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Hypotension artérielle

(Hypotension)

Par Oren Traub, MD, PhD, Departments of Internal Medicine and Adult Hospital Medicine, Pacific Medical Centers

L‘hypotension est une pression artérielle abaissée au point de provoquer des symptômes comme des vertiges ou des évanouissements. Une pression artérielle très basse peut provoquer des lésions organiques, un processus appelé choc.

  • Divers médicaments et troubles peuvent affecter le système qui maintient la pression artérielle.

  • Quand la pression artérielle est trop basse, le cerveau fonctionne mal et un évanouissement peut se produire.

Normalement, l’organisme maintient la pression artérielle dans une gamme étroite. Lorsque la pression est trop élevée, les organes et les vaisseaux peuvent être endommagés. Une pression artérielle élevée peut même provoquer la rupture d’un vaisseau sanguin et entraîner un saignement ou d’autres complications. Si la pression artérielle est trop basse, la quantité de sang qui atteint toutes les parties du corps est insuffisante. Par conséquent, les cellules ne reçoivent pas suffisamment d’oxygène et de nutriments, et les déchets ne sont pas éliminés correctement. Une pression artérielle très basse peut mettre la vie en danger, car elle peut entraîner un état de choc. Les personnes en bonne santé dont la tension artérielle est basse, mais reste dans la gamme normale (lorsqu’elle est mesurée au repos), ont tendance à vivre plus longtemps que celles dont la pression artérielle se situe dans les valeurs élevées de la normale.

Le corps a plusieurs façons de ramener la pression artérielle à une valeur normale après son augmentation ou sa baisse durant des activités habituelles, comme l’effort physique ou le sommeil ( Hypertension artérielle : Contrôle de la pression artérielle par l'organisme). Ils consistent à

  • Modifier le diamètre des petites artères (artérioles) et, dans une moindre mesure, des veines

  • Modifier la quantité de sang pompée par le cœur vers le corps (débit cardiaque)

  • Modifier le volume de sang dans les vaisseaux sanguins

  • Modifier la position du corps

Modifier le diamètre des artérioles et des veines

Le tissu musculaire (appelé muscle lisse) situé dans les parois des artérioles permet à ces vaisseaux sanguins de s’élargir (se dilater) ou de se rétrécir (se contracter). Plus elles sont contractées, plus elles augmentent la résistance au flux sanguin et plus la pression artérielle est élevée. La constriction des artérioles provoque une augmentation de la pression artérielle car elle augmente la pression nécessaire pour forcer le sang à travers un espace rétréci. Inversement, la dilatation des artérioles réduit la résistance au flux sanguin et donc la pression artérielle. L’importance de la constriction ou de la dilatation des artérioles dépend des facteurs suivants

  • Les nerfs qui contractent les muscles lisses dans les artérioles, ce qui réduit leur diamètre

  • Les hormones qui sont principalement produites par les reins

  • Certains médicaments

Les veines jouent également un rôle dans le contrôle de la pression artérielle, bien que leur effet sur la pression artérielle soit bien inférieur à celui des artérioles. Les veines peuvent se dilater et se contracter pour modifier le volume de sang qu’elles peuvent contenir (capacité). Quand les veines se contractent, leur capacité à contenir le sang est réduite, permettant une plus grande quantité de sang de retourner vers le cœur d’où il est pompé dans les artères. Par conséquent, la pression artérielle augmente. Inversement, quand les veines se dilatent, leur capacité à contenir le sang augmente, poussant moins de sang vers le cœur. Par conséquent, la pression artérielle baisse.

Modification du débit cardiaque

Plus la quantité de sang pompée chaque minute par le cœur est importante (autrement dit, plus le débit cardiaque est important), plus la pression artérielle augmente, tant que le diamètre des artères reste constant. La quantité de sang pompée à chaque battement peut dépendre de

  • La force des contractions du cœur

  • L’efficacité des valvules cardiaques à empêcher le reflux du sang

  • La quantité de sang dans le cœur au moment du battement cardiaque

Modification du volume de sang

Plus le volume de sang contenu dans les artères est élevé, plus la pression artérielle est élevée, tant que le diamètre des artères reste constant. Le volume de sang dans les artères dépend des facteurs suivants

  • La quantité de sang dans l’organisme (hydratation)

  • La présence éventuelle de fuites à partir des artères (par exemple si les taux de protéines dans le sang sont très basses, du liquide va s’écouler des artères dans l’organisme)

  • La quantité de liquides éliminée du sang par les reins, pour excréter l’urine

  • Certains médicaments, en particulier les diurétiques

La modification de la position du corps

La pression artérielle peut varier dans l’ensemble du corps en raison de l’action directe de la gravité. En position debout, la pression artérielle dans les jambes est supérieure à celle de la tête, à peu près de la même façon que la pression de l’eau au fond d’une piscine est supérieure à la pression en surface. En position couchée, la pression artérielle a tendance à être répartie de façon plus homogène dans l’ensemble du corps.

Lorsqu’une personne se lève, le sang dans les veines des jambes a plus de mal à revenir vers le cœur. En réponse, le cœur pompe moins de sang et la pression artérielle peut chuter dans l’ensemble du corps. Lorsqu’une personne s’assied ou s’allonge, le sang peut revenir vers le cœur plus facilement, et le débit cardiaque ainsi que la pression artérielle peuvent augmenter. L’élévation des jambes au-dessus du niveau du cœur peut augmenter le retour du sang vers celui-ci, ce qui augmente la débit cardiaque et augmente la pression artérielle.

Surveillance et contrôle de la pression artérielle

Les barorécepteurs sont des cellules spécialisées qui sont localisées dans les artères et agissent comme récepteurs de la pression artérielle. Ceux des grosses artères du cou et du thorax sont particulièrement importants. Lorsque les barorécepteurs détectent un changement de pression artérielle, ils déclenchent une réaction de l’organisme pour maintenir une pression artérielle régulière. Les nerfs transportent des signaux à partir de ces récepteurs et du cerveau

  • Au cœur, qui reçoit un signal lui ordonnant de modifier la rapidité et la force de ses battements (ce qui change le volume de sang pompé). Ce changement est l’un des premiers à se produire et il corrige rapidement l’hypotension artérielle.

  • Aux artérioles, qui reçoivent un signal leur ordonnant de se contracter ou de se dilater (ce qui change la résistance des vaisseaux sanguins).

  • Aux veines, qui reçoivent un signal leur ordonnant de se contracter ou de se dilater (ce qui change leur capacité à retenir le sang).

  • Les reins, qui reçoivent un signal leur ordonnant de modifier la quantité de liquide excrété (ce qui change le volume de sang dans les vaisseaux sanguins) et la quantité d’hormones qu’ils sécrètent (ce qui signale aux artérioles de se contracter ou de se dilater, et de diminuer le volume de sang). Comme les effets de ce changement sont longs à se produire, ce mécanisme de contrôle de la pression artérielle par le corps est le plus lent.

Quand une personne saigne, par exemple, le volume sanguin et, par conséquent, la pression artérielle, diminuent. Dans ces cas, les capteurs activent de multiples processus pour éviter une baisse excessive de la pression artérielle : Le rythme cardiaque augmente, augmentant le volume de sang pompé ; les veines se contractent, ce qui réduit leur capacité à retenir le sang ; et les artérioles se contractent, ce qui augmente leur résistance au flux sanguin. Si le saignement s’arrête, les liquides présents dans le reste du corps se dirigent dans les vaisseaux pour rétablir le volume sanguin et donc la pression artérielle. Les reins réduisent leur production d’urine. Ils aident ainsi le corps à retenir autant de liquide que possible pour le rediriger vers les vaisseaux sanguins. Enfin, la moelle osseuse et la rate produisent de nouvelles cellules sanguines jusqu’au complet rétablissement du volume sanguin.

Cependant, la façon dont l’organisme peut surveiller et contrôler la pression artérielle comprend des limites. Par exemple, en cas de perte de sang rapide, l’organisme ne peut pas compenser assez rapidement la perte de sang, la pression artérielle baisse et les organes peuvent commencer à mal fonctionner (choc).

De plus, avec l’âge, l’organisme répond plus lentement aux variations de pression artérielle.

Causes

Une pression artérielle basse peut provenir de la dilatation des artérioles, provoquée par

  • Des toxines produites par des bactéries pendant certaines infections graves (choc septique)

  • Certains médicaments

  • Des lésions de la moelle épinière, dans lesquelles les nerfs qui entraînent une contraction des artérioles sont endommagés.

  • Des réactions allergiques (anaphylaxie)

  • Certains troubles endocriniens, tels que la maladie d’Addison

Différentes affections cardiaques peuvent donner lieu à une pression artérielle basse. Par exemple, les troubles qui altèrent la capacité de pompage du cœur peuvent réduire le débit cardiaque, tels que

  • Une crise cardiaque (infarctus du myocarde)

  • Une valvulopathie

  • Un battement cardiaque extrêmement rapide (tachycardie)

  • Un battement cardiaque très lent (bradycardie)

  • Un trouble du rythme cardiaque (arythmie)

Une pression artérielle nasse peut également être due à une quantité de sang trop faible dans l’organisme, qui peut être due aux facteurs suivants

  • Déshydratation

  • Saignement

  • Maladie rénale

Une faible pression artérielle se produit aussi lorsque les nerfs qui conduisent les signaux entre le cerveau et le cœur et les vaisseaux sanguins sont altérés par des troubles neurologiques appelésneuropathies autonomes.

Lorsqu’une personne passe rapidement de la position assise à la position debout, la pression artérielle dans les vaisseaux sanguins du cerveau diminue, ce qui entraîne une sensation temporaire d’étourdissement ou d’évanouissement. On appelle ce phénomène hypotension orthostatique. Il peut être plus prononcé chez les personnes déshydratées, dont la température corporelle est élevée (comme après une sortie d’un bain chaud), les personnes atteintes de certaines maladies ou étant restées allongées ou assises pendant de longues périodes, et il peut même provoquer un évanouissement. Chez la plupart des personnes, l’organisme agit rapidement pour augmenter la pression artérielle et empêcher l’évanouissement.

Certaines causes de l’hypotension artérielle

Ce qui se passe dans l’organisme

Exemples de causes

Vaisseaux sanguins qui deviennent dilatés (élargis)

Alcool

Certaines réactions allergiques

Certains antidépresseurs, comme l’amitriptyline

Des antihypertenseurs qui dilatent les vaisseaux sanguins (comme les inhibiteurs calciques, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine, et les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II)

Nitrites

Infections bactériennes graves

Exposition à la chaleur

Lésions nerveuses (comme celles dues au diabète, à l’amylose, ou aux lésions de la moelle épinière)

Le débit cardiaque est diminué

Anomalies du rythme cardiaque

Lésion ou mauvais fonctionnement du muscle cardiaque (comme dans le cas d’un infarctus du myocarde ou d’une infection virale)

Maladies des valvules cardiaques :

Embolie pulmonaire

Le volume sanguin est diminué

Diarrhée

Diurétiques (comme la furosémide et l’hydrochlorothiazide)

Saignement excessif

Transpiration excessive

Miction excessive (un symptôme fréquent de diabète non traité ou de maladie d’Addison)

Le système nerveux autonome devient perturbé

Amylose

Diabète

Atrophie multisystématisée (syndrome de Shy-Drager)

Maladie de Parkinson

Le retour du sang vers le cœur est bloqué

Pendant la grossesse, pression sur la veine cave inférieure (la veine principale qui transporte le sang des jambes) de l’utérus lorsque la femme se couche dans certaines positions

Pression abdominale excessive dans l’effort fourni pour éliminer les selles et la miction ou pour lever des objets lourds

Les aires cérébrales qui contrôlent la pression artérielle sont inhibées

Alcool

Antidépresseurs

Antihypertenseurs comme la méthyldopa et la clonidine

Barbituriques

Symptômes

Quand la pression artérielle est trop basse, le premier organe à mal fonctionner est généralement le cerveau. Le cerveau est le premier à mal fonctionner, car il est situé au point le plus élevé du corps et le flux sanguin doit lutter contre la gravité pour l’atteindre. Par conséquent, la plupart des personnes souffrant de pression artérielle basse ressentent des vertiges ou des étourdissements, en particulier lorsqu’elles se lèvent ( Étourdissement ou sensation de tête légère en position verticale) et certaines peuvent même s’évanouir. Les personnes qui s’évanouissent tombent par terre, ce qui ramène généralement le cœur au niveau du cerveau. Le sang peut alors s’écouler vers le cerveau sans avoir à lutter contre la gravité et le flux sanguin vers le cerveau augmente, ce qui le protège. Cependant, si la pression artérielle est suffisamment basse, une lésion cérébrale peut malgré tout se produire. L’évanouissement peut aussi entraîner des lésions graves à la tête ou à d’autres parties du corps.

L’hypotension provoque parfois un essoufflement ou une douleur thoracique du(e) à une insuffisance de l’apport sanguin au muscle cardiaque (une maladie appelée angor).

Tous les organes commencent à mal fonctionner si la pression sanguine baisse suffisamment et reste basse. On parle alors d’état de choc.

Ce trouble à l’origine de l’hypotension peut produire de nombreux autres symptômes qui ne sont pas dus à l’hypotension même. Une infection peut, par exemple, provoquer de la fièvre.

Certains symptômes se manifestent lorsque le corps essaie d’augmenter une pression artérielle qui est basse. Quand les artérioles se contractent, par exemple, le flux sanguin vers la peau, les pieds et les mains diminue. Ces zones deviennent froides et bleuâtres. Lorsque le cœur bat plus rapidement et plus vigoureusement, une personne peut ressentir des palpitations (une perception des battements cardiaques).

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