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Syndromes coronariens aigus(Crise cardiaque ; infarctus du myocarde ; angor instable)

Par Jonathan G. Howlett, MD, Clinical Professor of Medicine;President, University of Calgary;Canadian Heart Failure Society

Les syndromes coronariens aigus résultent de l'obstruction soudaine d'une artère coronaire. Cette obstruction provoque un angor instable ou une crise cardiaque (infarctus du myocarde), selon l’emplacement et l’étendue de l’obstruction.

  • Les personnes souffrant d’un syndrome coronarien aigu ressentent généralement une pression ou une douleur thoracique, un essoufflement, et une fatigue.

  • Les personnes qui pensent être victimes d’un syndrome coronarien aigu doivent appeler les urgences et mâcher un comprimé d’aspirine.

  • Les médecins effectuent une électrocardiographie et mesurent des substances dans le sang pour déterminer si une personne est en train de subir un syndrome coronarien aigu.

  • Le traitement varie selon le type de syndrome mais comprend généralement des tentatives d’augmentation du flux sanguin vers les parties du cœur qui sont touchées.

Aux États-Unis, plus de 900 000 personnes ont un infarctus du myocarde ou une mort subite cardiaque chaque année. Et des syndromes coronaires aigues provoquent environ 400 000 décès chaque année Elles présentent presque toutes une maladie des artères coronaires sous-jacente et environ deux tiers d’entre elles sont des hommes.

Causes

Le muscle cardiaque a besoin d’un apport constant en sang riche en oxygène. Les artères coronaires, qui bifurquent au niveau de l’aorte à sa sortie du cœur, fournissent ce sang. Un syndrome coronarien aigu survient lorsque l’obstruction soudaine d’une coronaire réduit considérablement ou interrompt l’apport de sang à une région du muscle cardiaque (myocarde). Une irrigation insuffisante des tissus est appelée ischémie. Si l’apport est considérablement réduit ou interrompu pendant plusieurs minutes, le tissu cardiaque meurt. Une crise cardiaque, aussi appelée infarctus du myocarde (IM), est la mort du tissu cardiaque due à une ischémie.

Les caillots sanguins sont la cause la plus fréquente de blocage d’une artère coronaire (voir aussi Présentation de la maladie des artères coronaires). En général, l’artère est déjà partiellement obstruée par une accumulation de cholestérol et d’autres matières grasses dans la paroi artérielle (athérome). Un athérome peut se rompre ou se déchirer, libérant des substances qui rendent les plaquettes plus collantes et favorisant la formation de caillots. Dans environ deux tiers des cas, le caillot sanguin se dissout spontanément, généralement en un ou deux jours. Toutefois, à ce stade, le cœur est généralement déjà endommagé.

Dans de rares cas, un infarctus du myocarde se produit quand un caillot se forme dans le cœur même, se détache, et se loge dans une artère coronaire. Une autre cause rare est le spasme d’une artère coronaire qui arrête le flux sanguin. Ces spasmes peuvent être causés par des drogues comme la cocaïne. Parfois, la cause de ces malformations est inconnue.

Classification

Les médecins classifient les syndromes coronaires aigus d’après les éléments suivants

  • Présence de substances dans le sang (marqueurs sériques) libérés par le cœur endommagé

  • Symptômes

  • Résultats de l’électrocardiographie (ECG)

Cette classification est importante car les traitements varient selon le syndrome coronarien aigu en question. Elle consiste en un angor instable et deux types d’infarctus du myocarde.

  • L’angor instable est un changement dans la sémiologie des symptômes d’angor, y compris un angor prolongé ou aggravé et des symptômes d’angor sévère d’apparition récente. Les ECG et les analyses de sang des personnes souffrant d’angor instable ne présentent aucun signe d’infarctus du myocarde.

  • L’IM sans élévation du segment ST est une crise cardiaque que les médecins peuvent identifier par des analyses de sang mais qui ne produit pas de changements typiques (élévation du segment ST) sur un ECG.

  • L’IM avec élévation du segment ST est un infarctus du myocarde que les médecins peuvent identifier par des analyses de sang et qui produit aussi des changements typiques sur un ECG (élévation du segment ST).

Le saviez-vous ?

  • Environ un tiers des personnes victimes d’une crise cardiaque ne ressentent pas de douleur à la poitrine.

Symptômes

Les symptômes de syndromes coronariens aigus sont similaires, et il est généralement impossible de distinguer les syndromes uniquement en fonction des symptômes.

Les symptômes d’angor instable sont les mêmes que ceux de l’angine de poitrine, dans laquelle les personnes ressentent généralement une pression intermittente ou une douleur sous le sternum. Le patient décrit souvent la sensation comme une gêne ou une lourdeur plutôt qu’une douleur. La douleur peut être située dans l’épaule ou la face interne de l’un ou l’autre bras, le long du dos, et dans la gorge, la mâchoire ou les dents. Toutefois, leur sémiologie change en cas d’angor instable. Les personnes subissent des épisodes d’angor plus fréquents ou plus sévères, ou les épisodes se produisent au repos ou après un effort physique moins important. Environ deux personnes sur trois qui font un infarctus du myocarde présentent un angor instable, un essoufflement ou une fatigue quelques jours ou quelques semaines avant l’infarctus. Ce changement des caractéristiques de la douleur thoracique peut aboutir à un infarctus du myocarde.

En général, les symptômes les plus typiques d’un infarctus du myocarde sont une douleur au milieu de la poitrine qui peut se propager vers le dos, la mâchoire ou le bras gauche. Moins souvent, elle se propage vers le bras droit. La douleur peut se manifester dans un ou plusieurs de ces endroits et pas du tout dans la poitrine. La douleur d’un infarctus du myocarde est semblable à celle de l’angor, mais elle est en général plus intense, dure plus longtemps et n’est pas soulagée par le repos ou la nitroglycérine. Plus rarement elle est perçue dans l’abdomen où elle peut être confondue avec une indigestion, notamment parce qu’une éructation peut la soulager partiellement ou temporairement. Pour des raisons inconnues, les femmes présentent souvent des symptômes différents et moins identifiables.

Environ un tiers des personnes victimes d’une crise cardiaque ne ressentent pas de douleur à la poitrine. Il s’agit surtout de femmes, de personnes autres que celles de peau blanche, âgées de plus de 75 ans, qui souffrent d’insuffisance cardiaque ou de diabète, et celles qui ont subi un accident vasculaire cérébral.

Les autres symptômes sont une sensation de vertige ou un évanouissement, des sueurs profuses et soudaines, des nausées, un essoufflement et des battements très forts du cœur (palpitations).

Au cours d’un infarctus du myocarde, la personne peut être agitée, en sueur et anxieuse et se sentir en danger imminent. Les lèvres, les mains ou les pieds peuvent devenir légèrement bleus.

Les personnes âgées ont parfois des symptômes inhabituels. Souvent, le symptôme le plus évident est un essoufflement. Les symptômes peuvent ressembler à ceux d’un accident vasculaire cérébral ou de maux d’estomac. Les personnes âgées peuvent devenir désorientées. Néanmoins, environ deux tiers des personnes âgées ressentent une douleur thoracique, tout comme les personnes moins âgées. Les personnes âgées, surtout les femmes, prennent plus longtemps que les personnes moins âgées pour admettre qu’elles sont malades ou pour voir un médecin.

Malgré tous les symptômes possibles, environ une personne sur cinq qui fait un infarctus du myocarde présente seulement des symptômes modérés ou aucun symptôme. Cet infarctus du myocarde « silencieux » n’est alors diagnostiqué qu’à l’occasion d’un ECG systématique quelque temps par la suite.

Pendant les premières heures d’un infarctus du myocarde, des souffles et d’autres sons cardiaques anormaux sont perceptibles au stéthoscope.

Diagnostic

  • Électrocardiographie

  • Analyses de sang

Lorsqu’un homme de 35 ans ou plus ou une femme de 40 ans ou plus se plaint d’une douleur thoracique, les médecins envisagent habituellement la possibilité d’un syndrome coronarien aigu. Cependant, cette douleur peut être provoquée par plusieurs autres maladies comme une pneumonie, un caillot dans le poumon (embolie pulmonaire), une péricardite, une fracture d’une côte, un spasme œsophagien, une indigestion ou une sensibilité du muscle thoracique après un traumatisme ou un effort.

Un ECG et certaines analyses de sang peuvent généralement confirmer le diagnostic en quelques heures.

Électrocardiographie

L’ECG est la procédure diagnostique initiale la plus importante quand les médecins suspectent un syndrome coronarien aigu. Elle fournit une représentation graphique de l’impulsion électrique qui produit chaque battement. Dans de nombreux cas, elle indique immédiatement que le patient souffre d’un infarctus du myocarde. Les anomalies détectées par l’ECG aident les médecins à déterminer le type de traitement requis. Les anomalies de l’ECG indiquent également où le muscle cardiaque a été endommagé. Si la personne présente des antécédents de problèmes cardiaques, qui peuvent altérer l’ECG, la lésion la plus récente peut être plus difficile à détecter par les médecins. Ces patients doivent avoir une copie de leur ECG dans leur portefeuille de façon à permettre aux médecins de comparer l’ECG précédent à l’ECG actuel s’ils présentent des symptômes de syndrome coronarien aigu. Si quelques ECG enregistrés sur plusieurs heures sont complètement normaux, les médecins considèrent qu’un infarctus du myocarde est peu probable.

Marqueurs cardiaques

La mesure de certaines substances (appelées marqueurs cardiaques) dans le sang aide également les médecins à diagnostiquer des syndromes coronariens aigus Ces substances sont normalement présentes dans le muscle cardiaque mais ne sont libérées dans la circulation sanguine que si ce muscle est endommagé ou nécrosé. Les substances les plus fréquemment mesurées sont des protéines du muscle cardiaque appelées troponine I et troponine T et une enzyme appelée CK-MB (créatinine kinase, sous-unités musculaire et cérébrale). Leur taux dans le sang est élevé dans les 6 heures suivant un infarctus du myocarde et reste élevé pendant plusieurs jours. Les taux de marqueurs cardiaques sont généralement mesurés quand la personne est hospitalisée et par intervalles de 6 à 12 heures au cours des 24 heures suivantes.

Autres tests

Quand l’ECG et les mesures des marqueurs cardiaques ne fournissent pas suffisamment d’informations, une échocardiographie ou une scintigraphie peut être effectuée. L’échocardiographie peut indiquer une réduction du mouvement dans une partie de la paroi du ventricule gauche (la cavité cardiaque qui pompe le sang vers le corps). Ce résultat suggère une lésion due à un infarctus du myocarde.

D’autres tests peuvent être effectués durant ou peu après l’hospitalisation. Ces tests permettent de déterminer si la personne requiert un traitement supplémentaire ou si elle risque d’avoir d’autres problèmes cardiaques. La personne peut, par exemple, porter un enregistreur Holter qui enregistre l’activité électrique du cœur pendant 24 heures. Cette procédure permet aux médecins de déterminer si la personne souffre de troubles du rythme cardiaque (arythmies) ou d’épisodes d’apport sanguin inadéquat sans symptômes (ischémie silencieuse). Une épreuve d’effort (une électrocardiographie effectuée pendant l’effort) avant et peu après sa sortie de l’hôpital permet de déterminer comment se porte la personne après l’infarctus du myocarde et si l’ischémie persiste. Si ces procédures détectent un trouble du rythme cardiaque ou une ischémie, des médicaments peuvent être recommandés. Si l’ischémie persiste, les médecins peuvent recommander une angiographie coronarienne pour évaluer la possibilité d’une intervention coronaire percutanée ou d’un pontage coronarien qui rétablira le flux sanguin vers le cœur.

Pronostic

Les personnes souffrant d’angor instable sont nombreuses à faire un infarctus du myocarde dans les 3 mois qui suivent.

La période la plus dangereuse pour une personne qui a une crise cardiaque se situe pendant les premières heures et avant d’aller à l’hôpital. Pendant cette période, jusqu’à 20 à 30 % des patients ayant un infarctus du myocarde pouvant décéder, il est essentiel de consulter immédiatement un médecin lorsqu’une personne suspecte qu’elle a un infarctus du myocarde. La majorité des personnes qui survivent les quelques jours suivant un infarctus du myocarde peuvent s’attendre à un rétablissement complet, mais environ 10 % d’entre elles décèdent dans l’année. La plupart des décès surviennent dans les 3 ou 4 premiers mois, en général chez les personnes chez qui persistent un angor, des troubles du rythme cardiaque d’origine ventriculaire (arythmies ventriculaires) et une insuffisance cardiaque. Le pronostic est pire si le cœur est dilaté après un infarctus du myocarde que s’il retient une taille normale. Les personnes âgées risquent davantage de succomber à un infarctus du myocarde et d’avoir des complications, comme une insuffisance cardiaque. Le pronostic est pire pour les personnes de petite taille que pour les personnes de plus grande taille. Ce résultat peut expliquer pourquoi le pronostic est, en moyenne, pire pour les femmes qui ont été victimes d’un infarctus du myocarde qu’il ne l’est pour les hommes. Les femmes tendent également à être plus âgées et de présenter des troubles plus graves quand elles sont victimes d’un infarctus du myocarde. Elles tendent également à attendre plus longtemps que les hommes avant d’aller à l’hôpital après un infarctus du myocarde.

Les personnes atteintes d’un infarctus du myocarde peuvent aussi avoir des complications qui peuvent être de longue durée. Les complications des syndromes coronariens aigus varient selon l’importance, la durée, et l’emplacement de l’obstruction d’une artère coronaire. Si l’obstruction touche une grande partie du muscle cardiaque, l’efficacité de pompage du cœur est réduite. Si elle bloque le flux sanguin vers le système de conduction du cœur, le rythme cardiaque peut être affecté.

Le saviez-vous ?

  • La moitié des décès liés à l’infarctus se produisent dans les 3 à 4 heures qui suivent le commencement des symptômes.

Prévention

La prise d’une aspirine pour enfant, la moitié d’une aspirine pour adulte, ou une aspirine pour adulte entière chaque jour après un infarctus du myocarde est recommandée. Comme l’aspirine évite que les plaquettes ne forment des caillots, elle réduit le risque de mort et d’un deuxième infarctus du myocarde de 15 à 30 %. Les médecins recommandent généralement que les personnes de plus de 50 ans qui n’ont pas encore été victimes d’un infarctus du myocarde ou d’un accident vasculaire cérébral et qui présentent 2 facteurs de risque ou plus prennent de l’aspirine à faible dose par jour pour éviter les infarctus du myocarde et l’accident vasculaire cérébral. En cas d’allergie à l’aspirine, elles peuvent la remplacer par le clopidogrel.

En général, les médecins prescrivent aussi un bêta-bloquant (comme le métoprolol), car ces médicaments réduisent le risque de décès d’environ 25 %. Plus l’infarctus du myocarde est grave, plus les bêta-bloquants sont bénéfiques. Toutefois, certaines personnes ne tolèrent pas les effets secondaires (comme une respiration sifflante, la fatigue, et des membres froids), et elles n’en bénéficient pas toutes.

Les médicaments hypolipémiants et une modification de l’alimentation réduisent le risque de mort après un infarctus du myocarde. Les personnes à haut risque (notamment les diabétiques obèses) qui n’ont pas encore été victimes d’un infarctus du myocarde ou d’un accident vasculaire cérébral peuvent bénéficier des médicaments hypolipidémiants.

Des inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (ECA) tels que le captopril, l’énalapril, le périndopril, le trandolapril, le lisinopril et le ramipril sont souvent prescrits après un infarctus du myocarde. Ils réduisent la mortalité et l’apparition d’une insuffisance cardiaque, en particulier chez les personnes qui ont été victimes d’un infarctus du myocarde massif ou d’une insuffisance cardiaque.

Des modifications du mode de vie sont également nécessaires. Elles doivent consommer des aliments à faible teneur en matières grasses et augmenter leur activité physique. Les personnes souffrant d’hypertension artérielle ou de diabète doivent s’efforcer de maîtriser ces maladies. Les fumeurs doivent cesser de fumer.

Traitement

  • Médicaments

  • Réouverture ou contournement des artères bloquées

  • Modifications du mode de vie

Les syndromes coronariens aigus sont des urgences médicales. La moitié des décès liés à l’infarctus se produisent dans les 3 à 4 heures qui suivent le commencement des symptômes. La rapidité du traitement augmente les chances de survie. En présence de symptômes pouvant indiquer un syndrome coronarien aigu, le patient doit être pris en charge par un médecin dans les plus brefs délais. Un transport immédiat par ambulance, avec un personnel qualifié, au service d’urgence d’un hôpital peut sauver la vie de la personne. Essayer de contacter le médecin, les proches, les amis ou les voisins du patient est une perte de temps dangereuse.

Les personnes susceptibles d’être victimes d’un infarctus du myocarde sont généralement admises dans un hôpital qui possède une unité de soins cardiaques. Le rythme cardiaque, la pression artérielle et la quantité d’oxygène dans le sang sont surveillés de près de façon à déterminer la lésion cardiaque. Le personnel infirmier de ces unités est spécialement formé pour soigner les personnes qui souffrent de problèmes cardiaques et traiter les urgences cardiologiques.

De l’oxygène est souvent administré par voie nasale ou par masque facial. Un apport supplémentaire d’oxygène au cœur permet de réduire au minimum la lésion du tissu cardiaque.

En l’absence de complications dans les quelques premiers jours, la plupart des patients sortent de l’hôpital quelques jours plus tard. En cas de complications, comme des troubles du rythme ou une capacité de pompage cardiaque inadéquate, l’hospitalisation risque d’être prolongée.

Traitement médicamenteux

Le problème le plus important dans la partie précoce du traitement d’un infarctus du myocarde est de consulter un médecin rapidement, afin que les médecins puissent essayer de restaurer le flux sanguin dans l’artère affectée. Les personnes qui pensent être victimes d'un infarctus du myocarde doivent mâcher un comprimé d'aspirine immédiatement après avoir appelé une ambulance. Si l’aspirine n’est pas prise à domicile ou administrée par les premiers secours, elle l’est dès l’arrivée à l’hôpital. Ce traitement améliore les chances de survie en réduisant la taille du caillot (le cas échéant) dans l’artère coronaire. En cas d’allergie à l’aspirine, le clopidogrel ou la ticlopidine peut la remplacer. Certaines personnes prennent de l’aspirine et du clopidogrel/de la ticlopidine.

Des médicaments sont prescrits pour prévenir la formation de caillots sanguins, diminuer l’anxiété et réduire la taille du cœur. Il peut être nécessaire de prendre ces médicaments pendant un certain temps après avoir récupéré d’un infarctus du myocarde. Des médicaments sont utilisés pour réduire la charge de travail du cœur pendant et après un infarctus du myocarde.

Comme une réduction de la charge de travail cardiaque permet également de limiter la lésion des tissus, un bêtabloqueur est généralement administré pour ralentir le rythme cardiaque. Le ralentissement du rythme permet au cœur de travailler moins et réduit la zone de tissu lésé.

La plupart des patients reçoivent également des anticoagulants, comme l’héparine, pour éviter la formation d’autres caillots sanguins.

Comme la plupart des personnes qui ont été victimes d'un infarctus du myocarde sont très angoissées et souffrent beaucoup, de la morphine est souvent administrée. Ce médicament a un effet calmant et réduit la charge de travail du cœur. On administre à la plupart des patients de la nitroglycérine, qui soulage la douleur en réduisant la charge de travail du cœur et, peut-être, en dilatant les artères. On l’administre généralement d’abord sous la langue, puis par voie intraveineuse.

Les inhibiteurs de l’ECA peuvent réduire la dilatation du cœur et augmenter la chance de survie de nombreux patients. Par conséquent, ils sont généralement administrés dans les jours qui suivent un infarctus du myocarde et prescrits indéfiniment.

Les statines sont administrées depuis longtemps pour prévenir la maladie des artères coronaires, mais les médecins ont découvert récemment qu’elles ont aussi des bienfaits à court terme pour les patients atteints d’un syndrome coronaire aigu. Les médecins administrent la statine aux patients qui n’en prennent pas déjà.

Des informations supplémentaires sur les médicaments utilisés pour traiter l’infarctus du myocarde peuvent être trouvées ailleurs dans le Manuel ( Médicaments administrés pour traiter la maladie des artères coronaires*)

Ouverture des artères

La décision concernant le moment opportun et la méthode à utiliser pour ouvrir une artère coronaire obstruée dépend du type de syndrome coronaire aigu et de la rapidité du transport du patient à l’hôpital. Il existe plusieurs façons d’ouvrir des artères coronaires bloquées :

En cas d’IM avec élévation du segment ST, l’élimination immédiate de l’obstruction de l’artère coronaire sauve le tissu cardiaque et améliore la survie. Les médecins tentent d’enlever l’obstruction dans les 90 minutes qui suivent l’arrivée du patient à l’hôpital. Plus l’artère est ouverte rapidement, meilleurs sont les résultats, par conséquent, la méthode utilisée n’est probablement pas aussi importante que le moment choisi pour l’intervention.

Si elles peuvent être pratiquées dans les 90 minutes qui suivent l’arrivée à l’hôpital, les interventions cardiaques percutanées (ICP) comme l’angioplastie et la pose d’un stent semblent être la meilleure façon d’ouvrir des artères bloquées durant un IM avec élévation du segment ST.

Les médicaments dissolvant les caillots (également appelés médicaments thrombolytiques ou fibrinolytiques— Médicaments administrés pour traiter la maladie des artères coronaires*) sont administrés par une veine (voie intraveineuse) pour ouvrir les artères si des procédures d’ICP ne sont pas disponibles dans un délai de 90 minutes. Ces médicaments thrombolytiques sont la streptokinase, la ténectéplase (TNK-tPA), l'altéplase, et la rétéplase. Même s’ils sont plus efficaces quand ils sont administrés immédiatement, ces médicaments agissent bien dans les 3 heures qui suivent et peuvent être utiles dans les 12 heures qui suivent l’arrivée de la personne à l’hôpital. Dans certaines régions, les médicaments thrombolytiques sont administrés avant l’arrivée à l’hôpital par un personnel paramédical spécialisé. La plupart des patients qui reçoivent un médicament thrombolytique doivent quand même subir une ICP avant de quitter l’hôpital.

Les thrombolytiques peuvent provoquer une hémorragie et ne doivent pas être administrés en cas d’hémorragie du tube digestif, d’hypertension artérielle sévère, d’accident vasculaire cérébral récent ou si la personne a effectué une intervention chirurgicale dans le mois précédant l’infarctus du myocarde. Les personnes âgées qui ne présentent aucune de ces affections peuvent prendre des thrombolytiques en toute sécurité.

Les personnes qui présentent un IM sans élévation du segment ST ou un angor instable ne bénéficient pas habituellement d’une ICP immédiate ou de médicaments thrombolytiques. Toutefois, les médecins effectuent généralement une ICP dans les deux premiers jours d’hospitalisation. En cas d’aggravation des symptômes ou de complications, les médecins peuvent effectuer une ICP plus tôt.

Dans certains cas, un pontage de l’artère coronaire (PAC) est effectué durant un syndrome coronarien aigu au lieu d’utiliser une ICP ou un médicament thrombolytique. Un pontage coronarien peut ainsi être effectué quand le patient ne peut pas recevoir de médicament thrombolytique (parce qu’il souffre d’un trouble de la coagulation, par exemple, ou présente des antécédents d’accident vasculaire cérébral ou vient de subir une intervention chirurgicale majeure). Un pontage coronarien peut aussi être effectué pour les patients qui ne peuvent pas subir d’ICP en raison de la gravité de leur maladie artérielle (parce que les zones obstruées sont trop nombreuses, par exemple, ou parce que la fonction cardiaque est médiocre, surtout si le patient est aussi diabétique).

Consignes générales

Comme un effort physique, une détresse émotionnelle et une excitation stressent le cœur et le forcent à travailler davantage, la personne qui vient de faire un infarctus du myocarde doit rester couchée dans un endroit calme pendant quelques jours. Les visites sont généralement limitées aux membres de la famille ou aux amis proches. Elle peut regarder la télévision si les programmes ne causent pas de stress.

Le tabac, un facteur de risque majeur de maladie des artères coronaires, est interdit à l’hôpital. De plus, le syndrome coronaire aigu est une raison impérieuse de cesser de fumer.

Des émollients fécaux et des laxatifs doux peuvent être utilisés pour éviter la constipation, de façon à ce que le patient n’ait pas à forcer. Si le patient ne peut pas uriner ou si les médecins et le personnel infirmier doivent noter la quantité précise d’urine produite, un cathéter urinaire est utilisé.

Pour une nervosité sévère (qui peut stresser le cœur), un léger médicament contre l’anxiété (une benzodiazépine comme le lorazépam, par exemple) peut être prescrit. En cas de légère dépression ou de déni de la maladie, des événements qui sont fréquents après un syndrome coronaire aigu, le patient est encouragé à se confier aux médecins, au personnel infirmier, aux travailleurs sociaux, aux membres de sa famille et à ses amis. Certains patients ont besoin d’un antidépresseur.

Sortie

Au bout de 3 à 4 jours à l’hôpital, les patients qui ont subi un infarctus du myocarde sans complications et une ICP couronnée de succès sont généralement autorisés à sortir. Les autres pourront devoir prolonger leur séjour.

La nitroglycérine, l’aspirine et parfois le clopidogrel, un bêta-bloquant, un inhibiteur de l’enzyme de conversion de l'angiotensine (ECA) et un médicament hypolipémiant (le plus souvent une statine) sont généralement prescrits.

Rééducation

La rééducation cardiologique, une partie importante de la convalescence, commence à l’hôpital. Un alitement durant plus de 2 ou 3 jours induit un déconditionnement physique et parfois une dépression et un sentiment d’impuissance. En l’absence de complications, les patients qui ont fait un infarctus peuvent habituellement s’asseoir, faire des exercices passifs, utiliser une chaise percée et lire le premier jour. Au deuxième ou au troisième jour, les patients sont encouragés à marcher jusqu’aux toilettes et à exercer des activités non stressantes, puis à augmenter progressivement leurs activités. Si tout se passe bien, ils reprennent généralement leurs activités habituelles au bout d’environ 6 semaines. Une participation à un programme d’exercices réguliers correspondant à l’âge et à la santé cardiaque de la personne est bénéfique.

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