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Hypoglycémie

Par Preeti Kishore, MD, Albert Einstein College of Medicine

L’hypoglycémie est la diminution anormale du taux de glucose dans le sang.

  • Elle peut être due aux médicaments pris pour contrôler le diabète, à un jeûne, à certaines maladies graves, à des réactions aux glucides, à une tumeur dans le pancréas et à certains types de chirurgie gastrique.

  • Une baisse de la glycémie provoque des symptômes tels que la faim, une transpiration excessive, des tremblements, une asthénie, une faiblesse et une incapacité à réfléchir clairement, tandis que l’hypoglycémie sévère entraîne des symptômes tels qu’une confusion, des convulsions et un coma.

  • Le diagnostic du diabète est basé sur la présence d’une glycémie basse pendant la crise.

  • Les symptômes d’hypoglycémie sont traités en consommant du sucre, sous quelque forme que ce soit.

  • Il peut être nécessaire de diminuer les doses des médicaments qui provoquent l’hypoglycémie.

Normalement, le taux de glucose, un sucre, est compris entre 70 et 110 milligrammes par décilitre (mg/dL) de sang. Dans l’hypoglycémie, le taux de glucose dans le sang est trop bas. À l’inverse, dans le diabète sucré, il est trop élevé : on parle alors d’hyperglycémie. Mais bien que le diabète soit une maladie dans laquelle la glycémie est élevée, de nombreux diabétiques sont sujets à des hypoglycémies occasionnelles dues aux effets secondaires du traitement du diabète. L’hypoglycémie est rare chez les non diabétiques.

Des taux de glucose trop bas entraînent le dysfonctionnement de nombreux organes vitaux. Le cerveau est particulièrement sensible à une diminution du taux de glucose, car le sucre représente sa principale source d’énergie. Lorsque la glycémie est très inférieure à la normale, le cerveau répond en provoquant une sécrétion d’adrénaline et de cortisol par la médullosurrénale, de glucagon par le pancréas et d’hormone de croissance par l’hypophyse, hormones qui entraînent la sécrétion de glucose par le foie.

Causes

Médicaments

La plupart des cas d’hypoglycémie se produisent chez les diabétiques qui prennent de l’insuline ou d’autres médicaments (p. ex. les sulfonylurées) destinés à réduire la glycémie. Parfois, les diabétiques appellent hypoglycémie ce qui peut se produire après la prise d’insuline, réaction insulinique ou sensation de tremblement. Ces réactions à l’insuline sont d’autant plus fréquentes que l’on a des objectifs glycémiques plus proches de la normale. Les hypoglycémies touchent fréquemment les diabétiques qui perdent du poids ou ont une insuffisance rénale. Les personnes âgées sont plus sujettes à l’hypoglycémie liée à une prise de sulfonylurées que les jeunes.

Si après la prise d’un antidiabétique, on mange moins qu’à l’habitude ou en cas d’effort physique inhabituel, le médicament peut faire baisser la glycémie de façon excessive. Les personnes qui ont un diabète sévère et ancien sont particulièrement exposées aux hypoglycémies, car leurs sécrétions de glucagon et d’adrénaline sont insuffisantes. Les quantités de glucagon et d’adrénaline sécrétées ne sont souvent pas en mesure de faire remonter le taux de glucose dans le sang à une valeur normale.

De nombreux médicaments autres que les antidiabétiques comme notamment la pentamidine, employée pour traiter certaines pneumonies qui touchent, en général, les personnes qui souffrent de SIDA, et la quinine, utilisée pour traiter les crampes musculaires, peuvent induire une hypoglycémie.

Un type rare d’hypoglycémie médicamenteuse est celui qui se produit parfois chez les personnes qui prennent secrètement de l’insuline ou d’autres antidiabétiques dans le contexte d’un trouble psychologique tel que le syndrome de Münchausen ( Trouble factice imposé à soi-même).

Jeûne

Chez les personnes autrement en bonne santé, un jeûne prolongé (jusqu’à plusieurs jours) et une activité physique prolongée intense (même à jeun), n’entraînent pas normalement d’hypoglycémie.

Toutefois, plusieurs maladies ou affections se traduisent par une incapacité de l’organisme à maintenir un niveau glycémique adapté après un jeûne prolongé (hypoglycémie de jeûne). En cas d’ingestion massive d’alcool sans manger, un blocage de la libération de glucose à partir des réserves hépatiques peut se produire. Dans les maladies hépatiques, telles que l’hépatite virale, la cirrhose ou le cancer, le foie peut ne pas pouvoir constituer des réserves de glucose suffisantes. Les nouveau-nés et les enfants qui ont un déficit en enzymes de contrôle du métabolisme du glucose (contrôle glucidique) peuvent également présenter des hypoglycémies de jeûne.

Dans certains cas rares, une tumeur du pancréas qui sécrète une grande quantité d’insuline entraîne une hypoglycémie de jeûne. Chez certaines personnes, une maladie auto-immune diminue les taux de glucose en modifiant la sécrétion insulinique ou par le biais d’autres mécanismes. Les troubles qui diminuent la sécrétion d’hormones par l’hypophyse ou les surrénales (essentiellement la maladie d’Addison) peuvent induire aussi une hypoglycémie. D’autres maladies graves, comme l’insuffisance rénale ou cardiaque, le cancer ou l’état de choc, des hypoglycémies peuvent aussi se produire, en particulier chez les diabétiques traités.

Réaction à la nourriture

L’hypoglycémie peut se manifester en réponse à la prise d’un repas contenant de grandes quantités de glucides si, pour une raison ou pour une autre, l’organisme produit plus d’insuline que nécessaire. Cependant, ce type de réaction est rare. Dans certains cas, des personnes ayant une glycémie normale développent des symptômes pouvant être confondus avec l’hypoglycémie.

Après certaines interventions sur l’estomac comme l’ablation d’une partie d’estomac (gastrectomie partielle), l’absorption des glucides est très rapide et stimule une production excessive d’insuline, ce qui peut induire une hypoglycémie. Des anomalies de digestion de certains glucides (fructose et galactose) et acides aminés (leucine) peuvent aussi provoquer une hypoglycémie si les personnes affectées consomment des aliments qui contiennent ces substances.

Le saviez-vous ?

  • Parfois, on pense, à tort, que les personnes en hypoglycémie sont ivres.

Symptômes

Les symptômes d’hypoglycémie apparaissent rarement pour des glycémies inférieures à 60 mg/L de sang. Certaines personnes sont symptomatiques pour des taux très légèrement supérieurs à ce seuil, notamment en cas de baisse rapide de la glycémie, et d’autres ne développent pas de symptômes tant que leur glycémie n’est pas bien plus basse.

La première réponse de l’organisme à une chute de la glycémie est la sécrétion d’adrénaline par les surrénales. L’adrénaline stimule la libération de glucose mis en réserve dans l’organisme, mais elle provoque également des symptômes similaires à ceux d’une attaque de panique : transpiration, nervosité, tremblements, évanouissement, palpitations et fringale. Une hypoglycémie plus sévère diminue les apports de glucose au cerveau, ce qui provoque des vertiges, une asthénie, une faiblesse, des céphalées, une incapacité à se concentrer, une confusion, un comportement inadapté qui peut passer pour un état d’ivresse, une difficulté à articuler, un flou visuel, des crises convulsives ou encore un coma. L’hypoglycémie profonde et prolongée provoque des lésions cérébrales irréversibles. Les symptômes peuvent débuter de manière progressive ou soudaine. Ils évoluent en quelques minutes d’un léger malaise à une confusion sévère ou à une attaque de panique. Parfois, des diabétiques bien contrôlés depuis plusieurs années ont une altération de la perception des premiers symptômes de l’hypoglycémie, et peuvent soudainement perdre connaissance ou sombrer dans le coma sans signes annonciateurs.

Chez les personnes porteuses d’une tumeur du pancréas sécrétrice d’insuline, les symptômes se manifestent le plus souvent le matin, après le jeûne nocturne, surtout en cas d’utilisation des réserves de glucose par une activité physique avant le petit-déjeuner. Initialement, ces personnes ne présentent que des épisodes sporadiques d’hypoglycémie, mais après des mois ou des années, ces accès deviennent plus fréquents et plus graves.

Diagnostic

Chez les diabétiques connus, les médecins doivent suspecter des hypoglycémies devant la description des symptômes typiques. Le diagnostic est confirmé si l’on mesure une glycémie basse pendant la crise.

Chez les personnes en bonne santé, non diabétiques, le diagnostic d’hypoglycémie est basé sur les symptômes décrits, les antécédents médicaux, l’examen clinique et des examens simples.

En premier lieu, les médecins mesurent la glycémie. Chez les personnes non diabétiques qui ressentent des symptômes d’hypoglycémie typiques, une glycémie basse mesurée pendant la crise confirme le diagnostic, surtout si cette constatation est faite à plusieurs reprises. La disparition des symptômes avec la correction de la glycémie en quelques minutes après l’ingestion de glucose est en faveur du diagnostic.

Si l’on ne parvient pas à établir un lien clair entre la symptomatologie et les chiffres de glycémie chez les personnes non diabétiques, d’autres explorations sont nécessaires. Souvent, l’étape suivante est le dosage de la glycémie après le jeûne nocturne en hospitalisation ou dans une structure permettant une surveillance très rapprochée. Des examens plus complexes peuvent parfois être nécessaires.

Si l’on suspecte qu’un médicament comme la pentamidine ou la quinine est la cause de l’hypoglycémie, le traitement est arrêté, puis la glycémie est mesurée pour évaluer une éventuelle augmentation. Si la cause reste inconnue, d’autres examens sont nécessaires.

En cas de suspicion de tumeur insulino-sécrétante, il peut être nécessaire de mesurer l’insulinémie pendant un jeûne prolongé (parfois jusqu’à 72 heures). Lorsque ces investigations mettent en évidence l’existence d’une tumeur, il faut la localiser avant de la traiter.

Traitement

Les personnes sujettes aux épisodes d’hypoglycémie doivent porter un bracelet ou une carte pour informer les praticiens de santé de leur maladie.

Symptômes

Les symptômes d’hypoglycémie sont soulagés en quelques minutes après l’ingestion de sucre sous n’importe quelle forme, comme un bonbon, des comprimés de glucose ou encore une boisson sucrée, comme un verre de jus de fruits. Les personnes qui ont des accès fréquents d’hypoglycémie, en particulier les diabétiques, préfèrent souvent avoir sur eux des morceaux de glucose qui agissent rapidement et efficacement. Les personnes sujettes aux hypoglycémies, peuvent tirer profit de la consommation de glucides rapides suivis d’aliments contenant des glucides lents (comme le pain ou les biscuits). Lorsque l’hypoglycémie est grave ou prolongée, et qu’il n’est pas possible de donner du sucre par voie orale, on administre rapidement du glucose par voie intraveineuse afin de prévenir les lésions cérébrales.

Les personnes à risque d’épisodes d’hypoglycémie sévère peuvent garder du glucagon à portée de main en cas d’urgence. L’administration de glucagon stimule la libération de grandes quantités de glucose par le foie. Ce médicament est donné en injection ; il ramène généralement la glycémie à une valeur normale en 5 à 15 minutes. Les kits de glucagon sont faciles d’emploi et les membres de la famille peuvent être formés à l’administration du glucagon.

Cause

Si un médicament provoque une hypoglycémie, la dose est ajustée ou le médicament remplacé. Les tumeurs sécrétrices d’insuline doivent être enlevées chirurgicalement. Cependant, comme elles sont de petite taille et difficiles à localiser, l’intervention doit être effectuée par un spécialiste. Il faut administrer aux personnes, avant l’intervention, un médicament comme l’octréotide ou le diazoxide pour contrôler les symptômes. Parfois, plusieurs tumeurs coexistent ; si les chirurgiens ne les ont pas toutes localisées lors de la première intervention, une nouvelle intervention peut être nécessaire.

Souvent, les personnes non diabétiques mais sujettes aux hypoglycémies, parviennent à les éviter en prenant souvent des petits repas, plutôt que 3 repas normaux.

La limitation des glucides, en particulier des sucres simples, est parfois conseillée pour éviter l’« hypoglycémie réactionnelle » (après le repas), mais son bénéfice n’est pas établi.

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