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Diabète sucré (DS)

Par Preeti Kishore, MD, Assistant Professor of Medicine, Division of Endocrinology, Albert Einstein College of Medicine

Le diabète sucré est une maladie où le taux de sucre (glycémie) dans le sang est anormalement à cause d’une production d’insuline par l’organisme insuffisante.

  • Il se caractérise par une augmentation des mictions et de la soif, ainsi que par une perte de poids involontaire.

  • Le diabète lèse les nerfs et entraîne des troubles de la sensibilité.

  • Le diabète lèse les vaisseaux sanguins et augmente le risque de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral, d’insuffisance rénale et de perte de la vision.

  • Les médecins diagnostiquent le diabète en mesurant les taux de glycémie.

  • Les diabétiques doivent avoir une alimentation pauvre en glucides et en graisses, une activité physique et prennent généralement des médicaments qui abaissent leur glycémie.

Le diabète sucré est un trouble dans lequel la quantité de sucre dans le sang est élevée. Les médecins utilisent souvent le nom de diabète sucré, plutôt que seulement diabète, pour le différencier du diabète insipide. Le diabète insipide est une maladie assez rare qui n’affecte pas les taux de glucose sanguin mais qui, tout comme le diabète sucré, provoque également une augmentation des mictions.

Glycémie

Il existe de nombreux types de sucre. Certains sucres sont simples et d’autres plus complexes. Le saccharose (sucre de table) est composé de 2 sucres simples : le glucose et le fructose. Le lactose (sucre du lait) est composé de glucose et d’un sucre simple appelé galactose. Les glucides présents dans le pain, les pâtes, le riz et les denrées apparentées sont constitués de longues chaînes de molécules de glucose. Le saccharose, le lactose, les glucides et autres sucres complexes doivent être d’abord dégradés sous forme de composants élémentaires grâce à des enzymes du tube digestif avant que l’organisme ne puisse les absorber.

Une fois que l’organisme absorbe les sucres simples, il les transforme généralement en glucose, la principale source d’énergie de l’organisme. Le glucose est le sucre qui est transporté dans le sang et capté par les cellules. Le « sucre » dans le sang désigne en fait le glucose dans le sang.

Le saviez-vous ?

  • Le « sucre » dans le sang désigne en fait le glucose dans le sang.

Insuline

L’insuline, une hormone libérée par le pancréas, contrôle le taux de glucose dans le sang. Le glucose dans la circulation sanguine stimule le pancréas à produire de l’insuline. L’insuline aide le glucose à passer du sang vers les cellules. À l’intérieur des cellules, le glucose est converti en énergie qui est utilisée immédiatement ou il est stocké sous forme de graisse ou de glycogène jusqu’à ce qu’il soit nécessaire.

Le taux de glucose dans le sang varie normalement pendant la journée. Il augmente après un repas et revient aux niveaux observés avant le repas dans les 2 heures suivant le repas. Une fois que le taux de glucose dans le sang est revenu à la normale, la production d’insuline diminue. La variation de la glycémie est comprise en général entre 0,7 à 1,10 g/l de sang chez les personnes en bonne santé. En cas de prise de glucides en grande quantité, les concentrations peuvent encore plus augmenter. Les personnes de plus de 65 ans ont tendance à présenter des taux très légèrement supérieurs, le plus souvent après les repas.

Si l’organisme ne produit pas assez d’insuline pour permettre de transporter le glucose vers l’intérieur des cellules, ou si les cellules cessent de réagir normalement à l’insuline, une hyperglycémie se manifeste avec un taux inadapté de glucose dans les cellules, ce qui produit les symptômes et les complications du diabète.

Types de diabète

Prédiabète

Le prédiabète est une affection qui se caractérise par des taux de glycémie trop élevés pour être jugés normaux, mais pas suffisamment élevés pour être appelés diabète. Les personnes sont en prédiabète lorsque leur glycémie est comprise entre 101 mg/dl et 126 mg/dl, ou si leur glycémie 2 heures après un test d’hyperglycémie provoquée est comprise entre 140 mg/dl et 200 mg/dl. L’identification des personnes atteintes d’un prédiabète est importante, car l’affection comporte un risque plus élevé de futur diabète et de maladies cardiaques. Une perte de poids de 5 à 10 % grâce à un régime alimentaire et une activité physique peut considérablement diminuer le risque de développer un diabète.

Diabète de type 1

Dans le diabète de type 1 (autrefois appelé diabète insulinodépendant ou diabète juvénile), le système immunitaire de l’organisme attaque les cellules productrices d’insuline du pancréas, et plus de 90 % sont détruites définitivement. Ainsi, la production pancréatique d’insuline est réduite ou absente. Seuls environ 10 % des diabétiques ont un type 1. La plupart des personnes qui ont un diabète de type 1 développent la maladie avant 30 ans, mais elle peut apparaître plus tardivement.

Les scientifiques pensent qu’un facteur environnemental, probablement une infection virale, ou un facteur nutritionnel survenu au cours de l’enfance ou dans l’adolescence, conduit le système immunitaire à détruire des cellules productrices d’insuline du pancréas. Une prédisposition génétique peut rendre les personnes plus sensibles au facteur environnemental.

Diabète de type 2

Dans le diabète de type 2 (autrefois dénommé diabète non insulinodépendant ou diabète de l’âge l’adulte), le pancréas continue à produire de l’insuline, parfois même à des niveaux supérieurs à la normale. Cependant, l’organisme développe une résistance aux effets de l’insuline et la production d’insuline ne suffit donc pas à assurer les besoins de l’organisme.

Auparavant, le diabète de type 2 était rare chez les enfants et les adolescents, mais il est récemment devenu plus fréquent. Mais, en général, il débute chez des personnes de plus de 30 ans, et devient progressivement plus fréquent lorsqu’elles vieillissent. Environ 27 % des personnes de plus de 65 ans ont un diabète de type 2. Certains groupes ethniques et culturels présentent un risque accru de développer un diabète de type 2 : les personnes noires, les Américains d’origine asiatique, les personnes amérindiennes et les personnes d’origine hispanique résidant aux États-Unis ont un risque 2 à 3 fois plus élevé, par rapport aux personnes blanches. Le diabète de type 2 a tendance également à avoir une transmission familiale.

L’obésité est le principal facteur de risque pour le développement du diabète de type 2 ; 80 à 90 % des personnes atteintes de ce trouble sont en surpoids ou obèses. L’obésité engendrant une insulinorésistance, les personnes obèses ont besoin d’une très grande quantité d’insuline pour maintenir la glycémie normale.

Certains troubles et certains médicaments peuvent modifier la manière dont l’organisme utilise l’insuline, et induire un diabète de type 2. De grandes quantités de corticoïdes (dues au syndrome de Cushing ou à la prise de corticoïdes) et la grossesse (diabète gestationnel) sont les causes les plus fréquentes de perturbation de l’utilisation de l’insuline. Un diabète peut aussi se manifester en cas de production excessive d’hormone de croissance (acromégalie), et de certains cancers hormono-sécrétants. Une pancréatite grave ou chronique et d’autres troubles qui lèsent directement le pancréas peuvent entraîner un diabète.

Symptômes du diabète

Les 2 types de diabète présentent des symptômes très similaires.

Les premiers symptômes du diabète sont liés aux effets directs de la glycémie élevée et comprennent

  • Augmentation de la soif

  • Mictions plus fréquentes

  • Augmentation de la faim

Lorsque la glycémie dépasse 1,6 à 1,8 g/l, le glucose fuit dans l’urine. Si la concentration de glucose dans l’urine s’élève, les reins éliminent plus d’eau pour diluer le sucre en excès. Étant donné que leurs reins produisent une quantité excessive d’urine, les personnes diabétiques urinent fréquemment en grandes quantités (polyurie). La diurèse excessive provoque une sensation de soif anormale (polydipsie). Du fait de cette perte de calories par l’urine, les personnes peuvent perdre du poids. Pour compenser, elle éprouve souvent une grande sensation de faim.

Les autres symptômes du diabète incluent

  • Vision brouillée

  • Somnolence

  • Nausées

  • Diminution de l’endurance pendant une activité physique

Diabète de type 1

Chez les personnes qui ont un diabète de type 1, les symptômes débutent souvent soudainement et de manière spectaculaire. Une maladie grave appelée acidocétose diabétique, une complication grave dans laquelle l’organisme produit un excès d’acide peut rapidement se développer. En plus des symptômes diabétiques habituels de soif excessive et d’augmentation des mictions, les symptômes initiaux de l’acidocétose diabétique comprennent aussi des nausées, des vomissements, une fatigue et, surtout chez les enfants, des douleurs abdominales. La respiration a tendance à devenir profonde et rapide, car l’organisme tente de corriger l’acidité du sang ( Acidose), et l’haleine a une odeur fruitée et semblable à du dissolvant pour ongles. En l’absence de traitement, l’acidocétose diabétique peut progresser jusqu’au coma et à la mort, parfois très rapidement.

Une fois que le diabète de type 1 a commencé, certaines personnes présentent une phase longue mais temporaire pendant laquelle la glycémie est proche de la normale (phase de lune de miel) en raison d’une récupération partielle de la sécrétion d’insuline.

Diabète de type 2

Les personnes qui ont un diabète de type 2 peuvent être asymptomatiques pendant des années ou des décennies avant le diagnostic. Les symptômes peuvent être modérés. L’augmentation de la diurèse et de la soif est modérée au début, et s’aggrave progressivement en plusieurs semaines ou mois. Ensuite, les personnes ressentent une grande faiblesse, peuvent avoir la vision floue et devenir déshydraté.

Parfois, dans les premiers stades du diabète, la glycémie est à certains moments anormalement faible, ce qui est appelé hypoglycémie.

Les personnes avec un diabète de type 2 produisant un peu d’insuline, l’acidocétose ne se produit généralement pas, même si le diabète de type 2 n’est pas traité pendant longtemps. Cependant, la glycémie peut être extrêmement élevée (souvent dépassant les 1 000 mg/dl). Cela se produit souvent en réponse à des stress surajoutés tels qu’une infection ou la prise de médicaments. En cas de glycémie très élevée, les personnes peuvent développer une déshydratation grave, ce qui peut induire une confusion mentale, une somnolence et des convulsions : cet état est appelé coma hyperglycémique-hyperosmolaire non cétosique. Actuellement, de nombreuses personnes qui ont un diabète de type 2 sont dépistées à l’aide de tests de glycémie de routine avant de développer une glycémie gravement élevée.

Complications du diabète

Le diabète endommage les vaisseaux sanguins, ce qui provoque leur rétrécissement et donc une restriction du flux sanguin. Parce que les vaisseaux sanguins de l’ensemble de l’organisme sont touchés, de nombreuses complications du diabète peuvent se produire. De nombreux organes peuvent être affectés, en particulier les suivants :

Diagnostic de diabète

  • Mesure du taux de glucose dans le sang

Le diagnostic de diabète est posé lorsque la glycémie des personnes est anormalement élevée. Les médecins réalisent des examens de dépistage chez les personnes qui présentent un risque de diabète mais sont asymptomatiques.

Le saviez-vous ?

  • Nombreux sont ceux qui ont du diabète de type 2 sans le savoir.

Mesure de la glycémie

Les médecins peuvent contrôler la glycémie si les personnes présentent des symptômes diabétiques tels qu’une augmentation de la soif, des mictions ou de l’appétit. En outre, ils peuvent contrôler la glycémie si les personnes présentent des signes de complications associées au diabète, comme des infections fréquentes, des ulcères de pied et des infections par levures.

Pour mesurer la glycémie, un échantillon de sang est habituellement prélevé le matin à jeun. Il est cependant possible de le prélever même après un repas. L’hyperglycémie postprandiale est normale, mais même dans ce cas, les concentrations ne doivent pas être trop élevées. La glycémie à jeun ne doit jamais dépasser 126 mg/dl. À la fin des repas, la glycémie ne doit pas être supérieure à 200 mg/dl.

Hémoglobine A 1c

Les médecins peuvent également mesurer le taux d’une protéine dans le sang, l’hémoglobine A1c (appelée aussi hémoglobine glyquée ou glycosylée). L’hémoglobine est la substance rouge porteuse d’oxygène dans les globules rouges. Lorsque le sang est exposé à des taux de glucose élevés pendant une période prolongée, le glucose se lie à l’hémoglobine et forme l’hémoglobine glycosylée. Le taux d’hémoglobine A1C (exprimé en pourcentage d’hémoglobine A1C) reflète la tendance à long terme de la glycémie plutôt que les rapides fluctuations.

Les dosages de l’hémoglobine A1C peuvent être utilisés pour diagnostiquer le diabète lorsque les tests sont effectués par un laboratoire certifié (et non avec des instruments utilisés à domicile ou au cabinet médical). Les personnes ayant un taux d’hémoglobine A1C de 6,5 % ou plus ont du diabète. Si le taux est compris entre 5,7 et 6,4, elles sont en prédiabète.

Test d’hyperglycémie provoquée par voie orale

Un autre type d’examen sanguin, le test d’hyperglycémie provoquée par voie orale, peut être pratiqué dans certaines situations, comme en cas de suspicion de diabète gestationnel chez les femmes enceintes ou chez des personnes âgées qui ont des symptômes de diabète, mais des glycémies normales à jeun. Il n’est cependant pas utilisé de manière systématique pour le diagnostic du diabète, y compris chez les femmes enceintes à très faible risque, car il peut être très pénible à réaliser.

Cet examen est réalisé à jeun. On pratique une prise de sang pour mesurer la glycémie. Ensuite, les personnes prennent un liquide spécial contenant une grande quantité de glucose. Puis, on réalise d’autres prises de sang 2 à 3 heures plus tard. On mesure la glycémie et on observe si elle augmente de manière excessive.

Dépistage du diabète

La glycémie est souvent vérifiée lors des consultations médicales de routine. Le contrôle annuel de la glycémie est particulièrement important chez les personnes âgées, car le diabète est fréquent à un âge avancé. Les personnes peuvent avoir du diabète sans le savoir, notamment de type 2.

Il n’existe aucun test de routine pour dépister le diabète de type 1, mais il est particulièrement important de réaliser des tests de dépistage chez les personnes à risque de diabète de type 2, notamment

  • Les personnes âgées de plus de 45 ans

  • Les personnes obèses

  • Les personnes ayant une hypertension artérielle et/ou un trouble lipidique comme un cholestérol élevé

  • Les personnes ayant des antécédents familiaux de diabète

  • Les personnes ayant eu un diabète pendant leur grossesse ou ayant eu un bébé qui pesait plus de 4 kg à la naissance

  • Les personnes afro-américaines, hispaniques, les personnes américaines d’origine asiatique ou indienne

Les personnes présentant ces facteurs doivent être dépistées pour le diabète au moins une fois tous les trois ans. Le risque de diabète peut être estimé à l’aide de calculateurs de risque en ligne. Les médecins peuvent mesurer la glycémie à jeun et le taux d’hémoglobine A1C ou réaliser un test d’hyperglycémie provoquée par voie orale. Si les résultats du test se situent à la limite des valeurs normales et anormales, les médecins réalisent des tests de dépistage plus souvent, au moins une fois par an.

Traitement du diabète

  • Régime alimentaire

  • Exercice physique

  • Formation

  • Pour le diabète de type 1, injections d’insuline

  • Pour le diabète de type 2, souvent médicaments par voie orale et parfois injections d’insuline

Le régime alimentaire, l’exercice physique et la connaissance de la maladie sont la pierre angulaire du traitement du diabète et souvent les premières recommandations émises aux personnes ayant un diabète léger. Les personnes qui ont une glycémie très élevée et les diabétiques de type 1 (indépendamment de la glycémie) doivent également prendre des médicaments.

Comme le risque de complications est moins élevé avec un contrôle rigoureux de la glycémie, l’objectif du traitement du diabète est donc de maintenir la glycémie, dans la mesure du possible, entre des valeurs normales.

Le traitement de l’hypertension artérielle et des taux élevés de cholestérol, qui peuvent induire des problèmes de circulation, peut également prévenir certaines complications du diabète. L’aspirine administrée quotidiennement à faibles doses peut également réduire le risque d’infarctus du myocarde.

Il est utile que les diabétiques portent un bracelet ou une carte indiquant le fait qu’ils sont diabétiques pour signaler la présence d’un diabète aux praticiens de santé. Cette information permet aux praticiens de santé de commencer plus rapidement des traitements salvateurs, en particulier en cas de traumatisme ou d’altération de la conscience.

L’acidocétose diabétique et le syndrome d’hyperglycémie hyperosmolaire non cétosique sont des urgences médicales parce qu’elles peuvent provoquer un coma et le décès. Le traitement est similaire pour les deux maladies et consiste principalement à administrer des liquides intraveineux et de l’insuline.

Objectifs du traitement du diabète

Les experts recommandent de conserver une glycémie

  • Entre 70 et 130 ml/dl à jeun (avant les repas)

  • Inférieure à 180 mg/dl 2 heures après les repas

Les taux d’hémoglobine A1c doivent être inférieurs à 7 %.

Comme les traitements agressifs permettant d’atteindre ces objectifs majorent le risque de glycémie trop basse (hypoglycémie), ces objectifs sont ajustés chez certaines personnes chez lesquelles l’hypoglycémie n’est pas souhaitable, comme les personnes âgées.

Les autres objectifs incluent le maintien d’une tension artérielle systolique inférieure à 140 mmHg et d’une tension artérielle diastolique inférieure à 80 mmHg. Le taux sanguin de LDL-cholestérol (le « mauvais cholestérol ») doit être inférieur à 1 g/l.

Traitement général du diabète

Les diabétiques tirent un grand bénéfice de la connaissance de leur trouble. Ils peuvent comprendre comment la diététique et l’activité physique modifient la glycémie, et ainsi savoir comment éviter les complications. Les infirmières spécialisées en diabétologie peuvent fournir les informations nécessaires sur la gestion de l’alimentation, l’exercice physique, la surveillance de la glycémie et la prise de médicaments.

Les diabétiques doivent arrêter de fumer et ne consommer que des quantités modérées d’alcool (jusqu’à un verre par jour pour les femmes et deux verres par jour pour les hommes).

Régime pour diabétiques

La gestion du régime est très importante dans les deux types de diabète sucré. Les médecins recommandent un régime sain, équilibré et le maintien d’un poids idéal. L’avis d’un diététicien ou d’un éducateur spécialisé en diabétologie pour définir un régime alimentaire optimal peut être utile chez les personnes diabétiques. Ce type de régime inclut : éviter les sucres simples, augmenter la consommation de fibres alimentaires, limiter les portions d’aliments riches en glucides et en graisses (en particulier en acides gras saturés) et éviter de trop espacer les repas pour éviter l’hypoglycémie, en particulier lorsque les personnes sont sous insuline. L’American Diabetes Association (Association américaine contre le diabète) fournit de nombreuses astuces alimentaires utiles, y compris des recettes. Même lorsque les personnes suivent le régime adéquat, des médicaments sont souvent nécessaires pour aider à contrôler le taux de cholestérol dans le sang.

Les diabétiques de type 1 qui maintiennent un poids optimal peuvent réduire les fortes doses d’insuline. Les diabétiques de type 2 peuvent éviter de prendre un traitement pharmacologique, en revenant et en restant à leur poids optimal. Certaines personnes n’ayant pas réussi à perdre du poids grâce à un régime et de l’exercice physique peuvent prendre des médicaments pour favoriser la perte de poids ou même subir une chirurgie bariatrique (réduction de l’estomac).

Activité physique pour les diabétiques

Une activité physique adaptée peut aussi contribuer au contrôle du poids et au maintien de la glycémie dans les valeurs normales. Comme la glycémie baisse pendant l’exercice physique, les personnes doivent être attentives aux symptômes d’hypoglycémie. Certaines personnes ont besoin de manger un petit en-cas avant un exercice physique prolongé et/ou de réduire leur dose d’insuline. Les diabétiques doivent arrêter de fumer et ne consommer que des quantités modérées d’alcool (jusqu’à un verre par jour pour les femmes et deux verres par jour pour les hommes).

Traitement médicamenteux du diabète

Il existe de nombreux médicaments utilisés pour traiter le diabète. Les personnes atteintes de diabète de type 1 nécessitent des injections d’insuline pour réduire les taux de sucre dans le sang. La plupart des personnes atteintes de diabète de type 2 nécessitent des médicaments par voie orale pour diminuer la glycémie mais certaines ont également besoin d’insuline.

Surveillance du traitement du diabète

La surveillance de la glycémie est une part essentielle de la prise en charge du diabète. Les diabétiques doivent ajuster leur alimentation, leur activité physique et les médicaments qui contrôlent la glycémie. La surveillance de la glycémie fournit l’information nécessaire à la mise en œuvre de ces modifications. Attendre que les symptômes d’hypo- ou d’hyperglycémie se manifestent est dangereux.

De nombreux facteurs induisent des variations de la glycémie :

  • Régime alimentaire

  • Exercice physique

  • Stress

  • Maladies

  • Médicaments

  • Heure de la journée

La glycémie peut augmenter soudainement après la consommation d’aliments dont la richesse en glucides était ignorée. Les stress émotionnels, une infection et de nombreux médicaments ont tendance à élever la glycémie. Cette dernière augmente chez de nombreuses personnes vers les premières heures du matin, en raison de la sécrétion physiologique d’hormones (hormone de croissance et corticoïdes), réaction appelée « phénomène de l’aube ». De plus, la glycémie peut augmenter excessivement si l’organisme sécrète certaines hormones en réponse à une hypoglycémie (effet Somogyi). L’activité physique peut entraîner une baisse de la glycémie, ce qui impose de manger une plus grande quantité de sucres avant l’effort.

Surveillance de la glycémie

La glycémie peut être mesurée rapidement que ce soit à domicile ou ailleurs. La plupart des appareils de mesure de la glycémie (glucomètres) utilisent une goutte de sang prélevée sur la pulpe du doigt avec une petite lancette. La lancette est constituée d’une aiguille fine qui peut servir à ponctionner directement le doigt, ou être introduite dans un dispositif à ressort qui permet de ponctionner automatiquement la peau de façon simple et rapide. La plupart des personnes trouvent la ponction presque indolore. Ensuite, on place la goutte de sang sur une bandelette réactive. En présence de glucose, la bandelette réactive subit des variations chimiques.

Une machine lit ces changements sur la bandelette et affiche le résultat sur un petit écran digital. La majorité de ces appareils chronomètrent la réaction et rendent le résultat automatiquement. Certains dispositifs permettent de prélever le sang dans d’autres régions, comme la paume de la main, l’avant-bras, le haut du bras, la cuisse ou le mollet. Ces instruments sont de dimensions inférieures à celles d’un paquet de cartes.

Les systèmes de surveillance continue de la glycémie (Continuous Glucose Monitoring, CGM) utilisent un petit capteur de glycémie qui est placé sous la peau. Le capteur mesure la glycémie toutes les quelques minutes et affiche les résultats sur l’écran d’un petit moniteur porté à la ceinture comme un téléphone portable. Il enregistre également les résultats pour qu’ils puissent être consultés par les médecins. Il est possible de paramétrer les alarmes du CGM si les niveaux glycémiques sont trop faibles ou trop élevés ; ainsi, ce dispositif peut aider les personnes à prendre connaissance rapidement de fluctuations inquiétantes de leur glycémie. Les inconvénients de ce dispositif sont l’étalonnage plusieurs fois par jour avec les résultats d’un glucomètre par piqûre de doigt, une irritation possible de la peau et sa taille relativement importante. En outre, comme les résultats ne sont pas suffisamment fiables pour guider le traitement, une mesure de la glycémie par piqûre de doigt doit être réalisée avant que les personnes ne prennent leur insuline.

Les CGM ne se sont pas révélés supérieurs aux glucomètres par piqûre de doigt seuls. Par ailleurs, comme des mesures de la glycémie avec ces derniers demeurent nécessaires, les CGM ne sont pas utiles pour la plupart des diabétiques. Néanmoins, ils peuvent être utiles dans certaines circonstances, comme chez les diabétiques de type 1 qui présentent des fluctuations fréquentes et rapides de leur glycémie (en particulier lorsque leur glycémie descend très bas), qui sont difficiles à identifier avec une mesure par piqûre de doigt.

La plupart des diabétiques doivent tenir un carnet pour noter leurs glycémies et le présenter aux médecins ou aux infirmiers/ères qui pourront ainsi les conseiller sur l’adaptation des doses d’insuline ou des hypoglycémiants oraux. De nombreux diabétiques apprennent à adapter la dose d’insuline de manière autonome, selon leurs besoins.

Bien qu’il soit possible de mesurer la présence de glucose dans les urines, cet examen ne permet pas de contrôler ou d’adapter le traitement. L’analyse d’urine peut être trompeuse, car la quantité de glucose dans l’urine peut ne pas refléter le niveau réel de glucose dans le sang. La glycémie peut être très basse ou élevée sans aucun changement des taux de glucose dans l’urine.

Hémoglobine A 1C

Les médecins peuvent surveiller le traitement en utilisant un examen sanguin appelé dosage de l’hémoglobine A1C. En cas de glycémie élevée, l’hémoglobine, la protéine qui transporte l’oxygène dans le sang, est modifiée. Ces changements sont directement proportionnels à la glycémie, sur une longue période. Plus le taux d’hémoglobine A1C est élevé, plus la glycémie de la personne a été élevée. Ainsi, à la différence de la mesure de la glycémie qui indique une valeur ponctuelle, la mesure de l’hémoglobine A1C indique si la glycémie a été bien contrôlée au cours des mois précédents.

Chez les diabétiques, le taux cible d’hémoglobine A1C est inférieur à 7 %. L’atteinte de ce taux est difficile, mais plus le taux d’hémoglobine A1C est bas, plus le risque de développer des complications est faible. Des chiffres supérieurs à 9 % sont le signe d’un mauvais contrôle, et supérieurs à 12 % d’un très mauvais contrôle. La plupart des diabétologues recommandent de contrôler l’hémoglobine A1C tous les 3 à 6 mois. La fructosamine, un acide aminé glycosylé, est également utile pour apprécier le contrôle de la glycémie sur une période de quelques semaines et est généralement utilisée lorsque les résultats de l’hémoglobine A1C ne sont pas fiables, comme chez les personnes présentant des formes anormales d’hémoglobine.

Traitements expérimentaux du diabète

Il existe des traitements expérimentaux prometteurs du diabète de type 1. L’un d’entre eux consiste à transplanter des cellules insulino-sécrétrices dans l’organisme. Néanmoins, cette procédure n’est pas pratiquée en routine du fait des traitements immunosuppresseurs nécessaires pour prévenir le rejet par l’organisme des cellules transplantées. Des techniques plus récentes rendent inutile le traitement immunosuppresseur.

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