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Maladie de Parkinson

(Maladie de Parkinson)

Par Hector A. Gonzalez-Usigli, MD, Assistant Professor in Neurology, Department of Internal Medicine, Instituto Mexicano del Seguro Social, Guadalajara ; Alberto Espay, MD, Associate Professor and Clinical Research Director of the James J. and Joan A. Gardner Center for Parkinson's Disease and Movement Disorders, University of Cincinnati

La maladie de Parkinson est une maladie dégénérative du système nerveux central (cerveau et moelle épinière) d’évolution lente. Elle se caractérise par un tremblement des muscles au repos (tremblement de repos), une augmentation du tonus musculaire (raideur ou rigidité), le ralentissement des mouvements volontaires et des difficultés à maintenir l’équilibre (instabilité posturale). Chez de nombreuses personnes, la pensée peut être perturbée ou une démence peut se développer.

  • La maladie de Parkinson résulte de la dégénérescence de la partie du cerveau qui permet de coordonner les mouvements.

  • Souvent, le symptôme le plus évident est un tremblement qui se produit lorsque les muscles sont détendus.

  • Les muscles se raidissent, les mouvements deviennent lents et non coordonnés, et l’équilibre est difficile à maintenir.

  • Le diagnostic est basé sur les symptômes.

  • Des changements de mode de vie, des médicaments (comme de la lévodopa en combinaison avec de la carbidopa) et parfois une intervention chirurgicale peuvent atténuer les symptômes, mais la maladie est progressive, entraînant éventuellement une invalidité grave et l’immobilité.

La maladie de Parkinson est la deuxième maladie dégénérative la plus fréquente du système nerveux central, après la maladie d’Alzheimer. Elle touche environ 1 sujet sur 250 de plus de 40 ans, 1 sujet sur 100 de plus de 65 ans et environ 1 sujet sur 10 de plus de 80 ans. Elle apparaît généralement entre 50 et 79 ans. La maladie de Parkinson apparaît rarement chez l’enfant ou l’adolescent.

Lorsque le cerveau envoie un influx pour mobiliser un muscle (par exemple pour lever un bras), le signal traverse les noyaux basaux (groupe de cellules nerveuses situées à la base du cerveau). Ces noyaux basaux participent au contrôle des mouvements volontaires et à la coordination des changements posturaux. Comme toutes les autres cellules nerveuses, celles dans les noyaux basaux libèrent des médiateurs chimiques (neurotransmetteurs) qui stimulent la cellule nerveuse qui lui fait suite le long de la voie nerveuse, ce qui permet la transmission du signal. Un neurotransmetteur clé dans les noyaux basaux est la dopamine. Son effet principal est d’augmenter les impulsions nerveuses arrivant aux muscles. Dans la maladie de Parkinson, les cellules nerveuses d’une région des noyaux basaux (le locus niger) dégénèrent, en abaissant la libération de dopamine et le nombre de liaisons entre les cellules nerveuses des noyaux basaux. Par conséquent, les noyaux basaux ne peuvent pas participer au contrôle des muscles comme ils le font normalement, ce qui provoque un tremblement, une perte de coordination, des mouvements lents (bradykinésie), une tendance à moins bouger (hypokinésie) et des problèmes de posture et de marche.

Les causes de la maladie de Parkinson restent incertaines. Selon une théorie, la maladie de Parkinson peut résulter de dépôts anormaux de synucléine (une protéine dans le cerveau qui aide les cellules nerveuses à communiquer). Ces dépôts, appelés corps de Lewy, peuvent s’accumuler dans plusieurs zones cérébrales, en particulier dans le locus niger (à la base du cerveau) et interférer avec les fonctions cérébrales. Les corps de Lewy s’accumulent souvent dans d’autres parties du cerveau et du système nerveux, ce qui suggère qu’ils peuvent intervenir dans d’autres troubles. Dans la démence à corps de Lewy, les corps de Lewy se forment sur ​​toute la couche externe du cerveau (cortex cérébral). Les corps de Lewy peuvent également jouer un rôle dans la maladie d’Alzheimer, ce qui pourrait expliquer pourquoi environ un tiers des personnes atteintes de la maladie de Parkinson ont des symptômes typiques de la maladie d’Alzheimer.

Environ 15 à 20 % des personnes touchées par la maladie de Parkinson ont des parents qui souffrent ou ont souffert de la maladie. Ainsi, la génétique peut jouer un rôle.

Le syndrome parkinsonien provoque les mêmes symptômes que la maladie de Parkinson, mais résulte de diverses autres affections, comme l’atrophie multisystémique, la paralysie supranucléaire progressive, l’accident vasculaire cérébral, le traumatisme crânien ou certains médicaments ( Syndrome parkinsonien).

Le saviez-vous ?

  • Bien d’autres maladies et médicaments peuvent provoquer des symptômes similaires à ceux de la maladie de Parkinson.

  • La maladie de Parkinson est parfois difficile à diagnostiquer chez les personnes âgées, car le vieillissement provoque certains des mêmes symptômes.

Symptômes

La maladie de Parkinson débute de façon insidieuse et évolue progressivement. Dans environ deux tiers des cas, le tremblement est le premier symptôme. Pour les autres, le premier symptôme est habituellement un dysfonctionnement du mouvement ou une diminution de l’odorat.

La maladie de Parkinson provoque généralement les symptômes suivants :

  • Tremblements : Les tremblements sont grossiers et rythmiques. Ils surviennent habituellement dans une main pendant que celle-ci est au repos (un tremblement de repos). Le tremblement est appelé tremblement de roulement de pilule, car la main fait des mouvements comme si elle était en train de rouler un petit objet. Le tremblement diminue lors des mouvements intentionnels de la main et disparaît au cours du sommeil. Il se majore en cas de stress émotionnel ou de fatigue. À un stade plus avancé, il atteint l’autre main, le bras ainsi que les membres inférieurs. Il peut toucher les mâchoires, la langue, le front et les paupières, mais pas la voix. Certains patients ne présenteront jamais de tremblement.

  • Raideur (rigidité) : Les muscles deviennent raides, rendant le mouvement difficile. Lorsqu’un médecin essaie de fléchir l’avant-bras d’une personne ou de l’étendre, le bras résiste au mouvement, et lorsqu’il finit par bouger, le mouvement se fait par à-coups, à l’image d’une roue dentée (on parle alors de rigidité saccadée).

  • Mouvements ralentis : Les mouvements deviennent lents et difficiles à initier, et les personnes ont tendance à moins bouger. Lorsque les personnes bougent moins, le mouvement devient plus difficile, car les articulations se raidissent et les muscles s’affaiblissent.

  • Difficultés à maintenir l’équilibre et la posture : La posture devient voûtée et l’équilibre est difficile à maintenir. C’est pourquoi les personnes ont tendance à basculer en avant ou en arrière. Leurs mouvements étant lents, ils ne parviennent pas à mobiliser aisément leurs mains pour éviter la chute.

La marche devient difficile, en particulier le premier pas. Une fois ce premier pas amorcé, le patient se déplace à petits pas, gardant les bras pliés à la taille et en ne balançant les bras que très légèrement ou pas du tout. L’arrêt et le demi-tour sont réalisés avec difficulté. À un stade évolué de la maladie, certains patients s’arrêtent brusquement en marchant avec la sensation d’avoir les pieds collés au sol (appelé congélation). D’autres patients accélèrent involontairement le pas et piétinent afin d’éviter la chute. Ce symptôme est appelé festination.

La raideur et la limitation de la mobilité peuvent favoriser la douleur et la fatigue. La raideur musculaire vient perturber de nombreux mouvements : se tourner dans le lit, monter ou descendre de voiture, et se relever d’un fauteuil moelleux. Les tâches courantes de la vie quotidienne (comme s’habiller, se coiffer, manger et se brosser les dents) prennent plus de temps. Les personnes ayant souvent du mal à contrôler les petits muscles de leurs mains, les tâches quotidiennes, comme boutonner sa chemise et lacer ses chaussures, deviennent de plus en plus difficiles. La majorité des personnes atteintes de la maladie de Parkinson présentent une écriture tremblante, de petite taille (micrographie), car l’initiation et le maintien de chaque trait de stylo sont difficiles. Les personnes peuvent penser à tort que ces symptômes démontrent une faiblesse. Pourtant, la force et les sensations sont généralement normales.

Le visage devient inexpressif (comme un masque) car les muscles qui en contrôlent la mimique sont immobiles. Ce manque d’expression peut être confondu avec la dépression, ou une dépression existante peut de ce fait être négligée. (La dépression est fréquente chez les patients parkinsoniens.) Finalement, l’expression du visage devient vide, éteinte, la bouche reste ouverte et le clignement des yeux est intermittent. Souvent, les personnes salivent ou s’étouffent, car les muscles du visage et de la gorge sont raides, rendant la déglutition difficile. La voix est d’intensité réduite, monotone avec de possibles bégaiements secondaires à la difficulté d’articulation des mots.

La maladie de Parkinson provoque également d’autres symptômes :

  • L’insomnie est fréquente, souvent parce que les personnes ont fréquemment besoin d’uriner ou parce que les symptômes s’aggravent la nuit, faisant que se retourner dans le lit devient difficile. Un trouble du sommeil à mouvements oculaires rapides (MOR) se développe fréquemment. Dans ce trouble, les membres, qui ne bougent normalement pas lors du sommeil MOR, peuvent soudainement et violemment bouger, blessant parfois la personne dormant à côté. Le manque de sommeil peut contribuer à la dépression et à la somnolence le jour.

  • La miction peut être difficile à démarrer et à maintenir (appelé miction lente à venir).

  • La constipation peut se développer en raison des fonctions intestinales ralenties. L’inactivité et la lévodopa, le médicament principal administré pour traiter la maladie de Parkinson, peuvent aggraver la constipation.

  • Une baisse soudaine et excessive de la pression artérielle peut se produire quand une personne se lève (hypotension orthostatique).

  • Des squames (dermatite séborrhéique) apparaissent souvent dans le cuir chevelu et au niveau du visage, et parfois sur d’autres régions.

  • La perte d’odorat (anosmie) est fréquente, mais il arrive que les personnes ne s’en rendent pas compte.

  • La démence se présente chez environ un tiers des personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Chez de nombreux autres parkinsoniens, la pensée est perturbée, mais il peut arriver que les patients ne le reconnaissent pas.

Diagnostic

Le diagnostic est probable si les personnes présentent une fièvre, des mouvements ralentis et un tremblement ou une rigidité musculaire caractéristique. À un stade précoce, il peut être difficile de poser un diagnostic, car les symptômes initiaux sont souvent subtils. Le diagnostic est particulièrement difficile chez les personnes âgées, car le vieillissement peut provoquer les mêmes symptômes que la maladie de Parkinson, comme des troubles de l’équilibre, des mouvements lents, une rigidité musculaire et une posture voûtée. Il arrive que le tremblement essentiel soit confondu avec la maladie de Parkinson.

Pour exclure les autres causes des symptômes, les médecins posent des questions sur les troubles précédents, l’exposition à des toxines et la prise de médicaments qui pourraient provoquer le syndrome parkinsonien.

Pendant l’examen clinique, les médecins demandent aux personnes d’effectuer certains mouvements, ce qui peut les aider à confirmer le diagnostic. Par exemple, chez les personnes atteintes de la maladie de Parkinson, le tremblement disparaît ou s’atténue lorsque les médecins leur demandent de se toucher le nez avec le doigt. De même, les personnes atteintes de cette maladie ont du mal à réaliser des mouvements en alternance rapide, comme placer leurs mains sur leurs cuisses, puis faire rapidement pivoter leurs mains d’avant en arrière à plusieurs reprises.

Il n’existe aucun test ou examen radiologique permettant de confirmer directement le diagnostic. Cependant, une tomodensitométrie (TDM) et l’imagerie par résonance magnétique (IRM), peuvent être effectuées à la recherche d’une éventuelle lésion structurelle causale. La tomographie d’émission monophotonique (SPECT) et la tomographie par émission de positrons (TEP) peuvent détecter les anomalies cérébrales qui sont typiques de la maladie. En revanche, la SPECT et la TEP ne sont actuellement utilisées que dans les centres de recherche et ne font pas la distinction entre la maladie de Parkinson et d’autres maladies provoquant les mêmes symptômes (syndrome parkinsonien).

Si le diagnostic est incertain, les médecins peuvent administrer de la lévodopa, un médicament utilisé pour traiter la maladie de Parkinson. Si la lévodopa entraîne une nette amélioration, la maladie de Parkinson est probable.

Traitement

Les mesures générales utilisées pour traiter la maladie de Parkinson peuvent aider les personnes à mieux fonctionner. De nombreux médicaments (comme la combinaison lévodopa-carbidopa) permettent d’améliorer la motricité et l’autonomie des personnes pendant de nombreuses années. Mais aucun médicament ne peut guérir la maladie. Deux ou plusieurs médicaments peuvent être utilisés. Pour les personnes âgées, les doses sont souvent réduites. Les médicaments qui provoquent ou aggravent des symptômes, en particulier les antipsychotiques, sont évités.

La chirurgie est envisagée chez les personnes qui ont une maladie avancée mais pas de démence ni de symptômes psychiatriques, et dans les cas où les médicaments sont inefficaces ou comportent des effets secondaires graves.

Consignes générales

Différentes mesures simples peuvent aider les personnes atteintes de la maladie de Parkinson à maintenir leur mobilité et leur autonomie :

  • Poursuivre autant d’activités quotidiennes que possible

  • Suivre un programme d’exercice régulier

  • Simplifier les tâches quotidiennes, par exemple, en remplaçant les boutons des vêtements par des bandes Velcro ou en achetant des chaussures sans lacets

  • Utiliser des dispositifs d’assistance, comme des tirettes de fermeture éclair et des tire-boutons

Les kinésithérapeutes ( Kinésithérapie) et les ergothérapeutes ( Ergothérapie) peuvent aider les personnes à apprendre à intégrer ces mesures dans leurs activités quotidiennes, ainsi que recommander des exercices pour améliorer le tonus musculaire et maintenir l’amplitude des mouvements. Les thérapeutes peuvent également recommander des aides mécaniques, comme des déambulateurs, pour aider les personnes à conserver leur autonomie.

De simples changements dans l’environnement domestique permettent d’aider le patient atteint de la maladie de Parkinson à se sentir en sécurité :

  • Enlever les tapis pouvant gêner la personne et la faire trébucher

  • Installer des barres de soutien aux toilettes et dans d’autres endroits du domicile diminue le risque de chute

Ce qui suit peut aider à atténuer la constipation :

  • Un régime riche en fibres, y compris des aliments comme des pruneaux et des jus de fruits

  • Faire de l’exercice physique

  • Boire beaucoup de liquides

  • Prendre des émollients fécaux (comme du séné concentré), des suppléments (comme le psyllium) ou des laxatifs stimulants (comme le bisacodyl par voie orale) afin de favoriser un transit intestinal régulier

Les troubles de la déglutition peuvent limiter l’apport alimentaire, le régime doit donc être nutritif. Faire l’effort de renifler plus profondément améliore l’odorat et augmente l’appétit.

Lévodopa/carbidopa

Habituellement, la lévodopa, qui est administrée avec la carbidopa, est le premier médicament utilisé. Ces médicaments pris par voie orale sont la base du traitement de la maladie de Parkinson. Mais lorsqu’elle est prise sur une longue période, la lévodopa peut avoir des effets secondaires et perdre en efficacité. Certains experts ont donc suggéré que l’utilisation d’autres médicaments au préalable et l’utilisation plus tardive de la lévodopa pourraient s’avérer bénéfiques. Toutefois, des données indiquent aujourd’hui que les effets secondaires et la baisse d’efficacité après une utilisation prolongée résultent probablement de l’aggravation de la maladie de Parkinson et ne seraient pas liés à la période d’initiation du médicament. Néanmoins, la lévodopa pouvant perdre en efficacité après plusieurs années d’utilisation, les médecins peuvent prescrire un autre médicament chez les personnes de moins de 60 ans, qui prendront encore longtemps des médicaments pour traiter la maladie. Les autres médicaments pouvant être utilisés incluent l’amantadine et les agonistes de la dopamine (médicaments qui agissent comme la dopamine, stimulant les mêmes récepteurs sur les cellules du cerveau). Ces médicaments sont utilisés, car la production de dopamine est réduite dans la maladie de Parkinson.

La lévodopa réduit la raideur musculaire, améliore la motricité et réduit considérablement le tremblement. La prise de lévodopa améliore de manière significative la symptomatologie clinique des patients parkinsoniens. Ce médicament permet à beaucoup de patients qui souffrent de la maladie de Parkinson à un stade modéré de réacquérir un niveau d’activité relativement normal et, en cas d’alitement, permet au patient de marcher de nouveau. Il est rare que la lévodopa aide les personnes ayant d’autres troubles pouvant provoquer des symptômes similaires à ceux de la maladie de Parkinson (syndrome parkinsonien), comme l’atrophie multisystémique et la paralysie supranucléaire progressive.

La lévodopa est un précurseur de la dopamine. C’est-à-dire qu’elle est convertie en dopamine dans l’organisme. La conversion a lieu dans les noyaux basaux, où la lévodopa aide à compenser la baisse de dopamine due à la maladie. Toutefois, une partie du médicament est convertie en dopamine par une enzyme du sang avant d’atteindre le cerveau. La présence de dopamine dans le sang accroît le risque d’effets secondaires comme les nausées et les bouffées de chaleur. La carbidopa est administrée avec la lévodopa pour empêcher cette dernière d’être convertie en dopamine dans le sang. L’association de Lévodopa et de carbidopa permet d’utiliser des doses plus réduites de lévodopa et ainsi de limiter la fréquence et l’intensité des nausées et bouffées de chaleur.

Pour atteindre la dose optimale individuelle de lévodopa, le médecin doit trouver un juste équilibre entre le contrôle de la maladie et la survenue d’effets secondaires tolérables. Ces effets secondaires comprennent l’apparition de mouvements involontaires (de la bouche, du visage et des membres) appelés dyskinésies, ainsi que de cauchemars, d’hallucinations et de modifications de la tension artérielle.

Après une prise de lévodopa pendant au moins 5 ans, plus de la moitié des personnes commencent à alterner rapidement entre une bonne réactivité au traitement et une absence de réponse ; cet effet est appelé « on-off ». En quelques secondes, le patient peut passer d’un état de mobilité relative à un état de blocage moteur complet. Les périodes de mobilité après chaque dose sont de plus en plus courtes et les symptômes peuvent survenir avant la dose suivante programmée (effets off). De même, les symptômes peuvent s’accompagner de mouvements involontaires dus à l’utilisation de lévodopa, notamment des mouvements de contorsions ou une hyperactivité. Prendre des doses plus faibles et plus fréquentes permet de contrôler ces effets pendant un certain temps. Les autres options consistent à passer à une forme de lévodopa libérée plus progressivement dans le sang (formulation à libération contrôlée) ou à ajouter un agoniste de la dopamine ou de l’amantadine. Cependant, au bout de 15 à 20 ans, ces effets deviennent plus difficiles à contrôler. La chirurgie est alors envisagée.

Autres médicaments

D’autres médicaments, généralement moins efficaces que la lévodopa, peuvent être utiles chez certains patients qui tolèrent mal la lévodopa ou qui y sont résistants.

Les agonistes de la dopamine, qui agissent comme la dopamine, peuvent être utiles à n’importe quel stade de la maladie. Ils incluent le pramipéxole et le ropinirole (administrés par voie orale), la rotigotine (administré via un patch cutané), et l’apomorphine (injectée sous la peau). Étant donné que l’apomorphine agit rapidement, on l’utilise pour inverser les effets off de la lévodopa, lorsque le mouvement est difficile à initier. Ainsi, le médicament est appelé traitement de sauvetage. Il est habituellement utilisé lorsque les personnes sont bloquées dans une position, les empêchant, par exemple, de marcher. Les personnes touchées ou une autre personne (comme un membre de la famille) peuvent injecter le médicament jusqu’à 5 fois par jour si nécessaire.

La rasagiline et la sélégiline font partie d’une catégorie de médicaments appelés inhibiteurs de la monoamine-oxydase (inhibiteurs de la MAO— Médicaments utilisés pour traiter la dépression). Elles bloquent la dégradation de la dopamine et permettent l’allongement de la durée d’action de celle-ci. Théoriquement, lorsqu’elles sont prises avec certains aliments (comme certains fromages), certaines boissons (comme du vin rouge) ou certains médicaments, les inhibiteurs MAO peuvent avoir de graves effets secondaires appelés crise hypertendue ( Quelques interactions médicaments-aliments). Cependant, cet effet est peu probable lorsque la maladie de Parkinson est traitée, car les doses utilisées sont faibles et le type d’inhibiteur de la MAO utilisé (inhibiteurs de la MAO de type B) est moins susceptible d’avoir cet effet.

Les inhibiteurs de la catéchineO-méthyltransférase (COMT) (entacapone et tolcapone) ralentissent la décomposition de la lévodopa et de la dopamine, prolongeant leurs effets, et semblent donc constituer un complément utile à la lévodopa. Ces médicaments sont uniquement utilisés avec la lévodopa. La tolcapone n’est que peu utilisée car dans de rares cas, elle endommage le foie. Toutefois, la tolcapone est plus forte que l’entacapone et peut s’avérer plus utile si les effets off sont sévères ou durables.

Certains médicaments avec des effets anticholinergiques ( Anticholinergique : définition), comme la benzotropine et le trihexyphénidyle, sont particulièrement efficaces pour diminuer la sévérité du tremblement et peuvent être utilisés dans les premiers stades de la maladie de Parkinson. Ils sont particulièrement utiles chez les très jeunes personnes pour qui le symptôme le plus gênant est le tremblement. Ces médicaments peuvent aussi être utilisés dans les stades avancés en association avec la lévodopa. Ils peuvent réduire le tremblement en bloquant l’action de l’acétylcholine, et il semblerait que le tremblement soit induit par un déséquilibre entre l’acétylcholine (en excès) et la dopamine (en défaut). D’autres médicaments avec des effets anticholinergiques, comprenant certains antihistaminiques et antidépresseurs tricycliques, auraient une action clinique modeste et peuvent être utilisés en association avec la lévodopa. Toutefois, au vu de l’efficacité très légère de ces médicaments et du nombre important d’effets anticholinergiques pénibles (en particulier chez les personnes âgées), ces médicaments, à l’exception de la benztropine et du trihexyphénidyle, sont rarement utilisés pour traiter la maladie de Parkinson. Ces effets secondaires comprennent la confusion, la somnolence, la sécheresse buccale, le flou visuel, l’étourdissement, la constipation, des difficultés de miction et une perte du contrôle vésical.

L’amantadine, un médicament parfois utilisé dans le traitement de la grippe, est employée dans les formes modérées de la maladie de Parkinson, seule ou en association avec la lévodopa. L’amantadine a probablement de nombreux effets qui font qu’elle est efficace. Par exemple, elle stimule les cellules nerveuses pour libérer de la dopamine. Elle sert le plus souvent à contrôler les mouvements involontaires qui sont des effets secondaires de la lévodopa.

Le propranolol, un bêtabloquant, peut être utilisé pour réduire la sévérité d’un tremblement si celui-ci est aggravé par le maintien d’un membre dans une position nécessitant de résister à la force de gravité (par exemple, tenir les bras écartés).

Les médicaments utilisés pour traiter la maladie de Parkinson :

Médicament

Quelques effets secondaires

Commentaires

Précurseur de la dopamine

Lévodopa (administrée avec de la carbidopa)

Pour la lévodopa : Mouvements involontaires (de la bouche, du visage et des membres), cauchemars, tension artérielle basse quand la personne se lève (hypotension orthostatique), constipation, nausées, somnolence, confusion, hallucinations, palpitations et bouffées de chaleur

Si ces médicaments sont soudainement arrêtés, syndrome malin des neuroleptiques (avec une forte fièvre, une hypertension artérielle, une raideur musculaire, des lésions musculaires et le coma), qui peut mettre la vie en danger

Cette association constitue le traitement principal. La carbidopa augmente l’efficacité de la lévodopa et en diminue les effets secondaires. Après plusieurs années de traitement, l’efficacité de cette association peut diminuer.

Agonistes de la dopamine

Pramipexole

Ropinirole

Somnolence, nausées, hypotension orthostatique, mouvements involontaires, confusion, trouble obsessionnel compulsif, nouvelles lubies ou augmentation des lubies (p. ex., le jeu) et hallucinations

Si ces médicaments sont soudainement arrêtés, syndrome malin des neuroleptiques

Au début de la maladie, ces médicaments peuvent être utilisés seuls ou avec de petites doses de lévodopa pour éventuellement retarder les effets secondaires de la lévodopa. À un stade plus avancé de la maladie, les agonistes de la dopamine sont utiles quand les effets « on-off » de la lévodopa la rendent moins efficace. Ces médicaments sont particulièrement utiles chez les personnes de moins de 65 ans.

Apomorphine

Nausées intenses, vomissements et protubérances (nodules) sous la peau au niveau de l’injection

Ce médicament à action rapide est injecté sous la peau. Il est utilisé comme traitement de sauvetage pour inverser les effets « off » de la lévodopa.

Rotigotine

Somnolence, nausées, hypotension orthostatique, confusion, trouble obsessionnel compulsif, nouvelles lubies ou augmentation des lubies (p. ex., le jeu), hallucinations, prise de poids (possiblement due à une rétention hydrique), et parfois irritation de la peau à l’endroit d’application du patch

Ce médicament est disponible sous forme de patch cutané. Il est utilisé seul au début de la maladie. Le patch est porté de façon continue pendant 24 heures, puis enlevé et remplacé. Le patch doit être placé à différents endroits tous les jours pour réduire le risque d’irritation de la peau.

Inhibiteurs de la MAO-B

Rasagiline

Nausées, insomnie, somnolence et gonflement dus à une accumulation de liquides (œdème)

La rasagiline peut être administrée seule pour retarder la prise de lévodopa, mais elle est souvent associée à la lévodopa. Dans le meilleur des cas, la rasagiline est modérément efficace.

Sélégiline

En administration avec la lévodopa, aggravation des effets secondaires de la lévodopa, y compris nausées, confusion, insomnie et mouvements involontaires

La sélégiline peut être administrée seule pour retarder la prise de lévodopa, mais elle est souvent associée à la lévodopa. Dans le meilleur des cas, la sélégiline est modérément efficace.

Inhibiteurs de la COMT

Entacapone

Tolcapone

En administration avec la lévodopa, aggravation des effets secondaires de la lévodopa, y compris nausées, confusion et mouvements involontaires

Diarrhée, dorsalgie et coloration orange de l’urine

En administration avec le tolcapone, risque de lésions hépatiques

Ces médicaments peuvent être utilisés en association avec la lévodopa aux stades évolués de la maladie pour augmenter l’intervalle entre les prises de lévodopa. Ils sont uniquement utilisés avec la lévodopa.

Lorsqu’ils utilisent du tolcapone, les médecins effectuent régulièrement des analyses de sang pour déterminer si le foie fonctionne bien ou s’il est endommagé (bilan hépatique)

Médicaments ayant des effets anticholinergiques*

Benztropine

Trihexyphénidyle

Les antidépresseurs tricycliques (comme l’amitriptyline) utilisés en cas de dépression

Certains antihistaminiques (comme la diphénhydramine)

Somnolence, confusion, sécheresse buccale, flou visuel, étourdissement, constipation, difficultés de miction, perte du contrôle vésical et altération de la régulation de la température corporelle

Ces médicaments peuvent également être administrés seuls au stade précoce de la maladie ou en association avec la lévodopa aux stades tardifs. Ils peuvent atténuer le tremblement, mais n’ont pas d’effets sur les mouvements lents ou la raideur musculaire.

Médicament antiviral

Amantadine

Nausées, étourdissement, insomnie, anxiété, confusion, œdème, difficultés de miction, aggravation du glaucome et décoloration tachetée de la peau en raison de vaisseaux sanguins dilatés (livedo réticulaire)

Dans de rares cas, si ces médicaments sont arrêtés ou si la dose est réduite, le syndrome malin des neuroleptiques peut survenir

L’amantadine est administrée seule au stade précoce de la maladie lorsque celle-ci est modérée, mais peut devenir inefficace au bout de quelques mois. Plus tard, elle est utilisée en association avec la lévodopa pour soulager les mouvements involontaires provoqués par la lévodopa.

Bêtabloquant

Propranolol

Spasme des voies respiratoires (bronchospasme), rythme cardiaque anormalement lent (bradycardie), insuffisance cardiaque, hypotension artérielle, augmentation de la glycémie, réduction de la circulation périphérique, insomnie, fatigue, essoufflement, dépression, rêves réalistes, hallucinations et dysfonction sexuelle

Le propranolol peut être utilisé pour réduire la sévérité des tremblements aggravés par le maintien d’un membre dans une position nécessitant de résister à la force de gravité (tremblements posturaux).

Si le propranolol fait augmenter la glycémie, il pourra être difficile de détecter une hypoglycémie après des injections d’insuline.

*Les médicaments ayant des effets anticholinergiques sont rarement utilisés pour traiter la maladie de Parkinson, car ils n’ont une efficacité que très légère et sont associés à des effets secondaires gênants.

MAO-B = monoamine oxydase de type B ; COMT = catéchine O-méthyltransférase.

Stimulation cérébrale profonde

Les personnes atteintes de mouvements involontaires dus à l’utilisation à long terme de la lévodopa peuvent bénéficier de la stimulation cérébrale profonde. De minuscules électrodes sont implantées chirurgicalement dans une partie des noyaux basaux. En stimulant cette partie, la stimulation cérébrale profonde réduit souvent fortement les mouvements involontaires et les tremblements et réduit la phase off des effets « on-off ».

Cellules souches

La greffe de cellules souches dans le cerveau, autrefois considérée comme un traitement possible de la maladie de Parkinson, a démontré son inefficacité et est associée à des effets secondaires gênants.

Soignants et problèmes de la phase terminale

La maladie de Parkinson est une maladie évolutive, et les patients finissent par avoir besoin d’aide pour le bon déroulement des activités quotidiennes, comme manger, prendre un bain, s’habiller et soigner son hygiène personnelle. Les soignants doivent bénéficier d’un apprentissage sur les conséquences physiques et psychologiques de la maladie de Parkinson afin de permettre aux patients d’améliorer leur autonomie, autant que possible. La prise en charge de ces patients est exténuante et stressante ; les soignants doivent pouvoir bénéficier de soutiens.

À un stade avancé, les parkinsoniens deviennent sévèrement handicapés et perdent leur mobilité. Ils peuvent ne plus être en mesure de manger, malgré une assistance. Une démence se développe chez environ un tiers d’entre eux. La déglutition devenant de plus en plus difficile, le décès consécutif à une pneumonie par inhalation (infection pulmonaire due à l’inhalation de liquides de la bouche ou de l’estomac) est un risque. Dans la majorité des cas, la maison de santé offre la meilleure prise en charge. Avant que les patients ne deviennent totalement handicapés, il est utile qu’ils établissent des directives préalables de prise en charge pour la phase terminale ( Directives anticipées).

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