.

Les vaccins qui contiennent des virus atténués, mais non tués, dont ceux contre la fièvre jaune et contre la rougeole, les oreillons et la rubéole, ne sont pas sûrs pour les femmes enceintes.

Pendant la grossesse, il est recommandé d’éviter l’utilisation prolongée des pastilles de purification de l’eau à l’iode, car l’iode peut influer sur le développement de la thyroïde fœtale.

Les femmes enceintes qui ne peuvent différer leur séjour dans un pays où le paludisme est endémique, doivent choisir entre le risque de prendre des médicaments protecteurs dont les effets sur la grossesse ne sont pas complètement connus et le risque d’un voyage sans protection adéquate. L’infection paludéenne (malaria) est plus risquée et plus souvent mortelle chez les femmes enceintes, même en cas de prise de médicaments préventifs. La méfloquine pour la prévention de la malaria est recommandée par les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies pour une utilisation pendant les trois trimestres de grossesse.

Les femmes enceintes courent aussi le risque de contracter l’hépatite E, une infection hépatique virale rare aux États-Unis et en Europe, mais fréquente en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et au Mexique (voir Les virus des hépatites). Elle peut provoquer un avortement, une insuffisance hépatique, voire le décès. Il n’existe pas de traitement, et il est donc nécessaire d’envisager de différer le voyage dans les régions où l’hépatite E est endémique. Dans le cas où cela serait impossible, il est nécessaire de se laver très souvent et minutieusement les mains et de suivre les recommandations de sécurité alimentaire ( Présentation de la gastro-entérite : Prévention).

Autres maladies

Les voyages peuvent avoir des effets sur d’autres maladies.

Certains voyageurs atteints de drépanocytose risquent plus de faire des syndromes douloureux (pendant une crise falciforme) en cas d’exposition aux faibles taux d’oxygène et d’humidité présents dans les avions. Ce risque peut être réduit par une hydratation adaptée et l’administration d’oxygène.

Les médicaments utilisés pour traiter le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) ou SIDA peuvent interagir avec les médicaments pris couramment par les voyageurs internationaux pour prévenir la malaria et la diarrhée du voyageur. Par conséquent, les voyageurs affectés doivent discuter du risque de telles interactions avec leur médecin et leur pharmacien.

Les sujets qui ont une colostomie doivent porter une grande poche ou se munir de poches de réserve, en raison de l’augmentation de la production fécale liée à l’expansion des gaz intestinaux pendant le vol. Les gaz augmentant de volume pendant le vol, l’air présent dans tous ces dispositifs, tels que les tubes pour l’alimentation et les cathéters urinaires, doit être remplacé par de l’eau.

Les personnes qui portent des lentilles de contact doivent utiliser des lunettes pendant le voyage ou humidifier leurs lentilles fréquemment pour compenser la faible humidité dans les avions. Des larmes artificielles peuvent également être utiles pour les personnes ayant les yeux secs. Il est utile de se munir d’un jeu de lentilles ou de lunettes de rechange, ou d’une ordonnance pour en acheter d’autres en cas de besoin. Des piles de réserve pour les appareils acoustiques peuvent aussi s’avérer utiles.

Les voyageurs atteints de maladies psychiatriques graves, comme une schizophrénie mal contrôlée, peuvent représenter un risque pour eux-mêmes et pour les autres voyageurs, et doivent donc être accompagnés d’une personne responsable. Des sédatifs peuvent également être utiles.

La plupart des compagnies aériennes fournissent, sur les vols commerciaux, des fauteuils roulants ou des civières pour les passagers invalides. Certaines compagnies acceptent les passagers qui ont besoin d’équipements spéciaux, entre autres perfusions ou ventilateurs, s’ils sont accompagnés d’un personnel expérimenté et si l’accord est passé avant le départ. Si les voyageurs ne peuvent être acceptés sur un vol commercial en raison d’une maladie grave, il est nécessaire d’utiliser un service d’ambulance aérienne.

Les personnes dont la mâchoire est maintenue fermée par un dispositif (comme après une chirurgie de la mâchoire) ne doivent pas prendre l’avion à moins qu’elles puissent rapidement ouvrir la bouche. Si elles vomissent alors que la mâchoire est maintenue fermée, elles pourraient s’étouffer ou avaler les matières vomies.

Il est possible d’obtenir des conseils généraux pour les voyages des personnes atteintes médicalement auprès des services médicaux des principales lignes aériennes, du ministère des Transports, des sites Internet spécialisés (voir Renseignements et ressources supplémentaires) ou des cliniques de voyage locales.

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