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Hépatite virale aiguë

Par Anna E. Rutherford, MD, MPH

Une hépatite virale aiguë est une inflammation du foie, due à l’infection par l’un des cinq virus des hépatites. Dans la plupart des cas, l’inflammation débute brutalement et ne dure que quelques semaines.

  • Les symptômes varient, depuis une absence de symptômes jusqu’à des symptômes très sévères.

  • Les personnes infectées peuvent perdre l’appétit, avoir des nausées, des vomissements, de la fièvre, des douleurs dans la région abdominale supérieure droite et un ictère.

  • Les médecins pratiquent un examen clinique et prélèvent du sang pour l’analyser.

  • Les vaccins peuvent prévenir les hépatites A, B et E.

  • Habituellement, aucun traitement spécifique n’est nécessaire.

L’hépatite virale aiguë peut être due aux cinq virus de l’hépatite (A, B, C, D et E, Les virus des hépatites) et probablement d’autres virus non identifiés à ce jour. Le virus de l’hépatite A est la cause la plus fréquente, suivie par le virus de l’hépatite B. Certaines activités, telles que se faire faire un tatouage ou un piercing, partager des aiguilles pour s’injecter des drogues ou avoir de multiples partenaires sexuels, augmentent le risque de développer une hépatite.

Symptômes

L’hépatite virale aiguë peut se manifester par des symptômes allant d’un discret syndrome pseudo-grippal à une insuffisance hépatique fatale. Dans certains cas, aucun symptôme ne se développe. La gravité des symptômes et les délais de guérison varient considérablement en fonction du type de virus et de la réponse de la personne à l’infection. Les hépatites A et C provoquent souvent des symptômes discrets, voire aucun symptôme, et peuvent passer inaperçues, tandis que les hépatites B et E sont plus propices à provoquer des symptômes graves. La co-infection par l’hépatite B et l’hépatite D peut encore aggraver les symptômes.

Les symptômes débutent souvent brutalement. Ils comprennent une diminution de l’appétit, des nausées, des vomissements et souvent de la fièvre et une douleur dans la région abdominale supérieure droite (où se trouve le foie). Chez les fumeurs, la sensation de dégoût de la cigarette est typique. Parfois, en particulier au cours de l’hépatite B, la personne présente des douleurs articulaires et des lésions cutanées rouges urticariennes (papules œdémateuses) et prurigineuses.

Habituellement, au bout de 3 à 10 jours, les urines deviennent sombres et un ictère (décoloration jaunâtre de la peau et des sclérotiques, L’ictère chez l’adulte) se développe. Ces deux symptômes sont liés à une accumulation de la bilirubine dans le sang. La bilirubine est le pigment majoritaire de la bile, qui est le liquide digestif jaune verdâtre produit par le foie. La plupart des symptômes disparaissent en général à ce stade et la personne se sent mieux, malgré l’aggravation de l’ictère. En général, l’ictère atteint son maximum après 1 à 2 semaines, puis disparaît en 2 à 4 semaines. Des symptômes de cholestase (diminution ou arrêt du flux biliaire), tels que des selles décolorées et des démangeaisons généralisées, peuvent se manifester, en particulier chez les personnes infectées par l’hépatite A.

Plus rarement, les symptômes deviennent extrêmement sévères et une insuffisance hépatique se développe (hépatite fulminante). Les personnes infectées par l’hépatite B sont plus sujettes à l’hépatite fulminante, en particulier si elles sont co-infectées par l’hépatite D. L’hépatite fulminante peut progresser très vite. Les substances toxiques normalement éliminées par le foie s’accumulent dans le sang et atteignent le cerveau, causant une encéphalopathie hépatique (porto-systémique) ( Encéphalopathie hépatique). L’hépatite fulminante peut être mortelle, en particulier chez l’adulte.

La guérison d’une hépatite virale aiguë se fait en général en 4 à 8 semaines, même en l’absence de traitement. Cependant, les personnes infectées par l’hépatite C peuvent devenir porteuses du virus. Il est moins probable que les personnes infectées par l’hépatite B deviennent porteuses. Les porteurs peuvent être asymptomatiques mais rester infectés et capables de transmettre le virus. Les porteurs peuvent développer une hépatite chronique, même si la maladie n’est pas apparente. Un porteur risque à terme de développer une cirrhose (cicatrisation sévère du foie, Cirrhose du foie) ou un cancer du foie ( Cancers primitifs du foie).

Diagnostic

Les médecins évoquent le diagnostic d’hépatite virale aiguë à partir des symptômes. À l’examen clinique, le médecin exerce une pression sur l’abdomen au-dessus du foie, qui est sensible et un peu augmenté de volume chez environ la moitié des personnes qui ont une hépatite virale aiguë.

Des analyses de sang pour déterminer si le foie fonctionne bien et s’il est endommagé (bilan hépatique) sont réalisées. Cela peut indiquer si le foie est inflammatoire et permettre de distinguer une hépatite due à un abus d’alcool d’une hépatite d’origine virale. Des analyses de sang sont effectuées pour aider le médecin à identifier quel virus de l’hépatite est à l’origine de l’infection. Ces analyses peuvent détecter des parties des virus ou des anticorps spécifiques produits par l’organisme pour combattre les virus.

Parfois, lorsque le diagnostic n’est pas clair, une biopsie est pratiquée. Un échantillon de tissu hépatique est prélevé avec une aiguille, puis examiné.

Si une hépatite aiguë semble probable, la cause est identifiée si possible. Pour aider à identifier la cause, le médecin interroge généralement la personne sur les activités susceptibles de majorer le risque de contracter une hépatite virale ( Les virus des hépatites). Pour déterminer si la cause est autre que virale, le médecin peut demander à la personne si elle consomme des médicaments pouvant entraîner une hépatite (comme l’isoniazide, utilisé dans le traitement de la tuberculose) et la quantité d’alcool qu’elle consomme.

Prévention

Des vaccins, administrés par injection intramusculaire, sont disponibles pour prévenir les infections aux hépatites A, B et E.

Comme pour la plupart des vaccins, la protection ne prend effet qu’après quelques semaines, le temps que le système immunitaire de la personne vaccinée produise progressivement des anticorps contre les virus correspondants.

Il est possible d’injecter une préparation d’anticorps appelée immunoglobulines standards chez les personnes non vaccinées exposées au virus de l’hépatite A. Cette préparation peut prévenir l’infection ou réduire sa sévérité. Néanmoins le degré de protection obtenu est variable et n’est que temporaire.

Les personnes non vaccinées exposées au virus de l’hépatite B reçoivent de l’immunoglobuline de l’hépatite B et sont vaccinées. L’immunoglobuline de l’hépatite B contient des anticorps dirigés contre l’hépatite B, qui aident l’organisme à combattre l’infection. Cette préparation permet de prévenir les symptômes ou de réduire leur sévérité, bien qu’il soit peu probable qu’elle prévienne l’infection. Certaines personnes, notamment celles dont le système immunitaire est affaibli ou celles qui sont traitées par hémodialyse, peuvent avoir besoin d’une dose de rappel du vaccin.

Il n’existe pas de vaccin contre les virus de l’hépatite C et D. Cependant, la vaccination contre le virus de l’hépatite B réduit également le risque d’hépatite D.

D’autres mesures préventives peuvent être prises contre le risque d’infection par les virus de l’hépatite :

  • Bien se laver les mains avant de manipuler des aliments

  • Ne pas partager d’aiguilles pour s’injecter des drogues

  • Ne pas partager de brosses à dents, de rasoirs ou d’autres éléments pouvant avoir des traces de sang

  • Avoir des relations sexuelles protégées, par exemple en utilisant un préservatif

  • Limiter le nombre de ses partenaires sexuels

Il est peu probable que le sang des dons soit contaminé car il est contrôlé. Néanmoins, les médecins contribuent à réduire le risque d’hépatite en ne prescrivant des transfusions que si elles sont strictement nécessaires. Avant une intervention chirurgicale, les personnes peuvent parfois éviter de se faire transfuser du sang provenant d’un donneur inconnu en donnant leur propre sang quelques semaines avant l’intervention.

Traitement

Dans la majorité des cas, aucun traitement spécifique n’est nécessaire, même si dans certaines situations d’hépatite aiguë particulièrement grave, une hospitalisation peut être requise. En général, les premiers jours passés, l’appétit revient et la personne n’a plus besoin de rester alitée. Il n’est pas nécessaire d’imposer un régime strict ou une limitation de l’activité physique, ni de prendre des suppléments vitaminiques. La plupart des personnes peuvent reprendre leur activité professionnelle sans risque dès que l’ictère a disparu, même si le bilan hépatique ne s’est pas complètement normalisé.

Les personnes souffrant d’hépatite ne doivent pas consommer d’alcool tant qu’elles ne sont pas complètement rétablies. Un médecin peut être amené à arrêter ou à diminuer la posologie de certains médicaments qui peuvent atteindre des taux toxiques pour l’organisme (comme la warfarine ou la théophylline), en raison de l’incapacité du foie à les transformer (métaboliser). Les personnes doivent, par conséquent, s’informer auprès de leur médecin avant de prendre un médicament (sur prescription ou en vente libre, y compris les plantes médicinales), afin d’ajuster la posologie si nécessaire.

Si l’hépatite B provoque une hépatite extrêmement sévère (fulminante), des antiviraux peuvent être utiles. Cependant, la greffe de foie est le traitement le plus efficace et peut représenter le seul espoir de survie, en particulier chez l’adulte.