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Obésité

Par Adrienne Youdim, MD, FACP, UCLA David Geffen School of Medicine;Cedars Sinai Medical Center

L’obésité est un poids corporel excessif.

  • L’obésité est influencée par une association de facteurs, qui entraînent généralement une prise de calories supérieure aux besoins de l’organisme.

  • Ces facteurs peuvent inclure l’inactivité physique, l’alimentation, le patrimoine génétique, le mode de vie, le contexte ethnique et socio-économique, ainsi que certaines maladies et médicaments.

  • L’obésité accroît le risque de nombreux troubles, tels que le diabète, l’hypertension artérielle, les maladies cardiaques et certains cancers – et peut aboutir à un décès prématuré.

  • Il est essentiel d’augmenter le niveau d’activité et de réduire l’apport calorique pour traiter l’obésité, mais des médicaments peuvent aussi être bénéfiques pour certaines personnes.

  • En perdant ne serait-ce que 5 à 10 % de son poids, on peut réduire les problèmes associés au poids tels que le diabète, l’hypertension artérielle et les taux de cholestérol élevés.

  • Les personnes qui sont très obèses et qui ont de graves problèmes liés à leur poids peuvent bénéficier d’une opération pour perdre du poids.

On utilise l’indice de masse corporelle (IMC) pour définir le surpoids et l’obésité. L’IMC est calculé en divisant le poids (en kilogrammes) par la taille (en mètres) élevée au carré, Masse grasse et masse maigre : composition corporelle. Le surpoids est généralement défini comme un IMC compris entre 25 et 29,9. Chez les asiatiques et dans certains autres groupes ethniques, l’IMC correspondant à un poids normal et à un surpoids est légèrement inférieur. L’obésité est définie comme un IMC supérieur ou égal à 30. L’obésité est considérée comme sévère si l’IMC est supérieur ou égal à 40.

L’IMC ne fait pas la différence entre le tissu musculaire (masse maigre) et le tissu adipeux. Par conséquent, si l’on se fonde seulement sur l’IMC, certaines personnes peuvent entrer dans la catégorie « obèse » alors que leur pourcentage de graisse corporelle est très bas. Certaines personnes, comme par exemple les culturistes, ont un IMC très élevé parce que leur masse musculaire est très importante (les muscles étant plus denses que la graisse), alors qu’elles ont très peu de graisse. De telles personnes ne sont pas considérées comme obèses.

L’obésité est devenue de plus en plus répandue dans le monde. Aux États-Unis, l’obésité est très courante. Presque 36 % des adultes sont obèses et plus de 25 % des enfants et des adolescents sont en surpoids ou obèses. L’obésité sévère aussi est devenue plus courante.

Il est plus facile de prévenir l’obésité que de la traiter. Une fois que l’on a pris trop de poids, le corps résiste à la perte de poids. Par exemple, quand les personnes font un régime ou réduisent le nombre de calories consommées, l’organisme compense en augmentant l’appétit et en réduisant le nombre de calories dépensées au repos.

Détermination de l’indice de masse corporelle

Taille

Poids en kg

100

110

120

130

140

150

160

170

180

190

200

210

220

230

240

250

260

147 cm

21

23

25

27

29

31

33

36

38

40

42

44

46

48

50

52

54

150 cm

20

22

24

26

28

30

32

34

36

38

40

42

45

47

49

51

53

152 cm

20

21

23

25

27

29

31

33

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43

45

47

49

51

155 cm

19

21

23

25

26

28

30

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38

40

42

43

45

47

49

157 cm

18

20

22

24

26

27

29

31

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37

38

40

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44

46

48

160 cm

18

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162 cm

17

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21

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165 cm

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40

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168 cm

16

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19

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170 cm

16

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39

41

173 cm

15

17

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20

21

23

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26

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175 cm

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178 cm

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26

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180 cm

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183 cm

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185 cm

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188 cm

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190 cm

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30

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193 cm

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30

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196 cm

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24

25

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198 cm

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20

21

22

23

24

25

27

28

29

30

Les catégories de poids sont définies comme suit :

  • Déficit pondéral = IMC < 18,5

  • Poids normal = IMC entre 18,5 et 24,9 (18 et 22,9 pour les Asiatiques)

  • Surpoids = IMC entre 25 et 29,9 (23 à 29,9 pour les Asiatiques)

  • Obésité = IMC entre 30 et 39,9

  • Obésité sévère (ou morbide) = IMC ≥ 40

Causes

L’obésité résulte d’une combinaison de facteurs, dont les occasions réduites d’activité physique, l’accès accru à des aliments hautement caloriques et la présence de gènes de susceptibilité. Toutefois, en dernière analyse, l’obésité résulte d’une consommation de calories dépassant les besoins de l’organisme sur une période prolongée.

L’excédent de calories est stocké sous forme de graisse (tissu adipeux) dans l’organisme. Le nombre de calories nécessaire varie d’une personne à l’autre en fonction de l’âge, du sexe, du niveau d’activité et du métabolisme basal. Le métabolisme au repos (métabolisme basal) d’une personne – la quantité de calories brûlées par l’organismes au repos – est déterminé par la quantité de tissu musculaire (masse maigre) et par le poids total de la personne. Le métabolisme basal est d’autant plus élevé que les personnes ont plus de muscles.

Inactivité physique

Dans les pays industrialisés, le manque d’activité physique est fréquent et contribue à augmenter la fréquence de l’obésité. Les occasions de pratiquer une activité physique ont été éliminées par diverses avancées technologiques – comme les ascenseurs, les automobiles et les contrôles à distance. On passe plus de temps à des activités sédentaires comme utiliser un ordinateur, regarder la télévision et jouer à des jeux vidéo. Le travail des personnes est aussi devenu plus sédentaire, les tâches administratives et les emplois de bureau ayant remplacé le travail manuel. Les personnes sédentaires consomment moins de calories que les personnes actives et, par conséquent, elles ont besoin d’ingérer moins de calories. Faute de réduire leur apport calorique, elles prennent du poids.

Régime alimentaire

Dans les pays industrialisés, l’alimentation est dense en énergie. Autrement dit, elle se compose d’aliments qui ont un grand nombre de calories dans un volume relativement petit. La plupart de ces aliments contiennent plus de glucides transformés, plus de matières grasses et moins de fibres. Les matières grasses sont naturellement denses en énergie. Les lipides contiennent 9 calories par gramme, tandis que les glucides et les protéines n’en contiennent que 4.

Les plats préparés, comme les collations denses en énergie offertes aux distributeurs automatiques et dans la restauration rapide, contribuent à faire augmenter l’incidence de l’obésité. Les boissons hautement caloriques, dont les sodas, les jus et de nombreuses boissons à base de café, ainsi que l’alcool, y contribuent aussi de manière significative. Par exemple, un soda ou une bouteille de bière de 350 ml contient 150 calories et une boisson à base de café de 350 ml (avec de la crème et du sucre) ou un smoothie aux fruits peut en contenir 500 ou davantage. Le sirop de maïs à haute teneur en fructose (utilisé pour sucrer de nombreuses boissons en bouteilles) est souvent pointé du doigt comme étant particulièrement susceptible d’être la cause de l’obésité. Cependant, des études récentes montrent qu’il n’est pas plus susceptible de provoquer l’obésité que d’autres aliments contenant un nombre de calories en sucres similaire.

Les portions plus grandes proposées au restaurant et dans les aliments et les boissons emballés encouragent les personnes à se suralimenter. De plus, les plats servis au restaurant et les aliments emballés sont souvent préparés d’une manière qui ajoute des calories. Les personnes finissent donc par consommer plus de calories qu’elles ne le pensent.

Gènes

L’obésité a tendance à être familiale. Cependant, les familles partagent non seulement les gènes mais aussi l’environnement, ce qui rend difficile la distinction entre ces deux influences. Les gènes peuvent avoir un effet sur la vitesse à laquelle l’organisme brûle les calories au repos et pendant l’exercice. Ils peuvent aussi influencer l’appétit et par conséquent la quantité de nourriture consommée. Les gènes peuvent avoir plus d’influence sur les endroits où la graisse corporelle s’accumule, particulièrement autour de la taille et dans l’abdomen, que sur la quantité de graisse corporelle qui s’accumule.

Il existe de nombreux gènes qui influencent le poids, mais l’effet de chaque gène est très réduit. L’obésité résulte rarement d’une anomalie dans un seul gène.

Rarement, des mutations dans les gènes suivants conduisent à l’obésité :

  • Le gène du récepteur de la mélanocortine 4 Les récepteurs sont des structures situées à la surface des cellules, qui inhibent ou déclenchent une action dans la cellule quand certaines substances (comme des messagers chimiques) s’y lient. Les récepteurs de la mélanocortine 4 sont situés principalement dans le cerveau. Ils aident l’organisme à réguler son utilisation de l’énergie. Une mutation dans ce gène pourrait être à l’origine de l’obésité chez 1 à 4 % des enfants.

  • Le gène ob : Ce gène contrôle la production de la leptine, une hormone synthétisée par les cellules adipeuses. La leptine se rend au cerveau où elle interagit avec les récepteurs dans l’hypothalamus (la région du cerveau qui aide à réguler l’appétit). Le message véhiculé par la leptine est de réduire les apports alimentaires et d’augmenter la quantité de calories brûlées (énergie). Une mutation du gène ob bloque la production de leptine, avec pour conséquence une obésité sévère chez un très petit nombre d’enfants. Dans ces cas, l’administration de leptine fait diminuer le poids corporel jusqu’à des valeurs normales.

Généralités :

Certaines caractéristiques peuvent augmenter le risque de surpoids ou d’obésité. Parmi elles figurent :

  • Certaines ascendances raciales et ethniques, comme les Noirs, les Hispaniques et les habitants des îles du Pacifique

  • L’appartenance à un groupe socio-économique inférieur

  • Un niveau d’éducation inférieur

  • L’obésité pendant l’enfance ( L'obésité chez les adolescents), qui tend à persister pendant la vie adulte.

Grossesse et ménopause

La prise de poids au cours de la grossesse est normale et nécessaire. Cependant, la grossesse peut être le début de problèmes de poids si les femmes ne retrouvent pas le poids qu’elles avaient avant leur grossesse. Environ 15 % des femmes gagnent définitivement 10 kg ou plus à chaque grossesse. Les grossesses rapprochées peuvent compliquer le problème. L’allaitement peut aider les femmes à retrouver leur poids antérieur à la grossesse.

Dans le cas des femmes enceintes obèses ou fumeuses, la régulation du poids des enfants peut s’en trouver perturbée, contribuant à un gain de poids dans l’enfance et ultérieurement.

Après la ménopause, beaucoup de femmes prennent du poids. Cette prise de poids peut être due à une activité réduite. Les changements hormonaux peuvent induire une redistribution des graisses qui s’accumulent autour de la taille. La graisse en cet endroit accroît le risque de problèmes de santé ( Syndrome métabolique).

Vieillissement

À mesure que l’on vieillit, la composition corporelle peut changer, avec une diminution de la masse musculaire. Il en résulte un pourcentage de graisse corporelle plus élevé et une baisse du métabolisme basal (parce que les muscles brûlent plus de calories).

L’obésité est deux fois plus fréquente à 55 ans qu’à 20 ans.

Mode de vie

La privation ou le manque de sommeil (correspondant généralement à moins de 6 à 8 heures par nuit) peut entraîner une prise de poids. L’absence de sommeil provoque des changements hormonaux qui augmentent l’appétit et le désir irrépressible de consommer des aliments hautement énergétiques.

L’arrêt du tabac entraîne en général une prise de poids. La nicotine, en effet, réduit l’appétit et accélère le métabolisme. Lorsque les personnes arrêtent la nicotine, elles peuvent se mettre à manger davantage et leur métabolisme est réduit, ce qui diminue le nombre de calories brûlées. Il peut en résulter une prise de poids de 5 à 10 %.

Les hormones :

Rarement, les troubles hormonaux peuvent causer l’obésité. Les suivants comptent parmi les plus communs :

  • Le syndrome de Cushing est causé par des taux excessifs de cortisol dans l’organisme. Ce syndrome peut provenir d’une tumeur bénigne dans l’hypophyse (adénome hypophysaire) ou d’une tumeur dans une glande surrénale ou ailleurs, comme dans les poumons. Le syndrome de Cushing entraîne typiquement une accumulation de graisse dans le visage, ce qui le fait gonfler (on appelle cela un faciès lunaire) et à l’arrière du cou (appelé bosse de bison).

  • Le syndrome des ovaires polykystiques ( Syndrome des ovaires polykystiques) touche 5 à 10 % des femmes. Les femmes touchées ont tendance à prendre du poids ou à devenir obèses. Les taux de testostérone et d’autres hormones masculines sont accrus, ce qui cause une accumulation de graisse autour de la taille et dans l’abdomen, des endroits où les dépôts de graisse sont plus nuisibles à la santé que si la graisse est répartie dans tout l’organisme.

Le saviez-vous ?

  • Rarement, les troubles hormonaux peuvent causer l’obésité.

Troubles alimentaires

Deux troubles alimentaires sont associés à l’obésité :

  • Le trouble alimentaire boulimique est caractérisé par une boulimie, consistant à manger de grandes quantités de nourriture pendant un bref laps de temps, et habituellement par un sentiment de culpabilité ou de remords, ou une sensation de perte de contrôle. La plupart des personnes qui en souffrent n’éliminent pas (par exemple en vomissant ou en utilisant des laxatifs ou des diurétiques). Ce trouble est diagnostiqué quand des épisodes de boulimie surviennent au moins deux fois par semaine pendant au moins 6 mois ( Trouble alimentaire boulimique).

  • Le syndrome de fringale nocturne consiste à ne pas beaucoup manger dans la journée, à consommer beaucoup de nourriture ou de calories en soirée et à se réveiller pour manger au milieu de la nuit. Dans de rares cas, la prise d’un somnifère, le zolpidem, peut causer des problèmes similaires.

Médicaments

De nombreux médicaments utilisés pour traiter des troubles courants peuvent favoriser une prise de poids. Ils incluent certains médicaments utilisés pour traiter des troubles psychiatriques dont la dépression, certains médicaments utilisés pour traiter les crises convulsives, certains médicaments utilisés pour traiter l’hypertension artérielle (antihypertenseurs, tels que les bêta-bloquants), les corticostéroïdes et certains médicaments utilisés pour traiter le diabète sucré.

Symptômes

Le symptôme le plus évident de l’obésité est un changement de l’apparence de la personne.

Complications

L’obésité accroît le risque de rencontrer de nombreux problèmes de santé. Presque tous les systèmes d’organes peuvent être concernés. Ces problèmes de santé liés au poids peuvent causer des symptômes tels qu’un essoufflement, des difficultés à respirer pendant l’activité, des ronflements, des anomalies cutanées dont des vergetures, des douleurs articulaires et dorsales.

L’obésité accroît le risque des pathologies suivantes :

  • Taux anormaux de cholestérol et d’autres lipides, portant le nom de dyslipidémie

  • Tension artérielle élevée (hypertension)

  • Syndrome métabolique, qui comprend une résistance aux effets de l’insuline (appelée résistance à l’insuline), des taux sanguins anormaux de cholestérol et d’autres lipides et de l’hypertension artérielle

  • Maladie coronarienne

  • Insuffisance cardiaque

  • Diabète ou niveau de sucre sanguin élevé, mais pas suffisamment pour être considéré comme un cas de diabète (prédiabète)

  • Cancer du sein, de l’utérus, des ovaires, du côlon, de la prostate, des reins ou du pancréas

  • Calculs biliaires et autres troubles de la vésicule biliaire

  • Reflux gastro-œsophagien

  • Bas niveau de testostérone, dysfonctionnement érectile et réduction de la fertilité masculine

  • Troubles menstruels, infertilité et risque accru de fausses couches chez les femmes

  • Infections cutanées

  • Varices

  • Stéatose hépatique et cirrhose

  • Caillots sanguins (thrombose veineuse profonde et embolie pulmonaire)

  • Apnée obstructive du sommeil

  • Arthrite, goutte, douleurs lombaires et autres troubles articulaires

  • Dépression et anxiété

L’apnée obstructive du sommeil peut se développer si l’excès de graisse dans le cou comprime les voies respiratoires pendant le sommeil ( Apnée du sommeil). La respiration s’arrête pendant quelques instants, à une fréquence pouvant atteindre des centaines de fois par nuit. Ce trouble passe souvent inaperçu et n’est pas diagnostiqué. Il peut causer un ronflement sonore, une somnolence excessive dans la journée et accroître le risque d’hypertension artérielle, de rythmes cardiaques anormaux, de syndrome métabolique, d’infarctus du myocarde, d’insuffisance cardiaque et d’accident vasculaire cérébral.

L’obésité peut accroître le risque de décès précoce. Plus l’obésité est sévère, plus le risque est élevé. Aux États-Unis, 300 000 décès par an sont attribués à l’obésité. C’est la deuxième cause la plus commune de décès évitable (la première étant le tabagisme).

L’obésité peut engendrer des problèmes sociaux, économiques et psychologiques. Par exemple, les personnes obèses peuvent être sous-employées ou sans emploi, ou encore elles peuvent avoir une mauvaise image de leur corps ou une faible estime d’elles-mêmes.

Diagnostic

L’obésité est diagnostiquée en déterminant l’IMC ( Obésité). L’IMC ne tient pas compte de la race, du sexe ni de l’âge. Il ne fait pas non plus la différence entre la masse maigre et le tissu adipeux. Par conséquent, certaines personnes ont un IMC élevé parce qu’elles ont un surplus de muscles (par exemple, s’il s’agit de culturistes), mais elles ne sont pas considérées comme obèses. Au contraire, certaines personnes ont un poids normal mais un pourcentage élevé de masse grasse, ce qui est malsain. Par conséquent, en cas de doute sur la cause d’un IMC élevé, à savoir un surplus de muscles ou un excès de graisse, les médecins déterminent la composition corporelle (le pourcentage de masse grasse et de masse musculaire).

La composition du corps peut être déterminée à l’aide de l’impédance bioélectrique, qui peut être réalisée au cabinet du médecin ( Masse grasse et masse maigre : composition corporelle). On peut aussi estimer le pourcentage de masse grasse en mesurant l’épaisseur du pli cutané (généralement le pli tricipital, à l’arrière de la partie supérieure du bras) et la circonférence du haut du bras. Le pli cutané, constitué de la peau et de la couche de graisse sous-cutanée, s’obtient en pinçant la peau.

La circonférence de la taille est mesurée. Cette mesure aide à identifier et à quantifier l’obésité abdominale (viscérale), qui est la graisse accumulée autour de la taille et dans l’abdomen ( Syndrome métabolique : Diagnostic). L’obésité abdominale est beaucoup plus délétère que la graisse qui est répartie dans tout l’organisme, sous la peau (graisse sous-cutanée).

On effectue typiquement des analyses sanguines. Le taux de sucre (glucose) sanguin est mesuré pour vérifier l’existence éventuelle d’un prédiabète ou d’un diabète. Les taux de cholestérol et d’autres lipides sont mesurés pour vérifier la présence éventuelle d’un taux de cholestérol élevé ou d’autres anomalies des lipides. Les médecins mesurent également la tension artérielle pour vérifier la présence d’une éventuelle hypertension artérielle. Ces examens aident les médecins à déterminer si les personnes présentent un syndrome métabolique (qui comprend ces trois troubles, Syndrome métabolique).

Informés du tour de taille et de la présence éventuelle du syndrome métabolique, les médecins sont mieux à même d’estimer le risque de certaines complications (telles que des troubles cardiaques), plutôt qu’à partir de l’IMC seulement.

Les médecins vérifient aussi s’il existe d’autres troubles courants chez les personnes obèses, comme l’apnée obstructive du sommeil, la stéatose hépatique et la dépression.

Traitement

Le principal traitement de l’obésité consiste à modifier le mode de vie, ce qui inclut des changements de régime alimentaire, une plus grande activité physique et des changements de comportement. Certaines personnes peuvent aussi avoir besoin de médicaments ou de se faire opérer pour perdre du poids (chirurgie bariatrique) ( Chirurgie bariatrique). En perdant ne serait-ce que 5 à 10 % de son poids, on peut réduire le risque ou la gravité des problèmes de santé liés au poids tels que le diabète, l’hypertension artérielle et les taux de cholestérol élevés.

Pour perdre du poids avec succès, il faut avoir de la motivation et se sentir prêt. Les personnes qui y réussissent le mieux ont des objectifs réalistes et reconnaissent qu’on ne peut parvenir à une saine perte de poids qu’en apportant des changements durables à son mode de vie, plutôt qu’en ayant recours à une pilule miracle ou à un régime à la mode impossible à respecter. Il peut être utile de rechercher le soutien de professionnels de la santé comme des diététiciens ou des médecins. Il est également crucial d’avoir le soutien de membres de la famille. Les programmes qui exigent des rendez-vous réguliers, tels que Weight Watchers, responsabilisent la personne et peuvent augmenter les chances de réussite. En général, des réunions hebdomadaires sont organisées par des conseillers, qui s’aident de matériels pédagogiques et informatifs.

Le saviez-vous ?

  • En perdant ne serait-ce que 5 à 10 % de son poids, on peut réduire les risques pour sa santé.

Changements alimentaires

Une bonne alimentation, équilibrée, pour perdre du poids exige de réduire le nombre de calories consommées et de choisir un vaste éventail d’aliments qui apportent une bonne nutrition. Une réduction du nombre de calories consommées de 500 à 1 000 calories par jour peut entraîner une perte de poids d’un demi à un kilogramme par semaine, ce qui est une vitesse de perte de poids adéquate. Cette approche signifie généralement que l’on consomme 1 200 à 1 500 calories par jour. Cependant, l’organisme peut s’ajuster à la diminution des calories (par exemple en diminuant le métabolisme de base). La perte de poids peut donc être inférieure à celle attendue. Néanmoins, la meilleure manière de perdre du poids de manière durable semble consister à suivre un régime alimentaire pauvre en graisses et riche en fibres, à réduire l’apport calorique d’environ 600 calories par jour et à remplacer une partie des glucides par des protéines. La perte de poids peut être plus rapide avec un régime alimentaire très pauvre en calories, mais de tels régimes doivent faire l’objet d’une surveillance médicale.

Il est recommandé d’apporter les changements suivants à son alimentation :

  • Prendre de petits repas et éviter les collations ou les choisir attentivement

  • Prendre un petit déjeuner (le fait d’omettre le petit déjeuner peut conduire à consommer trop de calories plus tard dans la journée)

  • Consommer au moins 5 portions de fruits et légumes chaque jour.

  • Substituer des fruits, des salades et des légumes frais aux glucides raffinés et aux aliments transformés

  • Consommer des protéines maigres – par exemple, du poisson ou des poitrines de poulet ou encore des protéines végétales comme du soja

  • Passer à des produits laitiers écrémés

  • Éliminer les boissons caloriques comme les sodas, les jus ou l’alcool et boire de l’eau à la place

  • Limiter les repas au restaurant et la restauration rapide

  • Limiter la consommation d’alcool

  • Remplacer les mauvaises graisses (comme les graisses saturées et les graisses trans) par les bonnes graisses, comme les graisses mono-insaturées (dans l’huile d’olive ou de colza) et polyinsaturées (dans les poissons de haute mer et les huiles végétales), et limiter la quantité de graisses consommées.

Non seulement les graisses saturées et les graisses trans contribuent à la prise de poids et à l’obésité, mais elles peuvent être nocives en conduisant à des taux de cholestérol anormaux et à un risque accru de coronaropathie. La consommation d’aliments à faible index glycémique ( Index glycémique de certains aliments) et d’aliments contenant des huiles de poisson (y compris des poissons de haute mer comme le saumon et le thon) ou de graisses mono-insaturées d’origine végétale (comme l’huile d’olive) peut réduire le risque de troubles cardiaques et de diabète.

Il convient d’inclure des produits laitiers à 0 % de matière grasse ou à faible teneur en matière grasse, qui fournissent de la vitamine D, afin de prévenir une carence en cette vitamine.

Des substituts de repas, utilisés régulièrement ou occasionnellement, peuvent aider certaines personnes à perdre durablement du poids.

Activité physique

Une plus grande activité physique peut aider les personnes à perdre du poids d’une façon saine et durable. L’activité physique englobe non seulement l’exercice (c’est-à-dire l’activité physique structurée), mais aussi les activités liées au mode de vie, comme monter les escaliers au lieu de prendre l’ascenseur, faire du jardinage et marcher au lieu de conduire quand c’est possible. Les activités liées au mode de vie peuvent brûler énormément de calories. Les personnes qui ne font pas d’exercice pendant leur régime ont plus de risques de regagner le poids qu’elles ont perdu.

Les activités physiques aérobies, telles que la course, la marche rapide (5 à 6 km/h), le cyclisme, le tennis, le patin à glace et le ski de fond permettent de consommer davantage de calories que des activités moins intenses ( Choisir l’exercice physique le mieux adapté). Par exemple, la marche rapide permet de brûler 4 calories environ par minute, ainsi une heure de marche rapide par jour consomme 240 calories environ. La course à pied brûle environ 6 à 8 calories par minute (environ 360 à 480 calories par heure). De manière générale, il faut marcher au moins 150 minutes par semaine pour favoriser un bon état de santé. Pour perdre du poids durablement, il faut consacrer 300 à 360 minutes par semaine à des activités physiques modérées ou 150 minutes par semaine à des activités aérobies intenses (comme la course à pied ou l’utilisation d’une machine elliptique). La pratique d’une activité physique aérobie intense apporte d’autres bénéfices de santé, y compris une réduction du risque de coronaropathie et une augmentation de l’endurance ( Bénéfices de l’exercice physique).

Pour tirer le meilleur parti de l’exercice, les personnes devraient faire de la musculation (avec des poids ou une autre forme de résistance) environ 3 jours par semaine. La musculation augmente la quantité de tissu musculaire, ce qui fait augmenter le métabolisme basal, de sorte que l’organisme brûle plus de calories au repos.

Changements de comportement

Enfin, pour que la perte de poids soit efficace et durable, les personnes doivent modifier leur comportement. Les programmes de perte de poids qui aident les personnes à modifier leur comportement sont les plus efficaces. Pour modifier leur comportement, les personnes ont besoin de certaines compétences, dont :

  • Résolution de problèmes

  • La prise en charge du stress

  • L’auto-surveillance

  • La gestion des imprévus

  • Le contrôle des stimuli

La résolution de problèmes consiste à reconnaître et planifier à l’avance les situations les plus susceptibles de conduire à une alimentation mauvaise pour la santé (comme dîner à l’extérieur ou voyager) ou qui réduisent les occasions de pratiquer une activité physique (comme conduire sur de longues distances).

Pour prendre en charge le stress, les personnes peuvent apprendre à reconnaître les situations stressantes et à mettre au point des stratégies pour gérer leur stress autrement qu’en mangeant – ces stratégies pouvant par exemple consister à faire une promenade, à méditer ou à inspirer profondément.

Dans l’auto-surveillance, les personnes peuvent tenir un journal alimentaire, mentionnant le nombre de calories dans les aliments, et se peser régulièrement. Elles peuvent consigner le lieu et l’heure de leurs repas, leur état d’esprit pendant ces repas et la présence ou l’absence de tierces personnes. Avec ces informations, elles peuvent observer et consigner leurs modes de comportement et habitudes alimentaires, ce qui leur permet d’éviter les situations conduisant à une prise de poids ou à une alimentation malsaine.

La gestion des imprévus se traduit par l’attribution de récompenses (autres que de la nourriture) pour des comportements contribuant à la perte de poids ou à la conservation d’un poids santé. Par exemple, si les personnes marchent davantage ou mangent moins de certains aliments, elles peuvent se récompenser en s’offrant de nouveaux vêtements ou en allant au cinéma. Les récompenses peuvent aussi venir d’autres personnes – par exemple, recevoir des félicitations de membres de la famille ou de membres d’un groupe de soutien.

Pour contrôler les stimuli susceptibles de déclencher un comportement alimentaire mauvais pour la santé, les personnes peuvent apprendre à identifier les obstacles à une alimentation saine et un mode de vie actif. Elles peuvent alors développer des stratégies pour surmonter ces obstacles. Par exemple, les personnes peuvent éviter de se rendre dans un lieu de restauration rapide en allant au travail, ou d’avoir des sucreries à la maison. Afin de développer un mode de vie actif, elles peuvent adopter un passe-temps actif (comme le jardinage), marcher davantage, prendre l’habitude d’utiliser les escaliers plutôt que l’ascenseur ou se garer à l’extrémité des parkings (ce qui leur fournit l’occasion d’une plus longue marche).

Les ressources Internet, les applications pour dispositifs mobiles et d’autres dispositifs technologiques peuvent aussi aider à développer un mode de vie actif et à conserver la perte de poids. Les applications peuvent aider les personnes à se fixer un objectif de perte de poids, à suivre leur progrès, contrôler leur consommation alimentaire et consigner leur activité physique.

Médicaments

Pour des personnes obèses ou en surpoids présentant des troubles liés au poids, il peut être utile de prendre des médicaments. Les médicaments sont le plus efficace quand ils sont utilisés conjointement à des changements de régime alimentaire, une augmentation d’activité physique et des programmes structurés incluant des modifications du comportement. Certains médicaments pour perdre du poids sont conçus pour une utilisation à court terme. D’autres sont conçus pour une utilisation à long terme.

Les médicaments pour perdre du poids qui sont actuellement disponibles comprennent

  • Orlistat

  • Phentermine

  • Une combinaison de phentermine et topiramate

  • Lorcasérine

Ces médicaments sont utilisés chez des personnes ayant un IMC supérieur ou égal à 30, ou supérieur ou égal à 27 quand elles présentent des complications telles qu’une hypertension artérielle ou un diabète. Quand les personnes prennent des médicaments pour perdre du poids, elles perdent généralement environ 5 à 10 % de leur poids corporel.

L’orlistat limite la dégradation et l’absorption des graisses dans l’intestin, reproduisant en fait l’effet d’un régime pauvre en graisses. L’orlistat est disponible en vente libre ainsi que sur ordonnance. Il entraîne la présence de graisses non absorbées dans le tube digestif. Ces graisses peuvent causer des ballonnements, des gaz et des selles molles, mais ces problèmes ont tendance à se résoudre avec le temps. L’orlistat doit se prendre avec les repas. L’orlistat peut interférer avec l’absorption des vitamines liposolubles : A, D, E et K. Faute d’absorber suffisamment de vitamine D, certaines personnes peuvent développer de l’ostéoporose, ce qui accroît le risque de fractures. Les personnes qui prennent de l’orlistat doivent prendre un supplément de vitamine qui contient ces nutriments. Ces suppléments sont à prendre au moins 2 heures avant ou après la prise de l’orlistat.

La phentermine réduit l’appétit en agissant sur les messagers chimiques dans la région du cerveau qui contrôle l’appétit. Elle est disponible uniquement sur ordonnance. Elle peut augmenter la tension artérielle et le rythme cardiaque et provoquer de l’insomnie, de l’anxiété et de la constipation.

L’association de la phentermine et du topiramate (un médicament utilisé pour traiter les crises convulsives et les migraines) n’est disponible que sur ordonnance. Cette association médicamenteuse entraîne une perte de poids pendant une période allant jusqu’à deux ans. En revanche, elle cause des malformations congénitales, par conséquent les femmes en âge de procréer ne doivent la prendre que si elles ont recours à la contraception et passent des tests mensuels de grossesse. Ces médicaments peuvent entraîner des problèmes de sommeil et de concentration et augmenter la fréquence cardiaque.

La lorcasérine est délivrée uniquement sur ordonnance. Elle supprime l’appétit en ayant des effets sur certains récepteurs dans le cerveau.

L’association de la fenfluramine et de la phentermine (souvent dite fen-phen) a été la thérapie la plus efficace. Cependant, la fenfluramine a été retirée du commerce à cause des troubles valvulaires cardiaques provoqués chez certaines personnes traitées par cette association médicamenteuse.

Certains suppléments alimentaires de régime en vente libre, tels que les plantes médicinales, sont proposés pour leurs soi-disant capacités à augmenter la perte de poids, accélérer le métabolisme ou augmenter la sensation de satiété. L’efficacité de ces suppléments n’a pas été prouvée et ils peuvent contenir des additifs ou des stimulants nocifs (comme l’éphédra, la caféine, le guarana et la phénylpropanolamine) : il convient de les éviter.

Beaucoup de nouveaux médicaments pour le traitement de l’obésité sont en cours de développement et ils vont probablement changer les futures modalités de traitement de l’obésité.

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