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Méningite non infectieuse

Par John E. Greenlee, MD, Professor and Executive Vice Chair, Department of Neurology, University of Utah School of Medicine

La méningite non infectieuse est une inflammation des membranes qui recouvrent le cerveau et la moelle épinière (les méninges) et de l’espace rempli de liquide situé entre les méninges (espace sous-arachnoïdien) et qui est provoquée par des troubles non infectieux ou par des médicaments ou des vaccins.

Le cerveau et la moelle épinière sont recouverts par trois membranes appelées les méninges. L’espace sous-arachnoïdien est situé entre la couche moyenne et la couche intérieure des méninges. Cet espace renferme le liquide céphalorachidien, qui circule entre les méninges, remplit les espaces situés dans le cerveau et amortit les chocs au niveau du cerveau et de la moelle épinière.

Tissus recouvrant le cerveau

À l’intérieur de la boîte crânienne, le cerveau est recouvert de trois couches de tissus appelés méninges :

  • la dure-mère (membrane externe)

  • la membrane arachnoïde (membrane du milieu)

  • la pie mère (membrane interne)

Entre la membrane arachnoïde et la pie mère, il y a l’espace sous-arachnoïdien. Cet espace renferme le liquide céphalorachidien, qui circule entre les méninges, remplit les espaces situés dans le cerveau, et amortit les chocs au niveau du cerveau et de la moelle épinière.

Une méningite non infectieuse est un type de méningite aseptique (méningite qui n’est pas causée par une bactérie responsable généralement de méningite aiguë).

La méningite non infectieuse est une méningite provoquée par des troubles qui ne sont pas infectieux, par des médicaments ou des vaccins. Dans l’ensemble, il s’agit de causes peu fréquentes de méningite.

Les troubles les plus fréquemment en cause dans une méningite non infectieuse sont des troubles responsables d’une inflammation, par exemple l’inflammation qui survient quand le système immunitaire de l’organisme fonctionne mal et attaque ses propres tissus (maladies auto-immunes). Ces troubles comprennent la polyarthrite rhumatoïde et le lupus érythémateux systémique (lupus).

Les médicaments pouvant être responsables d’une méningite non infectieuse comprennent les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et certains antibiotiques. La méningite non infectieuse due aux AINS peut survenir chez les personnes atteintes d’une maladie auto-immune comme la polyarthrite rhumatoïde ou le lupus érythémateux systémique (lupus).

Une méningite non infectieuse peut également se développer après une fuite de liquide à partir d’un kyste cérébral dans l’espace sous-arachnoïdien. De tels kystes peuvent être présents à la naissance ou être dus à une infection par un ténia (ver plat) appelée la cysticercose.

Quelques causes de méningite non infectieuse

Type

Exemples

Troubles

Cancer qui s’est propagé au cerveau à partir d’autres parties de l’organisme (comme cela arrive dans les leucémies, les lymphomes, les mélanomes, ou les cancers du sein ou des poumons)

Rupture d’un kyste cérébral

Médicaments qui dépriment le système immunitaire (utilisés pour traiter les pathologies auto-immunes ou dans la prévention du rejet des greffes d’organes)

Azathioprine

Cyclosporine

Cytosine arabinoside

Immunoglobulines administrées par voie intraveineuse (dans une veine)

Muromonab (OKT3)

Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), comme l’ibuprofène, le naproxène, le sulindac et la tolmétine

Autres médicaments

Certains antibiotiques, comme la ciprofloxacine, l’isoniazide, et la pénicilline

Carbamazépine (un anticonvulsant)

Phénazopyridine (utilisée pour traiter des symptômes urinaires)

Ranitidine (utilisée pour traiter les ulcères gastriques)

Sulfamides comme le triméthoprime-sulfaméthoxazole (un antibiotique) et la sulfasalazine (utilisée pour traiter la colite ulcéreuse)

Substances qui sont injectées dans l’espace sous-arachnoïdien* à des fins de traitement ou de diagnostic

Anesthésiques

Antibiotiques

Médicaments de chimiothérapie

Produits de contraste radio-opaques (colorants) utilisés pour les tests d’imagerie médicale

Vaccins

Coqueluche

Rage

Variole

*L’espace sous-arachnoïdien contient le liquide céphalorachidien et se situe entre la couche moyenne et la couche interne des tissus qui recouvrent le cerveau et la moelle épinière (les méninges).

Symptômes

Généralement, une méningite non infectieuse est responsable de symptômes identiques à ceux d’une méningite bactérienne mais ils sont plus modérés et peuvent se développer plus lentement. Ces symptômes sont des maux de tête, une raideur de la nuque et souvent une fièvre. Quand la nuque devient raide, baisser le menton sur le thorax devient douloureux.

La plupart des patients récupèrent en 1 à 2 semaines.

Diagnostic

  • Ponction lombaire et analyse du liquide céphalorachidien

Un médecin suspecte une méningite devant un patient présentant des maux de tête et une raideur de la nuque, en particulier s’il a de la fièvre. Il essaie ensuite de déterminer si cette méningite est d’origine bactérienne (méningite nécessitant un traitement immédiat) ou non. Si les symptômes sont moins sévères, il est peu probable qu’une bactérie soit en cause.

Une ponction lombaire est pratiquée pour prélever un échantillon de liquide céphalorachidien, qui est envoyé au laboratoire afin d’être examiné et analysé. On détermine les taux de glucose et de protéines ainsi que le nombre de globules blancs présents dans le liquide céphalorachidien. Cet échantillon est mis en culture pour mettre en évidence la bactérie et pour écarter ou confirmer le diagnostic de méningite bactérienne. Une méningite non infectieuse est probable lorsque le liquide céphalorachidien contient un très grand nombre de globules blancs (signe d’une inflammation) et ne renferme aucune bactérie qui pourrait être en cause. On peut alors réaliser d’autres tests pour identifier les organismes infectieux autres que les bactéries, tels que des virus ou des champignons dans le liquide céphalorachidien.

En cas de suspicion d’un kyste cérébral ou d’une autre masse dans le cerveau, on réalise une IRM (imagerie par résonance magnétique) cérébrale ou, si l’IRM n’est pas possible, une tomodensitométrie (TDM).

Une méningite non infectieuse est probable si une cause non infectieuse est possible et si les symptômes de la personne et les résultats des tests ne suggèrent pas une origine infectieuse.

Traitement

  • Traitement de la cause

Lorsque le patient paraît très souffrant, le médecin débute rapidement un traitement sans attendre les résultats des tests permettant d’identifier la cause. Le traitement comprend des antibiotiques, qui sont administrés jusqu’à ce que le médecin soit sûr que la personne n’est pas atteinte d’une méningite bactérienne, qui, sans traitement, peut rapidement être responsable de lésions cérébrales irréversibles ou du décès. Les patients sont également traités par l’aciclovir (un médicament antiviral) au cas où l’infection serait due à un virus herpès simplex.

Dès que la cause est identifiée, un traitement adéquat est prescrit – par exemple, traitement de la pathologie ou arrêt du traitement en cause. Un traitement symptomatique est prescrit si nécessaire.

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