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Éruptions médicamenteuses

Par Peter C. Schalock, MD, Harvard Medical School;Massachusetts General Hospital

Les éruptions médicamenteuses correspondent à un effet secondaire d’un médicament, qui se traduit par une réaction cutanée.

  • Les éruptions médicamenteuses sont provoquées par une réaction allergique à un médicament.

  • Les symptômes typiques sont, notamment, une légère rougeur, une desquamation, une urticaire, ainsi qu’un écoulement nasal et des larmoiements.

  • Tous les médicaments pris par les personnes sont interrompus pour déterminer le médicament responsable de l’éruption.

  • La plupart des éruptions médicamenteuses cessent avec le retrait du médicament. Cependant, les réactions graves nécessitent des injections d’épinéphrine, de diphénhydramine et d’un corticoïde.

La plupart des éruptions médicamenteuses sont provoquées par une réaction allergique au médicament ( Allergies médicamenteuses). Le médicament qui provoque l’éruption médicamenteuse n’a pas forcément été administré par voie cutanée. Les personnes peuvent parfois être sensibilisées à un médicament auquel elles n’ont été exposées qu’une seule fois, tandis que dans d’autres cas la sensibilisation se manifeste après des expositions répétées. Les expositions ultérieures au médicament peuvent déclencher des réactions allergiques, comme les éruptions cutanées.

Parfois une éruption apparaît directement sans impliquer de réaction allergique. Par exemple, les corticoïdes et le lithium induisent une éruption qui ressemble à de l’acné, et les anticoagulants (fluidifiants du sang) peuvent entraîner des hématomes en cas d’extravasation sous-cutanée. Les autres éruptions sévères non allergiques d’origine médicamenteuse comprennent le syndrome de Stevens-Johnson, la nécrolyse épidermique toxique (ou syndrome de Lyell) et l’érythème noueux.

Certains médicaments rendent la peau particulièrement sensible aux effets de la lumière solaire (photosensibilité). Ces médicaments comprennent : certains antipsychotiques, les tétracyclines, les sulfamides, le chlorothiazide et certains édulcorants artificiels. L’éruption cutanée ne survient pas pendant la prise du médicament, mais plus tard lors de l’exposition au soleil, qui provoque un rougissement de la peau qui devient parfois prurigineuse ou de couleur bleuâtre.

Symptômes

Les éruptions d’origine médicamenteuse varient en sévérité d’un érythème léger avec petites papules sur une petite zone à une desquamation sur toute la surface cutanée. L’éruption peut apparaître brutalement en quelques minutes après la prise du médicament ou plusieurs heures ou plusieurs jours après cette prise. Les personnes développant une éruption allergique présentent souvent d’autres symptômes allergiques : rhinorrhée (écoulement nasal), larmoiement, sifflement et même collapsus du fait d’une tension artérielle très faible. L’urticaire est très prurigineuse ( Angiœdème), alors que d’autres éruptions cutanées d’origine médicamenteuse entraînent un prurit léger ou n’en provoquent aucun.

Diagnostic et traitement

Il peut être difficile d’évaluer le médicament responsable parce que l’éruption peut être liée à la prise d’une petite dose de médicament, se produire bien après que les personnes ont pris celui-ci et persister pendant des semaines ou mois après l’arrêt du médicament. Tout médicament pris par les personnes doit être considéré comme suspect, dont les médicaments en vente libre (même des gouttes oculaires ou nasales et des suppositoires sont des causes possibles). Parfois, la seule façon d’identifier le médicament à l’origine de l’éruption est d’interrompre la prise de tous les médicaments à l’exception des médicaments indispensables à la survie des personnes. Lorsque cela est possible, on remplace les médicaments par d’autres substances dont les propriétés chimiques et/ou pharmacologiques laissent à penser qu’ils ne présentent pas de risque. S’il n’existe pas de médicaments substitutifs, les personnes recommence à prendre chaque médicament isolément pour déterminer celui qui est à l’origine de la réaction. Cependant, cette méthode peut être risquée si les personnes présentent une réaction allergique grave à ce médicament. Les tests épicutanés ne s’avèrent pas d’une grande utilité, sauf dans le cas où la pénicilline est suspectée.

La plupart des réactions d’origine médicamenteuse disparaissent lorsque le traitement responsable est arrêté. Des traitements antiprurigineux standards sont utilisés selon les besoins ( Prurit : Traitement). Les éruptions allergiques graves, notamment celles qui s’accompagnent de symptômes significatifs, comme des sifflements ou une gêne respiratoire, sont traitées par injections d’adrénaline, de diphénhydramine et de corticoïdes.