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Dermite atopique

Par Karen McKoy, MD, MPH, Lahey Clinic Medical Center

La dermite atopique est une inflammation chronique prurigineuse de la couche superficielle de la peau, qui se développe souvent chez des personnes ayant des antécédents de rhume des foins ou asthmatiques, ainsi que chez les personnes présentant une prédisposition familiale à cette dermatose.

  • La dermite atopique est très fréquente, en particulier, dans les pays développés et chez les personnes ayant des tendances allergiques.

  • Les enfants tendent à développer des éruptions érythémateuses avec suintements et croûtes sur le visage et le cuir chevelu, les fesses (zone couverte par les couches), les mains, les bras, les pieds et les jambes.

  • D’autres enfants et adultes tendent à développer une ou plusieurs éruptions, généralement sur les mains, les avant-bras, le creux du coude ou l’arrière des genoux.

  • Les médecins posent le diagnostic d’après l’aspect de l’érythème et les antécédents familiaux de la personne.

  • Le traitement inclut l’hydratation de la peau, l’application de corticoïdes sur la peau et, parfois, d’autres mesures.

La dermite atopique est l’une des maladies cutanées les plus fréquentes, en particulier, dans les zones urbaines ou les pays développés, et touche environ 15 à 30 % des enfants ou des adolescents et 2 à 10 % des adultes dans le monde. Près de 66 % des individus présentant cette affection sont touchés avant l’âge de 1 an et 90 % avant 5 ans. La dermite atopique apparaissant dans l’enfance disparait souvent ou diminue fortement à l’âge adulte.

L’étiologie de la dermite atopique est inconnue, mais les personnes atteintes présentent en général plusieurs maladies de nature allergique, notamment un asthme, un rhume des foins et des allergies alimentaires. La relation existant entre les dermites et ces maladies n’est pas claire. La dermite atopique n’est pas une allergie à une substance donnée. La dermite atopique n’est pas contagieuse.

De nombreux facteurs, comme un stress émotionnel, des variations de la température ou de l’humidité, des infections bactériennes cutanées, certaines particules aéroportées (les acariens, les moisissures et les squames) et un contact avec des vêtements irritants (notamment la laine) peuvent aggraver la dermite atopique. Chez certains nouveau-nés, les allergies alimentaires peuvent être à l’origine d’une dermite atopique.

Symptômes

Les enfants peuvent développer des éruptions érythémateuses avec suintements et croûtes sur le visage et le cuir chevelu, les fesses (zone couverte par les couches), les mains, les bras, les pieds et les jambes. De larges surfaces cutanées peuvent être affectées. Chez le grand enfant et l’adulte, l’éruption n’est souvent observée (et récidive) qu’au niveau d’une ou de quelques zones, essentiellement au niveau des mains, des bras, des coudes ou derrière les genoux.

La coloration, l’intensité et la localisation de l’éruption varient, mais elle est toujours prurigineuse. Le prurit incite à se gratter, ce qui déclenche un cercle vicieux de prurit-grattage-prurit, qui aggrave le trouble et entraîne des lésions cutanées favorisant la pénétration des bactéries et, ainsi, les infections. Le grattage et le frottement peuvent également léser la peau, permettant aux bactéries de pénétrer dans les lésions et de provoquer des infections.

En cas de dermite atopique, l’infection par le virus herpes simplex, qui ne touche généralement qu’une région circonscrite et se caractérise par de petites cloques légèrement douloureuses (voir Infections par le virus herpès simplex), peut se transformer en dermite étendue, vésicules et forte fièvre (eczéma herpeticum). Les personnes présentant une dermite atopique peuvent également développer des infections cutanées virales (comme des verrues communes et des molluscum contagiosum) et des infections cutanées mycosiques.

Diagnostic et traitement

Le diagnostic de dermite atopique est basé sur l’éruption typique et souvent en prenant en compte les éventuelles allergies familiales. Parfois, les médecins appliquent des substances sur la peau ou font des analyses de sang pour déterminer quelles substances déclenchent les attaques.

Il n’existe aucun traitement, mais le prurit peut être soulagé par des médicaments locaux ou des médicaments oraux (voir Prurit : Traitement). D’autres mesures peuvent être efficaces. Éviter le contact avec des substances notoirement irritantes pour la peau ou avec des aliments pour lesquels il existe une sensibilisation, permet de prévenir l’éruption cutanée. La peau doit être hydratée avec des crèmes hydratantes disponibles dans le commerce ou des huiles d’origine minérale ou végétale. Il est préférable d’appliquer les crèmes hydratantes immédiatement après le bain, quand la peau est encore humide. Les parents doivent couper court les ongles de leurs enfants pour limiter le grattage et réduire le risque d’infection.

Certaines mesures peuvent permettre de réduire l’exposition aux déclencheurs communs présents au domicile :

  • Utilisation d’oreillers en synthétique et d’une alèse imperméable

  • Lavage des draps à haute température

  • Suppression des meubles rembourrés, peluches, tapis et animaux domestiques (pour limiter les acariens et les squames d’animaux)

  • Utilisation d’une VMC équipée de filtres HEPA (filtres des particules de l’air à haute efficacité) dans les chambres et les autres pièces de vie

  • Utilisation de déshumidificateurs dans la cave et dans d’autres pièces mal aérées et humides (pour limiter les champignons)

Les traitements spécifiques incluent l’application d’une pommade ou d’une crème corticoïde. Pour limiter l’emploi des corticoïdes au long cours, on les remplace parfois par des huiles minérales sur une à plusieurs semaines au cours d’un cycle. Les pommades ou les crèmes contenant un médicament modulateur du système immunitaire, comme le tacrolimus ou le pimécrolimus, sont également utiles et peuvent limiter la nécessité du traitement corticoïde à long terme. Certains médecins prescrivent ces médicaments en première intention. Les comprimés de cortisone représentent l’ultime alternative thérapeutique en cas de résistance.

La photothérapie (exposition à la lumière ultraviolette) peut aider les adultes (voir Photothérapie : La lumière ultraviolette pour traiter les maladies de la peau.). Ce traitement est rarement recommandé chez les enfants du fait de ses effets à long terme (cancers cutanés et cataracte).

Pour les cas sévères, le système immunitaire peut être supprimé avec la cyclosporine, l’azathioprine ou le mycophénolate mofétil par voie orale, ou des injections d’interféron gamma.

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