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Éruptions médicamenteuses

Par Wingfield E. Rehmus, MD, MPH, Clinical Assistant Professor of Pediatrics, Associate Member of Department of Dermatology;, University of British Columbia;BC Children’s Hospital, Division of Dermatology

Les éruptions médicamenteuses correspondent à un effet secondaire d’un médicament, qui se traduit par une réaction cutanée.

  • Les éruptions médicamenteuses sont provoquées par une réaction allergique à un médicament.

  • Généralement, les symptômes incluent des rougeurs, des bosses, des bulles, de l’urticaire, des démangeaisons, et parfois une desquamation ou une douleur.

  • Parfois, il faut que tous les médicaments pris par les personnes soient interrompus pour déterminer le médicament responsable de l’éruption.

  • La plupart des éruptions médicamenteuses disparaissent à l’arrêt du médicament, mais certaines réactions légères peuvent être traitées par des crèmes qui atténuent les symptômes, tandis que les réactions graves peuvent nécessiter un traitement avec des médicaments tels que l’adrénaline (par injection), la diphénhydramine et/ou un corticoïde, afin de prévenir les complications.

On parle « d’éruption cutanée » lorsque la peau change de couleur (lorsqu’elle devient rouge, par exemple) et/ou de texture (lorsque des bosses ou des gonflements apparaissent). Les éruptions cutanées entraînent souvent des démangeaisons, notamment dans le cas d’une réaction allergique, mais certaines sont douloureuses ou asymptomatiques. Il existe plusieurs types d’éruptions médicamenteuses.

Éruptions médicamenteuses allergiques

La plupart des éruptions médicamenteuses sont provoquées par une réaction allergique au médicament ( Allergies médicamenteuses). Généralement, la réaction se produit lorsque celui-ci a été administré par voie orale ou injecté. Le médicament qui provoque l’éruption médicamenteuse n’a pas forcément été administré par voie cutanée. Lorsque le système immunitaire entre en contact avec un médicament, il arrive qu’il développe une sensibilité à ce médicament (sensibilisation). Les personnes peuvent parfois être sensibilisées à un médicament auquel elles n’ont été exposées qu’une seule fois, tandis que dans d’autres cas la sensibilisation se manifeste après des expositions répétées. Lorsque quelqu’un est sensibilisé à un médicament, toute exposition ultérieure déclenchera une réaction allergique, telle qu’une éruption cutanée.

Éruptions médicamenteuses non allergiques

Parfois une éruption apparaît directement sans impliquer de réaction allergique. Par exemple, les corticoïdes et le lithium peuvent induire une éruption qui ressemble à de l’acné, et les anticoagulants (fluidifiants du sang) peuvent entraîner des hématomes en cas d’extravasation sous-cutanée.

Certains médicaments rendent la peau particulièrement sensible aux effets du soleil ou d’autres sources d’ultraviolets (photosensibilité, voir Réactions de photosensibilité). Ces médicaments comprennent : certains antipsychotiques, les tétracyclines, les sulfamides, le chlorothiazide et certains édulcorants artificiels. L’éruption n’apparaît pas au moment de la prise du médicament, mais une exposition postérieure au soleil pendant le traitement peut entraîner une phototoxicité (rougeurs et douleurs similaires à des brûlures solaires) ou photoallergie (une réaction allergique qui n’apparaît qu’après l’exposition au soleil).

Les autres éruptions sévères d’origine médicamenteuse comprennent le syndrome de Stevens-Johnson, la nécrolyse épidermique toxique et l’érythème noueux.

Symptômes

Les éruptions d’origine médicamenteuse varient en sévérité d’un érythème léger avec petites papules sur une petite zone à une desquamation sur toute la surface cutanée. L’éruption peut apparaître brutalement en quelques minutes après la prise du médicament, ou bien plusieurs heures, plusieurs jours, voire plusieurs semaines après cette prise. Les éruptions peuvent entraîner des anomalies de coloration de la peau, qui peut devenir rouge, violette, bleue ou grise. Certaines éruptions sont douloureuses et peuvent entraîner la formation d’aphtes buccaux.

Une éruption allergique peut être accompagnée d’urticaire et/ou d’autres symptômes allergiques, tels que le nez qui coule ou des larmoiements. D’autres symptômes plus importants peuvent se développer, comme un sifflement ou une tension artérielle très basse. L’urticaire est très prurigineuse, alors que d’autres éruptions cutanées d’origine médicamenteuse entraînent un prurit léger ou n’en provoquent aucun.

Diagnostic

  • Le médecin revoit tous les médicaments que le patient prend actuellement, avec et sans ordonnance

  • Les médicaments les plus susceptibles d’avoir causé la réaction sont arrêtés pour voir si l’éruption disparaît

  • Parfois, biopsie cutanée

Il peut être difficile d’évaluer le médicament responsable parce que l’éruption peut être liée à la prise d’une toute petite dose de médicament, se produire bien après la première prise de celui-ci et persister pendant des semaines ou mois après l’arrêt du médicament. Tous les médicaments pris sont suspects, même ceux achetés sans ordonnance, tels que des collyres, des gouttes nasales, des suppositoires et des produits de phytothérapie. Le médecin revoit donc l’intégralité des médicaments que le patient prend actuellement, que ce soit avec ou sans ordonnance. Le médecin essaye de déterminer si l’éruption est survenue peu après que le patient a commencé à prendre un médicament. Le médicament le plus susceptible de causer l’éruption sera probablement arrêté pour voir si l’éruption disparaît.

Parfois, la seule façon d’identifier le médicament à l’origine de l’éruption est d’interrompre la prise de tous les médicaments, à l’exception des médicaments indispensables à la survie des personnes. Lorsque cela est possible, on remplace les médicaments par d’autres substances dont les propriétés chimiques et/ou pharmacologiques laissent à penser qu’ils ne présentent pas de risque. S’il n’existe pas de médicaments substitutifs, les personnes recommencent à prendre chaque médicament isolément pour déterminer celui qui est à l’origine de la réaction. Cependant, cette méthode peut être risquée si les personnes présentent une réaction allergique grave à ce médicament.

Des tests cutanés ne sont pas forcément utiles. Parfois, un échantillon de peau est prélevé et examiné au microscope (biopsie cutanée), notamment si le médecin soupçonne une réaction médicamenteuse particulièrement grave ou inhabituelle.

Traitement

  • Arrêt du médicament responsable

  • Pour les réactions légères, des antihistaminiques ou des crèmes à base de corticoïdes pour soulager les démangeaisons

  • Pour les réactions sévères, parfois des médicaments par voie intraveineuse et une hospitalisation

La plupart des réactions d’origine médicamenteuse disparaissent lorsque le médicament responsable est arrêté.

Des traitements antiprurigineux standard, comme des antihistaminiques ou des corticoïdes, sont utilisés selon les besoins.

Les éruptions allergiques sévères, notamment celles qui s’accompagnent de symptômes graves, comme des sifflements ou une gêne respiratoire, sont traitées avec de l’adrénaline (par injection), de la diphénhydramine et des corticoïdes.