Introuvable
Emplacements

Trouvez des informations sur des sujets médicaux, des symptômes, des médicaments, des procédures, des nouvelles et bien plus encore, rédigées en langage simple.

Gastrinome

Par Elliot M. Livstone, MD, Emeritus Staff, Sarasota Memorial Hospital, Sarasota, FL

Le gastrinome est une tumeur généralement située dans le pancréas ou le duodénum (premier segment de l’intestin grêle), qui produit des taux excessifs de gastrine, l’hormone qui stimule la sécrétion gastrique d’acide et d’enzymes, et entraîne des ulcères gastroduodénaux.

Les gastrinomes sont un type de tumeur endocrine du pancréas. La plupart des patients qui ont des gastrinomes présentent plusieurs tumeurs regroupées à l’intérieur du pancréas ou près de celui-ci, ou situées dans le duodénum. Près de la moitié des tumeurs sont de nature maligne. Parfois un gastrinome apparaît dans le cadre d’une néoplasie endocrinienne multiple, maladie héréditaire constituée de tumeurs qui prennent leur origine dans les cellules de différentes glandes endocrines, telles que les cellules productrices d’insuline du pancréas.

Symptômes

La gastrine excédentaire sécrétée par le gastrinome provoque le syndrome de Zollinger-Ellison, dans lequel le patient présente des symptômes d’ulcères gastroduodénaux agressifs dans l’estomac, le duodénum, et ailleurs dans l’intestin. Cependant, 25 % des patients qui présentent un syndrome de Zollinger-Ellison n’ont pas d’ulcère au moment du diagnostic. Une obstruction de l’intestin, un saignement et une occlusion intestinale peuvent également se produire, mettant la vie en danger. Chez près de la moitié des sujets qui souffrent de gastrinome, les symptômes ne sont pas plus graves que ceux d’un ulcère gastroduodénal ordinaire. Chez 25 à 40 % des patients, la diarrhée est le premier symptôme.

Diagnostic

  • Analyses de sang

  • Examens d’imagerie

Le médecin suspecte un gastrinome en cas d’ulcères gastroduodénaux fréquents ou multiples, résistants aux traitements habituels des ulcères ordinaires. Les analyses de sang à la recherche de taux extrêmement élevés de la gastrine sont les meilleurs moyens de diagnostic.

Dès que les analyses de sang diagnostiquent un gastrinome, les médecins utilisent plusieurs techniques d’imagerie, comme la tomodensitométrie (TDM) de l’abdomen, la scintigraphie (un type de scintigraphie radio-isotopique), l’échographie endoscopique, la tomographie par émission de positons (TEP) et l’artériographie (radiographie prise après injection d’un produit radio-opaque dans une artère), pour localiser les tumeurs. Cependant, il peut être très difficile de localiser ces tumeurs, car elles sont parfois très petites.

Pronostic

Si la tumeur est entièrement retirée par voie chirurgicale, les patients ont plus de 95 % de chances de survivre 5 à 10 ans. Si la tumeur n’est pas entièrement retirée, les patients ont 43 % de chances de survivre 5 ans et 25 % de chances de survivre 10 ans.

Traitement

  • Méthodes pour réduire les taux d’acide gastrique

  • Parfois ablation chirurgicale

  • Parfois chimiothérapie

Les inhibiteurs de la pompe à protons à fortes doses (voir Médicaments antiacides et Médicaments utilisés pour traiter les ulcères gastroduodénaux) peuvent être efficaces pour réduire la production d’acide et soulager temporairement les symptômes. Si ces médicaments ne sont pas suffisamment efficaces, des injections d’octréotide peuvent aider. S’il y a une seule tumeur et que le patient ne présente pas de néoplasie endocrinienne multiple, les médecins réalisent généralement une chirurgie pour retirer le gastrinome. Dans ces cas, le retrait chirurgical guérit environ 20 % des patients.

En cas d’échec de ce traitement, une gastrectomie totale peut s’avérer nécessaire. Cette intervention n’élimine pas le cancer, mais la gastrine ne peut plus provoquer la formation d’ulcères de l’estomac après l’ablation de cet organe qui produit la sécrétion d’acide chlorhydrique. Après la gastrectomie, des apports quotidiens de fer et de calcium par voie orale et des injections mensuelles de vitamine B12 sont indispensables, car l’absorption de ces nutriments est altérée en l’absence des sucs gastriques.

Si les tumeurs malignes ont métastasé dans d’autres parties de l’organisme, la chimiothérapie peut contribuer à réduire les tumeurs et à abaisser la gastrinémie. Cependant, cette solution ne permet pas de guérir le patient qui conserve sa tumeur, dont l’évolution à terme sera fatale.

Syndrome de Zollinger-Ellison

(Syndrome de Z-E)

Dans le syndrome de Zollinger-Ellison, l’estomac produit beaucoup trop d’acide, ce qui entraîne le développement de nombreuxulcères gastroduodénaux. Dans ce syndrome, l’acide excessif est produit parce qu’une tumeur, appelée gastrinome, produit de la gastrine. La gastrine est une hormone qui stimule la production d’acide par l’estomac.

La tumeur gastrinome est généralement observée dans le duodénum, le pancréas ou dans les structures adjacentes. Près de la moitié des tumeurs sont de nature cancéreuse (maligne). Les personnes atteintes du syndrome de Zollinger-Ellison développent fréquemment de nombreux ulcères gastroduodénaux qui récidivent malgré un traitement visant à les contrôler. Une diarrhée difficile à contrôler peut également se produire et/ou des symptômes de reflux acide (reflux gastro-œsophagien ou RGO).

Diagnostic

  • Analyses de sang

  • Examens d’imagerie

En général, les personnes atteintes de cette maladie ont un taux élevé de gastrine dans leur sang, que l’on peut mesurer pour établir le diagnostic.

Parfois, l’examen complémentaire implique d’administrer une hormone appelée sécrétine au patient. Chez les personnes atteintes du syndrome de Zollinger-Ellison, on observe une augmentation significative des taux de gastrine lorsque la sécrétine est injectée dans une veine. Par ailleurs, les examens complémentaires peuvent révéler une augmentation de la production d’acide gastrique.

Plusieurs examens peuvent être réalisés pour tenter de localiser la tumeur, y compris une tomodensitométrie (TDM), une échographie endoscopique, une artériographie (une radiographie prise après l’injection d’un produit radio-opaque dans une artère) et une scintigraphie radio-isotopique.

D’autres tests sont réalisés pour rechercher une infection par Helicobacterpylori.

Traitement

  • Méthodes pour réduire les taux d’acide gastrique

  • Ablation chirurgicale

  • Parfois chimiothérapie

Les inhibiteurs de la pompe à protons aident à contrôler la production excessive d’acide gastrique. Les personnes chez qui les inhibiteurs de la pompe à protons ne sont pas utiles peuvent recevoir des injections d’octréotide.

Une intervention chirurgicale visant à retirer la tumeur peut constituer un traitement curatif. Même si elle n’est pas curative, la chirurgie peut réduire la taille de la tumeur, réduisant à son tour la quantité d’acide produite par l’estomac et prévenant toute complication locale comme une occlusion intestinale.

Une chimiothérapie peut être utile chez les personnes dont le cancer s’est propagé. Bien qu’une chimiothérapie puisse réduire la taille de la tumeur et les taux de gastrine dans le sang, elle n’apporte pas de guérison.