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Imagerie radio-isotopique du cœur

Par Michael J. Shea, MD, Professor of Internal Medicine, Michigan Medicine at the University of Michigan

Dans la scintigraphie radio-isotopique, une petite quantité de substance radioactive (radio-isotope), appelée traceur, est injectée dans une veine. La quantité de rayonnement reçue par le patient est minuscule, inférieure à celle produite par la plupart des radiographies. Le traceur émet des rayons gamma, détectés par une caméra sensible à ces rayons. Un ordinateur analyse ces informations et construit une image indiquant les différentes quantités de traceur absorbées par les tissus.

La scintigraphie du cœur est particulièrement utile dans le diagnostic d’une douleur thoracique dont la cause est inconnue. En cas de sténose des artères coronaires, la scintigraphie permet de déterminer comment la sténose affecte l’apport de sang dans le cœur et son fonctionnement. La scintigraphie permet également d’évaluer l’amélioration de l’apport de sang au muscle cardiaque après une chirurgie de pontage ou des procédures similaires et de déterminer le pronostic du patient après un infarctus du myocarde.

Des traceurs différents sont utilisés en fonction du trouble suspecté. Les traceurs généralement utilisés pour évaluer le flux sanguin à travers le muscle cardiaque sont le sestamibi marqué au technétium-99m ou le thallium-201, et les images sont obtenues après que le patient ait subi une épreuve d’effort. La quantité de traceur absorbée par les cellules du muscle cardiaque dépend du flux sanguin. Au maximum de l’effort, une région du muscle cardiaque moins bien irriguée en sang (ischémie) absorbe moins de traceur et produit une image moins claire que le muscle voisin dont l’apport sanguin est normal. Pour les personnes incapables de subir une épreuve d’effort, l’injection intraveineuse d’un médicament, comme le dipyridamole, la dobutamine, ou l’adénosine, peut simuler les effets de l’effort sur le flux sanguin.

Après un repos de quelques heures, le patient subit un deuxième examen et les images qui en résultent sont comparées à celles obtenues pendant l’effort. Les médecins peuvent ainsi distinguer les segments cardiaques pour lesquels l’insuffisance du flux sanguin est réversible (en général provoquée par une sténose des artères coronaires) de ceux pour lesquels l’insuffisance du flux sanguin est irréversible (généralement à cause d’une cicatrisation due à un infarctus du myocarde).

Si le patient a subi un infarctus du myocarde très récemment, le technétium-99m est utilisé au lieu du thallium-201. Avec le technétium, la lésion causée par un infarctus du myocarde peut être détectée au bout de 12 à 24 heures et jusqu’à environ 1 semaine. À la différence du thallium, qui s’accumule surtout dans le tissu normal, le technétium s’accumule essentiellement dans le tissu anormal. Cependant, comme le technétium se fixe aussi dans l’os, les côtes rendent l’image du cœur moins visible.

Un type particulier d’imagerie radio-isotopique, appelé Single-Photon Emission Computed Tomography (SPECT, gammatomographie), peut produire une série d’images à section transversale informatisées. Celui-ci peut aussi produire une image tridimensionnelle. Par rapport à la méthode conventionnelle par radio-isotopes, SPECT fournit plus d’informations sur la fonction, le flux sanguin et les anomalies.

La scintigraphie expose le patient à moins de rayonnement que les radiographies comparables. Toutefois, la substance radioactive reste dans le corps du patient pendant quelques jours, ce qui peut déclencher des alarmes de rayonnement dans les aéroports dans les quelques jours qui suivent la procédure. Les patients doivent obtenir un mot de leur médecin s’ils ont fait l’objet d’une scintigraphie et s’ils ont l’intention de voyager en avion ou de passer les frontières en voiture, train ou bateau, car les agents de sécurité seront susceptibles d’en demander la preuve.