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Insomnie et somnolence diurne excessive (SDE)

Par Karl Doghramji, MD, Professor of Psychiatry, Neurology, and Medicine and Medical Director, Jefferson Sleep Disorders Center, Thomas Jefferson University

Les problèmes liés au sommeil les plus fréquemment rapportés sont l’insomnie et la somnolence diurne excessive (SDE).

  • L’insomnie est une difficulté à l’endormissement ou au maintien du sommeil, un réveil précoce ou une altération de la qualité du sommeil qui le rend inadapté ou non réparateur.

  • La SDE concerne une somnolence ou un endormissement inhabituels en journée.

La difficulté d’endormissement et de maintien du sommeil, et les réveils plus tôt que souhaité sont aussi fréquents chez les jeunes que les personnes âgées. Environ 10 % des adultes présentent une insomnie de longue date (chronique) et environ 30 à 50 % une insomnie occasionnelle.

Le saviez-vous ?

  • Près de la moitié des personnes ont des insomnies à un moment ou à un autre.

  • La prise de somnifères sur prescription peut être plus sûre que ceux en vente libre.

Lorsque le sommeil est perturbé, il arrive que les personnes ne puissent pas fonctionner normalement pendant la journée. Les personnes souffrant d’insomnie ou de somnolence diurne excessive sont somnolentes, fatiguées et irritables pendant la journée et souffrent de troubles de concentration et de fonctionnement. Les personnes souffrant de SDE peuvent s’endormir en travaillant ou en conduisant.

Il existe plusieurs types d’insomnies.

  • Difficulté à s’endormir (insomnie d’endormissement) : Les personnes ont fréquemment des difficultés à s’endormir lorsqu’elles ne peuvent pas détendre leur esprit et elles continuent à penser et à s’inquiéter. Parfois, l’organisme n’est pas prêt à s’endormir à une heure jugée habituelle pour s’endormir. C’est-à-dire que l’horloge interne de l’organisme n’est pas synchronisée avec le cycle de lumière et d’obscurité de la Terre, comme on peut l’observer dans de nombreux types de troubles du sommeil liés au rythme circadien, tels que le trouble de phase de sommeil retardée, le trouble du travail par postes et le décalage horaire.

  • Difficulté à rester endormi et réveil plus tôt que souhaité (insomnie de maintien du sommeil) : Dans ce type d’insomnie, l’endormissement est normal, mais les personnes se réveillent après quelques heures, sans pouvoir se rendormir facilement. Ces personnes sont parfois insatisfaites de leur sommeil. L’onsomnie de maintien du sommeil est plus fréquente chez les personnes âgées, qui sont plus susceptibles d’avoir des difficultés à rester endormies que les jeunes. Elle peut survenir chez les personnes consommant certaines substances (caféine, alcool ou tabac, par exemple) ou qui prennent certaines drogues et chez les personnes qui ont certains troubles du sommeil (tels que l’apnée du sommeil ou le trouble du mouvement périodique des membres). Ce type d’insomnie peut être le signe d’une dépression chez les personnes de tout âge.

Causes

L’insomnie et la somnolence diurne excessive (SDE) peuvent être provoquées par des affections internes et externes à l’organisme. Certaines conditions provoquent l’insomnie et la SDE et d’autres l’une ou l’autre. Certaines personnes souffrent d’insomnie chronique ayant peu ou pas de relation apparente avec une cause particulière.

Causes fréquentes

L’insomnie est le plus souvent provoquée par

  • de mauvaises habitudes de sommeil, comme boire une boisson contenant de la caféine dans l’après-midi ou le soir, faire de l’exercice physique tard le soir, ou avoir un horaire sommeil-veille irrégulier.

  • Les troubles mentaux, particulièrement les troubles de l’humeur, l’anxiété et la consommation abusive de certaines substances

  • D’autres troubles comme les maladies cardiaques et pulmonaires, les troubles qui touchent les muscles ou les os ou les douleurs chroniques

  • Le stress, comme celui dû à une hospitalisation ou une perte d’emploi (appelé insomnie d’ajustement)

  • Une inquiétude excessive de l’insomnie et d’un autre jour de fatigue (appelée insomnie psychophysiologique)

Dormir tard ou faire la sieste pour récupérer le manque de sommeil peut rendre difficile le sommeil pendant la nuit suivante.

La SDE est le plus souvent provoquée par

  • Un sommeil insuffisant malgré les opportunités de dormir (appelé syndrome d’insuffisance du sommeil)

  • Des apnées obstructives du sommeil (un trouble grave dans lequel la respiration s’arrête fréquemment au cours du sommeil)

  • Divers troubles, particulièrement des troubles mentaux, des troubles cérébraux et nerveux (neurologiques) (notamment encéphalite, méningite, tumeur cérébrale ou narcolepsie) et des troubles qui affectent les muscles ou les os.

  • Les troubles qui perturbent l’horloge interne de sommeil-veille des personnes (troubles du rythme circadien), comme les troubles liés au décalage horaire ou au travail par postes.

La plupart des troubles majeurs de santé mentale sont accompagnés d’insomnie ou de SDE. Environ 80 % des personnes souffrant de dépression majeure ont des SDE et des insomnies, et environ 40 % des personnes souffrant d’insomnies ont un trouble mental, habituellement un trouble de l’humeur (dépression ou anxiété).

Tout trouble qui provoque douleur et gêne, particulièrement s’il est aggravé par un mouvement, peut provoquer de brefs réveils et perturber le sommeil.

Causes moins fréquentes

Les médicaments, lorsqu’ils sont utilisés pendant longtemps ou arrêtés (sevrage) peuvent provoquer une insomnie ou une SDE.

Certains médicaments qui perturbent le sommeil

Type

Exemples

Lorsque le médicament est utilisé

Anticonvulsivants

Phénytoïne

Médicaments de chimiothérapie

Tous

Médicaments qui stimulent le cerveau

Amphétamines

Caféine

Pilules contraceptives (contraceptifs oraux)

Tous

Propranolol

Stéroïdes

Stéroïdes anabolisants

Corticostéroïdes

Préparations à base d’hormones thyroïdiennes

Lorsque le médicament est arrêté

Drogues à usage récréatif

Cocaïne

Héroïne

Marijuana

Phéncyclidine

Médicaments qui ralentissent le cerveau

Barbituriques

Opioïdes

Sédatifs

Lorsque le médicament est utilisé ou arrêté

Alcool

Antidépresseurs

Peu important

De nombreux médicaments altérant l’esprit (psychoactif) peuvent provoquer des mouvements anormaux pendant le sommeil et peuvent perturber le sommeil. Les sédatifs qui sont fréquemment prescrits pour traiter les insomnies peuvent provoquer une irritabilité et une apathie et réduire la vigilance mentale. De même, si un sédatif est pris pendant un certain nombre de jours, l’arrêt du sédatif peut aggraver de façon soudaine le problème de sommeil initial.

Parfois, la cause est un trouble du sommeil.

L’apnée centrale du sommeil est souvent identifiée pour la première fois lorsque les personnes se plaignent d’insomnies ou de sommeil perturbé ou non réparateur. Elle survient également chez les personnes qui présentent d’autres troubles (tels que des pathologies cardiaques) ou prennent certaines drogues ou certains médicaments. L’apnée centrale du sommeil entraîne une respiration superficielle ou une respiration qu s’interrompt de façon répétée tout au long de la nuit.

La narcolepsie est un trouble du sommeil caractérisé par une somnolence diurne excessive (SDE) avec des épisodes incontrôlables d’endormissement pendant les heures de veille normales et des épisodes temporaires soudains de faiblesse musculaire (appelés cataplexie).

Le trouble du mouvement périodique des membres (MPM) interrompent le sommeil, car il provoque des contractions musculaires ou des mouvements de jambes répétés pendant le sommeil. Par conséquent, les personnes sont somnolentes pendant la journée. Généralement, les personnes atteintes de MPM n’ont pas conscience de ces mouvements et des brefs réveils qui s’ensuivent.

Le syndrome des jambes sans repos rend l’endormissement et le maintien du sommeil difficiles, car les personnes ont la sensation de devoir bouger leurs jambes et, moins souvent, leurs bras lorsqu’elles restent assises ou allongées. Les personnes ont en général des sensations de fourmillements dans les membres.

Évaluation

En général, la cause peut être identifiée d’après la description de la personne du problème actuel et se traduit par un examen clinique. De nombreuses personnes ont des problèmes évidents, comme de mauvaises habitudes de sommeil, le stress, ou doivent faire face à un travail par quarts.

Signes avant-coureurs

Certains symptômes sont préoccupants :

  • L’endormissement tout en conduisant ou pendant toute autre situation potentiellement dangereuse

  • Endormissement fréquent sans signe avant-coureur

  • Arrêt de la respiration pendant le sommeil ou réveil avec étouffement et suffocation (comme indiqué par le partenaire de lit)

  • Bougeant violemment ou se blessant ou blessant les autres pendant le sommeil

  • Somnambulisme

  • Un trouble cardiaque ou pulmonaire qui change constamment (instable)

  • Crises continues de faiblesse musculaire (attaques continues de cataplexie)

  • AVC récent

Quand consulter un médecin

Les personnes doivent consulter un médecin si elles présentent des signes avant-coureurs ou si leurs symptômes liés au sommeil perturbent leurs activités quotidiennes.

Si les personnes en bonne santé ont des symptômes liés au sommeil sur une courte durée (moins de 1 ou 2 semaines), mais ont des signes avant-coureurs, elles peuvent essayer de modifier leur comportement pouvant améliorer le sommeil ( Changements de comportement pour améliorer le sommeil). Si ces changements ne sont pas bénéfiques après une semaine environ, les personnes doivent consulter un médecin.

Que fait le médecin

Le médecin pose les questions suivantes concernant :

  • Les habitudes de sommeil

  • L’heure de coucher habituelle

  • L’utilisation de drogues et de médicaments (y compris drogues à usage récréatif)

  • L’utilisation d’autres substances (notamment alcool, caféine et tabac)

  • Le degré de stress

  • Les antécédents médicaux

  • Le niveau d’activité physique

Les personnes peuvent devoir tenir un journal du sommeil. Elles y font une description détaillée de leurs habitudes de sommeil, avec les temps de sommeil et de réveil (y compris les réveils pendant la nuit), les siestes, et tout problème lié au sommeil. Lors de l’établissement du diagnostic de l’insomnie, le médecin considère que certaines personnes ont moins besoin de dormir que d’autres.

Si les personnes souffrent d’une somnolence diurne excessive (SDE), le médecin peut leur demander de remplir un questionnaire, tel que l’échelle de somnolence d’Epworth, en indiquant leur probabilité de s’endormir dans différentes situations. Le médecin peut demander à leur partenaire de lit de décrire toute anomalie qui survient pendant le sommeil, comme le ronflement et les apnées.

Échelle de somnolence d’Epworth

Situations

Assis en train de lire

Devant la télévision

Assis inactif dans un lieu public

Passager d’une voiture pendant une heure d’affilée

Allongé pour une sieste, l’après-midi

En position assise au cours d'une conversation

Tranquillement assis à table à la fin d'un repas sans alcool

Au volant d'une voiture immobilisée depuis quelques minutes dans un embouteillage

Pour ce test, les personnes utilisent l’échelle suivante pour évaluer leur probabilité de somnoler dans certaines situations :

  • Aucune (0)

  • Légère (1)

  • Modérée (2)

  • Élevée (3).

Un score de 10 ou plus indique une somnolence diurne anormale.

Un examen clinique est réalisé pour rechercher des troubles qui peuvent provoquer une insomnie ou une SDE.

Examens

Des tests ne sont pas nécessaires si les symptômes suggèrent une cause comme de mauvaises habitudes de sommeil, un stress ou un trouble du travail par postes.

Les médecins dirigent parfois les personnes vers un spécialiste des troubles du sommeil pour une évaluation dans un laboratoire du sommeil. Les raisons de cette référence médicale

  • Un diagnostic incertain

  • La suspicion de certains troubles (comme apnée du sommeil, trouble convulsif, narcolepsie et mouvements périodiques des membres)

  • L’insomnie ou la SDE malgré des mesures de base pour la corriger (changement du comportement pour améliorer le sommeil et prise de somnifères pendant un court moment)

  • Présence de signes avant-coureurs ou d’autres symptômes comme les cauchemars et la contraction des jambes ou des bras pendant le sommeil

  • Dépendance aux somnifères

  • Une envie irrésistible de bouger les jambes ou les bras juste avant de s’endormir ou pendant le sommeil (syndrome des jambes sans repos)

L’examen comprend une polysomnographie et une évaluation des mouvements anormaux au cours d’une nuit entière de sommeil. D’autres tests sont parfois également réalisés.

Une polysomnographie est généralement effectuée sur une nuit dans un laboratoire du sommeil, qui peut se situer dans un hôpital, une clinique, une chambre d’hôtel ou un autre établissement équipé d’un lit, de toilettes et d’un équipement de surveillance. Des électrodes sont collées sur le cuir chevelu et sur le visage pour enregistrer l’activité électrique du cerveau (électroencéphalographie ou EEG) ainsi que les mouvements des yeux. L’application de ces électrodes est indolore. Les enregistrements fournissent aux médecins des informations sur les phases du sommeil. Des électrodes sont également placées sur d’autres zones de l’organisme pour enregistrer le rythme cardiaque (électrocardiographie, ou ECG), l’activité musculaire (électromyographie), et la respiration. Une pince indolore est placée sur un doigt ou une oreille pour enregistrer les taux d’oxygène dans le sang. Une polysomnographie peut détecter les troubles respiratoires (comme une apnée obstructive du sommeil), des troubles convulsifs, une narcolepsie, un trouble du mouvement périodique des membres, et des mouvements et comportements inhabituels pendant le sommeil (parasomnies). La polysomnographie peut également être effectuée au domicile, mais seules la respiration, la fréquence cardiaque (par ECG) et le taux d’oxygène sont généralement enregistrés.

Un test itératif de latence à l’endormissement est réalisé pour différencier la fatigue physique et la SDE et rechercher des signes de narcolepsie. Les personnes passent la journée dans un laboratoire du sommeil en faisant quatre ou cinq siestes à 2 heures d’intervalle. Une polysomnographie est utilisée dans le cadre de ce test pour évaluer la rapidité des personnes à s’endormir. Elle détecte lorsque les personnes s’endorment et est utilisée pour surveiller les phases de sommeil pendant les siestes.

Le test de maintien de la vigilance est utilisé pour déterminer la façon dont les personnes peuvent rester éveillées en étant assises dans une pièce calme. Ces examens permettent de déterminer la gravité de la somnolence diurne et si les personnes peuvent vaquer à leur occupations quotidiennes en tout sécurité (conduite d’un véhicule, par exemple).

Des tests pour évaluer le cœur, les poumons et le foie peuvent être réalisés chez des personnes présentant une SDD si des symptômes ou des résultats d’un examen clinique suggèrent qu’un autre trouble en est la cause.

Traitement

Le traitement de l’insomnie dépend de sa cause et de sa gravité. Si l’insomnie résulte d’un autre trouble, celui-ci est traité. Ce traitement peut améliorer le sommeil.

Si l’insomnie est légère, des consignes générales peuvent être suffisantes. Ceux-ci incluent

  • Changements de comportement (comme suivre un horaire de sommeil régulier et éviter la caféine après le déjeuner)

  • Somnifères sur ordonnance

  • Somnifères en vente libre

Changements de comportement pour améliorer le sommeil

Objectifs

Méthode

Suivre un horaire sommeil-éveil régulier

Les personnes doivent se coucher à la même heure chaque soir et surtout se réveiller chaque matin à la même heure, même le week-end et en vacances. Les personnes ne doivent pas passer trop de temps au lit.

Suivre un rituel régulier avant de se coucher

Une programmation d’activités régulières, comme écouter de la musique calme, se brosser les dents, se laver le visage et régler son réveil, peut améliorer le sommeil. Ces habitudes doivent être suivies chaque soir, à domicile ou en dehors. Dans le cadre de ces habitudes, les personnes doivent éviter les lumières vives avant le coucher.

Environnement qui facilite le sommeil

La chambre à coucher doit être sombre et silencieuse et ni trop chaude ni trop froide. Les bruits forts peuvent perturber le sommeil lorsqu’ils ne réveillent pas les personnes. Il peut être utile d’utiliser des bouchons d’oreille, un appareil ou un ventilateur produisant un bruit blanc, ou installer des rideaux épais dans la chambre (pour réduire les bruits extérieurs et la lumière). Il peut être utile de porter un masque sur les yeux pour les personnes qui doivent dormir pendant la journée dans une chambre qui ne peut pas être totalement obscure. Si les personnes se réveillent pendant la nuit, elles doivent éviter les lumières vives.

Utiliser des coussins

Des coussins placés entre les genoux ou sous la taille peuvent permettre d’adopter une position plus confortable. Pour les personnes atteintes de problèmes de dos, s’allonger sur le côté avec un gros coussin entre les genoux ou s’allonger sur le dos avec un gros coussin sous les genoux peut être utile.

Utiliser principalement le lit pour dormir.

Le lit doit être utilisé pour le sommeil et le sexe. Il ne doit pas être utilisé pour manger, lire, regarder la télévision, régler ses factures ou pour d’autres activités liées à l’éveil.

Se lever

Lorsque les personnes n’arrivent pas s’endormir en 20 minutes, se lever et aller faire autre chose dans une autre pièce, puis revenir lorsque la somnolence arrive peut être plus efficace que demeurer allongé dans le lit et tenter à tout prix de s’endormir.

Faire de l’exercice régulièrement

L’exercice physique peut contribuer à l’endormissement naturel. Cependant, les activités exercées dans les 5 heures avant le coucher peuvent stimuler le cœur et le cerveau et maintenir la personne éveillée.

Se relaxer

Le stress et l’anxiété perturbent le sommeil. Les personnes qui n’ont pas sommeil avant le coucher peuvent se relaxer en lisant ou en prenant un bain chaud. Des techniques de relaxation, comme une imagerie visuelle, une relaxation musculaire progressive et des exercices de respiration, peuvent être utilisées. Les personnes doivent essayer d’oublier leurs problèmes au moment de pénétrer dans la chambre. Programmer un « temps de souci » pendant la journée pour penser aux problèmes peut diminuer le besoin de s’inquiéter au coucher.

Éviter une activité stimulante avant le coucher

Regarder des émissions excitantes à la télévision, jouer à des jeux d’action sur l’ordinateur ou traiter des thèmes compliqués liés au travail pendant l’heure précédant le coucher peut perturber l’endormissement.

S’abstenir de consommer des substances qui perturbent le sommeil

Des boissons ou des aliments qui contiennent de l’alcool ou de la caféine (comme café, thé, sodas et chocolat) qui peuvent perturber le sommeil, de même des substances coupe-faim et des diurétiques et de la nicotine (dans les cigarettes et les patchs à la nicotine). Des substances contenant de la caféine ne doivent pas être consommées dans les 12 heures avant le coucher. La prise d’une grande quantité d’alcool le soir entraîne un réveil précoce le matin. L’arrêt du tabac peut être utile.

Manger une collation légère en cas de faim

La faim peut gêner l’endormissement. Une collation légère occasionnelle, particulièrement si elle est chaude, peut aider, sauf si la personne souffre de reflux gastro-œsophagien. Cependant, les personnes doivent essayer de ne pas manger au moins quelques heures avant le coucher, et de ne pas dîner, surtout pas de dîner copieux, lorsque l’heure du coucher approche. Un dîner copieux peut provoquer des brûlures d’estomac, qui peuvent perturber le sommeil.

Éviter les comportements qui provoquent de l’anxiété

Les personnes peuvent retourner le réveil pour ne pas se focaliser sur l’heure. Elles ne doivent pas regarder le réveil lorsqu’elles sont couchées.

Passer du temps en pleine lumière pendant la journée

L’exposition à la lumière pendant la journée peut aider les personnes à réajuster leur horaire sommeil-éveil pour se synchroniser avec le cycle de lumière et d’obscurité de la Terre.

Éviter les siestes en journée, hormis pour les personnes travaillant en postes et les personnes souffrant de narcolepsie.

Les siestes en journée peuvent interférer avec le sommeil nocturne chez les personnes souffrant d’insomnie. Cependant, les siestes diminuent la nécessité des médicaments chez les personnes atteintes de narcolepsie et améliorent les performances des travailleurs en postes. Si nécessaire, les siestes doivent être effectuées chaque jour à la même heure et être limitées à 30 minutes.

Si le stress est la cause, la réduction du stress, si possible, élimine en général les symptômes. Si les symptômes persistent, une thérapie par la parole (thérapie cognitivo-comportementale) peut être le traitement le plus efficace et le plus sûr. Mais si une somnolence diurne et une fatigue se développent, particulièrement si elles perturbent le fonctionnement diurne, un traitement par somnifères se justifie. Une combinaison de thérapie cognitivo-comportementale et de somnifères est souvent la meilleure solution.

Si les personnes présentent insomnie et dépression, la dépression doit être traitée, ce qui soulage souvent l’insomnie. Certains antidépresseurs ont également un effet sédatif qui aide au sommeil lorsque les médicaments sont pris avant le coucher. Cependant, ces médicaments peuvent également provoquer une somnolence diurne, particulièrement chez les personnes âgées.

Somnifères sur ordonnance

Lorsqu’un trouble du sommeil perturbe les activités normales et le sens du bien-être, la prise occasionnelle de somnifères sur ordonnance (également appelés hypnotiques) pendant quelques semaines peut être utile.

Somnifères en vente libre

Certains somnifères sont disponibles sans ordonnance (en vente libre), mais un somnifère en vente libre peut ne pas être aussi sûr qu’un somnifère sur ordonnance, particulièrement chez les personnes âgées. Les somnifères en vente libre contiennent de la diphénhydramine ou de la doxylamine, tous deux des antihistaminiques, qui peuvent avoir des effets secondaires comme une somnolence diurne ou parfois de la nervosité, de l’agitation, des difficultés à uriner, des chutes et de la confusion particulièrement chez les personnes âgées.

Les somnifères en vente libre ne doivent pas être pris pendant plus de 7 à 10 jours. Ils sont conçus pour gérer une nuit sans sommeil occasionnelle, non pas une insomnie chronique, qui peut être le signe d’un grave problème sous-jacent. Si ces médicaments sont utilisés pendant longtemps ou arrêtés brusquement, ils peuvent provoquer des problèmes.

La mélatonine est une hormone qui favorise le sommeil et régule les cycles sommeil-veille. Elle est parfois utilisée pour traiter l’insomnie. Elle peut être efficace lorsque les problèmes de sommeil sont provoqués par une heure de coucher et une heure de lever tardives (par exemple se coucher à 3h00 du matin et se lever à 10h00 ou plus tard) – appelé trouble de la phase de sommeil retardée. Pour être efficace, la mélatonine doit être prise lorsque l’organisme en produit normalement (le soir tôt pour la plupart des personnes). Sinon, la mélatonine peut aggraver les problèmes de sommeil. L’utilisation de la mélatonine est controversée. Elle semble être sûre à court terme (jusqu’à quelques semaines), mais les effets liés à une absorption prolongée sont inconnus. De plus, les produits à base de mélatonine ne sont pas règlementés ; leur pureté et leur composition ne peuvent pas être confirmées. Un médecin doit superviser l’utilisation de la mélatonine.

La plupart des autres plantes médicinales et compléments alimentaires, comme la scutellaire et la valériane, sont disponibles dans des magasins de produits de santé, mais leurs effets sur le sommeil et leurs effets secondaires ne sont pas bien compris.

Traitement cognitif comportemental

La thérapie cognitivo-comportementale, prodiguée par un thérapeute spécialiste du sommeil, peut aider les personnes lorsque les insomnies perturbent les activités quotidiennes et lorsque les modifications comportementales sont inefficaces pour améliorer le sommeil.

Le thérapeute demande aux personnes de tenir un journal du sommeil. Dans le journal, elles consignent la qualité et la durée de leur sommeil, ainsi que les comportements pouvant perturber le sommeil (notamment repas ou activité physique tard le soir, consommation d’alcool ou de caféine, sentiment d’anxiété ou incapacité à arrêter de réfléchir au moment de s’endormir).

La thérapie cognitivo-comportementale aide les personnes à comprendre le problème, à se défaire des mauvaises habitudes de sommeil et à éliminer les pensées inutiles, comme s’inquiéter sur la perte de sommeil ou les activités du lendemain. Ce traitement comprend également une formation de relaxation.

Aspects essentiels concernant les personnes âgées

Étant donné que le sommeil se détériore avec l’âge, les personnes âgées sont plus prédisposées à se plaindre d’insomnie que les jeunes personnes. En vieillissant, elles ont tendance à moins dormir et à se réveiller plus souvent pendant la nuit et à se sentir plus somnolentes et à faire une sieste pendant la journée. Les périodes de sommeil profond qui est plus réparateur se raccourcissent jusqu’à disparaître. En général, ces changements seuls n’indiquent pas un trouble du sommeil chez les personnes âgées.

Les personnes âgées souffrant d’un sommeil interrompu peuvent tirer parti des mesures suivantes :

  • Horaires de coucher réguliers

  • Augmentation de l’exposition à la lumière naturelle pendant la journée

  • Exercices physiques réguliers

  • Diminution des siestes diurnes (car les siestes peuvent diminuer la qualité du sommeil nocturne)

De nombreuses personnes âgées souffrant d’insomnie n’ont pas besoin de somnifères. Mais si elles en ont besoin, elles doivent garder à l’esprit que ces médicaments peuvent causer des problèmes. Par exemple, les somnifères peuvent entraîner une confusion et réduire la vigilance diurne, ce qui rend la conduite dangereuse. Il convient donc de se montrer prudent.

Points-clés

  • Les mauvaises habitudes de sommeil, le stress et les conditions qui perturbent l’horaire sommeil-veille interne (comme le travail par postes) induisent de nombreux cas d’insomnie et une somnolence diurne excessive.

  • Cependant, la cause est parfois un trouble, comme une apnée obstructive du sommeil ou un trouble mental.

  • Une polysomnographie effectuée dans un laboratoire du sommeil est en général recommandée lorsque les médecins suspectent que la cause est une apnée obstructive du sommeil ou un autre trouble du sommeil, lorsque le diagnostic est incertain, ou lorsque des mconsignesesures générales n’aident pas.

  • Si l’insomnie est légère, des consignes générales, comme suivre un horaire de sommeil régulier, peuvent être simplement nécessaires.

  • Si l’insomnie perturbe les activités quotidiennes et que les consignes générales ne sont pas efficaces, la thérapie cognitivo-comportementale ou des somnifères pendant quelques semaines peuvent être utiles.

  • Les somnifères sont plus à même de provoquer des problèmes chez les personnes âgées.

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