Introuvable
Emplacements

Trouvez des informations sur des sujets médicaux, des symptômes, des médicaments, des procédures, des nouvelles et bien plus encore, rédigées en langage simple.

Neutropénie

Par Mary Territo, MD, University of California, Los Angeles

La neutropénie, également appelée agranulocytose ou granulocytopénie, est un nombre anormalement faible de neutrophiles (un type de globules blancs) dans le sang.

  • Dans les cas graves, la neutropénie augmente de façon importante le risque d’infection potentiellement mortelle.

  • Elle est souvent causée par une chimiothérapie ou une radiothérapie.

  • On suspecte une neutropénie chez les personnes qui ont des infections fréquentes ou inhabituelles.

  • Le diagnostic de neutropénie se fait grâce à un échantillon de sang, mais si la cause n’est pas apparente, un prélèvement de moelle osseuse peut être nécessaire.

  • Le traitement d’une neutropénie dépend de sa cause et de sa gravité.

Les neutrophiles constituent la principale défense de l’organisme contre les infections bactériennes aiguës et certaines infections fongiques. Ils constituent de 45 à 75 % de tous les globules blancs dans la circulation sanguine. Lorsque le nombre de neutrophiles est inférieur à 1000 cellules par microlitre de sang, le risque d’infection augmente. Il devient même très élevé lorsque le nombre des globules blancs est inférieur à 500 cellules par microlitre. L’organisme a des difficultés à contrôler les infections éventuellement mortelles s’il n’a pas cette protection essentielle qu’apportent les neutrophiles.

Causes

Une neutropénie peut se produire lorsque les neutrophiles sont utilisés ou détruits plus rapidement que la moelle osseuse ne peut en produire. Certaines infections bactériennes, certaines allergies ainsi que certains médicaments peuvent provoquer de tels phénomènes. Dans les maladies auto-immunes, la neutropénie peut aussi être provoquée par la production d’anticorps qui détruisent les neutrophiles. Lorsque la rate augmente de volume ( Splénomégalie), le nombre de neutrophiles peut diminuer car celle-ci les séquestre et les détruit.

Une neutropénie peut également être due à la diminution de la production des neutrophiles par la moelle osseuse. Cela peut se produire en cas de cancer, d’infections virales telles que la grippe, d’infections bactériennes telles que la tuberculose, de myélofibrose ou en cas de carences en vitamine B12 ou en folates (acide folique). Une neutropénie peut également se développer chez les patients dont la moelle osseuse a été irradiée au cours d’une radiothérapie. De plus, de nombreux médicaments, comme la phénytoïne, le chloramphénicol, les sulfamides et de nombreux traitements utilisés contre le cancer (chimiothérapie), ainsi que certaines substances toxiques (benzène et insecticides) peuvent altérer les capacités de la moelle osseuse à produire des neutrophiles.

Le saviez-vous ?

  • La neutropénie étant asymptomatique, on ne suspecte souvent pas la maladie, sauf lorsque les personnes ont des infections fréquentes ou inhabituelles.

La production de neutrophiles par la moelle osseuse est aussi altérée par une maladie grave, appelée anémie aplasique (dans laquelle la moelle osseuse peut arrêter la production de toute cellule sanguine, voir Anémie aplasique). Le nombre de neutrophiles est aussi diminué par certaines maladies héréditaires rares.

Symptômes et diagnostic

La neutropénie peut apparaître soudainement, en quelques heures ou quelques jours, en réaction à certaines infections ou expositions, mais elle peut également se développer progressivement. Elle peut disparaître rapidement, lorsque l’infection est résolue ou qu’il n’y a plus d’exposition, ou peut durer plusieurs mois voire plusieurs années (neutropénie chronique). Ne provoquant pas de symptômes spécifiques, la neutropénie est le plus souvent diagnostiquée lorsque survient une infection. Une personne peut présenter une fièvre et des ulcérations douloureuses autour de la bouche et au niveau de la région périanale. Une pneumonie bactérienne ainsi que d’autres infections sévères peuvent survenir. La neutropénie chronique peut être moins sévère si la numération des neutrophiles ne descend pas trop bas et si la maladie est intermittente (neutropénie cyclique).

Lorsqu’une personne présente des infections fréquentes ou inhabituelles, le médecin doit envisager une neutropénie, et prescrire une NFS afin de confirmer son diagnostic. Une faible numération des neutrophiles indique une neutropénie. Dans de nombreux cas, elle est prévisible, et on en connaît l’origine, notamment chez les patients soumis à une chimiothérapie ou à une radiothérapie. Lorsque la cause est inconnue, il est nécessaire de la découvrir. Qu’on en connaisse ou non la cause, les médecins doivent toujours rechercher une infection invisible qui a pu être causée par la neutropénie.

Déterminer la cause

Les médecins interrogent les patients sur l’exposition à des médicaments ou des toxiques et recherchent des infections ou d’autres troubles qui peuvent provoquer une neutropénie. Ils demandent souvent un prélèvement de moelle osseuse, aspirée par une aiguille ( Myélogramme). L’échantillon de moelle osseuse est examiné au microscope pour déterminer si son aspect est normal, si le nombre de cellules précurseurs des neutrophiles est normal, et si le développement des neutrophiles est normal. Après avoir quantifié le nombre de cellules précurseurs, et après avoir étudié leur maturation, le médecin pourra affirmer si le trouble provient d’une production cellulaire insuffisante ou d’une utilisation ou d’une destruction excessive des cellules dans la circulation sanguine. Parfois, l’examen de la moelle osseuse révèle une maladie, comme une leucémie, un autre type de cancer ou une infection, comme la tuberculose.

Rechercher une infection

Les personnes atteintes de neutropénie n’ayant pas tous les symptômes et les résultats d’examens que l’on retrouve habituellement en cas d’infection, les médecins les interrogent de façon détaillée sur leurs symptômes et les auscultent de la tête aux pieds. Des examens complémentaires sont pratiqués en cas de résultats préoccupants, par exemple, si la personne présente une gêne intestinale, un scanner (tomodensitométrie) de l’abdomen peut être réalisé. Même sans suspicion spécifique, on réalise généralement une analyse d’urine et une uroculture, une hémoculture et une radiographie thoracique. Les examens de cultures consistent à prélever un échantillon du matériel biologique à étudier (ici, de l’urine ou du sang) et à l’envoyer au laboratoire qui fera des cultures des bactéries ou d’autres micro-organismes susceptibles d’être présents.

Traitement

Le plus important est de traiter l’infection découverte. Chez les personnes atteintes de neutropénie, les infections peuvent rapidement devenir sévères, voire mortelles. Même si les médecins ne peuvent pas diagnostiquer une infection spécifique, en cas de fièvre, on suppose une infection. On donne alors des antibiotiques efficaces contre la plupart des causes habituelles.

Le traitement de la neutropénie dépend de sa cause et de sa gravité. La prise des médicaments susceptibles d’entraîner une neutropénie doit être arrêtée dès que possible ; et on doit éliminer une éventuelle exposition à des substances toxiques. La moelle osseuse récupère parfois sans aucun traitement. La neutropénie qui accompagne les infections virales, comme la grippe, peut être transitoire et disparaître lorsque l’infection est guérie. Les personnes atteintes de neutropénie modérée n’ont généralement pas de symptômes et n’ont pas nécessairement besoin de traitement.

En revanche, les personnes atteintes de neutropénie sévère peuvent rapidement mourir d’une infection parce que leur organisme n’a pas les moyens de combattre les agents pathogènes. Lorsque ces personnes développent des infections, ils sont généralement hospitalisés, et reçoivent rapidement des antibiotiques puissants, avant même l’identification du germe et la mise en évidence du site infectieux. La fièvre est généralement le premier signe de l’infection chez les personnes neutropéniques ; elle impose une prise en charge médicale rapide.

Les facteurs de croissance, appelés facteur de stimulation des colonies, qui stimulent la production de globules blancs, sont parfois utiles. Les corticoïdes peuvent être intéressants si la neutropénie est provoquée par une réaction de type auto-immune. La globuline antithymocyte ou les médicaments immunosuppresseurs peuvent aussi être utilisés lorsqu’il s’agit d’une aplasie médullaire.

Lorsque la neutropénie est due à une autre maladie (tuberculose, leucémie ou autres cancers), le traitement de la maladie sous-jacente peut corriger la neutropénie. Par exemple, lorsque la neutropénie est due à une splénomégalie (augmentation du volume de la rate), l’ablation de la rate peut guérir la neutropénie. La greffe de moelle osseuse (ou greffe de cellules souches) n’a pas pour but de traiter la neutropénie en elle-même, mais peut être recommandée pour traiter certaines maladies graves qui entraînent une neutropénie, comme l’aplasie médullaire ou la leucémie.

Ressources dans cet article