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Érythème polymorphe

Par Peter C. Schalock, MD, Harvard Medical School;Massachusetts General Hospital

L’érythème polymorphe est un trouble cutané récurrent caractérisé par l’apparition de taches cutanées rouges et surélevées, de forme concentrique, et distribuées en général symétriquement sur tout le corps.

  • L’érythème polymorphe peut être provoqué par une réaction à une infection à virus herpès simplex.

  • Les symptômes typiques incluent des taches rouges au centre cyanotique (lésions en cocarde) qui apparaissent soudainement sur les bras, les jambes, le visage, les paumes et la plante des pieds, et sur le corps.

  • Le diagnostic est basé sur les symptômes.

  • Ce trouble guérit sans traitement, mais les symptômes peuvent être traités avec des corticoïdes, de la lidocaïne et, parfois, de l’acyclovir.

La plupart des cas sont dus à une réaction à une infection à virus herpès simplex ( Infections par le virus herpès simplex). Cette infection virale apparait sous forme d’herpès labial chez près de deux tiers des personnes avant l’apparition de l’érythème polymorphe. On ne sait pas avec certitude si d’autres maladies infectieuses sont également à l’origine d’un érythème polymorphe, ni exactement comment le virus herpès simplex entraîne ce trouble, mais une certaine forme de réaction immunitaire est suspectée.

Symptômes

En général, l’érythème polymorphe apparaît soudainement avec le développement de taches rouges sur les bras, les jambes et le visage. Parfois l’éruption est également présente au niveau des paumes et des plantes des pieds. Les taches rouges sont réparties de manière symétrique des deux côtés du corps. Ces taches rouges évoluent souvent en anneaux concentriques rouges au centre cyanotique (lésion en « cocarde » ou en « cible ») et en petites cloques. Les zones érythémateuses (rouges) sont en général asymptomatiques, même si elles sont parfois le siège d’un léger prurit. Des cloques douloureuses se développent souvent sur les lèvres et à l’intérieur de la bouche, mais elles ne touchent pas l’œil.

Les crises d’érythème polymorphe durent de 2 à 4 semaines. Certaines personnes ne font qu’une seule crise, d’autres rechutent en moyenne 6 fois par an pendant environ 10 ans. Les récidives sont plus fréquentes au printemps et sont probablement déclenchées par la lumière solaire. La fréquence des rechutes diminue en général avec le temps.

Diagnostic et traitement

Les médecins diagnostiquent l’érythème polymorphe par son aspect caractéristique. Cependant, au premier abord, le syndrome de Stevens-Johnson ( Syndrome de Stevens-Johnson SSJ et nécrolyse épidermique toxique) peut fortement ressembler à l’érythème polymorphe. Les médecins doivent donc suivre les personnes avec attention jusqu’à confirmation du diagnostic.

L’érythème polymorphe guérit spontanément. Lorsque le prurit est gênant, des traitements (antiprurigineux) classiques peuvent être prescrits. Les corticoïdes oraux peuvent être utiles. Lorsque la présence de cloques au niveau de la muqueuse buccale rend l’alimentation douloureuse, un anesthésique local (appliqué par voie cutanée), comme la lidocaïne, peut être appliqué localement. Lorsque l’alimentation orale reste néanmoins insuffisante, on alimente (nutriments, sels minéraux et liquides) les personnes par voie intraveineuse (on parle de « nutrition parentérale »). Chez les personnes qui ont des récidives fréquentes, des médicaments antiviraux, comme l’acyclovir, administré dès les premiers signes de l’éruption, peuvent être utiles.