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Cancer de la bouche et de la gorge

(Cancer oral ; Cancer de l’oropharynx)

Par Bradley A. Schiff, MD, Associate Professor, Department of Otorhinolaryngology-Head and Neck Surgery, Montefiore Medical Center, The University Hospital of Albert Einstein College of Medicine

  • Les cancers de la bouche et de la gorge peuvent ressembler à des plaies ouvertes, à des excroissances ou à des zones décolorées dans la bouche.

  • Les médecins font des biopsies pour diagnostiquer les cancers de la bouche et de la gorge.

  • Les tests d’imagerie, comme la tomodensitométrie, l’imagerie par résonance magnétique et la tomographie par émission de positons, sont effectués pour déterminer le stade du cancer ou voir jusqu’où le cancer s’est propagé.

  • La chimiothérapie et la radiothérapie sont les traitements habituels de ce type de tumeurs.

Les cancers de la bouche et de la gorge comprennent les cancers qui se produisent sur les lèvres, le plafond, les côtés ou le plancher de la bouche, la langue, les amygdales, ou le fond de la gorge. Le cancer de la boîte vocale (larynx) est appelé cancer du larynx.

En 2015, aux États-Unis, environ 61 760 personnes (45 330 hommes et 16 430 femmes) ont développé un cancer de la bouche et de la gorge, entraînant environ 13 190 décès, principalement chez des hommes âgés de plus de 50 ans.

Types de cancer affectant la bouche et la gorge

Le carcinome épidermoïde, cancer se développant dans les cellules épidermoïdes recouvrant l’intérieur de la bouche ou de la gorge, est de loin le type de cancer oral le plus fréquent. D'autres types de cancer, comme le carcinome verruqueux, le mélanome malin et le sarcome de Kaposi, sont beaucoup moins fréquents.

Facteurs de risque

Principaux facteurs de risque pour le cancer de la bouche et de la gorge :

  • Tabagisme

  • Consommation d’alcool

  • Infection par le papillomavirus humain (PVH)

La consommation de tabac, y compris la consommation de cigarettes (en particulier plus de 2 paquets par jour), de cigares ou de pipes ; le tabac à chiquer ou le bétel à mâcher (mélange de substances contenant du tabac, également appelé paan) ; et le tabac à priser, provoque de nombreux cancers de la bouche et de la gorge. Les cigares et les cigarettes sont également dangereux comme facteurs de risque de développement de cancers de la bouche, suivis par ordre décroissant par la mastication du tabac et par la pipe.

La consommation chronique ou lourde d’alcool augmente également le risque de cancer de la bouche et de la gorge. Le risque augmente de façon importante lorsque la consommation d’alcool dépasse 18 centilitres d’une boisson spiritueuse, 44 centilitres de vin ou 1 litre de bière par jour. Il est prouvé que l’alcool contenu dans un collutoire peut contribuer au cancer de la bouche lorsqu’il est utilisé de façon répétée sur une longue période.

Le risque le plus élevé concerne l’association de tabac et d’alcool consommés en grandes quantités, qui causerait deux à trois fois plus de cancers que l’usage isolé de l’un ou l’autre. Cette utilisation combinée multiplie le risque de cancer de la bouche par 100 chez les femmes et par 38 chez les hommes ; le risque de cancer de la gorge est multiplié par 30. La poursuite de la consommation de tabac et d’alcool après un cancer de la bouche et de la gorge, multiplie par 2 le risque par rapport au reste de la population de développer un second cancer de la bouche et de la gorge.

Le PVH, qui est de plus en plus courant comme facteur de risque, cause des verrues génitales et peut infecter la bouche pendant le sexe oral. Certaines souches de ce virus prédisposent au cancer de la gorge et, dans une moindre mesure, au cancer de la bouche.

Le genre est un facteur de risque. Environ deux tiers des cancers de la bouche et de la gorge touchent des hommes, mais l’augmentation de la consommation de tabac et l’augmentation du taux d’infection par le PVH chez les femmes ces dernières décennies est en train de réduire cet écart. Plus récemment, ces cancers associés au PVH n’ont augmenté que chez les hommes blancs.

Comme pour la plupart des tumeurs, l’incidence augmente avec l’âge.

D’autres facteurs qui augmentent les risques sont les irritations répétées dues aux bords tranchants de dents ébréchées, les obturations, les cavités ou les prothèses dentaires mal adaptées (comme les dentiers). Les radiographies antérieures de la tête et du cou, la candidose chronique et une mauvaise hygiène bucco-dentaire constituent également des facteurs de risque. La forte exposition au soleil peut causer le cancer de la lèvre.

Le saviez-vous ?

  • Les deux principaux facteurs de risque contrôlables de cancers de la bouche sont la consommation de tabac et d’alcool.

Symptômes

Les symptômes varient quelque peu en fonction de l’endroit où le cancer se trouve.

Le cancer de la bouche est généralement indolore pendant longtemps, mais finit par causer des douleurs lorsqu’il se développe. Lorsque les douleurs commencent, celles-ci se produisent généralement lors de la déglutition, comme un mal de gorge. Les personnes peuvent avoir des difficultés à parler. Le carcinome à cellules squameuses de la bouche se présente souvent comme une ulcération qui tend à se développer dans les tissus sous-jacents. Les lésions peuvent être des taches planes ou légèrement en relief de couleur rouge (érythroplasie) ou blanche (leucoplasie).

Les cancers de la lèvre et d’autres parties de la bouche semblent souvent durs comme de la pierre et fixés aux tissus sous-jacents. La plupart des grosseurs non cancéreuses dans ces zones peuvent se déplacer librement. Les zones décolorées sur les gencives, la langue, ou la muqueuse de la bouche peuvent aussi être des signes de cancer. Une zone dans la bouche qui est récemment devenue brune ou présente une décoloration sombre peut être un mélanome. Parfois une zone plate, ponctuée de petites taches marron (tache des fumeurs), se développe dans la partie des lèvres en contact avec la cigarette ou la pipe.

Le cancer de la gorge provoque généralement des douleurs dans la gorge qui augmentent avec la déglutition, des difficultés à déglutir et à parler, ainsi que des douleurs dans l’oreille. Parfois, une grosseur dans le cou est le premier signe d’un cancer de la gorge.

Dans la plupart des types de cancer de la bouche et de la gorge, les symptômes uniques rendent la prise d’aliments difficile, les personnes commencent à perdre du poids.

Diagnostic

  • Endoscopie

  • Biopsie

  • Tests d’imagerie pour la stadification

Les médecins font une biopsie (ablation d’un échantillon de tissu pour examen au microscope) de toute zone anormale observée lors de l’examen. Seule une biopsie peut déterminer si une région suspecte est cancéreuse. Si les médecins ne voient pas de croissance anormale dans la bouche de personnes qui ont des symptômes, ils examinent la gorge à l’aide d’un miroir spécial et/ou un tube de visualisation flexible (endoscope). Ils font une biopsie de toutes les zones anormales observées au cours de cet examen.

Si la biopsie révèle un cancer, les médecins font alors des tests d’imagerie pour déterminer son stade ou son étendue, comme la tomodensitométrie (TDM), l’imagerie par résonance magnétique (IRM) ou une combinaison de tomographie par émission de positons (TEP) et de TDM. Ces tests d’imagerie sont effectués pour aider les médecins à déterminer la taille et la localisation du cancer, s’il s’est étendu aux structures voisines, et s’il s’est propagé aux ganglions lymphatiques dans le cou. Les personnes qui ont un carcinome à cellules squameuses passent également une endoscopie à la recherche d’un cancer dans les structures proches. Les médecins réalisent généralement une laryngoscopie (examen du larynx), une bronchofibroscopie (examen des poumons) et une œsophagoscopie (examen de l’œsophage), car d’autres cancers peuvent être présents dans ces régions.

Dépistage

Étant donné que la détection précoce améliore considérablement les probabilités de guérison, les médecins et les dentistes devraient soigneusement examiner la bouche et de la gorge lors de chaque examen médical et dentaire de routine. L’examen devrait inclure la zone sous la langue, où les personnes ne voient généralement pas ou ne sentent pas de croissance anormale tant qu’elle n’est pas devenue très grande.

Pronostic

Le taux de survie des personnes atteintes d’un cancer de la bouche ou de la gorge varie significativement selon :

  • Le site initial de la tumeur

  • Si le cancer s’est étendu, et le cas échéant, dans quelle mesure (stade)

  • La cause (dans une certaine mesure)

Le taux de guérison des carcinomes épidermoïdes de la bouche est important en cas d’ablation de la totalité de la tumeur et des tissus sains environnants avant qu’ils ne s’étendent aux ganglions. En moyenne, plus de 75 % des personnes ayant un carcinome de la langue qui n’a pas atteint les ganglions lymphatiques survivent au moins 5 ans après le diagnostic. Environ 75 % des personnes ayant un cancer du plancher buccal qui ne s’est pas propagé survivent au moins 5 ans après le diagnostic. Cependant, si le cancer a atteint les ganglions lymphatiques, le taux de survie à 5 ans diminue d’environ 50 %. Environ 90 % des personnes atteintes d’un cancer de la lèvre inférieure survivent au moins 5 ans, et le carcinome se propage rarement. Le carcinome de la lèvre supérieure a tendance à être plus agressif et se propage.

En moyenne, 60 % des personnes ayant un cancer de la gorge survivent au moins 5 ans après le diagnostic. Le taux est d’environ 75 % si la cause est le PVH et d’environ 50 % si la cause est différente.

Les personnes qui ont un cancer causé par le papillomavirus humain (PVH) ont un meilleur taux de survie que les personnes ayant un cancer similaire causé par d’autres facteurs.

Prévention

Éviter la consommation excessive d’alcool et de tabac peut significativement réduire le risque de cancers de la bouche et de la gorge. Le lissage des arêtes tranchantes des dents ébréchées ou des obturations constitue une mesure préventive complémentaire. Ne pas s’exposer au soleil et utiliser un écran solaire permet de réduire le risque de cancer de la lèvre. Si la lésion solaire touche une zone étendue de la lèvre, le rasage des lèvres, qui comprend l’ablation de la surface extérieure par la chirurgie ou le laser, peut prévenir l’évolution cancéreuse.

Les vaccins contre le PVH actuels ciblent certaines souches du PVH à l’origine des cancers de la gorge. Par conséquent, les vaccins pédiatriques peuvent prévenir le développement de certains de ces cancers.

Traitement

  • Chirurgie

  • Radiothérapie

Les piliers du traitement des cancers de la bouche et de la gorge sont la chirurgie et la radiothérapie. Les médecins choisissent le traitement en fonction de la taille et de la localisation du cancer.

Pour le cancer de la bouche, la chirurgie constitue généralement le premier traitement. Les médecins enlèvent le cancer et suppriment parfois aussi les ganglions lymphatiques sous et derrière la mâchoire et le long du cou. Par conséquent, la chirurgie pour les cancers de la bouche peut entraîner une défiguration et psychologiquement traumatisante. Les techniques de chirurgie reconstructrice les plus récentes réalisées au cours de la chirurgie initiale peuvent améliorer la fonction et contribuer à restaurer l’aspect normal. Des dents manquantes et des parties du maxillaire peuvent être remplacées par des prothèses. Une rééducation de la voix et de la déglutition peut être nécessaire après les chirurgies lourdes. Les personnes qui ne peuvent pas subir une intervention chirurgicale et les personnes dont le cancer s’est propagé à de nombreux ganglions lymphatiques peuvent être traitées avec la radiothérapie. La chimiothérapie n’est généralement pas utilisée à moins que le cancer ne soit propagé largement, dans ce cas, elle peut aider à soulager les symptômes.

Pour le cancer de la gorge, les médecins utilisent généralement la radiothérapie et y ajoutent la chimiothérapie lorsque le cancer est plus avancé. Un type spécifique de radiothérapie appelé radiothérapie à modulation d’intensité (IMRT) permet aux médecins de traiter par rayonnement une zone très spécifique, ce qui peut diminuer les effets secondaires. Récemment, les médecins ont commencé à utiliser la chirurgie plus souvent comme premier traitement pour le cancer de la gorge. De nouvelles techniques qui permettent aux médecins d’opérer par la bouche plutôt que par une incision dans le cou semblent utiles. Certaines techniques utilisent un endoscope pour guider la chirurgie au laser. Une autre technique implique l’utilisation d’un robot chirurgical. Le chirurgien contrôle les bras du robot à partir d’une console et visionne l’opération par l’intermédiaire d’une caméra fixée à un endoscope qui a été inséré dans la bouche des personnes.

Effets secondaires du traitement

La radiothérapie de la bouche et de la gorge provoque de nombreux effets secondaires et détruit souvent les glandes salivaires. La destruction des glandes salivaires entraîne la sécheresse buccale qui peut provoquer des caries et d’autres troubles dentaires.

L’ostéoradionécrose est la perte de l’os et des tissus mous environnants dans une zone de la tête ou du cou qui a été traitée par rayonnement. Un traitement dentaire minutieux peut prévenir l’ostéoradionécrose.

Comme les maxillaires exposés au rayonnement ne guérissent pas bien, les troubles dentaires doivent donc être entièrement traités avant la radiothérapie. Toute dent dégradée doit être enlevée et il est souhaitable de ne commencer la radiothérapie qu’après la guérison.

De même, une bonne hygiène bucco-dentaire est importante chez les patients soumis à une radiothérapie pour un cancer de la bouche et de la gorge, car la bouche ne guérit pas facilement si une chirurgie dentaire, comme l’extraction de dents, devient nécessaire. Cette hygiène comprend des consultations dentaires régulières et des applications quotidiennes de fluor à la maison. Si les personnes finissent par perdre une dent, l’oxygénothérapie hyperbare peut aider à guérir la mâchoire sans causer d’ostéoradionécrose.

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